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L’ISR aux USA atteint 3 744 milliards de dollars

Jeudi 31 janvier 2013

L’encours de l’ISR (Investissement Socialement Responsable) aux États-Unis s’élève à 3 744 milliards de dollars selon un rapport de l’US SIF (Forum pour l’investissement durable et responsable aux USA), publié fin 2012. Cela représente un neuvième des 33 300 milliards investis aux États-Unis ou encore au PIB du Brésil et du Canada réunis.

Comment se définit cet investissement responsable ? Il consiste à prendre en compte les questions Environnementales, Sociales et de Gouvernance (ESG) dans les processus d’analyse et de décision en matière d’investissement.

Toutefois, notons que l’expression américaine SRI, Sustainable and Responsible Investing ne correspond pas l’expression française ISR, Investissement Socialement Responsable, mettant l’accent sur le caractère durable (sustainable) des investissements.

De plus, l’ISR aux États-Unis peut se diviser en deux :

  • Intégration ESG : cette approche applique des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) à l’analyse financière et à la gestion de portefeuille. Elle totalise 3 314 milliards de dollars détenus par des investisseurs institutionnels, des établissements financiers et des particuliers.
  • Engagement actionnarial : cette approche consiste à proposer des résolutions lors des votes lors des conseils d’administration des entreprises sur des thèmes ESG. Elle totalise 1 536 milliards de dollars.

 

Certains fonds comportent à la fois de l’intégration ESG et de l’engagement actionnarial, ce qui explique que le total des deux approches dépasse le total de 3 744 milliards de dollars.

Les méthodologies privilégiées :

  • Screening : le screening consiste à sélectionner les meilleures entreprises selon des critères ESG (positive screening) ou à exclure les plus mauvaises (negative screening).
  • Engagement actionnarial : l’engagement consiste pour l’actionnaire à agir au sein de l’entreprise. Cette action inclut le dialogue avec l’entreprise ou le vote en conseil d’administration sur des préoccupations Environnementales, Sociales et de Gouvernance.
  • Community investing : l’investissement dans les communautés se porte vers des zones défavorisées, aux États-Unis ou dans les pays en développement.

Les tendances en 2012

Quelques tendance se dégagent, citées par le rapport de l’US SIF :

  • L’intégration des critères ESG progresse grâce à la demande de produits ISR de la part des investisseurs institutionnels et particuliers, selon 72% des gérants interrogés. Globalement, l’ISR aux USA est passé de 639 milliards de dollars en 1995 à 3 744 milliards de dollars en 2012

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  • Les critères de gouvernance sont devenu un enjeu ESG majeur. Les investisseurs sont sensibles à des enjeux de gouvernance tels que la rémunération des dirigeants et le fonctionnement des conseils d’administration.
  • Les votes de résolutions sur des sujets environnementaux ou sociaux ont été plus nombreux lors des conseils d’administration. Cet engagement des actionnaires vise à améliorer la politique environnementale et sociale des entreprises. Par ailleurs, un nombre croissant de gérant poursuivent un dialogue avec les entreprises en vue d’améliorer les pratiques de celles-ci.

Des chiffres à relativiser…

Avec des encours importants, l’ISR aux USA fait figure de géant. De plus, bénéficie de l’antériorité. Le premier fonds ISR américain, le Pax World Fund date de 1971, rappelle l’institut de recherche Novethic, filiale de la Caisse des Dépôt française.

Toutefois, les chiffres sont à relativiser car l’approche américaine de l’ISR est moins exigeante que celle pratiquée en Europe, souligne Novethic.

Ainsi, par exemple, un fonds qui n’utilise qu’un seul critère d’exclusion sera considéré comme ISR. L’exclusion du secteur du tabac étant devenue courante, beaucoup de fonds peuvent se prévaloir de l’étiquette ISR. « La grande majorité des actifs comptabilisés dans les chiffres du SIF appartiennent ainsi à des fonds avec un critère d’exclusion unique, comme le tabac, l’armement ou l’alcool », indique Novethic.

