Archive pour octobre 2011

TVA: vers une hausse ciblée ?

Lundi 31 octobre 2011

Depuis l’annonce de la révision en baisse des prévisions de croissance 2012 à 1%, le gouvernement doit faire face à la nécessité de trouver de nouvelles sources de recettes ou d’économies supplémentaires. Pour boucler son budget, ce sont de 6 à 8 milliards d’euros qu’il doit désormais récupérer. Parmi les sources de nouvelles recettes, le gouvernement envisage désormais très fortement d’intervenir sur la TVA.

Les différentes pistes

Si en matière de TVA plusieurs pistes d’intervention peuvent être envisagées, le président Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà exclu, une “augmentation généralisée” de la TVA dont le taux “dit normal” est de 19,6 %. Les deux pistes qui restent à l’étude sont pour l’instant soit une hausse pure et simple du taux réduit de 5,5 %, soit l’instauration d’un nouveau taux intermédiaire.

A ce stade du débat, rien n’est acquis. Il semble toutefois que l’exécutif cherche à étudier en priorité la piste de l’instauration d’un taux de TVA intermédiaire, plutôt qu’une hausse pure et simple du taux réduit. L’argument avancé  est qu’entre 5.5% et 19.6% il y a une réelle marge de manœuvre et une place pour un nouveau taux intermédiaire.

Le ministre de l’Économie et des Finances,  François Baroin a estimé jeudi matin sur RTL que la création d’une TVA intermédiaire était bien “une piste” évoquée pour augmenter les recettes mais que rien n’était arrêté.

Le taux réduit de 5.5% : un champ étendu en France

Les Echos rappellent ce jour, qu’en France,  le champ des produits soumis au taux réduit de 5,5 %, est « bien plus étendu qu’ailleurs en Europe ». Ce taux concerne les produits de première nécessité et de consommation courante mais également certains secteurs sélectionnés dans le but de les favoriser. A ce titre,  la restauration et le secteur du logement  ont bénéficié ces dernières années de diminutions importantes de leur taux, ce dernier passant directement  de 19.6% à 5.5%, en raison de l’absence de taux intermédiaire, justifie le rapporteur Gilles Carrez.

Cibler les deux plus importantes niches fiscales du budget 2012…

Comme en 2010, parmi les niches fiscales les plus coûteuses figurent les taux réduits de TVA de 5,5% dans la restauration et pour les travaux dans les logements, avec des manques à gagner respectifs de 5,2 et de 3,2 milliards prévus pour l’an prochain, en légère hausse par rapport à 2011.

Un nouveau taux intermédiaire pourrait donc cibler plus particulièrement ou au moins en priorité ces deux secteurs. Si un tel principe était adopté, reste le sujet épineux du nouveau taux à définir.

…pour quelles ressources

Les Echos chiffrent la piste d’une hausse généralisée du taux réduit, de 5.5% à 7%, taux souvent évoqué,  à près de 4 milliards d’euros. Ne la relever dans les mêmes proportions que dans les deux secteurs ciblés de la restauration et des travaux dans le logement rapporterait 1 milliard d’euros à l’Etat.

Gilles Carrez propose lui un taux de 8.9% qui d’après ses calculs permettrait, en ne ciblant toujours que ces deux secteurs, de rapporter 3 milliards d’euros.

Le contexte

Une telle décision pourrait se heurter outre au respect de la législation européenne, à l’action des lobbies et à la réaction des électeurs. Les Echos citent un Commissaire Européen qui rappelle: “quand elles ne sont pas à vocation sociale, les activités qui bénéficient quand même d’un taux réduit sont représentées par un puissant lobby. C’est bien sûr le cas de la restauration mais aussi du BTP.

De son côté,  Didier Ridoret, président de la fédération française du bâtiment, réagissait vendredi sur Europe 1 :”Je considère que le taux de 7% est un taux maximal qui permettrait de garder l’attractivité du secteur. “On est prêt à faire un effort pour participer à la réduction des déficits. Mais n’allons pas trop fort parce que derrière l’activité du bâtiment, c’est beaucoup d’emplois. Il ne faudrait pas tomber dans une récession qui pourrait être fatale”, a-t-il ajouté.

