Archive pour le mot-clef ‘gouvernance’

L’Investissement Socialement Responsable en France : les chiffres 2012

Jeudi 2 mai 2013

L’ISR (Investissement Socialement Responsable) atteint 149 milliards d’euros en France, selon une étude de l’institut de recherche Novethic*.

En 2012, le marché de l’ISR a poursuivit sa croissance avec une hausse de 29% de ses encours sur un an. Ces derniers ont progressé de 50 milliards en 2009 à près de 150 milliards en 2012. L’ISR est une réponse aux épargnants qui souhaitent investir responsable : c’est un mode de gestion qui intègre des critères sociaux, environnementaux et de gouvernance (ESG), en plus des critères financiers.

La croissance de l’ISR en France s’explique notamment par deux phénomènes : la conversion à l’ISR de fonds existants et la mise en place de mandats dédiés par des investisseurs institutionnels (assureurs et organismes de retraite).

Le poids des investisseurs institutionnels

Les investisseurs institutionnels détiennent 72% de l’ISR français. Il s’agit notamment du Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) et de l’Établissement de la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (ERAFP). Ces investisseurs ont intégré :

« des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance dans la gestion financière de leurs encours. Ce n’est pas un axe de communication mais plutôt une volonté d’élargir leur spectre d’analyse financière aux enjeux du développement durable », indique Novethic.

La croissance du marché est tirée par les assureurs, mutualistes ou privés.

Les particuliers et l’épargne salariale

Les particuliers détiennent 28% de l’Investissement Socialement Responsable. Ce pourcentage est en baisse mais il demeure élevé en comparaison avec les autres pays européens, où les particuliers détiennent 6% de l’ISR.

L’épargne salariale représente une part importante de l’ISR détenu par les particuliers : 17,1 milliards sur 41,2 milliards. L’ISR représente 29% de l’épargne salariale détenue en France.

Le marché de l’ISR est composé à 53% d’obligations. Le monétaire représente 25% et les actions 20%.

Concernant les stratégies de gestion, la sélection ESG concerne 96% des fonds. La sélection ESG consiste à sélectionner des valeurs en fonction de critères sociaux, environnementaux et de gouvernance sociaux, environnementaux et de gouvernance. De plus 73% des fonds pratique l’exclusion normative qui consiste à exclure les investissements qui enfreignent certaines normes internationales.

Les acteurs de l’Investissement Socialement Responsable

Novethic a recensé une quarantaine de sociétés de gestion ayant des clients français. Parmi ces sociétés, dix d’entre elles concentrent 80% du marché (dont 44% pour Amundi). Voici les dix principaux acteurs de l’ISR en France :

  • Amundi AM
  • Allianz GI France
  • BNP Paribas IP
  • Mirova (Natixis AM)
  • Groupe OFI
  • Generali Investments Europe
  • Axa IM
  • Groupama AM
  • Edmond de Rothschild AM
  • Neuflize OBC Investissements

 

*Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, se définit comme un média sur le développement durable et un centre de recherche sur l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

Au Brésil, la bourse favorise la bonne gouvernance

Lundi 22 octobre 2012

On le sait, la gouvernance est un des trois piliers de l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Les deux autres sont l’environnement et l’aspect sociétal de l’activité des entreprises. La gouvernance inclut notamment la composition des conseils d’administration et la régulation des pouvoirs dans l’entreprise, la rémunération des administrateurs et la transparence des informations financières communiquées aux actionnaires et aux partenaires de l’entreprise.

Améliorer la gouvernance

Améliorer la gouvernance a souvent des conséquences positives sur la performance financière. C’est sur cette conviction qu’a été créé en 2000 le Novo Mercado (nouveau marché), un segment de la bourse du Brésil. Cette bourse de la bonne gouvernance est en plein essor, comme le reporte le journal Les Echos.

A la création du Novo Mercado, la bourse brésilienne (Bovespa) n’allait pas fort. Les investisseurs brésiliens préféraient se tourner vers les États-Unis, expliquait alors le New York Times.

Après un démarrage prudent (2 introductions en bourse lors des trois premières années), le boom s’est produit en 2006, le Novo Mercado passant de 44 à 92 sociétés cotées (The Economist). Il compte aujourd’hui près de 130 entreprises cotées.

L’atout du Novo Mercado

L’atout du Novo Mercado est qu’il n’accepte en son sein que des entreprises à la gouvernance saine. Elles doivent remplir plusieurs conditions :

  • Le capital de la société doit être composé exclusivement d’actions avec un seul droit de vote;
  • le conseil d’administration doit compter au minimum 5 membres ;
  • la société doit s’engager à conserver un flottant de 25%, ce qui accroît la liquidité des actions pour les actionnaires minoritaires ;
  • les sociétés s’engagent à publier des rapports financiers réguliers.

Poursuivre les efforts

Un étude récente de J.P. Morgan note une amélioration de la gouvernance des entreprises en Amérique latine, et qu’elles doivent poursuivre leurs efforts dans ces domaines. Plus de 50% des investisseurs interrogés jugent que le Brésil possède les meilleurs standards de gouvernance, principalement en raison de la création du Novo Mercado. La bourse, une voie vers un capitalisme plus vertueux ?

