Archive pour mai 2011

Taxation des hauts revenus : débat reporté à l’automne

Mercredi 25 mai 2011

L’idée du principe d’une contribution  demandée aux hauts revenus, partagée par de nombreux députés de la majorité dont Pierre Méhaignerie a été acceptée début mai par le Président Nicolas Sarkozy. Le débat, entièrement ouvert – création d’une nouvelle tranche d’impôt ou contribution exceptionnelle sur les hauts revenus - est désormais repoussé à l’automne.

Un sujet qui ne trouve pas encore de consensus au sein de la majorité

Selon Le Figaro, citant le député UMP Jérôme Chartier, aucun accord n’aurait été trouvé au sein de la majorité parlementaire au sujet d’une éventuelle taxation des hauts revenus. C’est donc tout naturellement que les parlementaires et François Baroin, le ministre du Budget, ont décidé de reporter le débat qui devait avoir lieu en juin à l’automne. Ce dernier aura lieu dans le cadre du budget de l’État ou de la Sécurité sociale.

Ne pas perturber le débat sur l’ISF

En dehors de cette absence de consensus, certains députés préfèrent mettre en avant un autre argument, justifiant ce report : ce débat doit être différencié du collectif budgétaire sur l’ISF qui sera examiné le 6 juin prochain à l’Assemblée. Pierre Méhaignerie admet qu’il vaut mieux « ne pas perturber le débat parlementaire sur l’ISF avec la question de la contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus ou le projet de création d’une nouvelle tranche supérieure d’impôt sur le revenu à compter de 150.000 euros par part ». «  Mieux vaut traiter l’ensemble à l’automne, cela gagnera en clarté », ajoute Gilles Carrez, rapporteur du budget à l’Assemblée Nationale, espérant toujours persuader Nicolas Sarkozy, hostile à une nouvelle tranche d’impôt.

Comme cela avait été le cas pour la réforme de l’ISF, un groupe de travail réunissant membres du Gouvernement et parlementaires va être créé afin de permettre de trouver un  terrain d’entente.

Utiliser la CSG ?

En début de semaine, Gilles Carrez a évoqué la taxation de ces très hauts revenus via la CSG. Elle permettrait de mettre en place cette «contribution exceptionnelle» qui toucherait  les contribuables à partir d’un seuil de revenus annuels. «On pourrait établir qu’au-delà d’un certain niveau de revenus imposés à la CSG, il faudra payer 1% supplémentaire”, dit-il. Le montant d’1 million d’euros a été régulièrement évoqué.

Un amendement  sur la création d’une nouvelle tranche ?

Malgré le report décidé de ce débat, le député UMP Michel Piron - partisan depuis de longs mois de la création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu –  déposera néanmoins en juin un amendement sur la création d’une nouvelle tranche d’IR à 46 %… Les Echos précisent  que cet amendement, co-signé par 60 députés, a bien évidemment  peu de chances d’être suivi.

Une des questions au centre du débat du budget 2012,  sera donc celle de savoir si le Gouvernement opte pour  une solution plus pérenne : une nouvelle tranche supérieure de l’impôt sur le revenu au-delà des 41% actuels ; ou s’il se contente d’une taxation sous forme d’une contribution exceptionnelle. La question reste ouverte.

Crédits photos : OliBac sur Flickr

Projet de taxation des hauts revenus : quelques précisions

Mercredi 18 mai 2011

Lors de la présentation de la réforme de la fiscalité,  la semaine dernière, le Gouvernement avait évoqué l’idée d’une taxation des plus hauts salaires, commentée sur notre blog, dispositif qui serait intégré dans le collectif budgétaire. En revanche, le Gouvernement a confirmé, hier mardi 17 mai, à l’occasion d’un petit déjeuner de la majorité à l’Élysée, que le débat sur la création d’une nouvelle tranche supérieure d’impôt sur le revenu était bien renvoyé à l’automne.

Le débat sur une nouvelle tranche d’impôt, repoussé

Selon les propos du  président de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée, Pierre Méhaignerie : «  Ce débat mérite d’être posé mais il a davantage sa place en loi de Finances que lors du collectif consacré à la réforme de l’ISF, qui est bien équilibrée ». C’est donc seulement à l’occasion du projet de loi de Finances 2012 que le débat sur la création d’une nouvelle tranche d’impôt, devrait être réouvert, alors que Nicolas Sarkozy reste toujours opposé à une telle mesure.

