Archive pour mars 2011

Réforme fiscale : une nouvelle alternative

Jeudi 31 mars 2011

Les premières options proposées par le gouvernement et plus particulièrement la création d’un “IRF” (impôt sur le revenu de la fortune) en cas de suppression de l’ISF ont fait l’objet, dès leur annonce, de très nombreuses critiques aussi bien dans le camp de parlementaires que dans celui des professionnels de l’épargne. Le quotidien “Les Echos” évoque ce jour une autre piste sur laquelle travaillerait le gouvernement, afin de tenir compte du fait que l’un des scénarios présentés le 3 mars dernier n’avait pas de soutien politique…

L’IRF

Un petit retour en arrière : le 3 mars lors du colloque “Patrimoine et fiscalité : enjeux et convergences européennes” le Premier ministre et les ministres François Baroin et Christine Lagarde précisaient les principes du projet de la réforme fiscale, souhaitée par le président Sarkozy.

En cas de suppression de l’ISF, jointe à celle du bouclier fiscal, le gouvernement proposait dans cette option, l’institution d’un impôt sur le revenu de la fortune ou IRF dont la particularité serait d’imposer l’enrichissement tiré du patrimoine soit les  plus values latentes  en lieu et place du patrimoine. Cet IRF, qui consistait à imposer à 19 % la variation annuelle de la valeur du patrimoine pour ceux supérieurs à 1,3 million d’euros, a fait l’objet de très nombreuses critiques…

Les critiques ne se sont pas fait attendre

Jugé trop complexe, ce scénario de taxation des plus-values latentes a été de façon quasi unanime rejeté par les élus de la majorité, et les professionnels de l’épargne. Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat, avait déclaré : “Taxer des plus-values latentes, c’est une pure folie. Que se passera-t-il les années de crise où le patrimoine des contribuables perdra de la valeur? On se retrouvera avec un trou dans les caisses de l’Etat.

De son côté le député UMP Jérôme Chartier déclarait : “On voudrait faire en sorte que des contribuables quittent le pays, on ne s’y prendrait pas autrement“. Enfin, Gilles Carrez, rapporteur général UMP du Budget à l’Assemblée, relevait  qu’un tel dispositif  n’existait nulle part ailleurs…

Un scénario alternatif

Face à ces critiques, “Les Echos” rapportent ce jour que le gouvernement travaillerait sur une nouvelle solution en cas de suppression de l’ISF. Il s’agirait d’un coté d’opérer des augmentations des taux de plus values réelles, de créer certains autres impôts et de toucher également à la fiscalité des successions.

Une forte hausse des taux de plus values

La ligne suivie serait donc celle de l’augmentation  des taux de taxation des plus-values mobilières et immobilières. Taxées actuellement, après l’augmentation de la Loi de finances 2011 à un même taux de 19%, la hausse pourrait aller jusqu’à un taux de 23 ou 26%, soit des taux globaux (prélèvements sociaux inclus) de 35,3% ou 38,3%. L’option qui irait jusqu’à la taxation éventuelle au barème progressif de l’impôt sur le revenu ne serait pas éliminée, ajoutée à une impossibilité d’opter pour le prélèvement libératoire.

Rappelons que la tranche la plus élevée du barème progressif de l’IR est actuellement à 41%.

La hausse des droits de succession des « gros héritages »

Il semble que quelque soit la solution adoptée, suppression ou allègement de l’ISF, l’augmentation des droits de succession ait sa place, dans la réforme. Sans revenir sur le principe de l’abattement de 159 325 euros par enfant, il s’agirait d’opérer un relèvement du barème.

François Fillon avait annoncé le 3 mars que le gouvernement ne reviendrait pas sur l’allègement des droits de succession décidé en 2007 dans le cadre de la Loi TEPA : «  Parce que nous voulons que chacun puisse transmettre à ses enfants le fruit de son travail, nous ne reviendrons pas sur l’allégement des droits de succession que nous avons décidé en 2007! », avait déclaré le Premier ministre, faisant référence à l’augmentation sensible des abattements, plus particulièrement en ligne directe, intervenue en 2007.

L’assurance vie toujours en ligne de mire

Le principe de la taxation des plus values latentes, tant décriée, serait selon “Les Echos” toutefois maintenue mais uniquement pour des cas exceptionnels dont l’assurance-vie.

Ce n’est que le 12 avril que le schéma final devrait être présenté aux parlementaires.

Investissement immobilier : les nouveaux plafonds 2011

Jeudi 31 mars 2011

Tous ceux qui investissent dans l’immobilier en bénéficiant d’un avantage fiscal (régime Scellier par ex.) savent que les loyers applicables dans le cadre de la location du logement acquis ne doivent pas dépasser un certain seuil.

