Archive pour novembre 2011

ISF raboté, mais ISF honoré

Mercredi 30 novembre 2011

Contrairement à ce que l’on peut croire, l’ISF continue de rapporter dans les caisses de l’État. Selon Les Echos, ces rentrées pour cette année “devraient atteindre 4,2 milliards d’euros“. Cela représente “10 % de plus que ce que la réforme de juin (suppression de la 1re tranche du barème dès cette année et baisse des taux l’an prochain) laissait supposer“.

Le journal économique suppute une minoration volontaire par l’État : “L’impôt est […] non seulement plus rentable que ce que le gouvernement prévoyait en juin, mais aussi plus que ce qu’il attendait il y a un an, en loi de Finances initiale (4 milliards d’euros).” Ce qui tient aussi à un contexte presque habituel, rappelé par Gilles Carrez, rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, que citent Les Échos : « À l’exception de 2009, les recettes d’ISF sont réévaluées chaque année en forte hausse depuis au moins une décennie ».

En période de vaches maigres pour les caisses de l’État, cette nouvelle tombe plutôt bien.

Pour compléter : vous pouvez relire sur le site BforBank le dossier “1er semestre 2011 : les “dossiers chauds” de l’ISF“; ainsi que l’article “L’ISF est fortement allegé“.

Réduction des niches fiscales : ce qui est prévu en 2012

Mercredi 23 novembre 2011

reduction_niches_fiscales_2012En 2012, quelle que soit l’issue du vote définitif du Budget prévu pour la mi-décembre, les niches fiscales et plus particulièrement les placements de défiscalisation seront proposés aux contribuables avec des taux d’avantage fiscal moins attractifs que cette année.

Comme l’an dernier avec la loi de finances pour 2011 qui avait réduit de 10 % le taux de certains avantages fiscaux (réductions d’impôt sur le revenu ou crédits d’impôt), un article (45) du PFL 2012 prévoyait un coup de rabot du même ordre, c’est-à-dire de 10%. Seraient concernées les mêmes niches, c’est-à-dire celles comprises dans le champ du “plafonnement global des niches fiscales”.

Finalement, comme annoncé par François Fillon le 7 novembre dans son nouveau plan de rigueur, c’est un coup de rabot de 15% qui a été soumis au vote des députés et adopté au lieu de ce taux de 10 % prévu initialement . Parallèlement a également été votée une réduction du plafond global des niches fiscales, supérieure à ce qui était proposé par le Gouvernement. Un petit retour en arrière sur son mécanisme.

Le principe du plafonnement global

C’est dans le cadre de la loi de finances 2009 qu’une mesure de plafonnement a été instituée. Rappelons son principe : le montant total des avantages fiscaux ne doit pas procurer au contribuable, un avantage supérieur à un certain montant – fixé à 25 000 euros à l’origine – plus un pourcentage – fixé à l’origine à 6 % –  de son revenu imposable.

Ce plafonnement global s’ajoute au plafonnement spécifique à chacune des niches.

Quels sont les avantages fiscaux concernés ?

La loi énumère les niches fiscales qui échappent à cette règle du plafonnement. À l’origine, il était prévu que pour qu’un avantage fiscal soit exclu du plafonnement global, il fallait qu’il découle d’une situation subie par le contribuable (prise en charge de la dépendance ou du handicap), ou bien qu’il poursuive un objectif d’intérêt général sans contrepartie pour le contribuable (dons aux œuvres par exemple).

Un plafonnement global régulièrement réduit

Instauré en 2009, il était à l’origine de 25 000 euros + 10 % du revenu imposable. En 2010, il était égale à 20 000 euros + 8 % du revenu imposable. Enfin, en 2011, ce plafonnement global est de 18 000 euros + 6 % des revenus.

En 2012, à la suite d’un amendement du député Nouveau Centre Charles de Courson, les députés ont voté un montant fixe inchangé à 18 000 euros + un taux ramené  à 4% du revenu imposable, ceci contre l’avis du Gouvernement qui prévoyait un maintien du taux de 6 %. Dans son plan de rigueur présenté par le 1er Ministre aucun abaissement de ce plafond n’était en effet prévu.

