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Les USA misent sur le crowdfunding pour financer les PME

Mardi 22 novembre 2011

Le crowdfunding sauvera-t-il l’Amérique ? La Chambre des représentants vient d’approuver un projet de loi pour favoriser l’investissement dans les petites entreprises. L’ “Entrepreneur Access to Capital Act” permettra aux entreprises d’attirer des investisseurs grâce au crowdfunding ou financement participatif. Il a reçu l’accord des Démocrates et des Républicains.

Le crowdfunding consiste à faire appel aux individus sur Internet pour soutenir une cause charitable ou lancer un artiste. Les milliers de fans apportent chacun de petites sommes qui constituent le capital nécessaire pour réaliser le projet.

Si les donateurs devenaient des investisseurs

Ces derniers mois, les sites de crowdfunding ont rencontré un fort succès. Mais dans le droit américain ces levées de fonds s’apparentent à de la philanthropie. Les participants à kiva, plateforme de microprêt en ligne récupèrent leur argent mais sans intérêt. Avec le nouveau projet de loi, il en ira autrement : le donateur pourra se muer en investisseur.

Selon Washington, le but du projet est “d’autoriser les entreprises à attirer les investisseurs de façon raisonnable grâce au crowdfunding (rassembler de petits investisseurs rassemblant jusqu’à 1 million de dollars). Des entrepreneurs comme des boulangers ou des fabricants de gadgets utilisent déjà les plateformes de crowdfunding pour recevoir des milliers de dollars en pures donations. Imaginez les possibilités si ces petits donateurs devenaient des investisseurs avec une part de capital.” (source : Gigaom)

Créer de l’activité et des emplois

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Cette perspective de créer de nouvelles activités et des emplois rassemble les Républicains et les Démocrates. En ces périodes de tension entre les deux camps, l’”Entrepreneur Access to Capital Act” a reçu un soutien bipartisan. Après l’étape de la Chambre des représentants, la loi reste encore à approuver.

Dans le détail, elle permettra à des particuliers d’investir de petites sommes (jusqu’à 10 000 $) dans des start-up, notamment grâce au crowdfunding. L’opération pourra se faire sans que l’entreprise ait à s’enregistrer auprès de la SEC (Securities and Exchange Commission). L’investissement total est plafonné à 1 million de dollars. (source : Wall Street Journal)

Cette nouvelle disposition ouvre les levées de fonds à des investisseurs autres que les banques. Jusqu’à présent, le crowdfunding était surtout réservé aux ONG et aux organisations sans but lucratif. Les levées de fonds étaient réservées aux investisseurs qualifiés.

Obama, adepte du crowdfunding

Les commentateurs soulignent qu’Obama est un fervent partisan du crowdfunding. Un des succès de sa compagne fut d’attirer de nombreux petits donateurs sur Internet.

Mais des critiques se font entendre. L’ouverture plus large aux investisseurs peut encourager la spéculation. Le secteur des technologies est propre à ce genre d’envolée. On cite l’exemple de Facebook, dont l’évaluation atteint des sommets.

L’autre risque est qu’en facilitant l’appel aux investisseurs, on attire les fraudeurs habiles à berner les petits investisseurs.

Les sceptiques que le crowdfunding fonctionne pour financer l’album d’un chanteur. Rien ne dit qu’on peut généraliser le principe à la société tout entière. Mais, puisque l’« Entrepreneur Access to Capital Act » a recueilli un accord bis partisan, les critiques restent marginales. Preuve qu’en cette période de crise il reste un sujet de consensus en Amérique : la liberté d’entreprendre.

D’autres articles sur le même sujet :

Le CCFD : un acteur du développement et de l’épargne solidaire

Lundi 14 novembre 2011

Le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre solidaire) est un des acteurs historiques de la finance solidaire en France. Cette ONG proche de l’église catholique, créée en 1961, fut à l’origine du premier produit d’épargne de partage en France. Il s’agit du fonds de partage Faim et Développement, créé par le Crédit coopératif en 1983, en concertation avec le CCFD.