La taxation sur les hauts salaires

En revanche, la taxation exceptionnelle visant les très hauts salaires et les bonus, dont l’assiette et le taux restent à définir, sera bien introduite par voie d’ amendement au collectif budgétaire, lors de son examen qui intervient à l’Assemblée Nationale à partir du 6 juin. Si le principe en est acté, son assiette et son taux restent à définir. Des chiffres circulent déjà, Pierre Méhaignerie, évoque de son coté un seuil de 1 million d’euros, contre 2 ou 3 millions selon François Baroin, la semaine dernière…

A suivre…

Crédits photos :  ell brown sur Flickr

Réforme fiscale : aménagement de l’ISF et déclaration 2011

Vendredi 13 mai 2011

Le projet de loi de finances rectificative pour 2011 qui inclut la réforme de la fiscalité du patrimoine a été présenté et adopté, mercredi 11 mai en Conseil des ministres. Le Gouvernement vise une adoption, avant le 14 juillet, de cette réforme dont les grands principes sont : un allégement de l’ISF, une suppression du bouclier fiscal et un alourdissement de la fiscalité sur les donations et les successions.

Avant de passer en revue dans une prochaine note les mesures prévues pour financer cet allègement, résumons ici en quoi l’ISF est réformé et quel est le calendrier attendu, la réforme étant prévu en deux temps.

Le report des déclarations confirmé

Tout d’abord afin de permettre une application partielle de la réforme de l’ISF dès cette année, la déclaration et le règlement de l’ISF sont officiellement reportés au 30 septembre 2011 (au lieu du 15 juin) et le dispositif ISF PME, permettant de réduire son ISF, est maintenu, étant lui même calé sur ce nouveau calendrier.

La réforme de l’ISF

L’essentiel était déjà connu et comme prévu, la réforme consacre :

  • la suppression du bouclier fiscal et du plafonnement de l’ISF : les bénéficiaires auront droit au bouclier pour la dernière fois en 2012 (sur l’impôt en 2011) et procéderont à une auto liquidation. Un dispositif est maintenu pour les personnes aux faibles revenus, propriétaires de leur logement, payant des taxes foncières qui dépassent 50% de leurs revenus.

  • les patrimoines inférieurs à 1 300 000 euros n’auront pas d’ISF à déclarer et à payer, dès cette année (sous réserve du vote de la loi par les Parlementaires).

  • A partir de 2012, un nouveau barème à deux tranches avec des dispositifs de lissage s’appliquerait, dès le premier euro de patrimoine : 0,25 % (patrimoine net taxable  compris entre 1 300 000 € et 3 000 000 €) et 0,50 % (patrimoine net taxable  excédant 3 000 000 €).

Un mécanisme de lissage pour éviter l’effet des seuils

Deux formules de décote seront incluses dans le texte pour gommer les effets de seuils qui existaient dans le premier texte présenté en Avril : la première s’appliquant  entre 1,3 et 1,4 million de patrimoine et la seconde entre 3 et 3,2 millions de patrimoine. Grâce à cette décote, un ménage ayant 1,3 million de biens payerait 1500 euros d’ISF “nouvelle formule” alors que sans cette décote, l’impôt aurait été de 3250 euros. Ces 1500 euros sont donc désormais le montant minimum à acquitter.

Les modalités déclaratives

Les modalités déclaratives pour les patrimoines inférieurs à 3 000 000 euros seront simplifiées : le montant ISF étant porté sur la déclaration IR (a priori à partir de la déclaration 2012 des revenus 2011), le maintien de la déclaration actuelle pour les patrimoines excédant 3 millions d’euros étant acté.

Si nous disposons de la teneur des  mesures du projet de loi, qui feront l’objet de débats au Parlement, il faudra attendre le vote définitif, les amendements pouvant modifier le texte tel que présenté le 11 mai. Le projet examiné début juin devrait faire l’objet d’un vote mi- juillet.

Aucun allègement en 2011 pour les patrimoine supérieurs à 1.300 000 euros ?

Reste un point important à préciser pour ceux qui détiennent au 31 décembre 2010, un patrimoine dont la valeur nette est supérieure à 1,3 million d’euros.

Blaise Chaumont, conseiller fiscal de François Baroin l’aurait confirmé à Sicavonline, ces derniers ne bénéficieraient d’aucun allégement en 2011 et devraient bien appliquer l’ancien barème composé de six tranches et six taux, sans suppression de la 1ère tranche.