Le Premier Ministre François Fillon devrait annoncer la décision du Gouvernement d’ici huit jours environ.

Top des articles d’actualité “fiscaux” de BforBank

Lundi 31 octobre 2011

Dans le même principe que notre dernier top 5 hebdo des articles les plus vus sur BforBank.com, tout thème confondu, nous avons voulu affiner sur le seul thème de ce blog : la fiscalité et les impôts. Qu’ont-lu nos lectrices et lecteurs, quels sujets les ont préoccupés, et par quel ordre de priorité ?

Une note de lecture intermédiaire, le temps que Caroline (de Francqueville), l’auteur de ce blog, reprenne ses rédactions régulières et expertes. Vous les attendez d’ailleurs très certainement, ce blog étant le “leader” en audience de la plateforme. Bonne lecture !

  1. Impôt sur le revenu : ces dons qui réduisent la note : Le montant des versements à une association est partiellement déductible de son impôt. Mais à qui donner et dans quelles conditions  ? Explications des Echos.
  2. Impôt : quel recours contre la majoration de 10%? : [NB : un article de 2009] Si la majoration vous a été appliquée à tort, ne manquez pas de la contester sur le plan contentieux ; les règles à suivre sont celles des réclamations relatives aux poursuites.
  3. François Hollande candidat : son budget envisagé : Vainqueur de la primaire et déclaré officiellement, le candidat socialiste à la présidentielle fait l’objet de l’attention des experts et des médias. Axe d’analyse : les dépenses qu’il veut engager pour la France. Et quelques repères sur ses financements.

Pour compléter, le top 3 de la section, mais portant sur le mois d’octobre :

  1. Taxation des plus-values : simulations : Ce que vous payez maintenant si vous vendez et ce que vous paierez une fois le nouveau dispositif mis en place. Explications et simulations. (par Les Echos)
  2. Niches fiscales  : ce qui pourrait vous attendre : Investissement dans les PME, immobilier en métropole ou outre mer, dépenses d’équipements des logements, ces niches devraient subir le coup de rabot fiscal de 10 % l’an prochain. Explications.
  3. Réduire ses impôts : « Payer moins d’impôt » est un objectif patrimonial large, dont la mise en œuvre effective peut prendre plusieurs formes. Description des principaux cas.

Pour compléter : testez les outils en ligne pour calculer l’impôt sur le revenu; et calculer l’ISF.

Investir dans les PME et réduire son impôt sur le revenu : le dispositif 2011

Mercredi 19 octobre 2011

investir-petite-moyenne-entreprise-reduire-impotLa fin de l’année fiscale approche. Afin de réduire le montant de son impôt à payer en 2012, plusieurs pistes de défiscalisation sont possibles dont l’investissement en PME, soit en direct, soit par le biais de parts de FIP et FCPI.

Ce dernier dispositif a été a prorogé jusqu’au 31 décembre 2012 par la Loi de Finances 2011 qui en le recentrant a modifié certaines dispositions et réduit les taux des réductions d’impôt sur le revenu accordés. Il est important avant de prendre une décision d’investissement de vérifier les modifications légales qui s’appliquent pour les souscriptions effectuées depuis le 1er janvier 2011, et celles envisagées d’ici la fin de l’année.

Un taux de réduction de 22 % en 2011

Conformément au “rabot” global sur les niches fiscales (art.105 de la LdF 2011), le taux de réduction passe de 25 % à 22 % pour tout investissement réalisé FIP ou FCPI permettant une réduction d’IR (impôt sur le revenu).

Enfin, le projet de loi de finances pour 2012, qui vient d’être présenté, comprend un coup de rabot supplémentaire de 10 % sur les niches fiscales. L’an prochain les placements de défiscalisation seront moins attractifs que cette année. Le taux de réduction pour les investissements en PME devrait (à confirmer après le vote de la Loi de Finances 2012) être de 19 % pour les souscriptions effectuées en 2012.

La règle des plafonds et des cumuls

Le plafond de l’investissement dans les FCPI comme celui dans les FIP est inchangé :

  • 24 000 € pour un couple marié, soit une réduction d’impôt maximum de 5280 €
  • 12 000 € pour un célibataire, soit une réduction d’impôt maximum de 2640 €.