Pour retracer l’histoire de ce premier fonds de partage, il faut se déplacer en Pologne. En 1983, le syndicat Solidarnosc est en lutte contre le pouvoir du général Jaruzelski. L’association Solidarité France Pologne cherche un moyen de soutenir les ouvriers polonais. Le CCFD est alors chargé d’assurer le transfert d’argent vers la Pologne. Puis, pour permettre des flux d’argent plus réguliers, l’idée est lancée : le FCP (Fonds Commun de Placement) Faim et Développement est créé. Il existe toujours et s’est élargi à d’autres bénéficiaires que le CCFD-Terre solidaire et d’autres pays que la Pologne*.

Le CCFD, qui fête ses 50 ans, développe ses actions selon trois axes: des programmes internationaux, l’éducation et l’action auprès des décideurs.

Programmes internationaux

Le CCFD-Terre solidaire a été co-Prix Nobel de la Paix en 1996. L’ONG soutient 427 projets dans 60 pays. Elle emploie 171 salariés et 15 000 bénévoles. Ils sont situés sur tous les continents :

  • Afrique (32%),
  • Amérique latine (24%)
  • Asie et Océanie (19%)
  • sur le bassin méditerranéen (9%)
  • Europe de l’Est (5%)
  • auprès des migrants (5%)

Éducation à la solidarité

Une des missions du CCFD est l’éducation à la solidarité. Pour son président, Guy Aurenche, « tandis que la peur de manquer nous gagne et que les démons de la xénophobie sont agités, c’est l’un des aspects de la mission d’éducation au développement que le CCFD-Terre Solidaire a travaillés. […] Mettre le souci de communication du CCFD-Terre Solidaire au service, certes de la collecte fi financière et de notre notoriété, mais surtout de la capacité à changer le regard sur les personnes les plus fragiles, n’est ni un luxe ni un accessoire.». (source: Rapport moral et d’activité 2010)

Action auprès des décideurs

Le CCFD fait entendre sa voix auprès des décideurs politiques. A l’occasion du G20 à Cannes, les 3 et 4 novembres, l’ONG elle était présente pour dénoncer le rôle des paradis fiscaux dans l’économie.

Sa campagne « Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux » se déploie depuis 2010. L’argument du CCFD est que les premières victimes de ces flux d’argents sont les populations des pays pauvres. En créant des filiales dans des territoires à la fiscalité allégée, les entreprises omettent de payer l’impôt dans les pays où ils s’implantent. (source: L’économie déboussolée, rapport du CCFD)

La générosité du public

Les ressources du CCFD-Terre solidaire s’élèvent à 42 millions d’euros. Elles proviennent à 91% de de la générosité du public : dons, legs et produit de l’épargne solidaire. La collecte venant de l’épargne de partage s’élève à plus de 1,5 millions d’euros.

Les autres ressources sont des subventions (4%) et des ventes de produits solidaires et des ressources exceptionnelles (5%).

Produits d’épargne solidaire

Le soutien au CCFD-Terre solidaire peut se faire via l’épargne de partage. L’épargne de partage consiste à reverser à une bonne cause tout ou partie des revenus générés par les produits d’épargne.

Quatre produits reversent au CCFD. Ils ont tous reçu le label Finansol :

  1. Faim et Développement : Ce FCP permet à l’épargnant de reverser 50 ou 75% des revenus annuels au CCFD ou à sept autres associations. Ce placement existe en trois modes de gestion: Trésorerie, Équilibre et Horizon. Ces placements sont disponibles auprès du Crédit coopératif.
  2. Faim et Développement Agir CCFD : Ce FCP est à la fois un fonds solidaire et un fonds de partage. En effet, entre 5 et 10% du FCP sont investis dans des entreprises solidaires. La moitié des revenus sont reversés au CCFD. Il est possible de souscrire à ce produit d’épargne solidaire auprès du Crédit coopératif mais aussi directement auprès de sa banque. Dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription.
  3. Eurco Solidarité : Cette Sicav est classé par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) comme obligations et autres titres de créance libellés en euros. La moitié des revenus sont reversés au CCFD. La souscription se fait auprès de LCL ou d’une autre banque (dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription).
  4. Éthique et Partage CCFD : La totalité des revenus sont reversés au CCFD. Ce FCP est composé d’actions de pays de l’Union européenne. On peut y souscrire auprès de Meeshaert ou après de sa banque (dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription ).