Ce seuil a été revu à la baisse selon les localisations afin d’éviter les simulations erronées et donc décevantes.

Un plafond complémentaire, celui des ressources du locataire, s’ajoute à celui limitant le loyer lorsqu’un avantage fiscal supplémentaire est octroyé au contribuable (régime du Scellier social ou du Scellier Outre-Mer par ex).

Ces deux plafonds sont revus chaque année par l’administration fiscale.

Voici les deux instructions publiées récemment au bulletin des impôts  : l’instruction 5 B-5-11 et l’instruction 5 D-1-11.

Pour prolonger, vous pouvez vous reporter à ce résumé des modifications apportées par la dernière loi de finances en matière d’investissement immobilier.

PFL (2/2): dividendes d’actions et prélèvement libératoire

Mercredi 30 mars 2011

Comme nous l’avons vu précédemment (notre note 1/2 : PFL ou barème progressif ), le prélèvement forfaitaire libératoire permet au contribuable de ne pas voir soumettre, ses intérêts, coupons et même dividendes d’actions perçus, au barème progressif de l’impôt sur le revenu mais de les taxer à un taux fixe, le plus généralement de 19%.

C’est depuis le 1er janvier 2008, que les dividendes d’actions peuvent être soumis au choix de l’épargnant au PFL au taux de 19%, ou à l’imposition sur les revenus, au barème progressif. Pour savoir si l’option pour le PFL se justifie dans le cas des dividendes d’actions, le calcul est différent et plus complexe que celui en cas de revenus des placements à taux fixe.

Les conséquences du choix de l’option au PFL

Si le choix pour l’option ou non au PFL pour ses dividendes d’actions nécessite des calculs ou simulations indispensables et plus précis, différents de ceux pour les produits de placements à revenus fixes, c’est que cette option entraine la perte de tous les avantages liés aux dividendes d’actions. Les dividendes soumis au barème progressif  font, en effte, l’objet de divers avantages dont:

  • un abattement de 40%,
  • un abattement de 1525 euros ou 3050 euros (pour un couple),
  • la déductibilité de la CSG (Contribution Sociale Généralisée) à hauteur de 5,8%.

La perte de tous ces avantages, en cas d’option pour le PFL explique que dans le cas des dividendes d’actions, il est en général plus avantageux d’opter pour le PFL de 19 % uniquement si le montant total annuel des dividendes est de l’ordre de 40 000 euros pour un couple (20 000 euros pour un célibataire) et si le contribuable est soumis au taux marginal d’imposition de 41 %! En d’autres termes, cette option ne concerne que les “très gros” portefeuilles d’actions

Quelle que soit l’option choisie, les dividendes d’actions sont soumis aux prélèvements sociaux (au taux de 12,3% en 2011) à la source.

PFL et bouclier fiscal

Alors que le bouclier fiscal vit ses derniers moments, sans pouvoir en préciser encore le calendrier exact, il est toutefois intéressant de dire que le choix de l’option fiscale se complique pour le contribuable éligible au bouclier fiscal. La loi de finances pour 2010 et la loi de finances rectificative pour 2009 ont modifié certains avantages des actionnaires afin de neutraliser de façon progressive, la différence liée à l’option entre le régime de droit commun et le prélèvement forfaitaire libératoire.

Auparavant les dividendes soumis au régime de droit commun étaient privilégiés. Car non pris intégralement en compte pour le calcul du bouclier fiscal (le fisc déduisait l’abattement de 40 %, la CSG déductible de 5,8 % et l’abattement forfaitaire annuel de 3 050 euros pour un couple). Ce alors que le bouclier fiscal retenait les dividendes soumis au PFL pour 100% de leur montant. Les dividendes perçus en 2009 (bouclier 2011) bénéficieront encore d’un abattement de 30 %. Cette harmonisation des régimes rend plus que jamais nécessaire une étude au cas par cas.

Faire le bon choix des placements et… de leur fiscalité

Pour l’épargnant, il ne s’agit donc pas simplement de sélectionner les bons placements mais également de bien choisir leur imposition. En effet, souvent des contribuables font le mauvais choix d’option fiscale et peuvent être de ce fait amenés à payer plus d’impôts que nécessaire en optant par simplicité pour le PFL, alors qu’ils auraient eu intérêt à intégrer ces revenus dans leur déclaration d’impôt.