Un taux de rabot de 15 % en 2012 ?

François Fillon avait annoncé le 7 novembre que le taux du coup de rabot serait de 15 % au lieu des 10 % initialement prévus. Avec une telle réduction et en tenant compte de l’arrondi à l’inférieur, un taux en 2011 de 22 % (celui des réductions d’impôt accordées aux titres des investissements forestiers, des Investissements dans une PME, ou via un FIP ou un FCPI par exemple) tomberait en 2012 à 18 %.

La loi Scellier particulièrement touchée en 2012

À partir du 1er janvier prochain, touché par le plan de rigueur, le régime d’investissement locatif ScellieBBC – qui prendra fin le 31 décembre 2012devrait voir le taux de son avantage fiscal réduit de 22 % à 13 %. L’achat d’un logement neuf non BBC ne devrait procurer aucune réduction d’impôt.

Le dispositif Censier Bouvard destiné aux résidences de tourisme verrait son taux tomber de 18 % à 11 %. Il est également appelé à disparaître au 31 décembre 2012.

Un effet en 2013

Les mesures adoptées en 2010 n’auront d’effet sur le budget qu’en 2012 car elles sont fondées sur les revenus perçus en 2011. Le coup de rabot qui va être confirmé dans les prochains jours, sera lui assis sur les revenus perçus en 2012 et ce n’est donc qu’à partir de 2013 qu’il rapportera des recettes nouvelles. En effet, les dispositions seront, , applicables sur l’imposition des revenus 2012 pour des dépenses payées à partir du 1er janvier 2012.

Si le texte est adopté selon les caractéristiques décrites ci-dessus, c’est donc à un rabot de 15 % et à un plafonnement global de 18 000 € + 4 % du revenu que seront soumises les niches fiscales comprises dans le champ du  plafonnement global des niches fiscales”.

Avant toute décision d’investissement, il est bien évidemment nécessaire d’étudier la question du plafonnement global pour être certain de pouvoir bénéficier en totalité de l’avantage fiscal.

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Redressement fiscal : près de 78 millions d’euros pour Liliane Bettencourt

Mardi 22 novembre 2011

redressement_fiscal_liliane_bettencourtDe la Suisse à Singapour, c’est en tout près de 12 comptes appartenant à Liliane Bettencourt que le Fisc aurait trouvé. Au total, ce dernier lui réclamerai la coquette somme de 77.752.139 millions d’euros, pénalités comprises.

C’est Médiapart qui a eu la primeur de l’information reprise désormais dans une grande partie des médias : L’Express , Le Nouvel Obs, Le Monde, Europe 1. Le site affirme avoir eu accès au rapport de la Direction Nationale des Impôts, qui relève que :

Il s’agit là des sommes exigées au titre de l’impôt sur la fortune pour les années 2004 à 2010 et, au titre de l’impôt sur le revenu, pour les années 2006 à 2009. Des négociations sont en cours à ce sujet, les conseillers de l’héritière cherchant à obtenir une diminution du montant total de cette addition“.

Il semble également que ce redressement tienne compte de l’acquisition de l’Ile d’Arros – jamais déclarée – et qu’il rectifie la valorisation de plusieurs propriétés familiales.

Pour prolonger : relire aussi notre article “Un manifeste de 16 personnalités, pour des riches plus taxés“; et calculer votre ISF en ligne;

Flambée des taxes foncières : le constat de l’UNPI

Jeudi 17 novembre 2011

Jean Perrin (photo ci-contre) le président de l’Union nationale de la propriété immobilière (Unpi), présentait hier les conclusions de la cinquième édition des résultats annuels de son « Observatoire des taxes foncières sur les propriétés bâties ». Son constat se résume ainsi : “De tous les côtés, la fiscalité sur les propriétaires augmente à une vitesse énorme“. Après la réforme de la taxation des plus-values immobilières, vérification ici avec la taxe foncière.

