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L’Investissement Socialement Responsable en France : les chiffres 2012

Jeudi 2 mai 2013

L’ISR (Investissement Socialement Responsable) atteint 149 milliards d’euros en France, selon une étude de l’institut de recherche Novethic*.

En 2012, le marché de l’ISR a poursuivit sa croissance avec une hausse de 29% de ses encours sur un an. Ces derniers ont progressé de 50 milliards en 2009 à près de 150 milliards en 2012. L’ISR est une réponse aux épargnants qui souhaitent investir responsable : c’est un mode de gestion qui intègre des critères sociaux, environnementaux et de gouvernance (ESG), en plus des critères financiers.

La croissance de l’ISR en France s’explique notamment par deux phénomènes : la conversion à l’ISR de fonds existants et la mise en place de mandats dédiés par des investisseurs institutionnels (assureurs et organismes de retraite).

Le poids des investisseurs institutionnels

Les investisseurs institutionnels détiennent 72% de l’ISR français. Il s’agit notamment du Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) et de l’Établissement de la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (ERAFP). Ces investisseurs ont intégré :

« des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance dans la gestion financière de leurs encours. Ce n’est pas un axe de communication mais plutôt une volonté d’élargir leur spectre d’analyse financière aux enjeux du développement durable », indique Novethic.

La croissance du marché est tirée par les assureurs, mutualistes ou privés.

Les particuliers et l’épargne salariale

Les particuliers détiennent 28% de l’Investissement Socialement Responsable. Ce pourcentage est en baisse mais il demeure élevé en comparaison avec les autres pays européens, où les particuliers détiennent 6% de l’ISR.

L’épargne salariale représente une part importante de l’ISR détenu par les particuliers : 17,1 milliards sur 41,2 milliards. L’ISR représente 29% de l’épargne salariale détenue en France.

Le marché de l’ISR est composé à 53% d’obligations. Le monétaire représente 25% et les actions 20%.

Concernant les stratégies de gestion, la sélection ESG concerne 96% des fonds. La sélection ESG consiste à sélectionner des valeurs en fonction de critères sociaux, environnementaux et de gouvernance sociaux, environnementaux et de gouvernance. De plus 73% des fonds pratique l’exclusion normative qui consiste à exclure les investissements qui enfreignent certaines normes internationales.

Les acteurs de l’Investissement Socialement Responsable

Novethic a recensé une quarantaine de sociétés de gestion ayant des clients français. Parmi ces sociétés, dix d’entre elles concentrent 80% du marché (dont 44% pour Amundi). Voici les dix principaux acteurs de l’ISR en France :

  • Amundi AM
  • Allianz GI France
  • BNP Paribas IP
  • Mirova (Natixis AM)
  • Groupe OFI
  • Generali Investments Europe
  • Axa IM
  • Groupama AM
  • Edmond de Rothschild AM
  • Neuflize OBC Investissements

 

*Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, se définit comme un média sur le développement durable et un centre de recherche sur l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

L’exclusion normative pour les investisseurs responsables

Lundi 20 février 2012

Mise à jour le 2 avril 2012: le centre de recherche Novethic est l’auteur de cette note.

Investir responsable peut amener à exclure certains investissements jugés non conformes à des principes. Mais comment décider d’exclure une entreprise ? Les investisseurs disposent d’outils pour mener leur stratégie d’Investissement Socialement Responsable (ISR). Ces outils, ce sont, notamment, les normes internationales, les traités, les conventions signées par les États.

Ces normes encadrent l’activité des entreprises. Elles permettent aux investisseurs d’exclure de leur investissement celles qui enfreignent ces normes. Par exemple, on exclura d’investir dans des entreprises qui produisent des armes controversées : mines antipersonnel ou bombes à sous-munitions.

