Les premières options proposées par le gouvernement et plus particulièrement la création d’un “IRF” (impôt sur le revenu de la fortune) en cas de suppression de l’ISF ont fait l’objet, dès leur annonce, de très nombreuses critiques aussi bien dans le camp de parlementaires que dans celui des professionnels de l’épargne. Le quotidien “Les Echos” évoque ce jour une autre piste sur laquelle travaillerait le gouvernement, afin de tenir compte du fait que l’un des scénarios présentés le 3 mars dernier n’avait pas de soutien politique…
L’IRF
Un petit retour en arrière : le 3 mars lors du colloque “Patrimoine et fiscalité : enjeux et convergences européennes” le Premier ministre et les ministres François Baroin et Christine Lagarde précisaient les principes du projet de la réforme fiscale, souhaitée par le président Sarkozy.
En cas de suppression de l’ISF, jointe à celle du bouclier fiscal, le gouvernement proposait dans cette option, l’institution d’un impôt sur le revenu de la fortune ou IRF dont la particularité serait d’imposer l’enrichissement tiré du patrimoine soit les plus values latentes en lieu et place du patrimoine. Cet IRF, qui consistait à imposer à 19 % la variation annuelle de la valeur du patrimoine pour ceux supérieurs à 1,3 million d’euros, a fait l’objet de très nombreuses critiques…
Les critiques ne se sont pas fait attendre
Jugé trop complexe, ce scénario de taxation des plus-values latentes a été de façon quasi unanime rejeté par les élus de la majorité, et les professionnels de l’épargne. Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat, avait déclaré : “Taxer des plus-values latentes, c’est une pure folie. Que se passera-t-il les années de crise où le patrimoine des contribuables perdra de la valeur? On se retrouvera avec un trou dans les caisses de l’Etat. “
De son côté le député UMP Jérôme Chartier déclarait : “On voudrait faire en sorte que des contribuables quittent le pays, on ne s’y prendrait pas autrement“. Enfin, Gilles Carrez, rapporteur général UMP du Budget à l’Assemblée, relevait qu’un tel dispositif n’existait nulle part ailleurs…
Un scénario alternatif
Face à ces critiques, “Les Echos” rapportent ce jour que le gouvernement travaillerait sur une nouvelle solution en cas de suppression de l’ISF. Il s’agirait d’un coté d’opérer des augmentations des taux de plus values réelles, de créer certains autres impôts et de toucher également à la fiscalité des successions.
Une forte hausse des taux de plus values
La ligne suivie serait donc celle de l’augmentation des taux de taxation des plus-values mobilières et immobilières. Taxées actuellement, après l’augmentation de la Loi de finances 2011 à un même taux de 19%, la hausse pourrait aller jusqu’à un taux de 23 ou 26%, soit des taux globaux (prélèvements sociaux inclus) de 35,3% ou 38,3%. L’option qui irait jusqu’à la taxation éventuelle au barème progressif de l’impôt sur le revenu ne serait pas éliminée, ajoutée à une impossibilité d’opter pour le prélèvement libératoire.
Rappelons que la tranche la plus élevée du barème progressif de l’IR est actuellement à 41%.
La hausse des droits de succession des « gros héritages »
Il semble que quelque soit la solution adoptée, suppression ou allègement de l’ISF, l’augmentation des droits de succession ait sa place, dans la réforme. Sans revenir sur le principe de l’abattement de 159 325 euros par enfant, il s’agirait d’opérer un relèvement du barème.
François Fillon avait annoncé le 3 mars que le gouvernement ne reviendrait pas sur l’allègement des droits de succession décidé en 2007 dans le cadre de la Loi TEPA : « Parce que nous voulons que chacun puisse transmettre à ses enfants le fruit de son travail, nous ne reviendrons pas sur l’allégement des droits de succession que nous avons décidé en 2007! », avait déclaré le Premier ministre, faisant référence à l’augmentation sensible des abattements, plus particulièrement en ligne directe, intervenue en 2007.
L’assurance vie toujours en ligne de mire
Le principe de la taxation des plus values latentes, tant décriée, serait selon “Les Echos” toutefois maintenue mais uniquement pour des cas exceptionnels dont l’assurance-vie.
Ce n’est que le 12 avril que le schéma final devrait être présenté aux parlementaires.










