Archive pour le mot-clef ‘solidarité’

La retraite additionnelle des fonctionnaires est 100 % ISR

Mercredi 12 juin 2013

L‘Investissement Socialement Responsable (ISR) est avant tout détenu par des investisseurs institutionnels, c’est-à-dire des compagnies d’assurance, des banques ou des caisses de retraites. Parmi ces « zinzins », comme on les surnomme, figure l’ERAFP, Établissement de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique. L’ERAFP a pour principe une gestion 100 % ISR. Cet établissement public sous tutelle de l’État créé en 2005, se positionne donc comme un investisseur responsable.

4,6 millions d’agents cotisants

Avec 4,6 millions d’agents cotisants, l’ERAFP permet le versement aux fonctionnaires d’une retraite supplémentaire prenant en compte les primes et rémunérations accessoires. Cela concerne les fonctionnaires de l’État (civils et militaires), territoriaux et hospitaliers ainsi que les magistrats.

En 2011, l’ERAFP a ainsi collecté 1,7 milliards d’euros, ce qui porte à 11,77 milliards le total en gestion fin 2011 (source : rapport annuel). Ce fonds est géré de façon très prudente, avec une proportion importante d’obligations souveraines, mais aussi des actions françaises et étrangères, des liquidités et de l’immobilier. De plus, sa perspective à long terme lui permet de détenir très longtemps des actions ou obligations. 

Une approche originale fondée sur la Charte ISR

Mais c’est surtout sa gestion ISR qui attire notre attention. L’ISR est une démarche qui consiste à intégrer le développement durable à la gestion financière en prenant en compte des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance. L’ERAFP revendique une approche « originale » de l’ISR, notamment parce que le conseil d’administration a internalisé le dispositif ISR. En effet, même s’il fait appel à des sociétés de conseil, et des agences de notation extra-financières, c’est bien le conseil d’administration qui a défini un dispositif ISR.

Ces valeurs sont incarnées dans la charte ISR, adoptée en 2006. On y retrouve les trois piliers de l’ISR : l’Environnemental, le Social et la Gouvernance (ESG), déclinés dans la charte en cinq points.

Voici ces cinq points :

  1. État de droit et droits de l’Homme : lutte contre les discriminations, respect de la liberté d’opinion et d’expression, promotion des droits de l’Homme au travail, lutte contre la corruption et le blanchiment.
  2. Progrès social : respect des règles fondamentales du droit du travail, contribution au développement de l’emploi.
  3. Démocratie sociale : respect du droit syndical, promotion de la négociation collective, amélioration des conditions d’hygiène, santé et sécurité au travail.
  4. Environnement : prévention des impacts environnementaux, maîtrise des risques environnementaux, limitation des rejets de gaz à effet de serre, préservation de la biodiversité.
  5. Bonne gouvernance et transparence : bonne gouvernance, application des règles juridiques et fiscales, transparence sur l’activité et la situation financière.

Une approche « Best in class » dynamique

Le dispositif a été adopté en 2007. Il repose sur le principe de « best in class » qui consiste à sélectionner les valeurs les plus responsables dans un secteur donné, selon une série de critères définis d’après la charte ISR. L’idée n’est pas de rejeter tel ou tel pan de l’activité mais au contraire de choisir les activités jugées les plus responsables.

De plus, la démarche est dynamique : les progrès réalisés par un émetteur (État, entreprise) sont valorisés. Elle favorise ceux qui s’inscrivent dans une démarche socialement responsable.

Parallèlement, la charte exclut d’investir dans des États qui violeraient un de ces trois critères : le refus de la peine de mort, le refus du recours aux enfants soldats, le refus de la pratique de la torture.

L’épreuve de la crise

La crise financière a mis à rude épreuve l’ERAFP dans sa gestion au cours des dernières années. Le rapport annuel retient la pertinence de la politique ISR dans ce contexte difficile :

« La crise financière et économique qui a débuté en 2007 et dont les effets se faisaient toujours sentir en 2011 a confirmé la pertinence de la politique ISR du Régime :

  • la maximisation des seuls rendements financiers et la confiance absolue dans des marchés financiers autorégulés ont montré leurs limites ;
  • des sujets importants de la Charte, tels le partage de la valeur ajoutée et la lutte contre les paradis fiscaux, souvent négligés par le passé, sont revenus au centre des débats ;
  • la politique ISR du Régime s’inscrit dans une stratégie d’investissement plus large, reposant également sur une gestion actif-passif prudente, qui lui permet de maintenir le cap dans un contexte d’incertitude au niveau des marchés financiers ».

