Archive pour juin 2011

Prélèvements sociaux et contrats multisupport : changement au 1er juillet

Lundi 27 juin 2011

Dans la loi de finances 2011, l’assurance-vie a connu une nouvelle évolution fiscale qui va entrer en vigueur à partir du 1er juillet 2011. Elle consiste, pour les contrats d’assurance-vie multisupport à soumettre aux prélèvements sociaux, les produits des fonds en euros dès leur inscription en compte et non plus lors du dénouement du contrat. Cette mesure aligne donc les modalités de perception des prélèvements sociaux du compartiment euro des contrats d’assurance-vie multi-support sur celles déjà appliquées pour les contrats d’assurance-vie monosupport en euros.

Le nouveau dispositif prévu par la loi de finances pour 2011

Il est dorénavant fait une distinction au sein des contrats multisupport entre les fonds investis en unités de compte (imposition uniquement au dénouement du contrat) et les fonds investis sur le fonds en euros (imposition lors de l’inscription en compte des bénéfices). Les souscripteurs qui investissent dans les fonds euros des contrats multisupport devront désormais régler annuellement les prélèvements sociaux au taux en vigueur (12,3% en 2011) sur les gains obtenus durant l’année et non plus simplement au moment du rachat du contrat ou du versement du capital au bénéficiaire.

C’est donc sur les gains inscrits sur les contrats d’assurance-vie à partir du 1er juillet 2011 que le calcul commencera et les intérêts acquis seront donc inscrits en compte nets de prélèvements sociaux.

Une procédure de régularisation prévue en cas de trop perçu

La loi a tenu compte des spécificités des contrats multisupport, en prévoyant une possibilité de régularisation au terme en cas de trop perçu sur ces prélèvements. Cette procédure (assez complexe !) interviendra dans le cas où au dénouement du contrat ou de décès de l’assuré, il ressortira un montant de prélèvements sociaux (payé chaque année sur les intérêts du fonds en euros) supérieur à celui des prélèvements calculés sur la totalité des produits attachés au contrat à la date du rachat ou du décès.

Crédits photos : Jinod sur Flickr

Les sénateurs durcissent la fiscalité des donations et successions

Mercredi 22 juin 2011

Dans le cadre de l’examen par le Sénat de la PLFR (projet de loi de finances rectificative), les sénateurs ont adopté mardi 21 juin, l’article consacrant l’allègement de l’ISF et le nouveau barème à deux taux.

Le week-end dernier, après un arbitrage de Nicolas Sarkozy, la mesure relative à la taxation des résidences secondaires des non résidents avait été supprimée du projet de loi examiné par les sénateurs.

Pour compenser le manque à gagner évalué à 176 millions d’euros, dans un premier temps, c’est la fiscalité sur les terrains non bâtis qui devait être mise à contribution mais Philippe Marini a estimé qu’une mesure aussi importante ne pouvait être décidée si rapidement.

Les sénateurs ont donc préféré durcir certaines mesures relatives aux donations et successions, en votant certains amendements en Commission des Finances.

Le sénat renforce la fiscalité sur les donations…

Un amendement proposé par le rapporteur général (UMP), Philippe Marini, divise par deux, les taux des abattements prévus par les députés afin d’atténuer les répercussions de l’allongement de 6 à 10 ans du délai entre deux donations défiscalisées. En effet, pour éviter que les donations antérieures soient totalement touchées, un mécanisme de lissage consistait à appliquer un abattement sur la valeur des biens donnés, variable en fonction de l’ancienneté de la donation entre la 6ème et la 10ème année. Il serait donc désormais fixé à :

  • 10 % (au lieu de 20 %) si la donation est passée depuis sept ans et moins de huit ans
  • 20 % (au lieu de 40 %) si elle est passée depuis sept ans et moins de huit ans
  • 30 % (au lieu de 60 %) si elle est passée depuis huit ans et moins de neuf ans
  • 40 % (au lieu de 80 %) si la donation est passée depuis neuf ans et moins de dix ans.

“Il s’agit de réduire, tout en la maintenant dans son principe, la mesure de lissage sur la reprise des donations effectuées depuis plus de six ans et moins de dix ans” votée par les députés, a expliqué M. Marini.

…et les droits de succession sur les contrats d’assurance-vie

Philippe Marini, a également proposé d’aligner sur le barème des droits de succession (tel que modifié par le projet de réforme de l’ISF), le régime fiscal du prélèvement acquitté par le bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie lors du décès du souscripteur.

Concrètement, une même hausse de cinq points serait appliquée au taux de prélèvement sur l’assurance-vie au décès du souscripteur, le faisant passer de 20 % à 25 % (après abattement de 152 500 euros), pour les contrats d’un montant supérieur à 902 838 € dénoués lors d’un décès. Cette mesure proposée par le rapporteur du budget à l’Assemblée nationale Gilles Carrez (UMP) avait été supprimée par le gouvernement.

Un renforcement de la hausse du droit de partage

Le droit de partage est le droit à acquitter à l’occasion d’une opération de partage (sur succession, indivision…) et le montant du prélèvement est calculé sur la valeur de l’actif net partagé. Les députés avaient relevé de 1,1 % à 2,2 % ces droits de partage. De leur coté, les sénateurs ont voté une nouvelle hausse de 0,3 point afin de porter ce taux à 2,50 %.