Vigeo : de la notation ISR à l’audit-conseil en RSE

Mercredi 11 janvier 2012

epargner_responsable_vigeo_wolf 359_flickrLes investisseurs qui s’engagent dans l’ISR (Investissement Socialement Responsable) ont besoin d’informations financières mais également d’informations extra-financières.

Ces dernières concernent les domaines environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Elles permettent aux investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou particuliers, de sélectionner des titres socialement responsables.

Ces informations ESG ne peuvent être recueillies par les investisseurs eux-mêmes. C’est le rôle des agences de notation sociétales ou extra-financières. L’une d’elles, Vigeo, est une société française à dimension européenne. Elle s’est imposée comme un acteur incontournable.

Deux métiers : la notation et l’audit-conseil

Mais Vigeo n’est pas seulement une agence de notation extra-financière.

La société présidée par Nicole Notat se définit par ses deux métiers qui sont identifiés par deux marques distinctes : Vigeo rating et Vigeo enterprise.

Depuis sa création en 2002, Vigeo s’est imposé comme le premier expert européen de la notation et de l’audit-conseil des entreprises s’agissant de leurs démarches, pratiques et résultats liés aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance “ESG”. (rapport annuel 2010)

En résumé, Vigeo rating désigne l’activité de notation et de services ISR. Ils sont destinés aux investisseurs et aux gestionnaires d’actifs.

Vigeo entreprise est destinée aux entreprises et aux organisations qui veulent être accompagnées dans leur démarche RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise). Dans cet article, nous nous intéresserons principalement aux activités de Vigeo rating.

Vigeo gère également deux indices de développement durable : l’ASPI Eurozone et l’Ethibel Sustainability Index Europe. À l’instar des indices traditionnels (Dow Jones, Cac 40), ils suivent l’évolution d’un groupe de valeurs au cours du temps. (Lire notre article sur les indices Dow Jones Sustainability Index)

L’expertise ISR

La notation extra-financière consiste à collecter des informations selon des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Ces données proviennent des rapports d’activité publiés par les entreprises, mais aussi de celles fournies par les parties prenantes ou les médias.
Vigeo étudie plus de 2000 sociétés et organisations. Les analyses portent sur six domaines :

  • Environnement : protection de l’environnement dans la fabrication, la distribution, l’utilisation et l’élimination du produit.
  • Ressources humaines : dialogue social, conditions de travail, santé et sécurité, valorisation des emplois.
  • Droits humains : droits humains fondamentaux, libertés syndicales, négociation collective, non-discrimination, lutte contre le travail forcé et le travail des enfants.
  • Engagement sociétal : impacts sur les territoires d’implantation, contribution au développement économique et social, causes d’intérêt général.
  • Comportements sur les marchés : Relations avec les clients, les fournisseurs et les sous-traitants, respect des règles concurrentielles, prévention de la corruption.
  • Gouvernance d’entreprise : conseil d’administration, audits et mécanismes de contrôle, droits des actionnaires, rémunération des dirigeants.

Fonds verts et éthique : une étude européenne

Vigeo Italia publie tous les ans une étude sur les fonds communs de placement ISR en Europe.
Vigeo édite aussi des études thématiques. En 2010, elle a publié : RSE, de quoi les entreprises rendent-elles compte ? Et Que font les entreprises pour prévenir la corruption ?

En Europe et au-delà

Depuis sa création en 2002, Vigeo s’est développée en dehors de l’hexagone, au point de s’imposer comme un des leaders européens.

Les 89 personnes qui composent ses équipes sont installées à Bruxelles, Casablanca, Milan et Paris. La société est présente au Maroc depuis 2003. Elle accompagne des entreprises dans leur démarche RSE.

« Démonstration est faite quela RSE n’est pas seulement l’affaire d’entreprises des pays dits riches. Une quarantaine d’entreprises marocaines se sont engagées dans ce dispositif », explique Nicole Notat aux Échos.

Actionnariat et prévention des conflits d’intérêts

L’agence de notation doit apporter aux investisseurs des données fiables et se prévenir de tous risques de conflits d’intérêts. C’est pourquoi l’actionnariat est très dilué et divisé en trois collèges entre lesquels se répartissent les 13 millions d’euros de capital :

  • Les gestionnaires financiers et fonds de pensions : 46 %
  • Les organisations syndicales : 27 %
  • Les entreprises : 27 %

Nicole Notat s’est expliquée sur le risque potentiel de conflit d’intérêt dans son interview aux Échos (déjà citée) :

« Si risque potentiel de conflit d’intérêt il y a, l’enjeu consiste à le maîtriser. Un collège de 37 entreprises est au capital de Vigeo pour 0,73 % chacune, avec deux autres collèges, celui des investisseurs majoritaires et celui des syndicats/ONG. Aucun collège ne peut faire prévaloir ses intérêts au détriment des autres. C’est une sécurité en matière d’indépendance.
Depuis notre origine, 14 des entreprises actionnaires ont fait appel une fois à notre service Vigeo Entreprise. Et ces 37 entreprises actionnaires représentent moins de 1 % du nombre des entreprises notées par Vigeo Rating. »

Dates et chiffres clés

  • Chiffre d’affaires (2010) : 7,98 millions d’euros
  • 4 sites : Bruxelles, Casablanca, Milan, Paris
  • 13 nationalités
  • 36 ans de moyenne d’âge
  • 60 % de femmes
  • 89 personnes employées

2002 : création de Vigeo et acquisition d’Arese, première agence de notation ISR en France, fondée en 1997.