L’ERAFP a obtenu plusieurs prix pour sa bonne gestion, dont le prix du « meilleur investisseur européen sur les problématiques ESG » pour la deuxième année consécutive à l’occasion de la 14e édition des « ESG Leaders Awards » du TBLI (Triple Bottom Line Investing).

Mais il a aussi subi une passe d’arme avec la Cour des Comptes cette année. Cette dernière a émis des remarques notamment sur sa stratégie d’investissement dans les pays du sud de l’Europe, indiquant que « l’ERAFP avait accru en 2009 son encours d’obligations émises par des États de la zone euro dont la situation financière est jugée fragile depuis le début de la crise ouverte en 2008 ». L’Erafp a répondu sur son site à ce référé de la Cours des Comptes.

Quelques chiffres

L’Erafp fait appel à deux agences de notation extra-financières : Vigeo et Oekom. Il fait appel à des sociétés de gestion pour les autres classes d’actifs que les obligations souveraines : les actions et obligations d’entreprise.

En 2011, l’ERAFP avait en gestion 11,77 milliards en 2011, dont 9,01 milliards en obligations ; 2,27 milliards en actions et 479 millions en liquidités.

La gestion obligataire par pays (au 31/12/2011) se répartissait ainsi avec notamment : France 41,3 % ; Autriche 10,7 % ; Italie 9,1 % ; Allemagne 8,5 % ; Pays-Bas 6,2 % ; Belgique 5,7 %.

La répartition des actions par pays : France 27,58 % ; Allemagne 18,79 % ; États-Unis 14,45 % ; Italie 8,20 %. (source : rapport annuel 2011).

Le Vatican lance une réflexion sur l’éthique et la finance

Mercredi 22 mai 2013

Depuis son élection, le pape François place le thème de la finance au cœur de son discours.

L’Argentin, qu’on a surnommé Le Pape des pauvres, est dans le droit fil de la doctrine sociale de l’église catholique.

Finance et religion, les deux thèmes sont dans l’actualité, car les religieux débattent de l’éthique financière, mais aussi parce que la banque du Vatican – l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR) – affirme sa volonté de se réformer.

Le Pape François a abordé le sujet de la finance, le 16 mai dernier, en recevant quatre nouveaux ambassadeurs au Vatican (La Croix). Dans son discours, il a placé au centre de sa réflexion une citation de Jean Chrysostome exhortant à la solidarité avec les plus pauvres :

« j’encourage les maîtres financiers et les gouvernants de vos pays, à considérer les paroles de saint Jean Chrysostome : « Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs ».

Le Pape François appelle à davantage de solidarité

Le Pape François a posé le constat d’une aggravation des inégalités dans le monde :

«  la peur et la désespérance saisissent les cœurs de nombreuses personnes même dans les pays dits riches ; la joie de vivre s’amenuise ; l’indécence et la violence prennent de l’ampleur ; et la pauvreté devient plus criante ».

Selon lui,

« l’une des causes de cette situation, à mon avis, se trouve dans le rapport que nous entretenons avec l’argent, et dans notre acceptation de son empire sur nos êtres et nos sociétés ».

Sans rejeter les riches, il invite à la réflexion :

« Le Pape aime tout le monde : les riches comme les pauvres. Mais le Pape a le devoir au nom du Christ, de rappeler au riche qu’il doit aider le pauvre, le respecter, le promouvoir. »

Finance : vers plus de règles et autorégulation

Parallèlement, un colloque sur l’éthique bancaire réunissait, le 13 mai, au Vatican, des banquiers, des chefs d’entreprise, des économistes autour d’hommes d’église, dont le président du Conseil pontifical Justice et Paix, le cardinal Peter Turkson (source : Radio Vatican).

Un des animateurs du colloque était Pierre de Lauzun, directeur général adjoint de la Fédération bancaire française et délégué général de l’Association française des Marchés Financiers.

Il a rappelé que les marchés financiers ont besoin à la fois de règles et d’autorégulation.

« Si vous ne comptez que sur la moralité des gens, évidemment, les bandits font ce qu’ils veulent. »

Démonstration par l’exemple : sur la route,

« si vous ne comptez que sur les policiers et que tout le monde conduit n’importe comment, ça ne fonctionne pas. »

Pour Pierre de Lauzun, il y a donc à la fois un besoin « d’intériorisation des règles », donc d’un « changement culturel le plus large possible » Mais pour lui, il faut dans le même temps des règles pour « limiter les excès ».

Le débat s’est porté sur l’ISR (Investissement Socialement Responsable), accusé parfois de n’être qu’une façade. Mais pour Pierre de Lauzun, l’ISR permet de

« reconnaître qu’il y a un certain bien à faire quelque part ».