Une augmentation 3 fois supérieure à celle de l’inflation

Sur la période 2005/2010, étudiée par l’UNPI, les cotisations de taxe foncière ont grimpé près de trois fois plus vite que l’inflation (hausse de 8% des prix à la consommation entre 2005 et 2010). La hausse a, en effet, été de près de 22% en moyenne en cinq ans.

Sur cette même période, c’est à Paris que la progression a été la plus forte (+72%). Parmi les grandes villes, seules deux, Rennes et Saint-Denis, ont connu des hausse supérieures de 30% avec respectivement +34,94% et +30,93%. Parmi les villes ayant connu les plus faibles augmentations on citera Fort-de-France et Nîmes avec  des hausses de 11,13% et 11,41%.

Revalorisation des bases

La taxe foncière sur les propriétés bâties est calculée sur la base de la valeur locative du bien. Sur cette valeur sont perçues différentes parts dont les taux sont votés chaque année par les différents niveaux de collectivités: régionale, départementale, municipale et éventuellement des parts pour les communautés de communes (intercommunalité) et d’agglomération. Compte tenu des réformes de la fiscalité locale et des transferts de compétence de l’Etat aux collectivités territoriales, la taxe foncière peut devenir le principal impôt pour le financement des communes et les départements.

Ainsi, les cotisations régionales et départementales de la taxe foncière ont flambé de 28,83% entre 2005 et 2010 et celles du « bloc communal » de près de 19%. On parle ici de cotisations et non des taux car l’UNPI inclut dans ce chiffre les revalorisations successives par l’Etat des bases, qui ont augmenté de 9,2% en cinq ans.

En 2010, la cotisation totale de la taxe foncière s’est élevée à 33,42 % de la base d’imposition en moyenne.

« Une hausse déconnectée »

«Il doit être mis fin à cette hausse excessive de la taxe foncière, qui fait peser sur les propriétaires une pression fiscale de plus en plus forte et déconnectée de leurs facultés réelles de contribution », dénonce le président de l’UNPI, mettant en parallèle la «faible » progression des loyers durant la même période.

L’UNPI craint les effets de la future réforme des valeurs locatives

Ce n’est pas la révision des valeurs cadastrales prévue pour 2014 (inchangées depuis 1970) qui risque donc d’alléger la note. L’UNPI craint les effets à venir de cette réforme déjà engagée pour les locaux commerciaux. “Si cette réforme voit le jour, il faut absolument qu’elle s’accompagne d’une baisse des taux, qu’elle soit fiscalement neutre pour le propriétaire. Sans quoi elle ne serait pas acceptable”, insiste Jean Perrin.

Mardi soir, dans le cadre du débat sur le budget 2012, les députés ont voté un amendement visant à revaloriser les bases de la taxe de 1,8 %, soit un peu plus que l’inflation.

Pour prolonger : relire l’article d’actualité sur BforBank.com,La taxe foncière explose dans les grandes villes“, qui actait déjà ce problème en octobre 2010.

Le régime de taxation des plus-values mobilières durci par les députés

Mercredi 16 novembre 2011

taxation_plus_value_immobilerNous avions déjà publié en septembre une note intitulée : « Plus-values mobilières : l’abattement pour durée de détention en sursis ». Ce n’était une surprise pour personne que ce dispositif qui avait déjà «  sauvé sa peau » l’an dernier dans la Loi de Finances 2011, serait fortement remanié dans le cadre de la Loi de Finances 2012 (en cours de vote au Parlement).

Rappel du dispositif voté en 2005

Le dispositif prévoyait que le montant des plus-values de cession de titres serait réduit d’un abattement d’un tiers par année de détention au-delà de la cinquième, pour conduire au-delà de 8 ans à une exonération totale des plus-values mobilières. Le point de départ du délai de détention était fixé au 1er janvier 2006, ce qui aurait amené les premiers abattements à s’appliquer à partir du 1er janvier 2012 et les premières exonérations totales en 2014.