Précision : l’US SIF est une association qui réunit des entreprises et des organisations engagées dans l’investissement durable et responsable aux États-Unis. Ces entreprises du secteur financier pratiquent la gestion ISR au moyen de l’analyse de portefeuille, l’engagement actionnarial et l’investissement dans les communautés.

Romney, les Mormons et la finance

Mardi 25 septembre 2012

Nous sommes en 1967. Un Américain de 21 ans parcourt des villages de France pour convertir les habitants au culte Mormon. Ce fils du gouverneur du Michigan rentrera précipitamment aux Etats-Unis, après un accident de la route le 16 juin 1968 dans la campagne bordelaise (source: Le Monde).

En 2012, le même homme, Mitt Romney, n’a pas renié sa foi dans l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (LDS, Latter-Day-Saints, nom officiel des Mormons) et il est aujourd’hui candidat à la présidence des Etats-Unis, après avoir fait fortune dans la finance en dirigeant Bain Capital, une société de capital investissement. Comment a-t-il concilié sa foi mormone et son goût des affaires ? Et comment la LDS est-elle devenue une église très compatible avec le business ?

Le Temple et le centre commercial

C’est à cette dernière question qu’a essayé de répondre une journaliste du magazine BusinessWeek en se rendant à Salt Lake City, dans l’Utah. Ici, les Mormons ont établi le siège mondial de la LDS. Ils ont aussi fait construire récemment un gigantesque centre commercial, pour près de 2 milliards de dollars. La centaine de magasins et de restaurants rassemble des marques prestigieuses: Rolex, Tiffany, Porsche Design, etc. On y trouve aussi la librairie Deseret Book, du groupe de médias de la LDS qui compte une maison d’édition, des journaux, des radios et une chaine de télévision. Mais d’où vient la prospérité des Mormons ?

Selon une étude récente, citée dans l’enquête de BusinessWeek, la LDS serait à la tête d’une fortune évaluée à 40 milliards de dollars. L’église collecterait 8 milliards de dollars par an auprès de ses fidèles. Les membres de l’église mormone doivent reverser 10% de leurs revenus à la LDS au titre de la dîme. Les Mormons revendiquent sept millions de membres aux Etats-Unis pratiquant le culte fondé par Joseph Smith (1805-1844). Ils sont également sept millions en dehors des Etats-Unis. En France ils seraient 36 000 en métropole et 22 000 outre mer. Il est à noter que l’enquête de BusinessWeek a été critiquée par les Mormons, notamment à cause de la caricature en couverture du magazine (source: Deseret news).

La réussite des Mormons

Le succès des Mormons suscite l’admiration. Le magazine The Economist énumère quelques noms de Mormons qui ont réussi dans les affaires. Outre Mitt Romney, qui a fondé Bain capital, société de capital investissement, on peut citer John Hunstman, fondateur d’un géant de la chimie, David Neeleman, fondateur de JetBlue, une compagnie d’aviation à bas coût, J.W. Marriott qui dirige la chaine d’hôtels créée par son père ou Eric Varvel, qui dirige la banque d’investissement du Crédit Suisse. On peu ajouter le nom de Stephen Covey, décédé en juillet dernier, auteur célèbre dans le domaine du développement personnel.

Parmi les facteurs qui expliquent le succès des Mormons, The Economist met en avant leur hygiène de vie. Ils ne boivent pas, ce qui leur permet de garder les idées claires.

Comme beaucoup de minorités, les Mormons ont subi des persécutions. The Economist cite les Persans, les Juifs et les Chinois de l’étranger. On pourrait ajouter les Quakers, inventeurs de l’investissement responsable, dont nous avons déjà parlé. Le fondateur de l’église des Mormons, Joseph Smith, a été assassiné en 1844 et les premiers membres ont dû fuir jusqu’à s’établir dans l’Utah. Ces conditions difficiles ont paradoxalement accru leur foi en eux-mêmes.
De plus, le mormonisme est la seule religion globale créée ces 200 dernières années. Elle est donc plus compatible avec le capitalisme que des religions nées avant le développement de celui-ci.