Pas de cadeau donc en 2011, qui aurait été d’un maximum de 2805 euros (1310000-800000×0.55%) liée à cette suppression de tranche pour les patrimoines supérieurs à 1 300 000 euros !!!  Ce n’est qu’en 2012, que le nouveau barème à deux taux s’appliquera.

Pour résumer : en 2011, seules les personnes dont le patrimoine est inférieur à 1,3 million d’euros seraient concernées par la suppression de cette tranche et donc concernées par la réforme de l’ISF.

Crédits photos : Jinod sur Flickr

Les hauts revenus plus lourdement taxés ?

Mercredi 11 mai 2011

Le projet de loi de finances rectificative est présenté en Conseil des ministres ce jour, 11 mai, pour un examen au Parlement courant juin, et un vote avant mi juillet. Ce projet contient la réforme fiscale consacrant la suppression du bouclier fiscal et un allégement de l’ISF. Les précisions attendues sur les mesures de lissage, évitant les effets de seuils  et le calendrier d’application de la réforme apportées, reste  à venir le débat et les éventuels amendements que déposeront les parlementaires, avant le vote final.

Le  débat sur la mise en place d’une contribution des hauts revenus

Des députés de la majorité envisagent toujours un débat sur la création d’une nouvelle tranche marginale de l’impôt. Favorables à une telle mise en place, pour les ménages très aisés, de nombreux  parlementaires de la majorité ne désespéraient  pas de  convaincre Nicolas Sarkozy, réticent à une hausse de l’impôt sur le revenu. Ainsi, des députés UMP envisagent un débat sur la tranche marginale de l’impôt sur le revenu ou sur une “participation exceptionnelle aux très hauts revenus”.

Pour l’instant, Nicolas Sarkozy s’est opposé au relèvement de la tranche haute de l’impôt sur le revenu, qui a déjà relevée par la loi de finances 2011 de 40% à 41%. Parmi les partisans de la mise à contribution des hauts revenus, Jean Arthuis, a toujours été favorable à une tranche supplémentaire à 45%, évoquant 200 000 euros de revenus, justifiant sa création : ” au-delà de 200.000€, ce n’est pas le revenu du travail, c’est largement le revenu du patrimoine “.

Une participation exceptionnelle des très hauts revenus

Le débat semble avoir évolué alors que le président de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, Pierre Méhaignerie (UMP), indiquait le 10 mai au site internet des Echosavoir reçu le jour même le feu vert de Nicolas Sarkozy pour déposer un amendement au collectif budgétaire sur l’ISF imposant une ” participation exceptionnelle aux très hauts revenus”.

Il semble que seul le principe de la possibilité de dépôt d’un amendement en ce sens soit, à ce stade, décidé, Pierre Méhaignerie, ajoutant sans plus de précision pour l’instant : « il faudrait créer une nouvelle tranche supérieure de l’impôt sur le revenu dont le seuil de déclenchement et le taux resteraient à définir”.

No comment

Contrairement aux propositions récurrentes de Pierre Méhaignerie, la mesure ne serait pas prise sous la forme d’une nouvelle tranche supérieure d’imposition sur le revenu de 45 % mais sous forme d’une taxe exceptionnelle qui ne ciblerait que les très hauts revenus, supérieurs à 1 million d’euros, évoque le site lepoint.fr,  alors que le rapporteur du texte à l’Assemblée nationale, l’UMP Gilles Carrez explique, de son côté, ne pas être au courant, et que Bercy ou l’Elysée se refusent à tout commentaire.

Crédits photos : UMP

Dividendes : le régime fiscal

Lundi 9 mai 2011

La saison des assemblées générales dont l’un des objets est le vote par les actionnaires du dividende, a déjà commencé pour les sociétés françaises cotées. C’est donc à cette époque que les actionnaires vont toucher leurs dividendes et c’est l’occasion pour nous de refaire un point sur leur régime fiscal.

Les prélèvements sociaux

Le régime social des dividendes est depuis 2008 aligné sur celui des placements à revenus fixes, comme les produits de taux. Les dividendes (crédités hors PEA) donnent lieu au paiement à la source des prélèvements sociaux de 12,3 %. Le montant crédité est donc toujours un montant net des prélèvements sociaux.

