Archive pour le mot-clef ‘Investissement socialement responsable’

L’Investissement Socialement Responsable en France : les chiffres 2012

Jeudi 2 mai 2013

L’ISR (Investissement Socialement Responsable) atteint 149 milliards d’euros en France, selon une étude de l’institut de recherche Novethic*.

En 2012, le marché de l’ISR a poursuivit sa croissance avec une hausse de 29% de ses encours sur un an. Ces derniers ont progressé de 50 milliards en 2009 à près de 150 milliards en 2012. L’ISR est une réponse aux épargnants qui souhaitent investir responsable : c’est un mode de gestion qui intègre des critères sociaux, environnementaux et de gouvernance (ESG), en plus des critères financiers.

La croissance de l’ISR en France s’explique notamment par deux phénomènes : la conversion à l’ISR de fonds existants et la mise en place de mandats dédiés par des investisseurs institutionnels (assureurs et organismes de retraite).

Le poids des investisseurs institutionnels

Les investisseurs institutionnels détiennent 72% de l’ISR français. Il s’agit notamment du Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) et de l’Établissement de la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (ERAFP). Ces investisseurs ont intégré :

« des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance dans la gestion financière de leurs encours. Ce n’est pas un axe de communication mais plutôt une volonté d’élargir leur spectre d’analyse financière aux enjeux du développement durable », indique Novethic.

La croissance du marché est tirée par les assureurs, mutualistes ou privés.

Les particuliers et l’épargne salariale

Les particuliers détiennent 28% de l’Investissement Socialement Responsable. Ce pourcentage est en baisse mais il demeure élevé en comparaison avec les autres pays européens, où les particuliers détiennent 6% de l’ISR.

L’épargne salariale représente une part importante de l’ISR détenu par les particuliers : 17,1 milliards sur 41,2 milliards. L’ISR représente 29% de l’épargne salariale détenue en France.

Le marché de l’ISR est composé à 53% d’obligations. Le monétaire représente 25% et les actions 20%.

Concernant les stratégies de gestion, la sélection ESG concerne 96% des fonds. La sélection ESG consiste à sélectionner des valeurs en fonction de critères sociaux, environnementaux et de gouvernance sociaux, environnementaux et de gouvernance. De plus 73% des fonds pratique l’exclusion normative qui consiste à exclure les investissements qui enfreignent certaines normes internationales.

Les acteurs de l’Investissement Socialement Responsable

Novethic a recensé une quarantaine de sociétés de gestion ayant des clients français. Parmi ces sociétés, dix d’entre elles concentrent 80% du marché (dont 44% pour Amundi). Voici les dix principaux acteurs de l’ISR en France :

  • Amundi AM
  • Allianz GI France
  • BNP Paribas IP
  • Mirova (Natixis AM)
  • Groupe OFI
  • Generali Investments Europe
  • Axa IM
  • Groupama AM
  • Edmond de Rothschild AM
  • Neuflize OBC Investissements

 

*Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, se définit comme un média sur le développement durable et un centre de recherche sur l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

Quand les entreprises protègent la biodiversité _ 2: Les actions mises en oeuvre

Jeudi 13 décembre 2012

Pour faire suite à la première partie de notre note:

Concrètement, que font les entreprises pour préserver la biodiversité ?

L’étude résume : « Tous les secteurs affichent des niveaux d’engagements limités, à l’exception du secteur des Matériaux de construction ». Les entreprises de ce secteur ont toutes publié des informations pertinentes sur leurs efforts liées à la protection de la biodiversité et 50% d’entre elles affichent un niveau d’engagement élevé.

Les secteurs de l’Énergie, des Boissons et des Services parapétroliers présentent les performances les plus faibles.

Dans l’ensemble, seules 25% des entreprises ont identifié la majorité des impacts liés à leur activité. Les impacts les plus fréquemment identifiés sont liés à la dégradation des milieux naturels sur les sites sur lesquels les entreprises mènent leurs activités.

Les indicateurs de biodiversité

Les indicateurs de biodiversité permettent aux entreprises d’évaluer leurs impacts sur la biodiversité. En moyenne, seules 25% des entreprises publient des indicateurs de biodiversité pertinents. Les secteurs du Tabac, des Matériaux de construction et de l’Industrie électrique et gazière sont les mieux lotis avec des taux autour de 30%.

(sur les indicateurs de biodiversité, plus d’informations sur le site du ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Energie).

L’action des parties prenantes

20% des entreprises étudiées ont fait l’objet de critiques de la part de parties prenantes qui peuvent aller jusqu’à des poursuites judiciaires. Les secteurs des Mines, du Tabac et de l’Énergie comptent plus de 33% d’entreprises ayant fait l’objet de controverses. « Les entreprises ayant fait l’objet d’allégations semblent obtenir de meilleures performances en termes de pertinence des engagements et d’efficience des moyens alloués à la protection de la biodiversité que les entreprises n’ayant pas fait l’objet d’allégations », remarque l’étude.

En conclusion, les entreprises semblent en majorité conscientes des enjeux liés à la biodiversité, mais leur engagement se révèle encore trop timide.