Le fonds souverain norvégien* — le plus important en Europe — a ainsi décidé d’exclure de son investissement les entreprises Wal-Mart, Freeport McMoran, Rio Tinto ou encore Barrick Gold, rapporte une étude de Novethic, institut de recherche ISR**. Cette liste d’entreprises, mise à jour et publiée régulièrement par le fonds souverain norvégien, est très suivie par les investisseurs responsables du monde entier.

Respecter les normes internationales

Exclure des entreprises de son portefeuille est une des approches courante en ISR. L’exclusion a été une des premières démarches appliquées par les pionniers de l’investissement responsable, par exemple aux États-Unis ou en France***. Ceux-ci s’appuyaient sur des valeurs morales et religieuses pour écarter les secteurs du tabac, de l’alcool ou de l’armement.

L’exclusion normative, elle, s’appuie sur les normes internationales reconnues. Comme l’explique Novethic, elle part du principe que les entreprises doivent :

“pour satisfaire aux demandes des investisseurs responsables, être en mesure de respecter un certain nombre de normes internationales fondamentales, quels que soient l’activité concernée et le pays où elles opèrent”.

Protéger la réputation des investisseurs

L’exclusion normative a notamment pour but de protéger la réputation des investisseurs et leur éviter d’être mêlé aux controverses impliquant les entreprises dans lesquelles ils investissent.

Pour pratiquer l’exclusion normative, les normes internationales les plus utilisées sont celles de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et celles du Global Compact.

L’exclusion normative en France

En France, des investisseurs institutionnels se sont tournés vers une gestion ISR. Mais peu d’entre eux ont adopté une démarche d’exclusion normative. Parmi les neuf investisseurs institutionnels français signataires des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), seul le FRR pratique l’exclusion normative pour un univers international d’entreprises.

Novethic s’interroge dans son rapport :

“Les investisseurs français, malgré des attentes croissantes de leurs parties prenantes, s’inscrivent ainsi en retrait par rapport à leurs homologues néerlandais et scandinaves. Une controverse médiatique devra-t-elle intervenir pour faire évoluer cet état de fait ?”

Les normes les plus souvent utilisées

  • Les conventions de l’OIT :

Les conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) permettent de s’assurer des conditions de travail appliquées dans les entreprises.

  • Les principes directeurs de l’OCDE

Les principes directeurs de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) recouvrent les questions des droits de l’Homme, de l’emploi, de l’environnement, de la lutte contre la corruption, de la concurrence, de l’intérêt des consommateurs, etc.

  • Les conventions contre la corruption

Les deux normes les plus utilisées sont la convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption et la convention des Nations Unies contre la corruption.

  • La Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Adoptée en 1948, elle concerne surtout les États, mais les investisseurs s’y réfèrent aussi pour évaluer l’action des entreprises dans les pays où elles sont implantées.

  • La Déclaration de Rio

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement (1992) est l’outil de référence en matière d’environnement.

  • Le Global Compact

Le Global Compact a été lancé en 2000. Les entreprises adhérentes s’engagent au respect de dix principes dans les domaines des droits de l’Homme et du travail, du respect de l’environnement et de la lutte contre la corruption.

  • Le cas des armes controversées

L’exclusion des mines antipersonnel et les bombes à sous-munitions est un sujet fait l’objet d’un large consensus parmi les investisseurs, même si les textes sur lesquels ils s’appuient (convention d’Ottawa et Traité d’Oslo n’ont pas été signés et ratifiés par tous les États.

* Norwegian Government Pension Fund Global

** Le rapport de Novethic s’intitule « Exclusions normatives : Investisseurs responsables face aux entreprises controversées.

*** En France, dans les investissements ISR, l’approche de sélection « best in class » est souvent préférée à celle d’exclusion. Cette approche consiste à sélectionner les meilleures entreprises selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG)

Novethic décerne ses labels et prône la pédagogie sur l’ISR

Jeudi 6 octobre 2011

Novethic_decerne_labels_investissement_socialement_responsableC’est presque devenu un rituel. Chaque mois d’octobre, depuis 2009,  Novethic attribue ses labels aux fonds ISR (Investissement Socialement Responsable). La Semaine de l’ISR se profile. Elle aura lieu pour la deuxième année, du 10 au 16 octobre.