Un dispositif en sursis depuis un an

En raison de son coût, l’application de ce dispositif avait failli déjà être reporté de 3 ans ou même supprimé, l’an dernier dans la Loi de Finances 2011. En cette période de « disette » budgétaire, un tel dispositif, considéré comme un cadeau, avait peu de chances de subsister. C’est « un manque à gagner d’un milliard d’euros par an pour l’État en régime de croisière », que représente ce dispositif, a précisé le rapporteur général du Budget Gilles Carrez (UMP).

En septembre, Valérie Pécresse, ministre du Budget, avait donc annoncé vouloir « approfondir la réflexion », alors que la piste d’un conditionnement de l’avantage fiscal au réinvestissement de la plus-value dans des PME était évoquée.

Un dispositif durci et recentré

Le dispositif d’abattement lié à la durée de détention des valeurs mobilières va donc être remplacé par un mécanisme de report d’imposition, qui poursuit un double but. Le premier est bien sûr celui de permettre de réduire le coût du dispositif, le second est de permettre un financement plus optimal des PME grâce à son recentrage.

Il est donc décidé de réduire fortement son champ d’application et de réserver ce mécanisme de report d’imposition aux contribuables qui rempliront plusieurs conditions, dont les principales sont :

  • avoir détenu pendant une durée d’au moins 8 ans au moins 10 % des parts d’une société,
  • réinvestir, dans les 3 ans suivants, au moins 80 % des gains dans une entreprise pendant au moins 5 ans,
  • et détenir au moins 5 % du capital de cette nouvelle entreprise.

Cette dernière condition trouve sa raison d’être dans la volonté du Gouvernement de vouloir exclure de l’horizon de réinvestissement les très grands groupes.

Le vote d’un tel mécanisme, si il était confirmé lors du vote définitif de la LF2012,  consacrerait donc l’enterrement d’un dispositif décidé 6 ans auparavant avant même qu’il n’ai pu être appliqué…

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Loi Coluche : les dons soumis au plafonnement global des niches fiscales ?

Lundi 14 novembre 2011

C’est aujourd’hui que les députés doivent examiner un amendement au projet de budget 2012, présenté par le Rapporteur de la Commission des Finances, Gilles Carrez (UMP), visant à réduire la déductibilité fiscale des dons. Ce dernier propose, en effet, d’inclure  dans le périmètre du plafonnement global des niches fiscales et de leur rabot,  les réductions d’impôts pour les dons.

La règle de déductibilité en cas de dons

La règle est la suivante: dans la limite de 20% des revenus nets imposables, la déductibilité en cas de dons est  de 66% (Loi dite Coluche) (en référence à l’artiste et fondateur des Restos du Coeur). En cas de dépassement de cette limite, l’excédent donnera droit au contribuable à un crédit d’impôt sur les cinq années suivantes.

Si l’association concernée procède à la fourniture de repas ou de soins à des personnes en difficulté ou qui contribuent à favoriser leur logement, le taux de la réduction fiscale est encore supérieure. Pour les sommes versées en 2011, à déclarer en 2012 le contribuable peut bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu correspondant à 75% de ses dons, avec un plafond de 521 €.

L’amendement déposé par Gilles Carrez

Le Rapporteur de la Commission des Finances  de l’Assemblée Nationale a donc proposé d’intégrer dans le périmètre du plafonnement global des niches fiscales et de leur rabot la réduction d’impôt accordée au titre des dons notamment aux partis politiques et aux associations.

Rappel: le plafond global des niches fiscales  est actuellement de 18.000 euros + 6 % du revenu net imposable.

De son côté, Gilles Carrez justifie sa proposition: quand nous avons introduit pour la première fois  le plafonnement global, nous avons considéré qu’il devait s’appliquer aux niches non subies mais choisies, ce qui est le cas du don”.

« La loi Coluche remise en  cause »

Bien évidemment les réactions ne se sont pas fait attendre : d’abord celle des associations caritatives avec entre autres, France générosités, l’union regroupant les associations et fondations faisant appel à la charité, qui a exprimé ses craintes que ce texte n’ait “un impact important sur les dons”.