La Sicav danone communities (2/2)

Mercredi 25 avril 2012

Suite de notre entretien avec avec Mathieu Azzouz, gérant de ce fonds chez Amundi.

Pouvez-vous préciser quelle est l’orientation de gestion de cette Sicav que vous qualifiez de prudente ?

danone.communities entre dans le cadre réglementaire des fonds 90/10. La stratégie d’investissement de la sicav consiste à investir au moins 90 % de l’actif dans une sélection d’OPCVM privilégiant une approche “Investissement Socialement Responsable (ISR) et au maximum 10 % dans le FCPR danone.communities.

Nous avons privilégié une orientation prudente sur les 90 %, pour ne pas pénaliser nos investissements dans les projets. Une orientation plus dynamique introduirait une volatilité plus élevée et donc pourrait nous amener en raison d’une baisse de nos actifs à des dépassements de ratios réglementaires pour la part des 10% investis dans les projets

Un deuxième point a sous-tendu notre réflexion. Dans les projets solidaires classiques, on investit dans des associations qui peuvent avoir 20 ou 30 ans d’existence avec un business plan déjà bien établi. Mais ici, dans notre contexte, on part de zéro. Les projets ont besoin de temps d’existence pour démontrer leur pérennité.

Il fallait donc que les 90 % soient investis de manière prudente afin de pouvoir accompagner les projets du FCPR sur le long terme. Nous proposons trois compartiments qui se différencient par leurs profils rendement/risque qui s’échelonnent sur une durée minimum de placement recommandée allant de 6 mois à 5 ans.

Quel est le profil des investisseurs ?

Danone.communities est destiné à tout type d’investisseurs : des investisseurs institutionnels mais aussi des particuliers via nos réseaux partenaires qui sont aujourd’hui principalement des clients de la banque privée. Le fonds est également ouvert aux salariés de Danone qui peuvent investir via l’épargne salariale de leur société.

Comment se manifeste leur intérêt à l’impact social des projets ?

En terme de performance financière, depuis un an et demie, avec ce qu’offre l’Eonia (Euro Overnight Index Average), sur lequel est basé l’objectif de gestion, on n’observe pas de sorties significatives. Les investisseurs sont donc bien des personnes qui comprennent qu’ils doivent accompagner des projets sur le long terme et qui s’intéressent autant à l’impact social des projets qu’à la performance financière en elle-même. Ils veulent savoir où va leur argent.

L’impact social des projets se mesure au travers d’indicateurs tels que la contribution à la santé publique, le recul de la malnutrition, l’accès à l’eau, la lutte contre la pauvreté et la création d’emplois.

Quelques impacts sociaux des 3 projets emblématiques du FCPR :

Avec le soutien d’un réseau solide de Shokti Ladies (878), les ventes ont nettement progressé en fin d’année, en particulier avec un pic des ventes de près de 2.9 millions d’unités en octobre 2011. D’autre part, les résultats encourageants de l’étude menée par Gain et l’université John Hopkins sur l’impact sur la santé des enfants ciblés par le Shokti Doï, yaourt renforcé en micronutriments produit par Grameen Danone Foods Ltd, devraient être rendus publics cette année.

La Laiterie du Berger (Sénégal), deuxième projet du fond, a une mission précise, qui est celle de valoriser la production de lait frais et local et d’améliorer les conditions de vie des éleveurs Peuls. En 2011, cette mission s’est renforcée avec une croissance des ventes (+60% en août) soutenue par une nouvelle campagne de publicité et une distribution plus étendue. D’autre part, le projet a franchi une étape importante de sa consolidation financière avec, notamment, l’atteinte d’un excédent brut d’exploitation positif en octobre 2011.

Depuis sa création, 1001 Fontaines a installé 54 stations d’eau et touche près 70 000 personnes par jour. Chai Lo, son fondateur cambodgien, a reçu cette année le prix du « Meilleur Entrepreneur Social 2011 » pour l’Asie par la Fondation Schwab.

Comment va évoluer à l’avenir la Sicav danone.communities ?

Pour l’instant la Sicav réunit 70 millions d’euros et nous avons besoin d’atteindre 100 millions d’euros pour mener à bien tous les projets..

Nous venons de lancer une version 2 de la Sicav, avec l’idée de mieux adapter l’orientation de gestion à l’environnement économique, de mieux distinguer les trois compartiments afin de pouvoir satisfaire les besoins d’épargne d’un plus grand nombre d’investisseurs potentiels, en différenciant mieux les 3 profils de gestion proposés au travers de la SICAV. L’horizon d’investissement ira de 6 mois à 5 ans, et introduira pour le dernier compartiment une part en actions tout en conservant un profil de gestion prudent adapté.

L’un des projets de danone.communitites a été récemment développé en France. De quoi s’agit-il ?

C’est le projet Isomir. Il a été lancé l’année dernière, en partenariat avec l’Adie, institut de microfinance. Il vise à rapprocher les agriculteurs de leurs consommateurs. Cela consiste à créer des locaux préfabriqués proches des consommateurs. L’agriculteur va pouvoir venir y entreposer ses produits ou les produire sur place s’il s’agit de fromages. L’objectif est d’apporter une alimentation bio à des populations qui ont subi une désurbanisation ou un moindre accès à l’alimentation de base.