Cette année, Novethic, centre de recherche et média dédié à l’ISR, a décerné son label à 156 fonds sur 184 candidats parmi les quelque 300 fonds se revendiquant ISR en France. L’ an passé, 142 fonds sur 182 l’avaient reçu et en 2009, lors de la première édition, 92 sur 121.

Le nombre de fonds labellisés augmente. Novethic l’explique ainsi:

« c’est essentiellement parce que, bon an mal an, la transparence progresse chez les offreurs de fonds ISR. La mise à disposition d’information extra-financière semble être progressivement industrialisée et intégrée à l’actualisation des reporting financiers ».

Besoin de pédagogie

L’institut Novethic insiste sur le besoin de pédagogie. Elle doit notamment s’exercer au niveau de la distribution dans les réseaux bancaires.

« La pédagogie sur l’ISR et la spécificité de ce mode de gestion qui consiste à intégrer à l’analyse financière des critères ESG passe non seulement par une visibilité sur les sites des sociétés de gestion mais aussi par une distribution effective dans les réseaux qui proposent des produits financiers aux clients particuliers. Progressivement les fonds labellisés ont gagné les sites Internet des réseaux de distribution. C’est le cas notamment des groupes Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, HSBC et LCL ».

La collecte de l’ISR reste positive (+2,7% au premier semestre 2011). Toutefois, les Français qui ont de l’épargne privilégient les livrets (+15 milliards d’euros en huit mois).

Percée de l’engagement

Novethic a récompensé cinq fonds de la mention « engagement » pour une démarche d’activisme actionnarial. Cette démarche monte en puissance. En 2010, seul un fonds avait obtenu cette mention.

Vingt-quatre fonds ont reçu la mention « indicateurs ESG » car ils effectuent une mesure de leur performance extra-financière. Voici les  quatre critères pour l’attribution du label:

1. Analyse Environnementale, Sociale et de Gouvernance (ESG)

Pour être labellisé, un gérant de fonds doit prendre en compte les enjeux ESG, processus auquel peuvent s’ajouter des critères éthiques d’exclusion de titres ou de secteurs.

2. Transparence du processus

Le souscripteur doit pouvoir comprendre les caractéristiques extra-financières du fonds et leurs impacts sur la gestion du produit. Le gérant doit s’appuyer pour cela sur le Code de transparence AFG-FIR qui doit être clairement accessible.

3. Reporting extra-financier de qualité

Le reporting mensuel et/ou trimestriel d’un OPCVM ISR doit avoir une dimension complémentaire à celle des reportings des fonds non ISR.

4. Publication de la composition intégrale du portefeuille

La Semaine de l’ISR

La semaine de l’ISR aura lieu, du 10 au 16 octobre, pour la deuxième année, sous le haut patronage du ministère de l’Ecologie et du développement durable.

La Semaine de l’ISR a pour but de populariser l’ISR auprès du grand public. Des événements seront organisés dans toute la France par des acteurs de l’ISR.

L’épargne salariale se convertit à l’ISR

Mardi 26 juillet 2011

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) représente une part croissante de l’épargne salariale. Avec 9,6 milliards d’euros investis en 2010, contre 6,5 milliards en 2009, l’épargne salariale ISR progresse de 47% en un an, selon l’étude annuelle publiée par l’institut de recherche Novethic.

Dans le même temps, le total de l’épargne salariale progressait de 4%, s’élevant à 52 milliards d’euros. L’épargne salariale socialement responsable représente ainsi 18,4% du total.

Socialement responsable et solidaire

Plusieurs causes peuvent être avancées pour expliquer cet envol de l’ISR. Il y a tout d’abord la législation, qui encourage l’épargne salariale solidaire.