De son coté le Gouvernement a réagi par l’intermédiaire de Roselyne Bachelot, Ministre des Solidarités. Elle a annoncé hier dimanche que le Gouvernement s’opposerait à un tel amendement visant à réduire les déductions fiscales des dons, qualifiant d’”intolérable” cette démarche. “Nous avons décidé dans le plan de retour à l’équilibre que ces populations les plus modestes, les plus fragiles, seraient absolument protégées. Aucune mesure ne les concerne. Il ne peut pas y avoir d’économie à ce niveau“, a ajouté le ministre.

Un député Nouveau centre, François Rechebloine, a réagi fortement contre cette mesure, parlant de “mauvais signal adressé aux millions de donateurs français” et une “remise en cause de la loi Coluche .

Prélèvement forfaitaire libératoire 2012 : inintéressant pour les dividendes d’actions

Mercredi 9 novembre 2011

prelevement_forfaitaire_liberatoire_plan_fillonLes épargnants ont été mis à nouveau à contribution dans le plan de mesures annoncé le 7 novembre par le 1er Ministre Francois Fillon, destiné à réduire le déficit. Leur épargne va être impactée entre autres, par une augmentation sensible de 19% à 24%, du taux du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) qui s’applique aux revenus des placements à taux fixe et aux dividendes d’actions. Le nouveau taux de PFL devrait entrer en vigueur à compter de 2012 et donc ne pas concerner les revenus perçus en 2011. Dans l’attente d’une validation de la mesure dans la Loi de Finances 2012, examinons les conséquences pour l’épargnant.

Un taux global de 37.5%, en hausse significative

Suite à cette hausse du PFL et à celle des prélèvements sociaux (au taux de 13,5%) intervenue le 1er octobre, les intérêts des livrets d’épargne (non réglementés), des comptes à terme ou encore des dividendes d’actions à titre d’ exemple, que le contribuable choisit de soumettre au PFL, vont subir un prélèvement global qui va passer de 32,5% à 37,5%.

Depuis 2007, le taux du PFL sur placements à revenus fixe qui a été élargi aux dividendes d’actions en 2008 a été porté de 16 à 24% soit une hausse de 50% en 5 ans. De leur coté les prélèvements sociaux qui étaient de 11% en 2007 ont été portés à 13.5% le 1er octobre 2011.

La tendance: une harmonisation de taxation entre revenus du capital et revenus du travail

Le souhait du Gouvernement est de tendre vers une harmonisation de l’imposition des revenus du capital sur celle des revenus du travail. Parmi les revenus touchés par cette hausse du PFL de 19% porté à 24%, on compte donc les intérêts des livrets d’épargne non réglementés, des comptes à terme, les coupons obligataires et les dividendes d’actions. L’assurance-vie qui bénéficie de taux de PFL propres (15% et 35%) est donc épargnée ici, de même que la taxation des plus-values de cession de valeurs mobilières et immobilières dont le taux reste à 19%.

Pendant longtemps le taux global de taxation des plus values mobilières était très proche ou aligné sur celui du PFL sur placements à taux fixe (au taux de 32.5% depuis le 1er octobre de cette année). De même depuis le 1er janvier 2011, il existe un alignement du taux de taxation des plus values immobilières sur celui des plus-values mobilières, toujours à ce même taux de 32.5%. Dans un même but d’harmonisation, on peut imaginer que la prochaine étape pourrait donc être de porter le taux des plus-values mobilières et immobilières à 24% (au lieu de 19%) soit un taux global de 37,5%… Il est vrai qu’en ce qui concerne le secteur immobilier, ce dernier vient déja de subir une hausse de son taux d’imposition de 16 à 19% (LF 2010),  un durcissement du régime d’imposition allongeant le délai de détention permettant une exonération des plus-values (LFR 2011) et la suppression du dispositif Scellier est prévue pour fin 2012.