Pour conclure, pouvez-vous résumer en quelques mots la Sicav danone.communities ?

Un projet innovant permettant au plus grand nombre de participer au financement de projets à fort impact social tout en épargnant de manière prudente.

 

* précision : BforBank est une filiale du Crédit Agricole

** Muhammad Yunus, Pour une économie plus humaine, p. 23.

L’exclusion normative pour les investisseurs responsables

Lundi 20 février 2012

Mise à jour le 2 avril 2012: le centre de recherche Novethic est l’auteur de cette note.

Investir responsable peut amener à exclure certains investissements jugés non conformes à des principes. Mais comment décider d’exclure une entreprise ? Les investisseurs disposent d’outils pour mener leur stratégie d’Investissement Socialement Responsable (ISR). Ces outils, ce sont, notamment, les normes internationales, les traités, les conventions signées par les États.

Ces normes encadrent l’activité des entreprises. Elles permettent aux investisseurs d’exclure de leur investissement celles qui enfreignent ces normes. Par exemple, on exclura d’investir dans des entreprises qui produisent des armes controversées : mines antipersonnel ou bombes à sous-munitions.

Le fonds souverain norvégien* — le plus important en Europe — a ainsi décidé d’exclure de son investissement les entreprises Wal-Mart, Freeport McMoran, Rio Tinto ou encore Barrick Gold, rapporte une étude de Novethic, institut de recherche ISR**. Cette liste d’entreprises, mise à jour et publiée régulièrement par le fonds souverain norvégien, est très suivie par les investisseurs responsables du monde entier.

Respecter les normes internationales

Exclure des entreprises de son portefeuille est une des approches courante en ISR. L’exclusion a été une des premières démarches appliquées par les pionniers de l’investissement responsable, par exemple aux États-Unis ou en France***. Ceux-ci s’appuyaient sur des valeurs morales et religieuses pour écarter les secteurs du tabac, de l’alcool ou de l’armement.

L’exclusion normative, elle, s’appuie sur les normes internationales reconnues. Comme l’explique Novethic, elle part du principe que les entreprises doivent :

“pour satisfaire aux demandes des investisseurs responsables, être en mesure de respecter un certain nombre de normes internationales fondamentales, quels que soient l’activité concernée et le pays où elles opèrent”.

Protéger la réputation des investisseurs

L’exclusion normative a notamment pour but de protéger la réputation des investisseurs et leur éviter d’être mêlé aux controverses impliquant les entreprises dans lesquelles ils investissent.

Pour pratiquer l’exclusion normative, les normes internationales les plus utilisées sont celles de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et celles du Global Compact.

L’exclusion normative en France

En France, des investisseurs institutionnels se sont tournés vers une gestion ISR. Mais peu d’entre eux ont adopté une démarche d’exclusion normative. Parmi les neuf investisseurs institutionnels français signataires des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), seul le FRR pratique l’exclusion normative pour un univers international d’entreprises.

Novethic s’interroge dans son rapport :

“Les investisseurs français, malgré des attentes croissantes de leurs parties prenantes, s’inscrivent ainsi en retrait par rapport à leurs homologues néerlandais et scandinaves. Une controverse médiatique devra-t-elle intervenir pour faire évoluer cet état de fait ?”

Les normes les plus souvent utilisées

  • Les conventions de l’OIT :

Les conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) permettent de s’assurer des conditions de travail appliquées dans les entreprises.

  • Les principes directeurs de l’OCDE

Les principes directeurs de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) recouvrent les questions des droits de l’Homme, de l’emploi, de l’environnement, de la lutte contre la corruption, de la concurrence, de l’intérêt des consommateurs, etc.

  • Les conventions contre la corruption

Les deux normes les plus utilisées sont la convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption et la convention des Nations Unies contre la corruption.

  • La Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Adoptée en 1948, elle concerne surtout les États, mais les investisseurs s’y réfèrent aussi pour évaluer l’action des entreprises dans les pays où elles sont implantées.

  • La Déclaration de Rio

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement (1992) est l’outil de référence en matière d’environnement.

  • Le Global Compact

Le Global Compact a été lancé en 2000. Les entreprises adhérentes s’engagent au respect de dix principes dans les domaines des droits de l’Homme et du travail, du respect de l’environnement et de la lutte contre la corruption.

  • Le cas des armes controversées

L’exclusion des mines antipersonnel et les bombes à sous-munitions est un sujet fait l’objet d’un large consensus parmi les investisseurs, même si les textes sur lesquels ils s’appuient (convention d’Ottawa et Traité d’Oslo n’ont pas été signés et ratifiés par tous les États.

* Norwegian Government Pension Fund Global

** Le rapport de Novethic s’intitule « Exclusions normatives : Investisseurs responsables face aux entreprises controversées.