Il est important de préciser que les avantages fiscaux du FCPI et du FIP sont cumulables. Le plafond de réduction d’impôt peut donc être doublé et permettre une diversification de l’investissement car les catégories d’entreprises financées sont différentes. Par contre le dispositif n’est pas cumulable avec certains avantages fiscaux comme les Sofica, et les titres ne peuvent pas non plus figurer au sein d’un PEA.

La règle du plafonnement global des niches fiscales

En 2009, une mesure visant à plafonner la somme des avantages fiscaux a été instaurée. Ce plafond a ensuite été révisé à la baisse par la Loi de finances 2010, puis celle de 2011. Les FCPI/FIP sont pris en compte dans ce plafond global des niches fiscales, qui est en 2011 désormais de 18 000€ majoré de 6% du revenu imposable.

Spécificité du FIP Corse

La loi de finances 2007 a mis en place un régime dérogatoire (également prorogé jusqu’au 31 décembre 2012) destiné à soutenir les petites et moyennes entreprises de la Corse, au travers de  FIP dédiés qui permettent une réduction de 45% en 2011 du montant souscrit. Leurs avantages fiscaux sont également cumulables avec ceux des FIP et FCPI.

Autres modifications intervenues en 2011 (loi de Finances 2011)

Les droits d’entrée sont désormais exclus pour le calcul de la réduction : les droits d’entrée acquittés lors de la souscription à un FCPI et FIP IR ne seront plus pris en compte pour le calcul de la réduction de 22 %. C’est donc le montant net de droits d’entréequi doit être indiqué dans la déclaration de revenus.

Rappel sur la règle du cumul réduction IR/ISF

L’instruction fiscale du 15 novembre 2010 (BOI 7 S-7-10) dispose que la réduction d’IR et d’ISF ne doit plus pouvoir se cumuler pour les versements réalisés à compter du 1er janvier 2011.

Avant 2011, la fraction d’investissement n’ayant pas donné droit à réduction d’ISF pouvait permettre une réduction d’IR. Une souscription dont une partie seulement est investie en PME éligibles à la réduction d’ISF ne donne désormais plus droit à la réduction d’IRPP sur le solde des investissements. Tel est le cas en particulier pour les FCPI et FIP qui n’investiraient pas la totalité de leurs actifs dans des PME éligibles.

Placements à réserver à des investisseurs avertis

Comme tous les « produits actions » non cotés, les FCPI et les FIP constituent des placements risqués aux performances aléatoires, à réserver à des investisseurs avertis. Placements à long terme, ils permettent, outre une réduction d’impôt, une diversification du patrimoine et des possibilités de gain ou de perte en capital associées à des projets innovants et risqués.

Copyrights : vistavision sur Flickr

Le budget 2012 après les retouches de la Commission des finances

Lundi 17 octobre 2011

budget_2012_retouches_commission_finances_lyonLa première partie du projet de budget pour 2012 a été adoptée mercredi 12 octobre par la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, en vue des débats qui commenceront mardi 18. Certaines des mesures présentées le 28 septembre par le Gouvernement ont été durcies, d’autres supprimées ou encore réaménagées, comme les plus values immobilières. Enfin les députés ont adopté de nouvelles mesures, telles celle relative au régime fiscal des SIIC (sociétés d’investissements immobiliers cotées).

Une taxation sur les hauts revenus alourdie

Suite à l’accord intervenu en début de semaine entre la majorité et le gouvernement, le seuil retenu a été abaissé à 250 000 euros par part. Les revenus seront imposés à 3 % entre 250 000 et 500 000 euros par part et 4% au-delà. L’assiette de la nouvelle taxe est celle du revenu fiscal de référence (RFR) qui intègre à la fois revenus du travail et revenus du capital. Pour le dispositif ainsi amendé, le rapporteur Gilles Carrez évalue à 470 millions d’euros les recettes attendues, contre 200 millions initialement prévu pour la version d’origine.