Les conséquences pour le choix du mode d’imposition des revenus

Pour les intérêts sur placements à taux fixe (livrets, comptes à terme, obligations…) et pour les dividendes d’actions (depuis 2008), l’épargnant a le choix entre soumettre ses revenus au PFL ou les intégrer dans sa déclaration de revenus pour une imposition au barème progressif. Quelles conséquences pratiques l’épargnat doit il tirer de cette hausse pour le choix de ses options fiscales ?

  • Pour les revenus à taux fixe qui seront désormais soumis à un PFL à 24%, le raisonnement ne change pas. En simplifiant, le choix se fait en comparant la tranche marginale d’imposition (TMI) avec le taux du PFL. Ce dernier passant (en 2012) de 19% à 24%, il reste toujours inférieur aux tranches de 30% et de 41% du barème de l’impôt sur le revenu. Seul le contribuable dont la TMI est supérieure ou égale à 30 %, doit continuer à opter pour le PFL.
  • En revanche, pour les dividendes d’actions, la hausse sensible du taux change les conséquences d’une option au PFL : les y soumettre ( soit au taux global de 37.5%) n’a plus aucun intérêt pour le contribuable, quelque soit le montant de ses dividendes.
    Rappel : le choix du PFL retire au contribuable la possibilité de profiter des différents abattements dont celui de 40% qui est non plafonné (citons également l’abattement fixe de 1525 euros pour un célibataire et de 3050 euros pour un couple). Tant que cet abattement de 40% réservé à ceux qui optent pour l’intégration des dividendes à l’imposition au barème progressif , reste non plafonné, le choix du PFL devient inintéressant.
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Nouvelles mesures d’austérité et épargne des ménages

Lundi 7 novembre 2011

Après de nombreuses consultations ce week-end, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont arrêté hier les derniers arbitrages précédant l’annonce ce jour par le 1er ministre d’un nouveau plan d’austérité. François Fillon a annoncé ces mesures qui font partie d’un plan pluriannuel comprenant à la fois mesures d’économies et nouvelles hausses d’impôt afin d’arriver en 2016 à l’équilibre budgétaire.

Dans ce plan sont mis à contribution, l’Etat, les grandes entreprises, et les ménages. Après la dernière Loi de Finances rectificative, ces derniers sont à nouveau touchés par plusieurs mesures dont nous évoquerons plus particulièrement ici celles relatives à leur épargne.

Un plan pluriannuel pour préserver la crédibilité de la France

L’annonce de ce nouveau plan intervient alors qu’il s’agit “à tout prix (…) de préserver la crédibilité financière de la France, précisait François Fillon. Il a préparé les Français à de telles annonces qualifiant, samedi, le Budget 2012 de « plus rigoureux que la France ait connu depuis 1945″, condition pour qu’elle “reste l’un des dix pays au monde avec la meilleure crédibilité financière”.

Parmi les mesures annoncées ce jour, plusieurs s’étaleront jusqu’en 2016. Pour un montant total de 65 milliards jusqu’en 2016, ce sont 18,6 milliards que le gouvernement prévoit d’économiser sur 2012 et 2013.

Vers une harmonisation de l’imposition sur les revenus du travail et ceux du capital

Un Prélèvement forfaitaire libératoire à 24%:pour l’imposition des revenus de placements (intérêts de  livrets, comptes à terme ou dividendes…), les épargnants ont le choix entre l’imposition selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu ou l’option pour un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) dont le taux était fixé à ce jour 19%.

Ce plan consacre un fort relèvement de son taux porté de 19% à 24%. L’objectif affiché par le Gouvernement est de réduire l’écart de taxation entre les revenus du capital et ceux du travail. Le taux global du PFL sera donc en 2012 de 37.5% (24% +13.5% de prélèvements sociaux) à comparer à dernière tranche marginale de l’impôt sur le revenu  de 41%.

Déjà, la nouvelle taxe sur les hauts revenus, en cours de vote, a comme assiette le revenu fiscal de référence afin de permettre d’englober revenus du travail et revenus du capital. Cette hausse du PFL confirme donc la tendance vers une harmonisation de deux catégories de revenus.