2003 : lancement de d’audit en responsabilité sociale.

2004 : création d’une succursale à Casablanca (Maroc).

2005-2006 : rapprochements avec le Belge Stock at Stake et l’italien Avanzi SRI Research, spécialistes de la notation ISR.

2007 : extension en Asie et partenariat avec OWW, agence de notation extra-financière basée à Kuala-Lumpur et Singapour.

2009 : partenariat avec l’espagnol Novaster pour développer des services ISR auprès des investisseurs institutionnels espagnols, portugais et andorans.

2010 : création des deux marques Vigeo rating et Vigeo Entreprise ; représentation de Vigeo au Japon

Énergie partagée : un produit d’épargne vert et citoyen

Mardi 6 décembre 2011

economie_eolienneFinancer localement un projet d’énergie éolienne: tel est le but de l’association Éoliennes en Pays de Vilaine, créée en 2003. Ces citoyens ont lancé deux projets de parcs éoliens, à Béganne-Allaire (Morbihan) et à Séverac-Guenrouët (Loire Atlantique). « De quoi fournir de l’électricité à 8 000 personnes, hors chauffage et activité industrielle », précise Alain Ridard, président de l’association (Ouest France).

Des projets citoyens dans les énergies renouvelables

Mais la construction d’éoliennes se heurte à bien des obstacles. Il faut obtenir un permis de construire. Puis on doit mener une étude préalable, chiffrée à 300 000 euros. C’est là que se révèle la véritable difficulté : le financement. Une éolienne coûte de 2 à 3 millions d’euros. Un projet complet atteint rapidement 20 millions d’euros. Il est donc nécessaire de créer une structure pour rassembler des dizaines de petits investisseurs. (source: Novethic)

association_economie_eolienneC’est pour répondre à ce besoin de financement des projets citoyens dans le domaine des énergies renouvelables que s’est créée l’association Énergie partagée. Elle rassemble des associations comme Éoliennes en Pays de Vilaine qui cherchent des investisseurs. Elle compte d’autres acteurs engagés dans les énergies renouvelables : Enercoop, Hespul, le Comité des énergies renouvelables, la Nef ou le bureau d’études Indiggo.

Outil financier citoyen

L’association a créé en 2009 un outil financier, Énergie partagée Investissement (EPI). EPI est une Société en commandite par actions (SCA). Ce statut est utilisé par des acteurs de la finance solidaire qui ont fait leurs preuves comme Terre de Liens ou Habitat et Humanisme.

La société s’appuie sur une charte qui garantit que les projets resteront conforme aux engagements de l’association: ancrage local, gouvernance transparente, gestion non spéculative.

Restait encore à obtenir l’accord de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). C’est chose faite depuis le 19 septembre 2011. EPI peut lancer son Offre au Public de Titres Financiers.

Un placement sur le long terme

Concrètement, les épargnants solidaires peuvent acheter des actions d’Énergie Partagée Investissement pour la somme de 100 euros l’action. Le prospectus de l’AMF détaille les caractéristiques de ce placement.

L’accent est mis notamment sur le risque pour l’épargnant. Par exemple, le tarif de rachat de l’électricité dans le photovoltaïque peut être modifié au cours du temps.

De plus la souscription d’actions au capital d’EPI ne permet pas de bénéficier de déduction fiscale.

Enfin, investir dans les énergies renouvelables nécessite de s’engager sur le long terme. La durée de détention des actions est d’au moins dix ans. L’objectif de la SCA Énergie Partagée Investissement est d’obtenir un rendement moyen de 4% par an sur une durée de possession minimum de dix ans de l’action.

Des projets similaires chez nos voisins

Si l’actionnaire souhaite sortir avant cinq ans « il est plus que probable qu’il ne recouvrira pas la valeur nominale de son investissement », explique le prospectus. Entre cinq et huit ans, « il est probable que l’actionnaire retrouvera son investissement nominal initial ».

Au-delà de huit ans « il pourrait être bénéficiaire, le montant nominal de l’action étant augmenté de la quote-part dans les bénéfices de la société. En effet, les projets dans ces domaines d’activité ne deviennent rentables, pour la majeure partie d’entre eux, qu’au bout de 7 à 10 ans ». Mais le rendement de l’action est-il l’unique objectif visé par les investisseurs militants qui se tournent vers Energie partagée ?

finacement_eolienne

Les projets à réaliser à l’échéance 2014 se situent dans les secteurs de l’éolien, du photovoltaïque, de la biomasse et de l’hydraulique. L’investissement total est chiffré à 53,8 millions d’euros, selon le prospectus de l’AMF.