Un assouplissement de l’article relatif aux dons manuels

Les sénateurs ont adopté un autre amendement de Philippe Marini qui, cette fois assouplit un dispositif introduit par les députés, qui visait à inciter à une révélation précoce des dons manuels et de l’acquittement des droits de mutations à titre gratuit y afférents.  Les sénateurs ont décidé de fixer un seuil  à 15 000 euros pour l’application de  cette obligation déclarative supplémentaire.

Crédits photos Destination Europe sur Flickr

Les résidences secondaires des non residents ne seront pas taxées

Lundi 20 juin 2011

Le projet de loi de finances rectificative pour 2011 est examiné à partir du 21 juin par le Sénat. Le projet adopté la semaine dernière par les députés tel qu’il sera présenté aux sénateurs ne comprendra plus la mesure relative à la taxation des résidences secondaires des non résidents, le gouvernement l’ayant finalement supprimé du texte ce week-end.

La mesure sur la taxation des résidences en France

L’une des mesures de financement de la réforme incluant la suppression du bouclier fiscal et l’allègement de l’ISF, consistait à taxer les résidences en France des non résidents. A compter de 2012, les non-résidents propriétaires d’une résidence en France, auraient du supporter une taxe annuelle de 20 % de sa valeur locative cadastrale. La rentrée fiscale d’une telle mesure avait été évaluée à 176 millions d’euros pour 2012, sur une base de 363 000 résidences secondaires concernées.

L’arbitrage du Président de la République

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy a réuni  samedi, François Baroin, ministre du Budget, Thierry Mariani, secrétaire d’Etat aux Transports et responsable UMP en charge des Français de l’étranger, ainsi que les neuf sénateurs UMP représentant les Français établis hors de France, suite à la forte incompréhension de ces Français établis à l’étranger face à une telle mesure.

A l’issue de cette réunion, Thierry Mariani a  annoncé que « Le projet de taxe sur les résidences secondaires des Français de l’étranger est abandonné ».

Différencier expatrié et exilé fiscal

“L’expatrié français n’est pas forcément un exilé fiscal” a déclaré le chef de l’Etat lors de cette réunion de travail. Nicolas Sarkozy a marqué une volonté de différencier les Français expatriés des exilés fiscaux, en conservant les efforts prévus par les exilés fiscaux, en confirmant donc le maintien de “l’exit tax”, qui vise les plus-values réalisées sur la vente de leurs biens en France.

Le secrétaire d’Etat Thierry Mariani s’est dit “pleinement satisfait“  des mesures annoncées.

Quel substitut ?

Comme le soulignent Les Echos, il faut désormais trouver un substitut à cette mesure qui devait contribuer au financement de la réforme fiscale en cours. Le quotidien évoque une refonte de la fiscalité des plus values immobilières sur le foncier non bâti dont les plus-values sont exonérées au bout de 15 ans de détention.

Crédits photos isamiga76 sur Flickr

Réforme de l’ISF : le projet adopté par l’Assemblée Nationale

Mercredi 15 juin 2011

Hier, mardi 14 juin, l’Assemblée Nationale a adopté, en première lecture, le collectif budgétaire qui prévoit la suppression du bouclier fiscal mais également l’allégement de l’impôt de solidarité sur la fortune. Rappelons au préalable que ces dispositions ne sont pas définitives puisque le projet de loi doit désormais être discuté au Sénat, ce à partir du 21 juin.

La fin du bouclier fiscal

L’Assemblée Nationale a voté à l’unanimité la fin du bouclier fiscal : les impôts ne seront donc plus plafonnés à 50% des revenus du contribuable. Mais contrairement à la volonté de l’opposition, la suppression du bouclier sera effective à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012, au titre de revenus réalisés en 2011 et non dès cette année.

Le président socialiste de la commission des Finances de l’Assemblée, Jérôme Cahuzac chiffre le coût de cette mesure de transition à  550 millions d’euros en 2012 et 200 millions d’euros en 2013.

L’ISF 2012

Les députés ont adopté les deux dispositions principales du projet de loi,  relatives à l’ISF : le seuil d’imposition fixé désormais à 1,3 million d’euros et les taux de taxation de 0,25 % et de 0,50 % applicables dès le 1er euro. Le barème actuel dont le seuil d’entrée est de 800 000 euros et qui se compose de 6 tranches va donc être remplacé par un barème simplifié et la disposition va permettre de sortir quelque 300.000 contribuables du champ de l’ISF.

Au-dessus de ce nouveau seuil de 1,3 million d’euros,  deux taux d’imposition applicables dès le 1er euro :

  • 0,25% pour les patrimoines nets taxables compris entre 1,3 million et 3 millions d’euros
  • 0,50% pour les patrimoines nets taxables supérieurs à 3 millions.

Les mesures de lissage telles que prévues dans le projet de loi afin d’éviter les effets de seuil ont été votées et sont prévues pour les patrimoines compris entre 1,3 millions et 1.4 millions d’euros, et, entre 3 millions et 3,2 millions d’euros.

