
Le crowdfunding sauvera-t-il l’Amérique ? La Chambre des représentants vient d’approuver un projet de loi pour favoriser l’investissement dans les petites entreprises. L’ “Entrepreneur Access to Capital Act” permettra aux entreprises d’attirer des investisseurs grâce au crowdfunding ou financement participatif. Il a reçu l’accord des Démocrates et des Républicains.
Le crowdfunding consiste à faire appel aux individus sur Internet pour soutenir une cause charitable ou lancer un artiste. Les milliers de fans apportent chacun de petites sommes qui constituent le capital nécessaire pour réaliser le projet.
Si les donateurs devenaient des investisseurs
Ces derniers mois, les sites de crowdfunding ont rencontré un fort succès. Mais dans le droit américain ces levées de fonds s’apparentent à de la philanthropie. Les participants à kiva, plateforme de microprêt en ligne récupèrent leur argent mais sans intérêt. Avec le nouveau projet de loi, il en ira autrement : le donateur pourra se muer en investisseur.
Selon Washington, le but du projet est “d’autoriser les entreprises à attirer les investisseurs de façon raisonnable grâce au crowdfunding (rassembler de petits investisseurs rassemblant jusqu’à 1 million de dollars). Des entrepreneurs comme des boulangers ou des fabricants de gadgets utilisent déjà les plateformes de crowdfunding pour recevoir des milliers de dollars en pures donations. Imaginez les possibilités si ces petits donateurs devenaient des investisseurs avec une part de capital.” (source : Gigaom)
Créer de l’activité et des emplois
Cette perspective de créer de nouvelles activités et des emplois rassemble les Républicains et les Démocrates. En ces périodes de tension entre les deux camps, l’”Entrepreneur Access to Capital Act” a reçu un soutien bipartisan. Après l’étape de la Chambre des représentants, la loi reste encore à approuver.
Dans le détail, elle permettra à des particuliers d’investir de petites sommes (jusqu’à 10 000 $) dans des start-up, notamment grâce au crowdfunding. L’opération pourra se faire sans que l’entreprise ait à s’enregistrer auprès de la SEC (Securities and Exchange Commission). L’investissement total est plafonné à 1 million de dollars. (source : Wall Street Journal)
Cette nouvelle disposition ouvre les levées de fonds à des investisseurs autres que les banques. Jusqu’à présent, le crowdfunding était surtout réservé aux ONG et aux organisations sans but lucratif. Les levées de fonds étaient réservées aux investisseurs qualifiés.
Obama, adepte du crowdfunding
Les commentateurs soulignent qu’Obama est un fervent partisan du crowdfunding. Un des succès de sa compagne fut d’attirer de nombreux petits donateurs sur Internet.
Mais des critiques se font entendre. L’ouverture plus large aux investisseurs peut encourager la spéculation. Le secteur des technologies est propre à ce genre d’envolée. On cite l’exemple de Facebook, dont l’évaluation atteint des sommets.
L’autre risque est qu’en facilitant l’appel aux investisseurs, on attire les fraudeurs habiles à berner les petits investisseurs.
Les sceptiques que le crowdfunding fonctionne pour financer l’album d’un chanteur. Rien ne dit qu’on peut généraliser le principe à la société tout entière. Mais, puisque l’« Entrepreneur Access to Capital Act » a recueilli un accord bis partisan, les critiques restent marginales. Preuve qu’en cette période de crise il reste un sujet de consensus en Amérique : la liberté d’entreprendre.
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