De nombreux projets similaires ont vu le jour chez nos voisins allemands, belges ou danois, rappelle l’institut de recherche Novethic. L’association Energie partagée connaîtra-t-elle le même succès en France?

(photo: installation photovoltaïque Biocoop Yvelines _ Énergie partagée)

Les indices Dow Jones Sustainability

Vendredi 2 décembre 2011

indice_Dow_Jones_SustainabilitySi vous suivez les informations financières, vous êtes familier des indices boursiers : CAC 40, Dow Jones, Nasdaq… Mais avez-vous entendu parler des indices Dow Jones Sustainability?

Cette série d’indices fournit des informations aux investisseurs engagés dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Autrement dit, il leur permet de suivre l’évolution des entreprises considérées comme les meilleures sur le plan des pratiques environnementales et sociales. Le DJSI, créé en 1999, est le plus ancien indice de ce type. Il est réalisé par les indices Dow Jones et la société de gestion suisse Sam.

Indice boursier et développement durable

« Les indices DJSI ont été créés pour suivre les performances des entreprises leaders dans leur domaine en matière de développement durable. Les premiers indices ont été publiés le 8 septembre 1999. Ces indices comportent des variantes excluant les entreprises tirant leurs revenus de l’alcool, du tabac, du jeu, des armements, des armes à feu et de la pornographie ». (source: DJSI world guidebook)

Les indices Dow Jones Sustainability (DJSI) couvrent trois continents et une cinquantaine de secteurs économiques.

Une série de dix-neuf indices correspondent à des zones géographiques : cinq pour le monde, cinq pour l’Europe, quatre pour l’Amérique du Nord et les États-Unis et cinq pour l’Asie.

A partir de ces indices de base, il est possible de pratiquer l’exclusion de secteurs économiques sensibles. Certains indices excluent un ou plusieurs des secteurs de l’alcool, du tabac, du jeu, des armements, des armes à feu et de la pornographie. Par exemple, le DJSI World ex. Alcohol est l’indice suivant les entreprises du monde entier mais en excluant le secteur de l’alcool.

Critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance

Les indices DJSI procèdent à une sélection des meilleurs entreprises selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Les notes sont fournies par la société de gestion Sam.

Seules un peu plus de 10% des entreprises sont sélectionnées dans chaque secteur économique. Pour les indices Monde, environ 300 entreprises sont retenues sur 2500.

Les indices DJSI considèrent cinquante-huit secteurs économiques regroupés en dix-neuf supersecteurs tels que la chimie, l’automobile, les médias, les télécommunication, etc.

L’indice publie le nom des leaders de chaque supersecteurs, ainsi que les principales entrées ou sorties du classement annuel. En 2011, BMW est leader dans le secteur de l’automobile, Pepsico dans celui de la nourriture et de la boisson, Pearson dans celui des médias et Air France KLM dans le secteurs des voyages et loisirs, pour ne donner que quelques exemples.

Suivre la performance de l’ISR

Les indices permettent de suivre la performance des entreprises sélectionnées. Une comparaison avec les indices globaux montre que la performance de l’ISR est assez comparable à celle de la gestion classique. Le DJSI World a suivi une évolution très voisine de celle du MSCI World depuis sa création en 1999 (voir graphique 1).

indice_Dow_Jones_Sustainability

Quant au DJSI Europe, voici son tracé en comparaison de celui DJ Stoxx 600. Le DJSI Europe suit la performance du top 20% des 600 principales sociétés européennes.

indice_Dow_Jones_Sustainability

Le suivi de ces indices « responsables » nous renvoie au débat sur la performance de l’ISR, débat qui est loin d’être tranché.

Pour prolonger, sur le même sujet:

Rencontre avec Antoine Sorange, responsable de l’analyse extra-financière chez Amundi (2/2)

Mardi 18 octobre 2011

Un logiciel pour aider à la décision

Antoine Sorange nous fait une démonstration de l’utilisation du logiciel SRI. Il montre à l’écran un résumé de l’analyse extra financière d’une valeur, en l’occurrence Peugeot.

Ce résumé est matérialisé par un triple réseau de cercles visualisant les notes dans les domaines environnemental, social et de gouvernance (ESG). L’analyste peut modifier les notes d’une entreprise grâce au logiciel, à condition de le justifier au moyen d’une note de synthèse. La décision de l’analyste est souveraine, même si les analystes en débattent également entre eux.

Pour les analystes extra-financiers, le logiciel SRI est avant tout un lanceur d’alertes. Il détecte notes qui posent problème. « Par exemple, sur une valeur, deux agences de notations vont donner deux notes divergentes. L’outil va alors émettre une alerte. Pour nous, l’important sera de creuser ce critère en particulier, de rencontrer l’entreprise pour se faire une opinion. »

Ce travail d’enquête se poursuit afin de confirmer la notation de certaines entreprises. « Si, par exemple, une valeur est très bien notée, on va chercher à comprendre pourquoi et interroger l’entreprise. A contrario si une autre est très mal notée, par exemple avec la note E qui signifie exclusion des portefeuilles, et qu’elle représente 3% des indices, on va analyser en profondeur avant de demander au gérant d’exclure cette valeur. En effet, les fournisseurs de données ont des questionnaires très génériques, pas toujours adaptés aux entreprises. Parfois également les entreprises peuvent avoir une mauvaise note parce qu’elles n’ont pas pris le temps de publier certaines données ».