*** En France, dans les investissements ISR, l’approche de sélection « best in class » est souvent préférée à celle d’exclusion. Cette approche consiste à sélectionner les meilleures entreprises selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG)

L’impact investing : social et environnemental au-delà du résultat financier

Mercredi 15 février 2012

Observons quelques situations dans le monde, sans rapport apparent. À New York par exemple, une mère à faibles revenus vient d’emménager dans un logement. Ce logement a été construit grâce à un prêt accordé par un fonds destiné à encourager des constructions de type social. Ce fonds, créé par des fondations privées, accorde des prêts à faible taux d’intérêt pour soutenir ce projet.

Autre lieu, autre problématique. Dans une zone rurale de la Tanzanie, un étudiant lit un livre, éclairé par la lumière électrique produite par un panneau photovoltaïque que sa mère a acheté à crédit à un distributeur local. Cette société a pu s’installer dans ce village grâce à E+Co, un fonds à but non lucratif, dédié au financement de projets dans les énergies renouvelables. (source : Monitor institue)

Cette New-Yorkaise et ce Tanzanien ont un point en commun : ils bénéficient tous deux de ce qu’on appelle l’impact investing.

L’impact investing se définit comme un investissement qui crée un impact positif au-delà du résultat financier (source : JP Morgan)

Impact investing vs ISR

Attention cela dit aux confusions possibles. L’impact investing se différencie de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) :

« On distingue l’impact investing de l’ISR, qui cherche généralement à minimiser l’impact négatif des entreprises plutôt que de chercher à créer un impact positif dans le domaine social ou environnemental », expliquent les auteurs de l’étude de JP Morgan.

De plus, alors que l’ISR est un champ déjà bien constitué, l’impact investing est en train de se mettre en place. Commencent à apparaître des organisations, des fonds de financement, des outils de mesure et une clientèle spécifique pour ce type d’investissement.

Mesurer l’impact social des investissements

L’impact investing n’est pas non plus qu’une collection d’initiatives localisées. Ses professionnels se sont regroupés notamment au sein du GIIN (Global Impact Investing Network).

Cette organisation a été lancée en 2009 lors de la réunion annuelle de la Clinton Global Initiative, menée par l’ancien président des États-Unis. Les fondateurs du GIIN sont JP Morgan, la fondation Rockefeller et USAID. Il compte une cinquantaine de membres.

Un des projets de cette organisation est de créer des instruments de mesure et de reporting qui soient communs à tous. L’Impact Reporting and Investment Standards (IRIS) est chargé de mettre en place ces instruments.

Un répertoire des fonds d’impact investing est également publié sous le nom d’Impact base. Enfin, un site permet de recruter les professionnels spécialisés dans ce secteur de la finance. En un mot, une nouvelle industrie est en train de naître, selon les promoteurs de l’impact investing.

Des financements au Sud et au Nord

Question : quels sont les secteurs concernés par l’impact investing ? Un rapport, publié fin 2011, chiffre à 4 milliards de dollars les investissements réalisés. Pour 88 % d’entre eux ils sont en dollars et pour 3 % en euros.

Les secteurs financés sont la microfinance (34 % des projets), l’alimentation et l’agriculture (15 %), les technologies vertes et énergies renouvelables (15 %), le logement (7 %), la santé (3 %), l’éducation (2 %) et l’eau (1 %).

Les investissements se font dans les pays en développement, principalement en Amérique latine (30 %), en Afrique subsaharienne (12 %), en Asie du sud et du sud est (11 %) et en Europe de l’Est, Russie et Asie centrale (11 %). Dans les pays développés, les États Unis et le Canada concentrent 30 % du total des projets.

Des causes qui motivent les investisseurs

La motivation des investisseurs est également très importante. Selon l’étude déjà citée, 62 % des investisseurs de l’impact investing sont prêts à sacrifier une partie de la performance financière pour obtenir un plus grand impact sur la société.

Selon Luther Ragin, directeur du GIIN (photo ci-contre), interviewé par Forbes :

« l’impact investing offre une opportunité de compléter et diversifier un portefeuille traditionnel avec des investissements ayant un impact social et environnemental. […] L’impact investing peut être vu comme un outil pour générer des profits en rapprochant les investisseurs avec les causes qui les concernent le plus. »

 Avez-vous déjà investi de l’argent en France dans un tel projet ? Vos feedbacks et témoignages sont les bienvenus, dans les commentaires.

Vigeo : de la notation ISR à l’audit-conseil en RSE

Mercredi 11 janvier 2012

epargner_responsable_vigeo_wolf 359_flickrLes investisseurs qui s’engagent dans l’ISR (Investissement Socialement Responsable) ont besoin d’informations financières mais également d’informations extra-financières.

Ces dernières concernent les domaines environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Elles permettent aux investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou particuliers, de sélectionner des titres socialement responsables.

Ces informations ESG ne peuvent être recueillies par les investisseurs eux-mêmes. C’est le rôle des agences de notation sociétales ou extra-financières. L’une d’elles, Vigeo, est une société française à dimension européenne. Elle s’est imposée comme un acteur incontournable.

Deux métiers : la notation et l’audit-conseil

Mais Vigeo n’est pas seulement une agence de notation extra-financière.