Le régime des plus values immobilières réaménagé

Les plus values immobilières seront désormais exonérées, hors résidence principale après trente ans au lieu de quinze auparavant. Les députés ont décidé que cette exonération de la plus-value en cas de vente de la résidence principale serait également appliquée en cas de première cession d’un logement lorsque le vendeur n’est pas propriétaire de sa résidence principale. Ce dispositif, a été mis en place pour éviter que le nouveau régime ne pénalise les ménages « en mobilité professionnelle » ou ceux qui ne peuvent acquérir leur résidence principale.

La mesure sera financée par une modification de calcul de l’assiette du taux d’enregistrement applicable lors de la cession des participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière.

Les SIIC (sociétés d’investissements immobiliers cotées) visées…

Le Président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, Jérôme Cahuzac, a fait adopter mercredi soir un amendement supprimant l’abattement de 40 % sur les dividendes distribués par les sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC). Le député assimile cet abattement à une niche, car si les dividendes issus des bénéfices distribués par ces SIIC bénéficiaient d’un abattement, ils faisaient aussi l’objet d’une exonération d’impôt sur les sociétés…  “Particulièrement complexe, coûteux et ne répondant à aucun objectif d’intérêt général, ce dispositif revient en fait à subventionner les bénéfices réalisées par lesdites SIIC et leurs actionnaires personnes physiques”, selon l’auteur de l’amendement.

Par ailleurs le Rapporteur Gilles Carrez a souhaité que ces titres ne soient plus éligibles au PEA. L’amendement prévoit que les détenteurs de PEA auront jusqu’au 1er janvier 2013 pour régulariser leur situation. Mais les dividendes de SIIC versés en 2012 dans le cadre d’un PEA ne pourront bénéficier de l’exonération d’impôt sur le revenu.

…ainsi que les propriétaires de chevaux de courses

Un amendement à caractère symbolique (il devrait rapporter 2 millions d’euros) supprime l’abattement sur les plus-values sur les ventes de chevaux de course (15 % par année de détention).

Les principales mesures touchant les entreprises

La taxe de 220 millions d’euros permettant d’acheter de nouveaux quotas de C02 sur le marché européen a été annulée, en raison de modalités toujours en cours de négociations. Lors des débats, les députés devront discuter d’une nouvelle version.

Une taxe soda « pas si light que cela »: après de nombreux rebondissements, la taxe a connu un nouveau développement en Commission des Finances : elle taxe devrait bien être étendue aux boissons contenant des édulcorants comme les sodas « light » et ainsi doublée pour rapporter au final 250 millions d’euros.

Enfin une mesure a comme objet de réduire pour les grands groupes  leurs possibilités de faire de l’optimisation fiscale  en leur interdisant déductibilité des intérêts d’emprunt lorsque les titres ne sont pas gérés effectivement depuis la France.

Dans ce contexte politique avec un Sénat à gauche, le Gouvernement et les parlementaires de la Majorité risquent d’être mis à rude épreuve pendant les débats devant mener à l’adoption de ce budget. De manière générale, “sur le plan législatif, la gauche aura les moyens de retarder l’adoption des textes, de faire savoir haut et fort son opposition“, a commenté le politologue Olivier Rouquan (Sciences Po). L’examen cet automne du budget 2012 devrait en être la première illustration.

Copyrights : bozzo2m sur Flickr

Un accord sur les modalités de la taxe sur les hauts revenus

Mercredi 12 octobre 2011

accord-modalites-taxe-hauts-revenusFixée initialement à 3% sur les revenus dépassant 500 000 euros, la taxe sur les hauts revenus fait partie des mesures phare du projet de budget 2012 qui a été présenté mercredi 28 septembre par le gouvernement. Cette taxe présentée comme une mesure d’équité présentait un caractère trop symbolique pour de nombreux parlementaires de la majorité, qui souhaitaient l’alourdir en abaissant son seuil ou en augmentant son taux.

Un accord sur de nouvelles modalités

Un accord, serait finalement  intervenu entre le gouvernement et sa majorité sur les modalités de cette contribution exceptionnelle, a déclaré mardi Christian Jacob, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. De son coté, le Premier ministre a évoqué mardi matin devant les députés UMP cet accord, conclu la veille lors d’une réunion à Matignon.