Des rencontres avec les entreprises

L’analyse extra-financière implique des rencontres avec les entreprises pour des compléments d’information. Ces rencontres ont pour but d’en savoir plus.

analyse extra-financière Amundi

« Les analystes rencontrent les entreprises sur des questions environnementales ou sociales. Cela aboutit parfois à la modification des « fiches valeurs » des entreprises.

L’équipe Corporate Governance d’Amundi rencontre également les entreprises, elle travaille en lien avec les analystes extra-financiers « L’équipe de corporate governance, qui est proche de la nôtre, a pour mission de définir et faire évoluer la politique de vote d’Amundi et de voter aux assemblées. Le premier axe d’engagement est le vote. Cette équipe pratique aussi le dialogue pré assemblée. Avant de voter contre une résolution, elle contacte l’entreprise et parfois on aboutit à une solution consensuelle avec l’entreprise, parfois non et dans ce cas on vote contre. »

Une politique d’engagement

Enfin, l’équipe d’analystes va continuer sa politique d’engagement et l’amplifier. Des rencontres avec les entreprises auront pour but de les sensibiliser à des questions environnementales ou sociales. « Le troisième axe qu’on va développer, ce sera de l’engagement au sens exact du terme. On va cibler un sujet, parce qu’on ne pourra pas traiter tous les sujets environnementaux et sociaux, et des entreprises et faire de l’engagement auprès de ces entreprises. »

Enfin, le regard des médias et du grand public sur son métier laisse Antoine Sorange frustré. « Le grand public a perdu confiance dans le monde financier. Pourtant, nous sommes convaincus que ce qu’il se passe dans la gestion d’actif reste très sain. Il y a des règles, mais également un contrôle de risque. Et puis l’ISR n’est-il pas un moyen de redonner confiance au grand public parce qu’il est connecté aux enjeux industriels, à l’emploi, au lien social et plus généralement à la notion de long terme ?».

Photo : L’équipe d’analyse extra-financière d’Amundi. Crédit photo :Bérangère Lomont.

* L’analyse ISR était regroupé sous le nom d’IDEAM, filiale d’Amundi. Depuis octobre 2011 cette équipe a été rebaptisée le département ISR d’Amundi. Précision: Amundi est une filiale du groupe Crédit Agricole, auquel appartient BforBank.

Rencontre avec Antoine Sorange, responsable de l’analyse extra-financière chez Amundi (1/2)

Jeudi 13 octobre 2011

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Récemment, j’ai rencontré Antoine Sorange, qui dirige l’équipe d’analyse extra-financière dAmundi*. Au cours de cet entretien, j’ai voulu mieux cerner en quoi consiste ce métier qui est au cœur de l’Investissement Socialement Responsable (ISR).

L’entretien s’est déroulé le 30 septembre au 44e étage de la tour Montparnasse, dans les bureaux sobres de l’équipe d’analystes extra-financiers d’Amundi, un des dix plus gros asset manager au monde, gérant 700 milliards d’euros, dont 18 milliards en ISR.

Antoine Sorange, qui dirige l’équipe de huit analystes extra-financiers, a évoqué divers aspects de ce métier très technique et qui suppose une forte conviction en faveur du développement durable.

L’ISR, une question de caractère

Quand on demande à Antoine Sorange comment il est devenu analyste extra-financier, il l’explique par son caractère qui le pousse à vouloir découvrir de nouveaux horizons.

Ce diplômé en physique découvre la finance à la fin des années 1990. « J’ai étudié une année à Londres et des banques venaient dans les amphis chercher des physiciens. Il y a cette culture là-bas de faire travailler des physiciens ou des matheux dans la finance ».

Il travaille tout d’abord à la recherche quantitative, puis il devient gérant ISR. « J’ai géré des portefeuilles pendant quatre ans. À l’issue de ces quatre ans, j’ai décidé de m’intéresser encore plus à la partie extra-financière. C’est ce qui m’a intéressé le plus, parce que c’est ce qui donne une vision plus large du monde. On aborde des sujets techniques d’émission de CO2, de consommation d’eau ou de Droits de l’Homme, de gouvernance, etc. ».

Ce qui l’intéresse le plus dans son métier ? « C’est la diversité. On apprend tous les jours. Le développement durable fait appel à différentes disciplines. L’environnement, le social, la gouvernance sont des sujets extrêmement variés. Et le développement durable lui-même évolue. Ce n’est pas un métier où on fait tous les jours la même chose. Et il faut essayer de convaincre les entreprises, les gérants, les clients. »

L’analyste extra-financier et le développement durable

Pour définir la tâche de l’analyste extra-financier, il est important de tracer son périmètre d’action. L’ISR, on le sait, est la traduction financière du développement durable. Cette notion, qui évolue au cours du temps, doit être définie.