Attention: si l’option peut être partielle pour les produits de placements à revenu fixe, pour les dividendes d’actions, elle est à proscrire, car elle fait alors perdre aux dividendes de l’année, restés dans le barème progressif, le bénéfice des abattements habituels…. Si vous n’avez pas encore encaissé de dividendes d’actions (la « saison » bat son plein à partir du mois d’avril), il est encore temps de procéder à une vérification…

PFL ou barème progressif ? (1/2)

Mardi 29 mars 2011

Chaque année, l’épargnant doit vérifier que les options fiscales choisies pour ses différents placements sont bien en adéquation avec sa propre situation fiscale. L’alourdissement de la fiscalité des placements en 2011 doit les amener à vérifier si les choix de l’année précédente se justifient encore.

En 2011, le contribuable doit entre autres tenir compte :

  • d’une dernière tranche du barème progressif dont le taux est passé de 40 % à 41 %,
  • d’un taux du prélèvement forfaitaire libératoire passé de 18 % à 19 %,
  • de prélèvements sociaux qui atteignent 12,3 %

En choisissant avec attention le bon mode d’imposition, il est possible d’optimiser sa fiscalité grâce à un minimum d’anticipation.

Le PFL : de quoi s’agit-il ?

Le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) permet au contribuable de ne pas voir soumettre ses intérêts, coupons et même dividendes d’actions perçus, au barème progressif de l’impôt sur le revenu mais de les taxer à un taux fixe, le plus généralement de 19%. Forfaitaire, car son taux est indépendant du revenu global du contribuable, il est également libératoire car « libère » de l’impôt qui ne sera ensuite pas intégré à l’impôt sur le revenu.

C’est depuis 2008, que les dividendes peuvent comme les produits de placements à revenu fixe, être, sur option, soumis à ce PFL. A défaut, ces intérêts, coupons ou dividendes s’ajoutent aux autres revenus du foyer fiscal et sont donc taxés selon le barème progressif, le niveau d’imposition dépendant alors de la situation fiscale personnelle du contribuable. L’option doit être exercée préalablement au versement des revenus ou dividendes, est irrévocable et non rétroactive. Enfin, même soumis au PFL, vos revenus de placements doivent figurer sur votre déclaration annuelle de revenus.

Les taux

Il existe plusieurs taux de prélèvements dont le plus généralement appliqué est celui de 19 % (depuis le 1er janvier 2011, contre 18% auparavant), auxquels s’ajoutent 12,3 % de prélèvements sociaux (contre 12,1 % en 2010). Le PFL global s’élève donc à 31,3 % pour les intérêts sur livret bancaires fiscalisés, coupons obligataires ou dividendes d’actions.

Pour les bons du Trésor et les bons de caisse, le taux du PFL peut grimper dans certains cas à 60 % (en cas d’anonymat). Quelle que soit l’option choisie, PFL ou barème progressif, les prélèvements sociaux sont prélevés à la source.

Comment prendre la bonne décision ?

Deux cas sont à considérer : celui des revenus fixes et celui des dividendes d’actions que nous aborderons dans une seconde partie. En ce qui concerne les placements à revenus fixes : imposition des intérêts (livrets fiscalisés, compte épargne, compte à terme, compte rémunéré, obligations,…), pour savoir lequel du PFL ou du barème de l’impôt est le plus avantageux, il faut retenir le taux marginal d’imposition sur le revenu auquel on est soumis. Ajouté à un minimum d’anticipation, le calcul est donc relativement simple.

En effet, si la tranche imposable la plus élevée du revenu relève d’un taux supérieur à celui du prélèvement libératoire forfaitaire (19%), celui-ci devra être choisi. Dans le cas contraire, il sera préférable d’inclure les revenus des placements dans le revenu global. Compte-tenu du nouveau barème des impôts 2011, il est préférable de choisir le PFL pour les intérêts de placements à revenus fixes, si votre tranche marginale d’imposition est supérieure à 14%.

La loi de Finances pour 2008 à introduit pour les bénéficiaires de dividendes et produits assimilés la possibilité d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire, dont le taux a été porté à 19 % en 2011. En raison du maintien de divers abattements pour les dividendes soumis au barème,  pour choisir la bonne option, l’approche par le taux marginal d’imposition n’est pas suffisante et nécessite d’autres calculs que nous aborderons dans une autre note (PFL 2/2 : dividendes d’actions et prélèvement libératoire).