De plus, si on investit sur les marchés,

« c’est pour avoir un certain rendement, sinon ce n’est pas un investissement. »

C’est donc là où il faut être responsable, poursuit-il.

« Mais attendre un rendement zéro, c’est accepter de gaspiller de l’argent, ce qui n’est pas bien non plus. Produire est un bien commun, pas gaspiller. »

La banque du Vatican : la banque la plus secrète du monde ?

Dans le même temps, les questions financières s’imposent au Vatican. La gestion de l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), autrement dit la banque du Vatican, nécessite des réformes qui vont dans le sens d’une plus grande transparence.

L’IOR vient ainsi d’annoncer qu’il publiera son bilan ainsi que d’autres documents sur un site Internet, à la fin de l’année, selon son président, Ernst von Freyberg (France 24).

L’industriel allemand, nommé par l’ancien pape Benoît XVI en février 2013, précise que le site aura pour but d’expliquer

« ce qu’est l’institution, de dire quels sont ses actifs financiers et ses activités ».

L’OIR, qualifiée de banque la plus secrète du monde par le magazine économique Forbes, s’est pliée à des contrôles pour figurer sur la liste blanche de l’Union européenne des institutions financières qui luttent pour empêcher le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale.

Pour ce faire, les comptes du Vatican seront supervisés par l’Autorité d’Information Financière, une institution mise en place par Benoît XVI, présidée par le financier suisse René Brülhart (source : Zenit).

Grands Prix de la Finance solidaire 2011

Lundi 7 novembre 2011

solidarite_internationale_cocovico-coopérative-femmes-cote-ivoire

Jeudi dernier je me suis rendu à cérémonie de remise des Grands Prix de la Finance responsable, dans les locaux du journal Le Monde.

Arrivé en avance, je me suis installé dans un café voisin, pour me préparer tranquillement. Mais à peine assis, une manifestation de pompiers passa sur le boulevard Blanqui avec ses fumigènes et ses pétards. Certains décidèrent de s’arrêter pour boire un coup. En moins de dix minutes le café est littéralement rempli par des dizaines de pompiers en tenue, bien décidés à refaire le monde.

Une demi-heure plus tard, après cette démonstration de solidarité bruyante et conviviale, je me retrouve dans le hall du Monde. Derrière l’immense baie vitrée, après avoir passé le portique de sécurité, j’entre dans le petit monde de la finance solidaire. Je dis “petit” parce que, comparé à la finance classique, la finance solidaire fait figure de goutte d’eau dans l’océan.

C’est un petit monde, car je reconnais deux personnes que j’ai déjà croisées lors de précédentes interviews. J’y reconnais aussi Claude Alphandéry, le président des Grand prix de la finance solidaire, un des pionniers, déjà vu lors d’une conférence sur la nouvelle finance, mais aussi François de Witt, président de Finansol, qui attribue les labels de l’épargne solidaire.

Petit monde, je disais. Mais la finance solidaire est ouverte sur l’extérieure, ouverte aux idées nouvelles. Et elle est en croissance. De plus, elle est créatrice d’emploi.

C’est ce que l’on nous rappelle au lancement de la cérémonie. Crise de l’euro, G20, manifestations d’indignés (et de pompiers) : face à tout cela, la finance solidaire pourrait bien être un instrument (parmi d’autres) de la sortie de crise. Les acteurs présents ce soir-là en sont convaincus.

Le jury nous dévoile les cinq lauréats de ce deuxième Grand Prix. L’an dernier, seuls quatre projets avaient été récompensés. Cette année, un prix “solidarité internationale” est apparu. Sur une centaine de dossiers candidat, vingt-huit projets étaient nominés.

Les Grands Prix de la Finance solidaire 2 011 sont co-organisés par Le Monde Argent et Finansol, avec le soutien de la Fondation Crédit Coopératif, France Active et la Carac et en partenariat avec France Info et Public Sénat.

“Solidarité internationale”: Cocovico, coopérative de femmes en Côte-d’Ivoire

Le projet Cocovico est intéressant pour différentes raisons. Cocovico est un immense marché couvert qui accueille chaque jour de 3000 à 5000 commerçants, à Abidjan. Ce sont principalement des femmes qui vendent des fruits, des légumes, du poisson et autres produits alimentaires.

Rosalie Botti, la présidente de Cocovico, vêtue d’un boubou aux couleurs de la Côte d’Ivoire, a reçu le Grand Prix de la “solidarité internationale”.

Lancé en 1995, le projet a nécessité des constructions en dur. Il a donc fallu trouver un financement (plus d’un million d’euros). C’est alors qu’est intervenu Oikocrédit, un investissement solidaire qui finance des projets dans les pays du sud.