« Avant de faire une analyse, on définit ce qu’est le développement durable. On va lire des textes onusiens, de l’OCDE, des lois, des normes, etc. Une fois qu’on a défini le développement durable, on va voir comment ça s’applique dans chaque secteur d’activité. Par exemple, les enjeux de développement durable dans le pétrole ne sont pas les mêmes que dans la banque ou l’alimentation. Une fois qu’on a compris cela, on passe à l’étude des entreprises. Comment chaque entreprise se positionne face aux enjeux de développement durable de son secteur ».

Noter les entreprises sur des critères ESG

Concrètement, le travail des analystes consiste à noter les entreprises. L’équipe d’Amundi suit en permanence 2 600 valeurs.

Une note de A à G est transmise aux gérants ISR (les autres gérants ont aussi accès aux notes). Les meilleures (de A à C) sont sélectionnées et les plus mauvaises sont rejetées. Les gérants ISR d’Amundi rejettent systématiquement les sociétés notées E, F et G.

Les analystes confrontent plusieurs sources d’information. Ces données leur permettent de produire leur notation sur des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG).

« On travaille sur des données publiques uniquement. On travaille avec les rapports de développement durable des entreprises, pour celles qui en publient (en France la loi les oblige à le faire, mais ce n’est pas le cas partout dans le monde). On rencontre les entreprises. On travaille aussi avec les agences de notation extra-financière qui nous aident à préparer le travail. On collabore avec les Organisations Non Gouvernementales. Cet ensemble de données publiques va nous permettre de faire une analyse. Par exemple, une entreprise certifiée ISO 14 001, c’est un gage de qualité ».

Toutes ces données sont compilées grâce à un logiciel. Antoine Sorange me rappelle qu’au début des années 2000, les analystes travaillaient avec des tableurs. Le travail était plus rudimentaire, d’autant plus que les entreprises fournissaient moins d’informations.

« On a développé un outil d’aide à la décision, nommé Sustainable Rating Integrator (SRI). Il va collecter toutes ces données, avec un traitement mathématique que nous avons mis en place avec l’équipe de recherche quantitative. Cet outil va croiser toutes les données et émettre des signaux quand des fournisseurs de données ne sont pas d’accord entre eux. Cela nous amène à creuser des questions. Il s’agit d’un outil d’analyse et de gestion. Dès qu’on a validé une note, elle est aussitôt disponible pour les gérants ISR. »

* L’analyse ISR était regroupée sous le nom d’IDEAM, filiale d’Amundi. Depuis octobre 2011 cette équipe a été rebaptisée le département ISR d’Amundi. Précision : Amundi est une filiale du groupe Crédit Agricole, auquel appartient BforBank.

Novethic décerne ses labels et prône la pédagogie sur l’ISR

Jeudi 6 octobre 2011

Novethic_decerne_labels_investissement_socialement_responsableC’est presque devenu un rituel. Chaque mois d’octobre, depuis 2009,  Novethic attribue ses labels aux fonds ISR (Investissement Socialement Responsable). La Semaine de l’ISR se profile. Elle aura lieu pour la deuxième année, du 10 au 16 octobre.

Cette année, Novethic, centre de recherche et média dédié à l’ISR, a décerné son label à 156 fonds sur 184 candidats parmi les quelque 300 fonds se revendiquant ISR en France. L’ an passé, 142 fonds sur 182 l’avaient reçu et en 2009, lors de la première édition, 92 sur 121.

Le nombre de fonds labellisés augmente. Novethic l’explique ainsi:

« c’est essentiellement parce que, bon an mal an, la transparence progresse chez les offreurs de fonds ISR. La mise à disposition d’information extra-financière semble être progressivement industrialisée et intégrée à l’actualisation des reporting financiers ».

Besoin de pédagogie

L’institut Novethic insiste sur le besoin de pédagogie. Elle doit notamment s’exercer au niveau de la distribution dans les réseaux bancaires.

« La pédagogie sur l’ISR et la spécificité de ce mode de gestion qui consiste à intégrer à l’analyse financière des critères ESG passe non seulement par une visibilité sur les sites des sociétés de gestion mais aussi par une distribution effective dans les réseaux qui proposent des produits financiers aux clients particuliers. Progressivement les fonds labellisés ont gagné les sites Internet des réseaux de distribution. C’est le cas notamment des groupes Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, HSBC et LCL ».

La collecte de l’ISR reste positive (+2,7% au premier semestre 2011). Toutefois, les Français qui ont de l’épargne privilégient les livrets (+15 milliards d’euros en huit mois).

Percée de l’engagement

Novethic a récompensé cinq fonds de la mention « engagement » pour une démarche d’activisme actionnarial. Cette démarche monte en puissance. En 2010, seul un fonds avait obtenu cette mention.

Vingt-quatre fonds ont reçu la mention « indicateurs ESG » car ils effectuent une mesure de leur performance extra-financière. Voici les  quatre critères pour l’attribution du label:

1. Analyse Environnementale, Sociale et de Gouvernance (ESG)

Pour être labellisé, un gérant de fonds doit prendre en compte les enjeux ESG, processus auquel peuvent s’ajouter des critères éthiques d’exclusion de titres ou de secteurs.