Réforme fiscale (2/2) : la piste assurance-vie…

Mardi 8 mars 2011

François Fillon a déjà énuméré jeudi 3 mars certains des domaines qui ne seraient pas concernés par la réforme fiscale en cours. Depuis plusieurs mois, et plus précisément depuis l’annonce par Nicolas Sarkozy de cette réforme, un durcissement du régime de l’assurance-vie paraissait incontournable. Une modification de son régime fiscal figure donc en bonne place, parmi les possibilités de trouver les ressources qui permettront de financer les dépenses de la réforme de l’ISF, quelqu’elle soit. Toujours dans le cadre du colloque de Bercy du jeudi 4 mars, François Fillon a commencé à dresser les premiers contours de l’éventuel nouveau régime fiscal de l’assurance-vie.

L’assurance vie « du petit épargnant » épargnée

Dans un premier temps, afin de rassurer une partie des épargnants, François Fillon a indiqué qu’il n’était “pas question de toucher à l’assurance-vie du petit épargnant, ni à aucun des placements des ménages qui ne sont pas à l’ISF aujourd’hui”. Il s’agit donc de viser les contribuables dont le patrimoine dépasse ce seuil de 1 300 000 euros, et là encore plusieurs pistes peuvent être examinées, dont celle de la taxation des plus values latentes qu’il a évoquée.

La taxation des plus values latentes

La première piste qui pourrait être suivie est celle, proposée par le gouvernement en contrepartie de la solution « radicale » de la suppression de l’ISF, qui toucherait l’accroissement de la fortune et taxerait donc les plus-values latentes. « Les Echos » rapportent que Bercy examine la piste d’une taxation au taux de 19% des gains capitalisés chaque année même si les revenus des contrats ne sont pas perçus par les épargnants. Touchant les français dont le patrimoine est supérieur à 1 300 000 euros, les revenus de l’assurance-vie se verraient donc plus lourdement taxés.

Les experts vont très rapidement mettre en avant la complexité de cette option avec, entre autre, la nécessaire mise en place d’un dispositif permettant au contribuable perdant de l’argent, de déduire ses moins values de plus values ultérieures…. « Usine à gaz » : si il est une expression qui revient souvent dans la bouche des experts, c’est bien celle là, au vu de cette option de la réforme, proposée par le 1er ministre. C’est Nicolas Sarkozy qui tranchera d’ici quelques semaines.

D’âpres discussions, selon les Echos

Les Echos rappelaient, il y a quelques semaines, que l’assurance vie faisait l’objet d’ »âpres discussions » et que plusieurs mesures étaient en cours d’examen à Bercy. Olivier Carré, animateur du groupe de travail de l’UMP a proposé au nom du groupe UMP de l’Assemblée nationale, une mesure visant à empêcher toute sortie d’argent d’un contrat d’assurance-vie chaque année, en franchise d’impôt. Il proposait de taxer l’intégralité des sommes retirées de l’assurance-vie et donc de supprimer les abattements actuellement en vigueur.

L’assurance vie au service des entreprises

Déjà en août 2010, l’Inspection générale des finances (IGF), avait publié un rapport qui préconisait de mieux orienter les investissements vers les assurances-vie en actions en vue de financer l’économie française en général mais surtout renforcer les fonds propres des entreprises.

Dans un discours prononcé à Saint-Nazaire, le 26 janvier dernier, le Président Sarkozy déclarait : «il est indispensable que l’assurance vie, qui bénéficie d’avantages fiscaux importants, contribue davantage au développement de nos entreprises.» Il s’agissait d’exprimer ici la volonté d’inciter les Français à souscrire des contrats multi-supports. S’agit-il de faire resurgir un amendement présenté en décembre, dans le cadre de l’examen au Sénat du projet de loi de finance 2011, par Philippe Marini, sénateur et rapporteur général de la commission des Finances au Sénat, qui avait été retiré.

Vers une plus forte taxation des fonds euros ?

L’amendement, évoqué ci-dessus, présenté par Philippe Marini, suivait cette idée : taxer moins les contrats investis plus fortement en actions et davantage les autres. Il visait à instaurer un taux d’imposition réduit à 5,5% (au lieu de 7,5%) sur les contrats d’assurance vie (souscrits à compter du 1 er janvier 2011) dont les actifs devaient être  constitués d’au moins 15% d’unités de compte en actions pour une durée minimale de 10 ans. « Il importe d’orienter davantage l’assurance vie vers les actions », avait justifié à l’époque Philippe Marini. En contrepartie, le taux d’imposition des autres produits d’assurance vie souscrits à partir de cette même date et détenus depuis plus de 8 ans serait passé de 7,5% à 8,5%.

Un retour d’une telle mesure sur le devant de la scène ?