Foi et persévérance

Les Mormons révèrent l’organisation. Sa structure pyramidale, avec un président, actuellement Thomas S. Monson, 85 ans, épaulé de deux conseillers et assisté de douze apôtres. L’ensemble des activités de la LDS sont ainsi organisées de façon très structurées.

La mission est un épisode important de la vie des Mormons. Les hommes en effectuent deux années à l’âge de 19 ans, et les femmes dix huit mois à l’âge de 21 ans. Ils doivent quitter leur famille et souvent partir à l’étranger pour tenter de propager leur foi. Ils apprennent ainsi une langue nouvelle et développent leur sens de l’initiative. De plus, ils doivent persévérer pour tenter de convertir des inconnus à une religion aux particularités pouvant paraître étranges. Le secret de la réussite en affaire des Mormons ?

Google investit dans l’énergie éolienne

Lundi 24 octobre 2011

Google a annoncé, le 11 octobre, le lancement d’un champ d’éoliennes en mer, au large de la côte est des États-Unis. Le projet est dénommé « Atlantic Wind Connection ». Il est évalué à 5 milliards de dollars (soit un peu plus de 3,6 milliards d’euros). Rick Needham, chef des opération de Green business chez Google le décrit comme une « autoroute de l’énergie propre ».

Il prévoit l’installation d’éoliennes et de 565 km de câbles pour acheminer l’électricité produite. L’ensemble alimentera quatre des états les plus peuplés des États-Unis : le New Jersey, le Maryland, le Delaware et la Virginie.

Les travaux doivent débuter en 2013, après l’accord du gouvernement. Ils devraient durer jusqu’en 2020. (AFP)

Google mise sur les énergies renouvelables

Plusieurs partenaires sont associés pour financer le projet. Google participe à hauteur de 37,5%. Le fonds suisse Good Energies Investment Investors apportera également 37,5%. La maison de commerce japonaise Marubeni apportera 15%. Aucun financement gouvernemental n’est prévu.

Le groupe Google a déjà investi par le passé dans les énergies renouvelables. Il investit notamment dans l’énergie solaire, via la société eSolar, et l’énergie géothermique, via AltaRock.

Une des problématiques de Google est la consommation d’énergie. Les serveurs et autres data centers consomment de grosses quantité d’énergie.

Des data centers plutôt énergivores

Pour donner une idée de la quantité d’électricité consommée par ces immenses locaux où des ordinateurs fonctionnent en permanence, on peut se baser sur une étude européenne. Elle estime que les data centers consomment en France environ 4 Terawattheures (Twh) par an, soit 1 % de la consommation totale d’électricité hexagonale (cité par Raphaëlle Besse Desmoulières sur le blog bilan carbone). Cette étude date de 2007, avant le développement du cloud computing (stockage de données à distance) et des smartphones.

Les sociétés qui exploitent ces datas center se modernisent pour réduire leur consommation d’énergie. Les serveurs consomment beaucoup d’énergie et il faut également les refroidir en permanence.

Des investissements restent à réaliser

Le Green Grid est un groupement que rassemble 170 entreprises de ce secteur dans le monde. Il travaille à proposer des solutions pour mesurer et améliorer l’efficacité énergétiques des centres informatiques.

Selon son président, Mark Monroe, de gros investissements sont encore à réaliser pour améliorer l’impact énergétique des datas centers :

« Si les grands acteurs tels que Google, Microsoft, Facebook se donnent les moyens d’évoluer tous les 2, 3 ans, ce n’est pas le cas des sociétés traditionnelles. » D’ailleurs, « si les entreprises sont contraintes par la régulation, on ne constate pas de réels investissements dans le Green. » (source: silicon.fr)

photos: Google et New York Times.