Depuis janvier 2010, les entreprises ont l’obligation de proposer un fonds d’épargne solidaire dans le cadre de leur épargne salariale. L’ISR a bénéficié de ce coup de pouce de la loi. La plupart de ces fonds solidaires sont gérés dans une approche socialement responsable. En effet, un placement peut être à la fois solidaire et socialement responsable.

Rappelons que l’Investissement Socialement Responsable est une forme de placement consistant à prendre en compte des critères liés à l’Environnement, au Social et à la Gouvernance. La finance solidaire consiste à soutenir des projets à forte utilité sociale, environnementale et culturelle.

Les fonds solidaires doivent consacrer de 5 % à 10 % de leur actif au financement d’entreprises solidaires.

Produits d’épargne labellisés

Le Comité Intersyndical de l’Épargne Salariale (CIES) est de ceux qui contribuent à populariser l’épargne salariale socialement responsable. Il a créé un label qui permet aux salariés de repérer ces produits d’épargne salariale.

Actuellement, 13 gammes d’épargne salariale sont labellisées par le CIES (consulter la liste). Les gammes d’épargne salariale labellisées par le CIES concernaient 1,5 millions de salariés de 50 000 entreprises au 1er janvier 2011. Le CIES,a été créé en 2002 par les quatre Confédérations syndicales CFTC, CFE-CGC, CGT et CFDT.

Préoccupation sociales et environnementales

Le choix de l’ISR témoigne aussi d’une attention croissante aux préoccupations sociales et environnementales chez les salariés.

Selon Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, interviewée par Les Echos :

“L’épargne salariale ISR pose aussi la question centrale du rôle des salariés, qui peuvent inciter leurs entreprises à améliorer leur politique de responsabilité sociétale via les FCPE Imaginez qu’une grande entreprise cotée ne figure pas dans le portefeuille du fonds actions ISR souscrit par ses propres salariés, car elle n’affiche pas les meilleures pratiques de son secteur. Cela pose forcément des questions”

Crédits photos : s2photo sur Flickr

L’engagement actionnarial dans une stratégie ISR (2/2)

Mercredi 13 juillet 2011

Quels sont les objectifs de l’engagement actionnarial ? Quels sont les moyens mis en place par les investisseurs et les sociétés de gestion dans leur dialogue avec les entreprises ? C’est ce que nous verrons dans ce billet qui prolonge le précédent où nous avons défini l’engagement actionnarial.

Les objectifs de l’engagement actionnarial

L’engagement actionnarial peut répondre à différents objectifs, comme l’indique une étude du centre de recherche Novethic*:

1 – Optimiser la valeur

L’engagement actionnarial peut être un moyen, pour l’investisseur, de mieux maîtriser l’évolution de son investissement. Il s’applique aux entreprises sous performantes financièrement et les incite à des améliorations de leur gouvernance ou leurs pratiques environnementales ou sociales.

2 – Réduire le risque de réputation

On connaît le risque lié à une campagne médiatique négative. Les investisseurs sont sensibles à ce sujet: ils évitent d’investir dans des entreprises soumises au risque de réputation. L’engagement permet d’identifier ce risque et d’inciter les entreprises à améliorer leurs pratiques.

3 – L’engagement militant

Certains investisseurs mettent l’accent sur un thème particulier : défense des droits humains, protection de l’environnement, réduction de la pauvreté, etc. Pour eux, l’engagement actionnarial est un moyen d’agir dans ces domaines. L’ « engagement dans une optique militante est plutôt l’apanage des ONG et associations », souligne Novethic.

Les moyens de l’engagement

  • Dialogue avec l’entreprise

La démarche d’engagement suppose le dialogue avec l’entreprise. Des rencontres avec les dirigeants donnent lieu à des demandes concrètes. Le dialogue se poursuit sur le long terme, ce qui permet de mesurer les progrès accomplis.