Le fait qu’aucune décision en ce sens ne soit prise fut un soulagement pour les assureurs. Un soulagement, sans doute de courte durée, car si cet amendement, avait été retiré c’était en raison d’une promesse par le Ministre du Budget, François Baroin, d’aborder le sujet lors de la réforme sur la fiscalité, qui est en cours actuellement. Ce point n’a pas été évoqué par François Fillon.

Enfin, selon le Figaro a été évoquée l’idée de concentrer la hausse de la fiscalité des revenus du patrimoine (plus-values, dividendes, intérêts) sur les ménages très aisés, en soumettant au barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR) les produits du capital supérieurs à 100 000 euros par an

Un sujet sensible

Inutile de souligner que le sujet de l’assurance-vie est considéré comme un sujet sensible. Comme l’a répété Bernard Spitz, président de la FFSA, l’assurance vie représente 57% de l’épargne longue en France : « Les Français sont hypersensibles à la fiscalité. Il faut en être conscient avant de toucher à celle de l’assurance vie ». Rendez-vous fin mars pour davantage de précisions…

Pour prolonger :

Réforme fiscale (1/2) : les pistes écartées

Lundi 7 mars 2011

L’un des enjeux de la réforme du patrimoine en cours, et pas le moindre, est bien sûr d’ordre budgétaire. Que la solution de la suppression totale de l’ISF ou celle de son allègement soit choisie, il faut donc trouver suffisamment de ressources afin que l’opération soit neutre pour les finances publiques. Si, dans un premier temps le premier ministre a donné l’assurance que le seuil d’entrée à l’ISF sera désormais de 1 300 000 euros et énuméré certaines des pistes écartées par le gouvernement, les débats vont désormais se diriger vers les pistes qui, elles, risquent d’être suivies pour trouver les ressources nécessaires au financement de la réforme.

Le processus de la réforme et son calendrier

Le processus de la réforme du patrimoine annoncée en novembre dernier par Nicolas Sarkozy avait été précisé par le ministre du Budget François Baroin. Nous avions été prévenus : avant de donner le contour de la réforme fiscale qui sera proposée avant l’été au parlement, le gouvernement nous donnerait les pistes qu’il écarterait. Ces dernières devaient faire l’objet d’une annonce début mars, afin de réfléchir ensuite aux pistes qu’il aura à l’inverse retenues, pour les annoncer début avril. Le projet de loi devrait être prêt fin avril pour que le vote de la loi intervienne avant l’été.

Ainsi François Fillon a déjà énuméré jeudi 3 mars certains des domaines qui ne feront pas l’objet de la réforme fiscale en cours. La plupart des pistes éliminées ont déjà fait l’objet de nombreux débats, et ces sujets ne semblaient pas pouvoir faire l’objet d’un consensus, même au sein de la majorité.

Pas de création d’une nouvelle tranche d’impôt

Au moment de la discussion de la Loi de Finances 2011, en octobre 2010, le député UMP de Maine-et-Loire Michel Piron avait déjà proposé avec plusieurs députés de supprimer l’ISF et de le remplacer par la création d’une nouvelle tranche d’imposition.

Dès l’annonce par le président de la République en novembre 2010 qu’une réforme du patrimoine verrait le jour mi 2011, pour régler l’épineux sujet de l’ISF, Nicolas Sarkozy avait immédiatement exprimé son souhait de ne pas créer une nouvelle tranche d’impôt visant les hauts revenus. Ce souhait avait depuis lors été réitéré à de nombreuses reprises : ” il n’y aura pas de création d’une 5ème tranche de l’impôt sur le revenu“, avait déclaré le chef de l’Etat.

C’est donc en toute logique que le premier ministre a confirmé qu’était écarté le principe de la création d’une nouvelle tranche d’impôt.

Les autres pistes écartées

Parmi les autres options écartées, le premier ministre a assuré, jeudi 3 mars, que le gouvernement ne reviendrait pas sur l’allègement des droits de succession instauré en 2007, ni sur les plus-values de cession de la résidence principale. Ensuite a été évoqué le livret A auquel le gouvernement ne touchera pas.

En ce qui concerne l’assurance-vie, François Fillon a indiqué qu’il n’était “pas question de toucher à l’assurance-vie du petit épargnant, ni à aucun des placements des ménages qui ne sont pas à l’ISF aujourd’hui”. En dehors de ce cas, le durcissement du régime d’imposition de l’assurance vie semble incontournable et figure donc en bonne place. Les pistes sont elles-mêmes nombreuses dans ce domaine et certaines peuvent s’avérer souvent complexes en terme d’application.

L’examen de certaines des pistes susceptibles de toucher le régime de l’assurance-vie fera l’objet d’une autre note de blog.