Le choix de l’option

Pour les dividendes d’actions françaises, ou étrangères (dont le siège est dans un Etat de la Communauté européenne), le contribuable peut choisir entre deux modalités de taxation et ses revenus d’actions seront :

  • soit taxés à l’impôt sur le revenu
  • soit imposés à la source avec un prélèvement de 19 %,  libératoire de l’impôt sur le revenu. C’est le PFL ou prélèvement forfaitaire libératoire au taux global de 31,3%, prélèvements sociaux inclus.

Imposition au barème progressif : le mécanisme

L’imposition des dividendes au barème progressif de l’impôt sur le revenu s’applique en l’absence d’option pour le PFL, à la source. Le montant brut des dividendes sera soumis au barème  après l’application de divers abattements :

  • un abattement de 40 % (pour  les dividendes dont les  sociétés ont leur siège social en France, dans l’Union européenne ou dans un Etat ou territoire ayant conclu une convention fiscale avec la France et qui sont imposées à l’impôt sur les sociétés.
  • un abattement  forfaitaire égal à 1 525 € pour une personne seule (célibataire, veuf ou divorcé) et3 050 € pour un couple soumis à une imposition commune (mariage ou Pacs).

A noter que le crédit d’impôt (équivalant à 50 % des coupons bruts touchés, plafonné à 115 euros  pour les célibataires et à 230 euros pour les couples) a été supprimé par la Loi de finances 2011 dès les revenus touchés en 2010.

Une option possible pour le PFL

Si l’option pour l’imposition à l’IR, permet de bénéficier de divers abattements vus précédemment, le choix du prélèvement libératoire, ôte toutes ces possibilités d’abattement. Cette option ne revêt donc un intérêt que pour les contribuables imposés au taux marginal de 41% et percevant plus de 39.402 € de dividendes pour un couple et 19.701 € pour un célibataire.

Les conséquences de l’option au PFL

L’option est irrévocable pour chaque encaissement de dividende et non rétroactive. Si en théorie, l’option peut s’exercer à chaque encaissement, il en est tout autre en pratique car l’option pour le PFL, même exercée une seule fois dans l’année, prive le contribuable de tous les abattements prévus pour les dividendes soumis au barème progressif.

Déductibilité des droits de garde

L’administration fiscale considère que ne sont pas déductibles les droits de garde des titres dont les produits sont exemptés de l’impôt sur le revenu, soit parce qu’exonérés soit parce qu’ayant subi un prélèvement libératoire.

Cas particulier du PEA

Les dividendes crédités sur un compte PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux à la source. La nuance à apporter est que ces dividendes perçus sont toutefois intégrés au montant de la plus-value sur laquelle seront calculés les prélèvements sociaux, lors d’un retrait partiel ou de la clôture du compte. En effet, ils seront inclus dans la valeur liquidative du PEA pour le calcul de la plus-value servant de base au calcul de ces prélèvements sociaux.

Une restriction existe dans le cadre du PEA : celle des dividendes provenant de l’inscription de  titres non cotés. La portion du dividende excédant 10% du prix de revient des titres est, en effet, soumise à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

Enfin, une petite précision en cette période où l’actionnaire pourra dans certains cas être amené à choisir le paiement de ses dividendes en actions : qu’il opte pour le paiement en espèces ou en titres, la fiscalité appliquée à ses dividendes reste identique.

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Bouclier fiscal : il va encore coûter à l’Etat

Mercredi 4 mai 2011

40.900 euros. C’est en effet le montant moyen issu d’une “estimation du fisc qui ravive la polémique autour d’un dispositif moribond, symbole du quinquennat de Nicolas Sarkozy devenu un symbole d’injustice“, indique sèchement une dépêche de l’AFP datée du 3 mai. Ce montant sera versé à chacun de 14.400 contribuables Français concernés par ce dispositif fiscal.

Le bouclier fiscal vit cependant ses dernières heures rappelle l’AFP. Car : “Le 11 mai, le Conseil des ministres devrait consacrer son abolition tout en allégeant nettement son corollaire, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) (…)“.

Reste les chiffres globaux, assez éloquents : “En 2010, le bouclier aura coûté 591 millions d’euros aux caisses de l’Etat et bénéficié à 14.443 contribuables selon cette “situation provisoire” établie par Bercy en date de février 2011″. Pour rappel, l’an dernier  “le bilan provisoire du bouclier 2009 faisait état d’un coût similaire (586 millions d’euros pour 16.350 contribuables)“. Mais au final le dispositif eût un coût total de 678 millions d’euros pour quelque 19.000 bénéficiaires…

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