Dans cet esprit de dialogue, le Forum pour l’Investissement Responsable (FIR) a lancé en 2010 un outil de dialogue avec les entreprises sur les questions de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) : CorDial pour « Corporate Dialogue ».

Le FIR rassemble des acteurs de la chaine de valeur de l’ISR. La plateforme CorDial a pour but l’amélioration des pratiques RSE.

  • Droit de vote

Les Assemblées générales permettent aux actionnaire d’exercer leur droit de vote. L’AMF (Autorité des marchés financiers) observe une « montée en puissance des actionnaires ». L’exercice du droit de vote est un moyen direct de mettre en œuvre l’engagement de l’actionnaire.

  • Transparence

Les sociétés de gestion publient leur politique d’engagement, ce qui clarifie les rapports avec les entreprises. Par exemple, la société de gestion Meeshaert publie sa politique d’engagement actionnarial et le détail de ses votes pour chaque assemblée générale.

La réglementation prévoit que les sociétés de gestion « rendent compte de leurs pratiques en matière d’exercice des droits de vote dans des conditions fixées par le règlement général de l’Autorité des marchés financiers ». (Code monétaire et financier, article 533-22, 12 avril 2007)

  • Question en Assemblée générale

Poser une question (écrite ou orale) en Assemblée générale est une possibilité offerte à tous les actionnaires. L’entreprise garde le droit de sélectionner les questions si elles sont trop nombreuses.

  • Résolution

Déposer une résolution et la soumettre au vote des actionnaires est une procédure plus complexe.

« Selon l’article L.225-105 du Code de commerce, les actionnaires représentant 5% du capital de l’entreprise ont le droit de demander l’inscription de projets de résolutions à l’ordre du jour de l’assemblée générale des sociétés dont le capital est inférieur à 750 000 euros. Au-delà, le seuil est dégressif en fonction du capital de l’entreprise et s’établit à 0,5% du capital pour les plus grandes capitalisations boursières françaises. Une fois portées à l’ordre du jour, ces résolutions sont soumises au vote des actionnaires et le résultat des votes est contraignant. »

Le dépôt de résolution est plus courant aux États-Unis qu’en France car le seuil de dépôt est plus bas. En revanche, aux États-Unis ces résolutions sont seulement consultatives.

  • Désinvestissement

Le désinvestissement est la mesure ultime de l’engagement actionnarial. Si les autres démarches ont échoué, l’investisseur peut revendre ses actions, de façon plus ou moins provisoire et en communiquant sur ce choix.

* Ces données sont tirées de l’étude « Engagement actionnarial, une approche ISR prometteuse » réalisée en 2011 par Dominique Blanc, Aela Cozic et Samer Hobeika, du centre de recherche ISR de Novethic.*

Crédits photos : par Otto Phokus sur Flickr

Les Amis de la Terre : une vision exigeante de l’ISR

Mercredi 19 janvier 2011

L’Investissement socialement responsable (ISR) fait l’objet d’un débat, comme nous l’avons vu. Récemment, une critique est venue des Amis de la Terre, une association de protection de l’environnement.

Cette ONG a publié, en septembre dernier, son rapport « Investissement socialement responsable: l’heure du tri ». Elle y conteste les choix effectués par Novethic dans l’attribution de son label ISR.

La valse du développement durable

Selon les Amis de la Terre, Novethic n’est pas assez sélectif : 92 fonds sur 121 proposés ont obtenu le label en 2009.

De plus, 71 fonds contiennent dans leurs portefeuilles d’actifs au moins une des 15 entreprises pointées du doigt par les Amis de la Terre pour leurs pratiques sociales et environnementales jugées « désastreuses » : Total, BP, Areva, France Télécom, BNP Paribas, AXA, etc.

