Alors que le gouvernement devrait rapidement « plancher » sur le dossier de la réforme du patrimoine, a été publiée le 30 novembre par l’INSEE une étude très instructive quant à la composition du patrimoine des français et à son évolution, plus particulièrement depuis 2004 date de la dernière étude de l’INSEE.
La première remarque de l’INSEE est qu’en 2010, « les ménages français détiennent une palette de placements patrimoniaux moins large qu’il y a six ans ». Ensuite, et cela n’est pas une surprise, il ressort de cette étude une forte volonté des épargnants de sécuriser leur patrimoine, volonté constatée également dans la catégorie plus spécifique des placements financiers.
Un moindre attrait des valeurs mobilières
Un cinquième des ménages détiennent des valeurs mobilières en 2010, contre un quart en 2004. Ce repli concerne à la fois le compte-titres ordinaire et le Plan d’Épargne en Actions (PEA). La crise financière de 2008 a incité des ménages à se retirer de produits risqués et à se replier sur des produits réputés plus sûrs de type épargne-retraite ou assurance-vie, ou plus liquide, de type livrets.
Un succès confirmé de l’assurance-vie
Depuis 10 ans, de plus en plus de ménages détiennent de l’assurance-vie ou de l’assurance décès volontaire : à ce jour, 41,8 % en possèdent au moins une, contre 35,3 % en 2004. Attirés par un cadre fiscalement attractif, un rendement « intéressant » 60 % des détenteurs d’assurance-vie n’ont que des contrats d’assurance-vie en euros, au profil moins risqué que les contrats multisupports investis pour partie en actions.
Les placements liquides et peu risqués se maintiennent à un niveau élevé
Les livrets restent la première forme d’épargne des ménages (85% en détiennent) vers laquelle ils se tournent en cas d’incertitude ou de moindre attractivité des autres placements. Ainsi, la part des ménages détenant un livret A ou Bleu augmente sensiblement entre 2004 et 2010.
Désaffection du PEL
Plus particulièrement en raison d’une modification de sa fiscalité, selon l’INSEE, les produits d’épargne-logement sont ceux qui ont connu le plus net repli ces six dernières années. Alors qu’en 2004, plus de quatre ménages sur dix détenaient de l’épargne-logement, ils ne sont plus que trois sur 10 en 2010.
L’immobilier toujours apprécié
Ce constat est confirmé par la légère hausse de la part de ménages propriétaires de leur résidence principale (ils représentent en 2010 58 % de l’ensemble de la population), et plus généralement d’un bien immobilier (les ménages possédant une résidence secondaire ou de l’immobilier de rapport sont 18,7 %). L’INSEE rappelle que ces progressions s’expliquent par les différentes mesures destinées à accroître le nombre de propriétaires de leur résidence principale, (exonération d’impôt sur le revenu pour les intérêts d’emprunt) ou par les mesures destinées à favoriser la construction de logements (lois Robien de 2003 et Robien recentrée de décembre 2006).
Certains constats, confirmés par cette étude, tels que la désaffection du PEL ou du PERP ont été à l’origine d’une réforme récente (cas du PERP) ou en cours (cas du PEL). Nul doute que cette étude permettra un nouvel éclairage de la situation patrimoniale des français et de leur comportement en termes de placements. La constatation est qu’en dehors de l’aspect conjoncturel, les changements fiscaux expliquent en grande partie le changement de comportement des épargnants vis à vis d’un produit.
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[...] Le patrimoine des Français observé par l’INSEE / Alors que le gouvernement devrait rapidement « plancher » sur le dossier de la réforme du patrimoine, le 30 novembre l’INSEE a sorti une étude sur la composition du patrimoine des Français et à son évolution. Des chiffres et des tendances. [...]