Le projet Cocovico a rencontré beaucoup de difficultés au cours de son développement, à commencer par la guerre civile en Côte d’Ivoire. Mais, même dans ces circonstances, le marché est resté ouvert, épargné par les belligérants. Les tracasseries administratives et la difficulté de trouver un financement n’ont pas manqué non plus pour Madame Botti et les 200 femmes qui portent ce projet.

Un des aspects intéressants de ce projet est qu’il est reproductible ailleurs. Dans certaines régions, ce n’est pas les producteurs de denrées alimentaires qui manquent, mais les commerçants pour les vendre.

Enfin, Cocovico est un projet global qui ne se limite pas à un marché : des logements vont bientôt surgir tout autour.

“Coup de cœur du jury”: Adage, insertion de femmes fragilisées

L’association Adage (association d’Accompagnement Global contre l’Exclusion) obtient le prix “Coup de cœur du jury”.

Elle accompagne des publics fragilisés, principalement des femmes. Sa mission va au-delà de l’insertion professionnelle. Les personnes concernées cumulent plusieurs difficultés : emploi, logement, isolement, et quelquefois analphabétisme.

L’association, située dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a mis en place un chantier d’insertion avec l’hôpital Bichât à Paris. Elle a créé quinze emplois d’auxiliaires puéricultrices et d’aides-soignantes.

Adage a bénéficié d’un financement auprès de France Active et de La Nef.

“Moins de 10 salariés”: les doigts qui rêvent, des livres pour enfants malvoyants

finance_solidaireLes doigts qui rêvent a reçu le prix des groupes de moins de 10 salariés. Cette association édite des albums tactiles illustrés accessibles aux enfants déficients visuels.

Ce travail artisanal très spécialisé est réalisé par des personnes en insertion. Ces livres tactiles trouvent leur public puisque 30 000 albums ont déjà été vendus depuis 1994.

Ce projet est financé notamment par la MAIF grâce à un Livret d’épargne solidaire, le Livret épargne autrement. Les financement publics sont en baisse. L’association s’autofinance grâce aux ventes de livres.

De 10 à 50 salariés: Terre de liens installe des paysans bio

L’association Terre de Liens a remporté le Grand Prix de 10 à 50 salariés.

Ce placement solidaire, dont nous avons déjà parlé, a pour but d’acheter des terres agricoles pour les louer à des paysans qui pratiquent l’agriculture biologique.

Le projet crée du lien: en finançant des paysans, l’urbain manifeste sa solidarité avec les campagnes. Pour financer Terre de lien, l’épargnant acquiert une action. La foncière compte aujourd’hui 7 000 actionnaires.

Terre de Liens est une association qui accompagne les exploitants agricoles. C’est une foncière qui acquiert des terres. Et c’est un fonds que l’on peut soutenir en faisant un don.

Plus de 50 salariés : le Groupe Archer insère des personnes dans la Drôme

Le Groupe Archer forme et accompagne des personnes en recherche d’emploi. Il développe son activité dans plusieurs domaines: fabrication locale de chaussures éthiques, services à la personne, services aux collectivités et association comme la distribution du courrier et l’entretien des espaces verts.

Avec ses chaussures “made in Romans”, le Groupe Archer fait le pari qu’on peut fabriquer en France. Il privilégie des matières premières locales, des stylistes, modélistes et techniciens, tous anciens salariés des grandes marques romanaises, explique l’entreprise sur son site.

Le groupe est financé par France Active et Garrigue.

photos: épargne sans frontière, Maif,

L’épargne salariale se convertit à l’ISR

Mardi 26 juillet 2011

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) représente une part croissante de l’épargne salariale. Avec 9,6 milliards d’euros investis en 2010, contre 6,5 milliards en 2009, l’épargne salariale ISR progresse de 47% en un an, selon l’étude annuelle publiée par l’institut de recherche Novethic.

Dans le même temps, le total de l’épargne salariale progressait de 4%, s’élevant à 52 milliards d’euros. L’épargne salariale socialement responsable représente ainsi 18,4% du total.

Socialement responsable et solidaire

Plusieurs causes peuvent être avancées pour expliquer cet envol de l’ISR. Il y a tout d’abord la législation, qui encourage l’épargne salariale solidaire.

Depuis janvier 2010, les entreprises ont l’obligation de proposer un fonds d’épargne solidaire dans le cadre de leur épargne salariale. L’ISR a bénéficié de ce coup de pouce de la loi. La plupart de ces fonds solidaires sont gérés dans une approche socialement responsable. En effet, un placement peut être à la fois solidaire et socialement responsable.