Soazic Rivoalan, rédactrice du rapport des Amis de la Terre, explique: « Avec l’Investissement socialement responsable, banques et assurances entrent dans la valse du développement durable. Malheureusement, elles n’ont pas changé leurs pratiques réelles et se sont limitées à promouvoir un affichage qui n’a pas de sens. Elles vendent à leurs clients des fonds soi-disant socialement responsables mais il s’avère qu’ils ne le sont pas. Détenir des actions de Total, Shell, Areva ou de BNP Paribas est-il socialement responsable ? Pour les Amis de la Terre, la réponse est clairement non. L’appellation ISR est donc totalement illégitime pour une immense majorité des produits d’épargne ainsi nommés par les banques et les assurances elles-mêmes ».

« Comment choisir mon épargne? »

En complément à cette critique, l’ONG a publié un guide « éco-citoyen »: « Comment choisir mon épargne? » Ils ont également lancé le site financeresponsable.org.

Dans son guide, Les Amis de la Terre passent en revue des placements classiques et les placements ISR et solidaires.

Ils y soulignent le « pouvoir de l’épargnant ». L’épargne est vue comme un moyen d’agir sur la société. Elle peut être un levier pour changer de modèle économique, sociétal et environnemental. Ce guide comporte également des conseils pour les épargnants.

Enfin, le guide recommande la suppression de l’appellation ISR : « dans la situation actuelle, ce terme n’a aucune légitimité car il ne correspond pas à la réalité », estime les Amis de la Terre.

Les objectifs du label ISR Novethic

Novethic a répondu aux Amis de la Terre en justifiant les objectifs de son label.

Les deux principaux objectifs sont « de pousser les promoteurs de fonds ISR à plus de transparence en leur demandant de mettre en ligne sur leur site Internet non seulement des explications claires sur leur processus de gestion ISR mais aussi la composition intégrale et compréhensible de leurs portefeuilles; […] et d’inciter les grands réseaux bancaires et assurantiels à commercialiser les fonds ISR en formant leurs chargés de clientèle et en construisant un marketing ad hoc », explique Anne-Catherine Husson-Traoré, Directrice générale de Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts.

Selon elle, le label pousse le marché de l’ISR à s’améliorer.

« Le pari du label Novethic est  d’encourager les acteurs à faire mieux parce que nous sommes très conscients que le monde de l’ISR est loin d’être parfait. Nous savons que le « Best in class », sélection des entreprises les mieux notées sur des critères ESG,  est difficile à proposer aux clients parce qu’il ne répond probablement pas aux attentes d’investisseurs en quête d’éthique ou voulant mettre en accord ses placements avec ses convictions écologiques ou politiques. Mais nous pensons qu’avant de «l’enterrer», il faut laisser une chance à l’ISR de se développer pour obtenir les moyens de s’améliorer. »

Pour prolonger : relire la note de ce blog “Novethic : label et site d’information pour populariser l’ISR“; vous pouvez également consulter l’article publié sur le site BforBank “Un label pour le grand public” (cf Les Echos).

Novethic: label et site d’information pour populariser l’ISR

Vendredi 7 janvier 2011

Fin 2010, Novethic a attribué son Label ISR à 142 fonds d’Investissement socialement responsable (ISR). Ce label, mis en place en 2009, vise notamment à mieux faire connaître aux épargnants les produits ISR. Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, développe des activités de recherche et d’information.

Novethic a été créé en 2001. Il se définit lui-même par deux fonctions:

  • c’est un centre de recherche sur la Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises (RSE) et sur l’Investissement socialement responsable (ISR)
  • c’est un média spécialisé dans le développement durable.

Le Label Novethic ISR

Le Label Novethic ISR est attribué depuis 2009. Il a été remis en 2010 à 142 fonds proposés par 32 centres de gestion.

L’ISR est peu connu en dehors du cercle des investisseurs institutionnels. Ce label permet aux épargnants d’identifier ces produits d’épargne.