2. Transparence du processus

Le souscripteur doit pouvoir comprendre les caractéristiques extra-financières du fonds et leurs impacts sur la gestion du produit. Le gérant doit s’appuyer pour cela sur le Code de transparence AFG-FIR qui doit être clairement accessible.

3. Reporting extra-financier de qualité

Le reporting mensuel et/ou trimestriel d’un OPCVM ISR doit avoir une dimension complémentaire à celle des reportings des fonds non ISR.

4. Publication de la composition intégrale du portefeuille

La Semaine de l’ISR

La semaine de l’ISR aura lieu, du 10 au 16 octobre, pour la deuxième année, sous le haut patronage du ministère de l’Ecologie et du développement durable.

La Semaine de l’ISR a pour but de populariser l’ISR auprès du grand public. Des événements seront organisés dans toute la France par des acteurs de l’ISR.

Six familles pour explorer les nuances de l’Investissement Socialement Responsable (2/2)

Mardi 27 septembre 2011

Suite et fin de l’entretien avec Vincent Auriac, d’Axylia Conseil : un gérant qui conseille des sociétés et des associations pour leur investissement responsable.

Les avocats de l’engagement

Investissement socialement responsable les avocats de l'engagement« Les avocats de l’engagement ce sont tout ce que les anglo-saxons appellent l’engagement. Ce mot en anglais signifie à la fois « discuter » et « se fiancer ».

L’idée est de se dire qu’il y a des problèmes à caractère environnemental, social on de gouvernance et que le seul fait de noter ne va pas suffire à les résoudre. Je décide alors en tant qu’actionnaire d’engager un dialogue avec l’entreprise et lui demander qu’elle y trouve des réponses. L’approche de l’engagement est une attitude active en vue d’améliorer le comportement de l’entreprise dans laquelle j’investis.

Aux États-Unis, par exemple, les congrégations religieuses, les associations environnementales et les groupes de pression pratiquent l’engagement depuis longtemps. Les institutions religieuses américaines (juifs, catholiques, protestants et musulmans) travaillent ensemble sur ces questions depuis quarante ans.

En Europe, l’engagement concerne plutôt les questions de gouvernance. Par exemple, en Suisse, la fondation Ethos travaille depuis des années sur ce sujet. En France c’est arrivé il y a une dizaine d’années, avec la société Phitrust. Mais cela reste une approche extrêmement marginale (0,2% des encours). »

Les marqueurs d’empreinte

Investissement socialement responsable les marqueurs d'empreinte« Les gérants qui pratiquent ce genre d’ISR s’obligent à mesurer l’impact qu’ils ont sur la société. Pour eux, la performance financière n’est pas déconnectée de l‘impact sur la société.

Dans ce genre de fonds, on mesure cet impact de façon précise : combien d’emplois créés, combien de CO2 émis, etc. Cette démarche est plus exigeante. Il faut aller chercher une information qui n’est pas toujours donnée par les entreprises !

Cela traduit aussi une exigence de transparence vis à vis du souscripteur qui est souvent perdu devant la notation ISR.

Cette démarche s’est appliquée à l’origine sur des projets non cotés, le microcrédit ou les entreprises solidaires. Aujourd’hui encore, elle ne représente qu’une part minime de l’ISR en France. »

Les acteurs de la solidarité

Investissement socialement responsable les acteurs de la solidarité« Les souscripteurs de cette famille veulent résoudre des problèmes sociétaux de façon très concrète.

Cette catégorie regroupe tous les produits solidaires. Elle réunit aussi bien les l’épargne solidaire que l’épargne de partage. Selon moi, tous ces produits d’épargne appartiennent à la grande famille de l’ISR.

Ils peuvent opter pour le partage : avec un fonds de partage, je reverse une partie de mon gain à une association pour qu’elle résolve un problème de société.

L’autre approche est la démarche solidaire à travers de la microfinance. Je vais ainsi contribuer à résoudre des problèmes en investissant dans de petites entreprises non cotées que je ne pourrais pas traiter en investissant dans de grandes sociétés.

En France, il existe de nombreux produits solidaires. Le premier produit de partage est apparu peu avant le premier fonds ISR.

Depuis 10 ans sont apparus les fonds solidaires. Ils se sont développés notamment à travers de l’épargne salariale solidaire. Ces fonds investissent 5 à 10% dans des entreprises solidaires.

De 90 à 95% de ces produits solidaires sont également ISR. »

Axylia conseil
Cette société a été créée en 2005. Ses activités sont le conseil auprès
d'institutionnels (associations, congrégations religieuses) qui
investissent "responsable", d'institutions financières qui souhaitent
créer des produits ISR ou refondre des produits existants.
Elle organise les Ateliers de l'investissement responsable sur les thèmes
de l'ISR et de la philanthropie. La brochure sur les familles ISR peut vous être adressée sur
simple demande à la société Axylia.