Un seuil à 250 000 euros

Le seuil  fixé dans un premier temps à 500.000 euros annuels par part, était considéré comme trop élevé par de nombreux députés UMP et Nouveau centre. Écoutant la voix des parlementaires, et confirmant les propos récents de la  Ministre du Budget Valérie Pécresse, c’est bien finalement  un seuil abaissé à 250.000 euros qu’il sera proposer de taxer.

Un barème à deux taux

Les revenus compris entre 250.000 et 500.000 euros  seraient taxés à 3% et ceux supérieurs à 500.000 euros le seraient à 4%.

Par ailleurs  «au lieu d’être sur deux ans, comme c’était prévu initialement, on l’inscrit dans la durée, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’on arrive à la règle des moins de 3% de déficit», a ajouté Christian Jacob. Pourtant dès l’origine le premier ministre François Fillon avait indiqué qu’elle serait en place jusqu’à ce que le déficit public de la France soit ramené à 3 % du PIB, soit fin 2013 selon les engagements français à Bruxelles. Il semblait donc bien qu’un minimum de 3 ans était déjà envisagé!

Par ailleurs combien de contributions ont été annoncées “exceptionnelles” puis pérennisées par la suite…

Copyrights : Pierre Numérique sur Flickr

Vers un assouplissement du nouveau régime des plus-values immobilières

Mardi 11 octobre 2011

L’une des mesures phares adoptées en septembre dans le cadre de la Loi de Finances rectificative est le durcissement de la taxation des plus-values immobilières. Sur les biens hors résidence principale, le délai au-delà duquel elles sont désormais totalement exonérées a été repoussé de 15 à 30 ans.

Les résidences secondaires davantage taxées

L’exonération sur la plus value la résidence principale étant maintenu en l’état, la différence de fiscalisation entre la résidence principale et les autres est donc désormais très importante. Or plus particulièrement dans le cas de la mobilité professionnelle, beaucoup de gens sont locataires de leur résidence principale, tout en détenant par ailleurs un bien immobilier. Dans le cas où ils seraient amenés à vendre celui-ci, et souvent d’ailleurs plus particulièrement pour acquérir une résidence principale, ils seraient pénalisés, ne pouvant pas bénéficier de l’exonération au titre de la résidence principale.

Cas d’une première cession de logement par un contribuable non propriétaire de se résidence principale

Lors des débats parlementaires avaient été évoqués ce cas des détenteurs d’une résidence secondaire non propriétaires de leur résidence principale. Le rapporteur de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale Gilles Carrez avait rajouté qu’en dehors des cas de mobilité professionnelle, pour des raisons de prix de l’immobilier dans certaines grandes villes, certaines personnes ne peuvent pas être propriétaires de leur résidence principale mais ont décidé d’investir dans une résidence secondaire :  «Parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, ils sont locataires de leur résidence principale, et ils protègent leur épargne en acquérant un bien immobilier en province », avait défendu Gilles Carrez le mois dernier.

Il semblerait dans un souci d’équité « quand ces personnes sont amenées à se fixer définitivement, quand leur mobilité professionnelle diminue ou bien quand ils prennent leur retraite, de ne pas les taxer sur le réemploi de la vente d’une résidence secondaire » avait rajouté Michel Bouvard.

Les députés reconnaissant qu’il faudra donc bien traiter toutes ces situations avaient décidé, de se laisser le temps et donc de ne le prévoir que dans le cadre de la préparation de la loi de finances pour 2012.

Valérie Pécresse avait rappelé  que cette exonération existe déjà pour les expatriés, qui quittent leur résidence principale pour s’installer à l’étranger.

Amendement prévu au budget 2012

Les Echos rapportent ce matin que les députés UMP Gilles Carrez et Michel Bouvard vont donc proposer un amendement au budget 2012 permettant de rétablir l‘exonération pour les ménages qui ne sont pas propriétaires du logement qu’ils occupent, et qui font une plus-value en vendant pour la première fois une résidence secondaire.

Revenir pour ce cas au régime antérieur à 2004 ?