L’ISF 2011

Si ce nouveau dispositif, précisé ci-dessus, s’applique à l’ISF dû à compter de l’année 2012, la réforme va permettre cependant dès 2011 aux contribuables dont le patrimoine net taxable est inférieur à 1,3 million d’euros, de ne plus payer cet impôt. Les contribuables dont le patrimoine est supérieur à 1 300 000 euros seront imposés en 2011 selon le barème actuellement en vigueur et devront attendre 2012 pour être impactés par la réforme.

La déclaration devra être souscrite au 30 septembre 2011.

La réduction d’impôt par personne à charge

Les députés ont adopté un amendement favorisant les redevables ayant des enfants. La réduction d’impôt par personne à charge (enfant mineur ou personne invalide vivant sous le toit du contribuable) était fixée depuis 1988 à 150 euros. Les  députés l’ont porté à 300 euros et ont également souhaité élargir son champ aux enfants majeurs poursuivant leurs études et aux autres personnes prises en charge par le contribuable.

Cette disposition n’entrera elle aussi en vigueur que pour l’ISF réformé et à acquitter en 2012.

Ce texte adopté par les députés sera examiné en séance publique par les sénateurs le 21 juin prochain, le gouvernement souhaitant une adoption définitive avant mi-juillet.

Pour prolonger : lire par exemple le blog ISF ; et les actualités “impôts et fiscalité” de BforBank.

Les « retouches » en Commission des finances de la réforme de l’ISF

Mardi 7 juin 2011

Outre l’intégration des œuvres d’art dans l’assiette de l’ISF, qui vient de faire grand bruit avec l’amendement du député Marc le Fur (voir notre note sur le sujet), les députés de la Commission des finances ont adopté certains amendements à la réforme de la fiscalité du patrimoine. Si le rôle de la Commission n’est que consultatif, c’est depuis lundi 6 juin, au tour des parlementaires, de donner leur avis sur la réforme et ses amendements, dont voici listés les principaux :

Une réduction d’ISF pour enfant à charge de 300 euros au lieu de 150 euros.

Le député UMP Hervé Mariton, défend les avantages fiscaux liés à la famille et souhaite augmenter les réductions d’ISF accordées pour enfants à charge. Depuis 1988, le contribuable réduit le montant de son ISF de 150 euros par enfant à charge, âgé de moins de 18 ans. Hervé Mariton, souhaiterait doubler cet avantage, en le portant à 300 euros, l’étendre au conjoint et aux enfants de moins de 25 ans au lieu de 18. Selon Les Echos, le Gouvernement ne serait pas hostile à la 1ère mesure relative aux enfants, mais plus réticent face à celles relatives au conjoint et au relèvement de l’âge limite de 18 à 25 ans, leur coût prévisible étant très supérieur.

Assurance-vie

L’assurance vie n’a finalement pas été mise à contribution par la réforme mais la commission a adopté un amendement à l’initiative du rapporteur général UMP Gilles Carrez, selon lequel le taux de taxation des sommes (au-delà de l’abattement de 152 500 euros) figurant sur les contrats d’assurance-vie en cas de décès passerait de 20 à 25%. Un autre amendement, qui sera déposé en séance, proposerait de limiter cette hausse aux patrimoines de plus de 900 000 euros.

Bouclier autoliquidé dès 2011

Le projet de loi du Gouvernement prévoit la suppression du bouclier fiscal à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012 au titre des revenus réalisés en 2011. Certains députés voudraient supprimer plus rapidement le bouclier fiscal : Gilles Carrez (UMP) et Charles de Courson (Nouveau centre) voudraient ainsi généraliser l’auto-liquidation du bouclier fiscal dès le bouclier 2011, alors que le texte initial de la réforme instaurait cette obligation pour 2012.

Un assouplissement du nouveau régime des donations

Gilles Carrez, estimant préjudiciable l’allongement de quatre ans de la durée du rappel fiscal (dans la réforme, le rappel porte  sur les donations effectuées dans les 10 ans au lieu de 6 ans auparavant), propose que pour les donations effectuées avant l’entrée en vigueur du nouveau délai, un abattement partiel, de 20% chaque année, soit appliqué entre la sixième et la dixième année. La réforme aurait en effet eu pour conséquence de réintégrer à l’actif des successions les donations faites entre 2001 et 2005 et des abattements sur la valeur des donations effectuées entre six et dix ans auraient comme effet de lisser les effets de cet allongement.

Par ailleurs alors que le projet de loi présenté en Conseil des ministres le 11 mai prévoyait également une suppression généralisée pour les donations, des réductions fiscales liées à l’âge. “Le Figaro” précise que « dans le cas où un donateur de moins de 70 ans transmet des titres de son entreprise en pleine propriété avec un engagement collectif de conservation, la commission a accordé une réduction des droits de donation de 50 %.

Il ne reste qu’a suivre les débats au Parlement qui viennent de commencer, dans un premier temps, à l’Assemblée Nationale…

Copyrights : L’Assemblée Nationale par Ell Brown sur Flickr