Six familles pour explorer les nuances de l’Investissement Socialement Responsable (1/2)

Lundi 26 septembre 2011

En France, l’Investissement Socialement Responsable se résume souvent au best in class. Cette vision pragmatique de l’ISR consiste à noter les entreprises pour sélectionner les meilleures selon des critères de développement durable. Elle représente 80% du marché hexagonal.

vincent_auriac_axylia_conseil_investissement_socialement_responsablePour aller au-delà, il faut se rendre à l’étranger. C’est ce qu’a fait Vincent Auriac, d’Axylia Conseil. Ce gérant de 46 ans conseille des sociétés et des associations pour leur investissement responsable.

Il a découvert dans les années 1990 ce qu’on appelait alors les placements éthiques. Il a rencontré des congrégations religieuses pionnières, en ce domaine et notamment soeur Nicole Reille. Puis, il a côtoyé des gérants de fonds ISR à l’étranger : en Belgique, en Suisse, en Norvège mais aussi aux États-Unis et au Canada.

Il a découvert une plus grande variété de pratiques de l’ISR. Entre ceux qui pratiquent l’ « exclusion », ceux qui investissent dans le business vert ou ceux qui mesurent l’impact de leur investissement sur la société, c’est chaque fois un univers différent.

Ces observations, Vincent Auriac les a compilées dans une classification en six familles. Il l’a présentée lors des Ateliers de l’investissement responsable qu’il organise chaque année depuis 2008. Les voici, commentées par lui, lors d’un entretien que j’ai eu avec lui.

Les élèves de la notation

Investissement socialement responsable les élèves de la notation« Cette approche de notation s’est beaucoup développée en Europe. Le premier à l’avoir développé est le cabinet suisse SAM.

Le principe est de ne pratiquer aucune exclusion, et d‘identifier dans chaque secteur les sociétés les plus efficaces dans la prise en compte du développement durable.

Les agences de notation extra financière regardent les objectifs que se fixent les entreprises, les moyens qu’elles se donnent pour les réaliser et les résultats qu’elles obtiennent par rapport aux objectifs qu’elles se sont fixés. Toutes les entreprises sont notées selon ce triptyque objectifs, moyens, résultats.

Les gérants sélectionnent les meilleures dans chacun des secteurs de la cote boursière. Selon l’exigence, certains gérants prennent les 10% les meilleures ou les 30% les meilleures. Les entreprises sont analysées sur des critères liés à l’Environnement, le Sociétal et la Gouvernance (ESG). Ceci est décliné avec une centaine de critères. Les agences attribuent ainsi des notes qu’on peut ramener à des notes sur vingt ».

Les pionniers du monde idéal

Investissement socialement responsable les pionniers du monde idéal« En France très peu de fonds pratiquent l’exclusion.

Il y a des exclusions normatives, comme font par exemple les Suédois. C’est le fait d’exclure des sociétés qui ne respectent pas des normes internationales, des grandes conventions internationales. Par exemple, une loi française récente (Légifrance) tend à l’élimination des armes à sous munitions, suite à la convention d’Oslo, en 2007.

Il y a des exclusions plus « à l’Américaine »: elles consitent à exclure certains secteurs comme l’alcool ou le tabac.

Mais les gérants qui le pratiquent en France n’osent quasiment pas en parler. Ainsi j’ai discuté avec la gérante d’un très gros fonds, excluant les sociétés qui ne respectent pas les Droits de l’Homme. Or, cet élément était peu explicité dans la communication du fonds.

Le terme « pionniers du monde idéal » a été choisi parce que les pionniers de l’ISR ont commencé par pratiquer l’exclusion. Les tout premiers furent les Quakers aux États-Unis. Ils voulaient mettre en accord leur religion avec leur manière de gérer leur argent. Cela rejoint l’approche de la finance islamique qui, au nom de la charia, refuse l’alcool, le porc et les placements à intérêt.

Quand au « monde idéal », le terme signifie que les personnes intéressées par ces investissements ont une vision politique du monde, au sens noble du terme. Ils se disent qu’un monde idéal pour eux est un monde où on respecte l’environnement, où on ne fume pas, où on respecte les Droits de l’Homme. Ils excluent donc de leur investissement toute société qui enfreint ces principes. L’exclusion porte une vision du monde, une cohérence avec ses convictions personnelles ».

Les techniciens de l’environnement

Investissement socialement responsable les techniciens de l'environnement« Les fonds thématiques sont surtout liés à l’environnement et à l’écologie.

Les premiers sont apparus dans les années 1990 à la suite du Sommet de Rio, en 1992. Cette conférence des Nations Unies a focalisé l’attention sur les questions environnementales.

En conséquence, dans le domaine de l’ISR, des Sicav de sociétés liées à l’environnement ont été créées. Mais à l’époque, l’éolien ou le photovoltaïque n’existaient pratiquement pas. Il y avait donc peu d’entreprises pour constituer des fonds thématiques.

Depuis, les choses ont bougé. Il y a eu le rapport Stern, en 2006, sur le changement climatique. Ces fonds ont alors connu un nouvel essor.

On le note, cette catégorie de fonds connaît une accélération au moment de grosses catastrophes internationales liées à l’environnement. On peut penser que Fukushima aura un impact sur le développement de ce genre de fonds ».