Dans le régime des plus-values immobilières antérieur à 2004, un dispositif tenait compte de telles situations et prévoyait des cas exonération. La loi de Finances 2004 qui a modifié l’imposition des plus-values immobilières (exonération après 15 ans de détention) a fait disparaître cette disposition.

Le quotidien économique précise que le coût de cette mesure n’a pas encore été évalué.

Philippe Marini, élu Président de la Commission des finances du Sénat

Jeudi 6 octobre 2011

election__philippe_Marini_président_commission_finances_senatLes Présidents des six commissions permanentes du Sénat, considérés comme les postes majeurs de la Haute Assemblée, ont été élus ce jour. Dans le contexte budgétaire actuel, l’élection du Président de la commission des Finances du Sénat revêtait une importance toute particulière.

C’est le sénateur UMP Philippe Marini qui a été élu ce jeudi 6 octobre Président de la Commission des finances du Sénat et la socialiste Nicole Bricq, Rapporteur général de cette même commission. Philippe Marini en était auparavant le rapporteur tandis que Jean Arthuis la présidait et était lui-même candidat à sa propre succession (Marini a obtenu 20 voix, contre 5 à Jean Arthuis).

Le quotidien Le Monde expliquait la veille que cette élection interviendrait après un accord élaboré par le parti socialiste, prévoyant de confier la présidence de la commission des finances à l’UMP tandis que la gauche était à la tête de toutes les autres commissions. Les groupes PS et UMP du Sénat avaient ainsi conclu mercredi 5 octobre cet accord pour que la présidence de la Commission des finances de la Haute Assemblée revienne donc à un sénateur UMP. Le nouveau président du Sénat, Jean-Pierre Bel, s’étant déclaré favorable à cette option mais l’avait conditionnée à un “accord global de gouvernance sur le fonctionnement du Sénat”.

L’UMP revendiquait cette présidence au nom de l’équité et d’un parallélisme avec l’Assemblée Nationale, où la majorité UMP avait laissé la présidence de cette même commission au socialiste Jérôme Cahuzac.

La conférence des présidents, qui organise l’ordre du jour de l’assemblée, se réunira dans l’après-midi.

Copyrights : MEDEF sur Flickr

Une taxe soda qui rapporterait plus que la taxe sur les hauts revenus?

Mercredi 5 octobre 2011

taxe_soda_plus_fructueuse_que_taxe_hauts_revenusLa “taxe soda” ou “taxe boissons sucrées” est une proposition, plutôt inattendue, qui a été annoncée le 24 août par François Fillon dans le cadre du plan destiné à réduire les déficits publics. Cette augmentation des taxes sur les boissons sucrées a comme objectif la lutte contre l’obésité.

Le gouvernement avait évalué à 120 millions d’euros le montant des recettes fiscales générées par cette taxe. Selon des informations relayées ce jour par Europe 1, la taxe rapporterait beaucoup plus que prévu, en raison d’une modification de ses critères d’application.

Toutes les boissons au sucre ou aux édulcorants seront concernées par la mesure.

La mesure annoncée en août évoquait « une accise spécifique sur les boissons sucrées dont le taux sera aligné sur celui du vin » (taxé à 19,6 %, contrairement aux sodas à 5,5 % de TVA). La taxe ne devait concerner que les boissons sucrées et épargner les boissons aux édulcorants. Le gouvernement aurait donc revu ses critères d’application et la taxe concernerait désormais également les boissons aux édulcorants. Une boisson comme le Coca Light ne serait donc plus épargnée.

Un triplement des rentrées fiscales

Le montant que pourrait rapporter cette taxe « nouvelle formule » est évalué à 370 millions d’euros soit 250 millions de plus que prévu et serait redistribué aux agriculteurs qui emploient moins de 20 salariés permanents pour baisser les charges patronales. A titre de comparaison la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus devrait rapporter, si le taux de 3 % et le seuil de 500 000 euros par part étaient retenus, 200 millions et 100 millions supplémentaires si le seuil était abaissé à 250 000 euros !

La taxe soda “formule lights intégrés” rapporterait donc davantage que la contribution exceptionnelle sur les revenus…

La réaction de Bercy

L’agence Reuters informe que Bercy a voulu apporter les précisions suivantes: “Le gouvernement travaille sur une baisse du coût du travail pour les agriculteurs. Nous examinons l’idée poussée par le député Bernard Reynès d’une augmentation de la taxe, sans élargissement. La discussion est ouverte”.