Ce label répond à trois objectifs:

  • Inciter les promoteurs de fonds ISR à plus de transparence. Il leur est demandé de mettre en ligne sur leur site Internet des explications sur leur processus de gestion ISR et aussi la composition de leurs portefeuilles.
  • Inciter les réseaux de banque et d’assurance à commercialiser les fonds ISR. Pour cela, ils doivent former leurs chargés de clientèle et construire des outils de marketing. Les sociétés ont ainsi pu communiquer sur le label novethic ISR.
  • Garantir qu’une analyse ESG (Environnemental, sociale et de gouvernance) est effectuée sur 90 % de l’actif du portefeuille et que celle-ci a un impact sur la sélection. « Cela ne signifie pas que le label ISR Novethic offre la garantie que les fonds dits ISR sont des produits exempts de toute entreprise susceptible de poser un problème, mais qu’il est attribue a des produits financiers pour lesquels la critériologie ISR est solide, cohérente et intégrée dans la gestion du fonds a un niveau élevé », précise Novethic.

Un site spécialisé sur le développement durable

Novethic.fr est un site d’information spécialisé sur le développement durable. Les sujets qui y sont traités concernent l’ISR, mais aussi l’environnement ou la discrimination dans l’entreprise.

Les enquêtes sont réalisées par des journalistes. Les articles sont accessibles librement sur le site.

Novethic lance des sites thématiques. L’un, dédié au réchauffement climatique, a vu le jour en novembre 2009. Un autre, sur la discrimination au travail, a été lancé en avril 2010.

Le site compte 150 000 visiteurs et 50 000 abonnés à sa lettre d’information, selon novethic.fr. Il s’accompagne de publications : Repère RSE, sur la responsabilité sociale et environnementale et l’Essentiel de l’ISR, sur l’Investissement socialement responsable.

Novethic, dont l’équipe compte une dizaine de personnes, propose aussi des études et organise des conférences.

Anne-Catherine Husson-Traoré est Directrice générale de Novethic. Jean-Pierre Sicard a créé Novethic et il en est aujourd’hui le président.

Pour compléter : vous pourrez lire aussi la note “Le label ISR Novethic décerné à 142 fonds“, publiée sur le blog Bourse.

Investissement socialement responsable et finance solidaire: deux approches distinctes (3/3)

Lundi 29 novembre 2010

Dans les deux premières parties de cette note, nous avons défini l’Investissement Socialement Responsable (ISR) puis la finance solidaire. Cette fois, nous allons préciser ce qui les distingue.

Novethic et Finansol: deux labels pour identifier les produits d’épargne responsable

Pour distinguer l’ISR et les produits de finance solidaire, il existe deux labels.

Label ISR Novethic: apparu en 2009, ce label a été décerné à 92 fonds d’Investissement socialement responsable. (source: Novethic)

Label Finansol: décerné pour la première fois en 1997, ce label permet de distinguer des placements solidaires. (source: Finansol)


Quelles différences entre Investissement socialement responsable et finance solidaire?

François De Witt - Président de Finansol

Selon Philippe Zaouati, comparés à l’ISR, « les fonds solidaires et les fonds de partage […] s’inscrivent dans une logique différente qui se rapproche beaucoup plus du don et de l’action caritative que d’un processus d’investissement responsable. […] Comme le dit François de Witt, président de Finansol, « d’une manière ou d’une autre, l’épargne solidaire représente un compromis entre une épargne et un don: l’épargnant solidaire renonce en effet à une partie de son espoir de gain au profit d’une ONF ou d’une entreprise solidaire. » (in Investir responsable, p. 88)

Le Guide de l’ISR distingue lui aussi les placements solidaires de l’ISR. Les placements solidaires « peuvent être investis sur les marchés financiers en respectant des critères ESG et dans ce cas ils sont à la fois et de partage ou ISR et solidaire. Un même produit peut, le cas échéant, être à la fois de partage, solidaire, et ISR ».

A consulter sur notre site BfoBank un article sur Novethic.