La société présidée par Nicole Notat se définit par ses deux métiers qui sont identifiés par deux marques distinctes : Vigeo rating et Vigeo enterprise.

Depuis sa création en 2002, Vigeo s’est imposé comme le premier expert européen de la notation et de l’audit-conseil des entreprises s’agissant de leurs démarches, pratiques et résultats liés aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance “ESG”. (rapport annuel 2010)

En résumé, Vigeo rating désigne l’activité de notation et de services ISR. Ils sont destinés aux investisseurs et aux gestionnaires d’actifs.

Vigeo entreprise est destinée aux entreprises et aux organisations qui veulent être accompagnées dans leur démarche RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise). Dans cet article, nous nous intéresserons principalement aux activités de Vigeo rating.

Vigeo gère également deux indices de développement durable : l’ASPI Eurozone et l’Ethibel Sustainability Index Europe. À l’instar des indices traditionnels (Dow Jones, Cac 40), ils suivent l’évolution d’un groupe de valeurs au cours du temps. (Lire notre article sur les indices Dow Jones Sustainability Index)

L’expertise ISR

La notation extra-financière consiste à collecter des informations selon des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Ces données proviennent des rapports d’activité publiés par les entreprises, mais aussi de celles fournies par les parties prenantes ou les médias.
Vigeo étudie plus de 2000 sociétés et organisations. Les analyses portent sur six domaines :

  • Environnement : protection de l’environnement dans la fabrication, la distribution, l’utilisation et l’élimination du produit.
  • Ressources humaines : dialogue social, conditions de travail, santé et sécurité, valorisation des emplois.
  • Droits humains : droits humains fondamentaux, libertés syndicales, négociation collective, non-discrimination, lutte contre le travail forcé et le travail des enfants.
  • Engagement sociétal : impacts sur les territoires d’implantation, contribution au développement économique et social, causes d’intérêt général.
  • Comportements sur les marchés : Relations avec les clients, les fournisseurs et les sous-traitants, respect des règles concurrentielles, prévention de la corruption.
  • Gouvernance d’entreprise : conseil d’administration, audits et mécanismes de contrôle, droits des actionnaires, rémunération des dirigeants.

Fonds verts et éthique : une étude européenne

Vigeo Italia publie tous les ans une étude sur les fonds communs de placement ISR en Europe.
Vigeo édite aussi des études thématiques. En 2010, elle a publié : RSE, de quoi les entreprises rendent-elles compte ? Et Que font les entreprises pour prévenir la corruption ?

En Europe et au-delà

Depuis sa création en 2002, Vigeo s’est développée en dehors de l’hexagone, au point de s’imposer comme un des leaders européens.

Les 89 personnes qui composent ses équipes sont installées à Bruxelles, Casablanca, Milan et Paris. La société est présente au Maroc depuis 2003. Elle accompagne des entreprises dans leur démarche RSE.

« Démonstration est faite quela RSE n’est pas seulement l’affaire d’entreprises des pays dits riches. Une quarantaine d’entreprises marocaines se sont engagées dans ce dispositif », explique Nicole Notat aux Échos.

Actionnariat et prévention des conflits d’intérêts

L’agence de notation doit apporter aux investisseurs des données fiables et se prévenir de tous risques de conflits d’intérêts. C’est pourquoi l’actionnariat est très dilué et divisé en trois collèges entre lesquels se répartissent les 13 millions d’euros de capital :

  • Les gestionnaires financiers et fonds de pensions : 46 %
  • Les organisations syndicales : 27 %
  • Les entreprises : 27 %

Nicole Notat s’est expliquée sur le risque potentiel de conflit d’intérêt dans son interview aux Échos (déjà citée) :

« Si risque potentiel de conflit d’intérêt il y a, l’enjeu consiste à le maîtriser. Un collège de 37 entreprises est au capital de Vigeo pour 0,73 % chacune, avec deux autres collèges, celui des investisseurs majoritaires et celui des syndicats/ONG. Aucun collège ne peut faire prévaloir ses intérêts au détriment des autres. C’est une sécurité en matière d’indépendance.
Depuis notre origine, 14 des entreprises actionnaires ont fait appel une fois à notre service Vigeo Entreprise. Et ces 37 entreprises actionnaires représentent moins de 1 % du nombre des entreprises notées par Vigeo Rating. »

Dates et chiffres clés

  • Chiffre d’affaires (2010) : 7,98 millions d’euros
  • 4 sites : Bruxelles, Casablanca, Milan, Paris
  • 13 nationalités
  • 36 ans de moyenne d’âge
  • 60 % de femmes
  • 89 personnes employées

2002 : création de Vigeo et acquisition d’Arese, première agence de notation ISR en France, fondée en 1997.

2003 : lancement de d’audit en responsabilité sociale.

2004 : création d’une succursale à Casablanca (Maroc).

2005-2006 : rapprochements avec le Belge Stock at Stake et l’italien Avanzi SRI Research, spécialistes de la notation ISR.

2007 : extension en Asie et partenariat avec OWW, agence de notation extra-financière basée à Kuala-Lumpur et Singapour.