Une hausse de 50% depuis 2007: quelques repères pour évaluer l’évolution du PFL depuis quelques années. En 2007 le PFL était de 16%, soit ainsi une augmentation de 50% en 5 ans. Les intérêts de livret, coupons obligataires ou encore les dividendes soumis au PFL subissaient une ponction globale début 2011 de 31.3% (19%+12,3%), portée à 32,5% au 1er octobre 2011,  qui sera portée à 37.5% en 2012 soit une hausse de 20% du taux global.

Cette mesure vient allonger la liste des changements fiscaux intervenus  pour les épargnants depuis un an. Citons parmi les principales mesures :

  • le taux des prélèvements sociaux porté le 1er octobre çà 13.5% contre 12,3% auparavant,
  • le taux du prélèvement forfaitaire libératoire porté de 18% à 19% ;
  • le taux d’imposition de la tranche supérieure du barème progressif de l’impôt sur le revenu porté de 40% à 41%;
  • le durcissement du régime des plus values immobilières

Niches fiscales : le secteur immobilier touché

Après la réforme des plus values immobilières, le secteur immobilier est à nouveau touché dans le cadre de la chasse aux niches fiscales… François Fillon a annoncé lundi la poursuite de l’effort de réduction de ces niches fiscales, ciblant “les niches les plus coûteuses » et parmi elles, celles ” qui ont en partie contribué à pousser à la hausse les prix du logement”. Après un Scellier recentré en 2011 et 2012, le dispositif sera purement et simplement supprimé fin 2012.

Une épée de Damoclès était au dessus de ce dispositif qui fait bénéficier les propriétaires d’une réduction d’impôt en contrepartie de la location sur 9 ans de leur logement. Effet il faisait de façon récurrente l’objet de critiques, souvent accusé d’être à l’origine de la hausse des prix de l’immobilier et plus récemment un rapport de l’inspection générale des finances (IGF) pointait à nouveau son coût élevé.

De même le PTZ (prêt à taux zéro) poursuivra également son recentrage afin d’en limiter le coût et le crédit d’impôt développement durable subira un rabot supplémentaire de 20%”.

Les autres mesures touchant les contribuables

Un gel des barèmes d’imposition: les différents barèmes d’imposition, impôt sur le revenu, ISF, barème des successions et donations seront gelés en 2012 et 2013. Ces différents barèmes qui font l’objet d’une indexation annuelle sur l’indice des prix (hors tabac) ne connaitront aucune revalorisation pendant ces deux années. Une telle mesure, revient bien à entraîner une hausse des impôts avec l’effet mécanique des modifications des seuils séparant les différentes tranches des barèmes concernés.

Comme prévu la création d’un nouveau taux intermédiaire à 7% va permettre d’y intégrer la plupart des secteurs bénéficiant du taux réduit de 5.5%. Les biens de première nécessité telles l’alimentation, l’énergie ainsi que les services pour les personnes handicapées échapperont à cette hausse.

Une accélération du rythme de la réforme des retraites et une plus faible revalorisation des prestations sociales font également partie des mesures décidées par le Gouvernement.

Lire aussi : notre actualité du jour “Rigueur bis : lendemain de G20 et nouveau plan Fillon“, publiée sur BforBank.com;

Loi de Finances 2012: la donne fiscale pour les particuliers

Vendredi 4 novembre 2011

L’Assemblée Nationale a adopté la semaine dernière la première partie du projet de loi de finances pour 2012. Parmi les mesures touchant la fiscalité des particuliers, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus a fait l’objet d’un amendement adopté par les députés, abaissant son seuil. De même la modification, adoptée en septembre dans la Loi de finances rectificative, du régime des plus-values immobilières a été assouplie pour les contribuables non propriétaires de leur résidence principale. A ces deux mesures, s’ajoutent d’autres dispositifs  susceptibles d’impacter le patrimoine et les revenus des particuliers. Faisons un point d’étape, avant que n’intervienne, courant décembre, le vote définitif de l’ensemble du budget 2012.