De son coté le député UMP Bernard Reynès a annoncé dans un communiqué que c’est lui qui défendrait à l’Assemblée un amendement incorporant les boissons aux édulcorants. Il a également fait état d’un accord, allant dans ce sens, après une rencontre hier mardi 4 octobre, avec la ministre du Budget, Valérie Pécresse, et le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Bruno Le Maire, précise Reuters.

Le revenu fiscal de référence

Lundi 3 octobre 2011

revenu_fiscal_referenceMême si ses modalités qui feront l’objet de débats lors de son vote au Parlement ne sont pas définitivement arrêtées, figure dans le projet de Budget 2012 une mesure relative à la taxation des très hauts revenus, comme l’ont adoptée nombre de nos voisins européens.

Tout au long de l’année 2011 cette idée a fait son chemin pour aboutir à l’annonce le 24 août dernier, par le 1er Ministre François Fillon, d’un prélèvement sur le revenu fiscal de référence, calculé sur la base d’un taux de 3 % au-delà d’un seuil de 500 000 euros par part. C’est selon ces mêmes modalités que le dispositif figure dans le projet de Budget 2012 afin de s’appliquer aux revenus perçus en 2011 et rapporter 200 millions d’euros.

Le RFR : une notion méconnue

C’est l’occasion pour nous de faire le point sur cette notion du revenu fiscal de référence qui, bien que très utilisée, a des contours plutôt méconnus et quelque peu complexes. Que recouvre cette notion, à quoi sert-elle et pourquoi a-t-elle été retenue comme assiette pour la contribution des très hauts revenus ?

Le choix d’une assiette élargie

C’est Gilles Carrez qui a inspiré ce prélèvement assis sur le revenu fiscal de référence. Le rapporteur du budget à l’Assemblée Nationale proposait à l’origine un taux de prélèvement inférieur (1 ou 2%) et une assiette au-delà de 1 million d’euros par part. Le choix d’une assiette de calcul élargie, en prenant pour indicateur le RFR (revenu fiscal de référence), permet d’englober toutes les ressources du contribuable pour définir ses très hauts revenus, que ces ressources proviennent du patrimoine ou des revenus du travail.

Gilles Carrez avait proposé d’appliquer le taux de taxation sur ce revenu afin de toucher à la fois les revenus salariaux et ceux issus du patrimoine, le revenu fiscal de référence incluant entre autres les plus-values mobilières et immobilières et les revenus perçus à l’étranger.

Un calcul complexe

Sur l’avis d’imposition du contribuable figure ce RFR calculé par l’administration fiscale. Il correspond au montant net imposable, après correction de certaines exonérations ou déductions diverses et après intégration de revenus imposés sous une autre catégorie telle que les plus-values mobilières et immobilières. À titre d’exemple sont ajoutés divers éléments dont :

  • certaines charges déductibles du revenu imposable (notamment cotisations versées sur un PERP),
  • le montant de l’abattement de 40 % sur les dividendes pour la fraction excédant l’abattement fixe.
  • certains revenus exonérés (revenus perçus par les expatriés…)
  • le montant des revenus mobiliers soumis au prélèvement libératoire

À quoi sert-il ?

C’est son montant qui va conditionner l’accès à de nombreux dispositifs, allocations, ou allégements fiscaux. À titre d’exemple nous citerons l’évaluation de la prime pour l’emploil’exonération ou allègement de la taxe d’habitation, l’attribution de bourses.

Une assiette de plus en plus large

L’assiette du revenu fiscal de référence a connu plusieurs phases d’élargissement » entraînant de fait une moindre ouverture à certains avantages fiscaux. Ainsi, les dernières lois de finances y ont intégré de nouveaux revenus. Cela a été le cas en 2007 avec entre autres l’intégration du montant des cotisations ou primes déduites au titre de l’épargne retraite, les revenus des impatriés, revenus des FCPR, plus-values de cession ou de rachat de parts de FCPR.

Copyrights : stefdem sur Flickr