2009 : partenariat avec l’espagnol Novaster pour développer des services ISR auprès des investisseurs institutionnels espagnols, portugais et andorans.

2010 : création des deux marques Vigeo rating et Vigeo Entreprise ; représentation de Vigeo au Japon

Les fonds 90/10 pour investir solidaire

Lundi 9 janvier 2012

fonds-investir-solidaire_shaggy359-FlickrLes fonds 90/10 sont ainsi dénommés parce qu’ils investissent dans des valeurs ISR (Investissement Socialement Responsable) pour 90 % et dans des entreprises solidaires pour 5 à 10 %.

Ces fonds 90/10 représentent les deux tiers de l’épargne solidaire dont l’encours s’élevait à 3,150 milliards d’euros fin 2010. Dans ce total, l’épargne salariale solidaire a un poids croissant (1,460 milliard d’euros)*.

Investir dans des entreprises solidaires

Les fonds 90/10 se définissent par l’obligation d’investir de 5 à 10 % dans des sociétés solidaires. Ces entreprises travaillent dans les secteurs de l’emploi, du social et du logement. L’épargne solidaire finance également la solidarité internationale et, dans une moindre mesure, l’environnement. Dans les faits, le pourcentage des fonds 90/10 investi dans le solidaire s’élève à 6,72 %.

Une entreprise solidaire au sens de l’article L 3332-17-1 du Code du travail est une entreprise :

Dont les titres de capital, lorsqu’ils existent, ne sont pas admis aux négociations sur un marché réglementé et qui :
- soit emploie des salariés dans le cadre de contrats aidés ou en situation d’insertion professionnelle ;
- soit, si elle est constituée sous forme d’associations, de coopératives, de mutuelles, d’institutions de prévoyance ou de sociétés dont les dirigeants sont élus par les salariés, les adhérents ou les sociétaires, remplit certaines règles en matière de rémunération de leurs dirigeants et salariés. Ces règles sont définies par décret.*

Label Finansol

La plupart de ces fonds sont reconnaissables par leur label Finansol, organisme qui labellise les produits d’épargne solidaire. Créé en 1997, il a accordé son label à 126 produits d’épargne solidaires.

Certains fonds ont aussi un mécanisme de partage : l’épargnant partage une partie des revenus avec une association de son choix.

Les secteurs de l’investissement solidaire

Les secteurs de l’emploi, du social et du logement représentent 82 % des investissements solidaires des fonds 90-10, et même 90 % pour l’épargne salariale solidaire.

“Des chiffres très élevés qui s’expliquent historiquement. En effet, trois structures détentrices de l’agrément solidaire ont été pionnières et ont reçu la quasi-totalité des investissements solidaires :la SIFA(France Active), l’ADIE et Habitat et Humanisme. Les deux premières interviennent sur la thématique de l’emploi tandis que la troisième œuvre dans le domaine du logement très social”.*

La solidarité internationale représente 25 % de l’épargne solidaire bancaire, mais seulement 6 % de l’épargne salariale solidaire. Le secteur de l’environnement représente 3 % de l’investissement solidaire.

La composition des fonds

La part investie dans les entreprises solidaires est de 6,72 %. on est donc plus proche du plancher de 5 % que du maximum autorisé de 10 %.

la part investie dans des entreprises cotées est de 48,85 % et la part d’obligations est de 38,12 %. Les actifs monétaires représentent 6,31 %.

Le comité du label Finansol veille à la composition de ces fonds. La partie 90 doit être investie en valeurs ISR. Les gérants ont pour obligation de présenter leur politique d’Investissement Socialement Responsable sur ces titres.

L’encours des cinq premiers fonds 90/10

    • FCP Insertion Emplois Dynamique – Natixis AM/Caisse d’épargne (254 millions d’euros)
    • FCPE Carrefour Équilibre Solidaire – Natixis AM/Natixis IE (217 millions d’euros)
    • FCPE Amundi Label Équilibre Solidaire – Amundi Group (100 millions d’euros)
    • FCPE Impact ISR Rendement Solidaire – Natixis AM/Natixis IE (97 millions d’euros)
    • FCP BNP Paribas Obli Etheis – BNP Paribas AM/BNP Paribas (91 millions d’euros)

L’épargne solidaire en chiffres

  • En 2010, 800 000 Français détenaient un produit d’épargne solidaire.
  • Un encours de 3,15 milliards d’euros en 2010.
  • 34 000 emplois créés en 2010 et 2 500 familles relogées

Pour aller plus loin :

* Baromètre professionnel de l’épargne solidaire, 2011 (La Finance pour tous)

Comment épargner responsable en trois étapes

Mercredi 4 janvier 2012

epargner_responsable_Jimmy_Joe_flickrÉpargner responsable, ça ne s’improvise pas ! L’épargne solidaire ou l’Investissement Socialement Responsable sont des produits d’épargne dit  ”responsables” ou éthiques qui nécessitent une approche raisonnée.