Rappelons que l’Investissement Socialement Responsable est une forme de placement consistant à prendre en compte des critères liés à l’Environnement, au Social et à la Gouvernance. La finance solidaire consiste à soutenir des projets à forte utilité sociale, environnementale et culturelle.

Les fonds solidaires doivent consacrer de 5 % à 10 % de leur actif au financement d’entreprises solidaires.

Produits d’épargne labellisés

Le Comité Intersyndical de l’Épargne Salariale (CIES) est de ceux qui contribuent à populariser l’épargne salariale socialement responsable. Il a créé un label qui permet aux salariés de repérer ces produits d’épargne salariale.

Actuellement, 13 gammes d’épargne salariale sont labellisées par le CIES (consulter la liste). Les gammes d’épargne salariale labellisées par le CIES concernaient 1,5 millions de salariés de 50 000 entreprises au 1er janvier 2011. Le CIES,a été créé en 2002 par les quatre Confédérations syndicales CFTC, CFE-CGC, CGT et CFDT.

Préoccupation sociales et environnementales

Le choix de l’ISR témoigne aussi d’une attention croissante aux préoccupations sociales et environnementales chez les salariés.

Selon Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, interviewée par Les Echos :

“L’épargne salariale ISR pose aussi la question centrale du rôle des salariés, qui peuvent inciter leurs entreprises à améliorer leur politique de responsabilité sociétale via les FCPE Imaginez qu’une grande entreprise cotée ne figure pas dans le portefeuille du fonds actions ISR souscrit par ses propres salariés, car elle n’affiche pas les meilleures pratiques de son secteur. Cela pose forcément des questions”

Crédits photos : s2photo sur Flickr

Les plateformes de prêt solidaire popularisent le microcrédit

Mercredi 27 avril 2011

Prêter de l’argent à un entrepreneur qui n’a pas accès aux prêts classiques : tel est le principe des plateformes de microcrédit entre particuliers.

Grâce à la dynamique du réseau social, les internautes se rassemblent pour financer des projets solidaires à l’étranger mais aussi en France. En général, ces prêts ne rapportent pas d’argent aux investisseurs : ces solutions de microcrédit s’apparentent à de la solidarité.

C’est justement à cette solidarité que l’on fait appel sur ces plateformes qui ont pour nom Babyloan, Kiva, Friensclear, Xetic ou Microworld.

Internet est le bon outil pour faire parler d’une cause et rassembler autour d’elle des internautes. Beaucoup d’entre eux sont motivés pour aider une femme qui lance une petite affaire en Afrique ou en Amérique latine.

Les plateformes de prêt solidaire joue un rôle d’intermédiaire. Elles mettent en rapport le prêteur et la personne qui a besoin d’un prêt.

Les plateformes actives en France

Babyloan

Il se présente comme le 1er site internet européen de micro-crédit solidaire. Sur Babyloan, les internautes peuvent choisir de prêter à partir de 20 euros à des micro-entrepreneurs dans les pays en développement.

Aujourd’hui, le site finance aussi des projets en France, en partenariat avec l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique).

Pour l’investisseur, il n’y a pas de retour sur investissement.

Kiva

Cette organisation à but non lucratif a été fondée en 2005 aux Etats-Unis. Elle met en rapport les internautes avec des entrepreneurs dans 60 pays du monde. Elle a réalisé 209 millions de dollars de prêts.

Pour l’investisseur, il n’y a pas de retour sur investissement.

Xetic

Xetic est une association à but non lucratif française. Elle se fixe comme objectif de « contribuer à la réduction de la pauvreté, lutter contre l’exclusion sociale et faire progresser les hommes et les femmes sur la voie de l’autonomie et de la dignité ».

L’investisseur n’a pas de retour sur investissement.

Friendsclear

Friendsclear met en relation des investisseurs et des entrepreneurs français. Les investisseurs sélectionnent sur le site le projet qui les intéressent. Les opérations sont réalisées par l’intermédiaire du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne*.

Le retour sur investissement correspond à un taux de rendement net annuel de 3,14%, selon Friendsclear.

MicroWorld

Cette plate-forme de microcrédit en ligne est liée au Groupe de microcrédit PlaNet Finance. Elle développe son activité sans rien prélever du montant des prêts effectués sur le site.

L’investisseur n’a pas de retour sur investissement, mais il peut évaluer l’impact de son action sur le terrain et échanger avec d’autres internautes au sein de groupes de discussion. Un des objectifs du site est de populariser le micro-crédit auprès du grand public.

* précision: BforBank est une filiale du Crédit agricole