* Cette histoire est racontée dans l’Épargne solidaire pour les Nuls, d’Éric Larpin.

1% pour la planète : le club des entreprises solidaires

Lundi 5 septembre 2011

Donner 1% de son Chiffre d’affaires pour la planète. C’est ce à quoi s’engagent les entreprises du Club 1% pour la planète, lancé en 2002 par Yvon Chouinard, patron de Patagonia. Aujourd’hui, plus de 1 400 entreprises en sont membres dans 44 pays. La France compte 110 membres, principalement des petites entreprises.

Chouinard, entrepreneur américain au nom bien de chez nous, est alpiniste. Cette passion de la grimpe l’a toujours maintenu au contact de la nature.

Cette préoccupation environnementale anime toutes les entreprises du club des 1% pour la planète. « C’est une taxe que nous nous imposons à nous-mêmes », explique Yvon Chouinard, 73 ans. Une contrepartie, « un prix qui nous paraît juste pour polluer et vivre des ressources de la Terre. Nous prenons nos décisions comme si la planète était l’actionnaire principal. » (interview Ouest France)

L’association 1% pour la planète a versé 70 millions de dollars depuis sa création. En 2010, 22 millions de dollars ont été reversés aux ONG agréées, soit une hausse de 40 % par rapport à 2009.

2300 associations agréées

Le principe de 1% pour la planète est relativement simple. L’association est une organisation à but non lucratif, basée aux USA. Son rôle n’est pas de collecter des dons mais d’attester que les entreprises ont bien versé des dons à l’une des 2 300 associations agréées pour le 1%.

Une fois le dossier de l’entreprise validé, ses coordonnées sont publiées sur le site et elle a accès au logo « 1 % FTP Membre ».

L’entreprise adresse à l’association une copie de sa déclaration fiscale indiquant le montant des dons faits aux associations pendant l’année. Chaque entreprise choisit les associations qu’elle veut aider. Elle est aussi libre d’aller au-delà de 1% de don.

Comme le relève Yvon Chouinard, les petites entreprises se montrent plus engagées que les grosses multinationales. En France, par exemple, le plus gros adhérent est la société Léa Nature, basée à La Rochelle, qui compte 600 salariés. Cette société diversifie ses dons en direction de 150 associations et ONG.

« En Amérique, les dons des 10% de gens les plus pauvres représentent 6% de leurs revenus. Les 10% les plus riches donnent, eux, 1,2%. C’est un fait : les pauvres sont plus généreux. », constate Yvon Chouinard (pour compléter, lire notre article sur la générosité des Français).

Générosité et résultats financiers

Yvon Chouinard est convaincu que le club 1% pour la planète est un bon outil de communication pour les entreprises. Il note également que, malgré la crise, le chiffre d’affaires de Patagonia a augmenté de façon spectaculaire : plus 25% l’an dernier. C’ est peut-être la preuve que la générosité n’est pas incompatible avec les résultats financiers.

Le Club des 1% aide notamment ces associations : Surfrider Foundation, France Nature Environnement, Les Amis de la Terre, Planète urgence, Les Colibris, Kokopelli, Echo-Mer, Bio Consommacteurs, Slow Food France, Mountain riders, Nature & progrès, WWF, etc.

Relations membres et ONG :
Sonia Fougeirol: 04 75 83 52 57
sonia@onepercentfortheplanet.org

photo: Ben Baker _ Fortune.