C’est ce que nous expliquent Aude Sarda et Nadia Dhaoidi, dans leur ouvrage Épargner éthique. Elles s’appuient sur une démarche en trois étapes :

  •  faire un bilan patrimonial
  • définir ses objectifs
  • choisir les moyens à mettre en œuvre

Vous retrouverez le même genre de démarche dans des ouvrages consacrés à la gestion de patrimoine*. La différence, ici, c’est que l’objectif est de se constituer un patrimoine mais aussi d’épargner en accord avec certaines valeurs.

1. Faire son bilan patrimonial

La première étape consiste à analyser votre patrimoine. Cette analyse tient compte de votre:

  • Situation familiale
  • Situation professionnelle
  • Situation fiscale
  • Situation patrimoniale
  • Diagnostic successoral

Comment réaliser ce bilan? Deux solutions : soit vous le faites seul, soit vous vous faites aider d’un professionnel. Ce professionnel peut être :

Votre banquier

Il connaît l’état de vos comptes et il est informé de vos mouvements d’argent courants. De plus, il réalise, le plus souvent, le bilan gratuitement. Pour un patrimoine important, (supérieurs à 250 000 euros) votre banque peut vous proposer des services plus sophistiqués.

 Un notaire

Il est indépendant et rédige des actes qui sont un gage de sérieux et d’authenticité. « Il est davantage compétent sur la structuration du patrimoine que sur des propositions commerciales de produit », précisent Aude Sarda et Nadia Dhaoidi.

Un conseiller de gestion en patrimoine indépendant (CGPI)

Cette profession en cours de régulation ne possède pas encore de label. Un CGPI peut vous proposer une stratégie patrimoniale. En tant qu’indépendant, il doit vous conseiller de manière objective. Il vous facturera sa prestation dont le montant peut varier selon l’étendue et la complexité de votre patrimoine.

2. Définir vos besoins et vos objectifs

Lors de cette étape, vous tracerez votre feuille de route. Vous identifierez les actions à mener en fonction de vos objectifs.

Voici les principaux objectifs patrimoniaux que vous pouvez vous fixer*:

3. Choisir des produits d’épargne responsable

Après avoir établi votre bilan patrimonial et défini vos objectifs, il reste à choisir vos placements. Vous pourrez alors vous guider parmi les produits financiers responsables :

Vous pourrez ainsi faire le choix d’une épargne solidaire, d’une épargne verte, ou bien encore de l’Investissement Socialement Responsable. Certains les regroupent ces produits d’épargnes en familles de placements.

 

Pour aller plus loin: Trois façon de devenir un épargnant solidaire.

* Dans leur ouvrage Gestion du patrimoine, Jean-Marc Aveline et Christian Prisco-Chreiki retiennent également une approche en trois étapes: 1) diagnostic 2) analyse 3) préconisations financières, fiscales et juridiques

Les indices Dow Jones Sustainability

Vendredi 2 décembre 2011

indice_Dow_Jones_SustainabilitySi vous suivez les informations financières, vous êtes familier des indices boursiers : CAC 40, Dow Jones, Nasdaq… Mais avez-vous entendu parler des indices Dow Jones Sustainability?

Cette série d’indices fournit des informations aux investisseurs engagés dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Autrement dit, il leur permet de suivre l’évolution des entreprises considérées comme les meilleures sur le plan des pratiques environnementales et sociales. Le DJSI, créé en 1999, est le plus ancien indice de ce type. Il est réalisé par les indices Dow Jones et la société de gestion suisse Sam.

Indice boursier et développement durable

« Les indices DJSI ont été créés pour suivre les performances des entreprises leaders dans leur domaine en matière de développement durable. Les premiers indices ont été publiés le 8 septembre 1999. Ces indices comportent des variantes excluant les entreprises tirant leurs revenus de l’alcool, du tabac, du jeu, des armements, des armes à feu et de la pornographie ». (source: DJSI world guidebook)

Les indices Dow Jones Sustainability (DJSI) couvrent trois continents et une cinquantaine de secteurs économiques.

Une série de dix-neuf indices correspondent à des zones géographiques : cinq pour le monde, cinq pour l’Europe, quatre pour l’Amérique du Nord et les États-Unis et cinq pour l’Asie.

A partir de ces indices de base, il est possible de pratiquer l’exclusion de secteurs économiques sensibles. Certains indices excluent un ou plusieurs des secteurs de l’alcool, du tabac, du jeu, des armements, des armes à feu et de la pornographie. Par exemple, le DJSI World ex. Alcohol est l’indice suivant les entreprises du monde entier mais en excluant le secteur de l’alcool.

Critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance

Les indices DJSI procèdent à une sélection des meilleurs entreprises selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Les notes sont fournies par la société de gestion Sam.

Seules un peu plus de 10% des entreprises sont sélectionnées dans chaque secteur économique. Pour les indices Monde, environ 300 entreprises sont retenues sur 2500.

Les indices DJSI considèrent cinquante-huit secteurs économiques regroupés en dix-neuf supersecteurs tels que la chimie, l’automobile, les médias, les télécommunication, etc.