Le barème de la contribution sur les hauts revenus

Après des discussions animées, a été votée la mise en place d’une taxe au taux de 3% pour l’ensemble des revenus du patrimoine et du travail supérieurs à un revenu fiscal de référence qui a été fixé finalement à 250 000 euros pour les personnes seules et à 500 000 € pour les couples. Le taux est porté à 4% pour les revenus supérieurs à 500 000 euros par part ou 1 000 000 € pour les contribuables soumis à une imposition commune.

Un mécanisme de lissage est proposé pour les contribuables dépassant les niveaux de revenus indiqués ci-dessus en raison d’un revenu exceptionnel. Un système de quotient évitera « les effets de seuils » et lissera l’imposition des contribuables concernés, sur 3 ans.

Enfin, si le gouvernement souhaitait à l’origine conserver un caractère exceptionnel à cette contribution, il a finalement accepté qu’elle soit appliquée jusqu’à ce que soit atteint le retour à l’équilibre des comptes publics.

Le nouveau régime de plus-values immobilières assoupli

L’Assemblée Nationale a voté un amendement destiné à apporter un correctif à la réforme des plus-values immobilières votée en septembre. Le dispositif qui aboutissait à un durcissement significatif du régime lors de la revente d’un bien hors résidence principale a été amendé. L’assouplissement concerne les ménages qui ne sont pas propriétaires de leur résidence principale et qui vendent pour la première fois un autre bien immobilier.

Ils bénéficieraient d’une exonération des plus-values réalisées lors de la première cession d’un logement, mais afin d’en réduire le coût budgétaire, cette exonération serait réservée aux ménages n’ayant pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des quatre années précédant la cession. Par ailleurs il faudra que ces ménages procèdent au réemploi du prix de cession, dans un délai de 2 ans, pour l’acquisition ou la construction de leur habitation principale.

L’entrée en vigueur de cet assouplissement entrerait en vigueur, comme la réforme elle -même, pour les cessions réalisées à partir du 1er février 2012.

Dividendes distribués par les SIIC et les SPPICAV

Les revenus distribués par les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés font l’objet pour le calcul de l’impôt sur le revenu, d’un abattement de 40 % de leur montant brut.

Un article de la loi prévoit sa suppression pour les bénéfices exonérés distribués par les sociétés d’investissements immobiliers cotées (SIIC) ou par les sociétés de placement à prépondérance immobilière à capital variable (SPPICAV). Corrélativement, ces dividendes ne pourraient plus bénéficier de l’abattement fixe (1 525 € ou 3 050 € pour un couple) ni faire l’objet d’une éventuelle option au prélèvement forfaitaire libératoire de 19 %. Cette mesure s’appliquerait dès l’imposition des revenus 2011. Les contribuables ayant déjà opté et réglé le prélèvement libératoire pourraient en imputer le montant sur l’impôt dû au titre des revenus 2011…

Afin de rendre parfaitement efficace ce dispositif, à compter du 21 octobre 2011, la possibilité de loger les titres de SIIC dans un PEA (pour bénéficier de l’exonération d’impôt sur le revenu prévu dans le cadre du PEA) est supprimée. Les titres figurant à cette date dans un PEA pourraient toutefois y demeurer et continueraient à bénéficier du régime de faveur.

Réductions d’impôt : SOFICA et Holdings

Au chapitre des niches fiscales deux dispositifs sont concernés par la loi de Finances.

- La réduction d’impôt sur le revenu accordée pour les souscriptions au capital de Sofica, devait cesser à partir de 2012. Elle serait reconduite jusqu’au 31 décembre 2014.

- Les Holdings : lorsque la souscription au capital de PME est réalisée par l’intermédiaire d’une société holding, la condition tenant au nombre d’associés ou d’actionnaires de cette dernière (plafonné à cinquante) ne s’appliquerait pas « si cette société détenait exclusivement des participations dans une société dont le capital est détenu pour 10 % au moins par une ou plusieurs sociétés coopératives ou par l’une de leurs unions »…

Depuis mercredi 2 novembre les députés examinent la seconde partie du projet de loi de finances pour 2012.