L’indice publie le nom des leaders de chaque supersecteurs, ainsi que les principales entrées ou sorties du classement annuel. En 2011, BMW est leader dans le secteur de l’automobile, Pepsico dans celui de la nourriture et de la boisson, Pearson dans celui des médias et Air France KLM dans le secteurs des voyages et loisirs, pour ne donner que quelques exemples.

Suivre la performance de l’ISR

Les indices permettent de suivre la performance des entreprises sélectionnées. Une comparaison avec les indices globaux montre que la performance de l’ISR est assez comparable à celle de la gestion classique. Le DJSI World a suivi une évolution très voisine de celle du MSCI World depuis sa création en 1999 (voir graphique 1).

indice_Dow_Jones_Sustainability

Quant au DJSI Europe, voici son tracé en comparaison de celui DJ Stoxx 600. Le DJSI Europe suit la performance du top 20% des 600 principales sociétés européennes.

indice_Dow_Jones_Sustainability

Le suivi de ces indices « responsables » nous renvoie au débat sur la performance de l’ISR, débat qui est loin d’être tranché.

Pour prolonger, sur le même sujet:

Rencontre avec Antoine Sorange, responsable de l’analyse extra-financière chez Amundi (2/2)

Mardi 18 octobre 2011

Un logiciel pour aider à la décision

Antoine Sorange nous fait une démonstration de l’utilisation du logiciel SRI. Il montre à l’écran un résumé de l’analyse extra financière d’une valeur, en l’occurrence Peugeot.

Ce résumé est matérialisé par un triple réseau de cercles visualisant les notes dans les domaines environnemental, social et de gouvernance (ESG). L’analyste peut modifier les notes d’une entreprise grâce au logiciel, à condition de le justifier au moyen d’une note de synthèse. La décision de l’analyste est souveraine, même si les analystes en débattent également entre eux.

Pour les analystes extra-financiers, le logiciel SRI est avant tout un lanceur d’alertes. Il détecte notes qui posent problème. « Par exemple, sur une valeur, deux agences de notations vont donner deux notes divergentes. L’outil va alors émettre une alerte. Pour nous, l’important sera de creuser ce critère en particulier, de rencontrer l’entreprise pour se faire une opinion. »

Ce travail d’enquête se poursuit afin de confirmer la notation de certaines entreprises. « Si, par exemple, une valeur est très bien notée, on va chercher à comprendre pourquoi et interroger l’entreprise. A contrario si une autre est très mal notée, par exemple avec la note E qui signifie exclusion des portefeuilles, et qu’elle représente 3% des indices, on va analyser en profondeur avant de demander au gérant d’exclure cette valeur. En effet, les fournisseurs de données ont des questionnaires très génériques, pas toujours adaptés aux entreprises. Parfois également les entreprises peuvent avoir une mauvaise note parce qu’elles n’ont pas pris le temps de publier certaines données ».

Des rencontres avec les entreprises

L’analyse extra-financière implique des rencontres avec les entreprises pour des compléments d’information. Ces rencontres ont pour but d’en savoir plus.

analyse extra-financière Amundi

« Les analystes rencontrent les entreprises sur des questions environnementales ou sociales. Cela aboutit parfois à la modification des « fiches valeurs » des entreprises.

L’équipe Corporate Governance d’Amundi rencontre également les entreprises, elle travaille en lien avec les analystes extra-financiers « L’équipe de corporate governance, qui est proche de la nôtre, a pour mission de définir et faire évoluer la politique de vote d’Amundi et de voter aux assemblées. Le premier axe d’engagement est le vote. Cette équipe pratique aussi le dialogue pré assemblée. Avant de voter contre une résolution, elle contacte l’entreprise et parfois on aboutit à une solution consensuelle avec l’entreprise, parfois non et dans ce cas on vote contre. »

Une politique d’engagement

Enfin, l’équipe d’analystes va continuer sa politique d’engagement et l’amplifier. Des rencontres avec les entreprises auront pour but de les sensibiliser à des questions environnementales ou sociales. « Le troisième axe qu’on va développer, ce sera de l’engagement au sens exact du terme. On va cibler un sujet, parce qu’on ne pourra pas traiter tous les sujets environnementaux et sociaux, et des entreprises et faire de l’engagement auprès de ces entreprises. »

Enfin, le regard des médias et du grand public sur son métier laisse Antoine Sorange frustré. « Le grand public a perdu confiance dans le monde financier. Pourtant, nous sommes convaincus que ce qu’il se passe dans la gestion d’actif reste très sain. Il y a des règles, mais également un contrôle de risque. Et puis l’ISR n’est-il pas un moyen de redonner confiance au grand public parce qu’il est connecté aux enjeux industriels, à l’emploi, au lien social et plus généralement à la notion de long terme ?».

Photo : L’équipe d’analyse extra-financière d’Amundi. Crédit photo :Bérangère Lomont.

* L’analyse ISR était regroupé sous le nom d’IDEAM, filiale d’Amundi. Depuis octobre 2011 cette équipe a été rebaptisée le département ISR d’Amundi. Précision: Amundi est une filiale du groupe Crédit Agricole, auquel appartient BforBank.