Archive pour le mot-clef ‘Fonds’

L’Investissement Socialement Responsable en France : les chiffres 2012

Jeudi 2 mai 2013

L’ISR (Investissement Socialement Responsable) atteint 149 milliards d’euros en France, selon une étude de l’institut de recherche Novethic*.

En 2012, le marché de l’ISR a poursuivit sa croissance avec une hausse de 29% de ses encours sur un an. Ces derniers ont progressé de 50 milliards en 2009 à près de 150 milliards en 2012. L’ISR est une réponse aux épargnants qui souhaitent investir responsable : c’est un mode de gestion qui intègre des critères sociaux, environnementaux et de gouvernance (ESG), en plus des critères financiers.

La croissance de l’ISR en France s’explique notamment par deux phénomènes : la conversion à l’ISR de fonds existants et la mise en place de mandats dédiés par des investisseurs institutionnels (assureurs et organismes de retraite).

Le poids des investisseurs institutionnels

Les investisseurs institutionnels détiennent 72% de l’ISR français. Il s’agit notamment du Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) et de l’Établissement de la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (ERAFP). Ces investisseurs ont intégré :

« des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance dans la gestion financière de leurs encours. Ce n’est pas un axe de communication mais plutôt une volonté d’élargir leur spectre d’analyse financière aux enjeux du développement durable », indique Novethic.

La croissance du marché est tirée par les assureurs, mutualistes ou privés.

Les particuliers et l’épargne salariale

Les particuliers détiennent 28% de l’Investissement Socialement Responsable. Ce pourcentage est en baisse mais il demeure élevé en comparaison avec les autres pays européens, où les particuliers détiennent 6% de l’ISR.

L’épargne salariale représente une part importante de l’ISR détenu par les particuliers : 17,1 milliards sur 41,2 milliards. L’ISR représente 29% de l’épargne salariale détenue en France.

Le marché de l’ISR est composé à 53% d’obligations. Le monétaire représente 25% et les actions 20%.

Concernant les stratégies de gestion, la sélection ESG concerne 96% des fonds. La sélection ESG consiste à sélectionner des valeurs en fonction de critères sociaux, environnementaux et de gouvernance sociaux, environnementaux et de gouvernance. De plus 73% des fonds pratique l’exclusion normative qui consiste à exclure les investissements qui enfreignent certaines normes internationales.

Les acteurs de l’Investissement Socialement Responsable

Novethic a recensé une quarantaine de sociétés de gestion ayant des clients français. Parmi ces sociétés, dix d’entre elles concentrent 80% du marché (dont 44% pour Amundi). Voici les dix principaux acteurs de l’ISR en France :

  • Amundi AM
  • Allianz GI France
  • BNP Paribas IP
  • Mirova (Natixis AM)
  • Groupe OFI
  • Generali Investments Europe
  • Axa IM
  • Groupama AM
  • Edmond de Rothschild AM
  • Neuflize OBC Investissements

 

*Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, se définit comme un média sur le développement durable et un centre de recherche sur l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

Interview : Gaëlle Dedouche, gérante du fonds éthique ‘Hymnos’

Mardi 2 octobre 2012

Comment investir tout en restant en accord avec ses valeurs personnelles ? C’est la question à laquelle répond par exemple le fonds Hymnos, géré par Amundi*.

Créé en 1989 à la demande de congrégations religieuses, ce fonds étique a évolué depuis pour répondre aux investisseurs les plus exigeants dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR). En effet, il exclut les activités qui nuisent à l’homme et à la société. Sont donc exclues les entreprises dont plus de 5% de leur chiffre d’affaires provient des secteurs impliqués dans la production, la vente ou la distribution d’armes, dans la pornographie et ceux pouvant entraîner des addictions : tabac, alcool, jeux de hasard.

Ce fonds à la gestion équilibrée (50% actions, 50% obligations), a été récompensé, pour la deuxième année consécutive, par le Trophée Lipper pour sa performance financière.

Pour en savoir plus, j’ai interviewé dernièrement Gaëlle Dedouche, sa gérante.

 

E-M : Gaëlle Dedouche, pouvez-vous vous présenter ?

G-D : Je travaille chez Amundi depuis 7 ans, dont 6 ans en tant que gérante. A partir de 2008, j’ai pris en charge la gestion de fonds dits « engagés » ou à fort impact social. Il s’agit notamment des fonds solidaires, des fonds de partage, d’entrepreneuriat social ou d’aide au développement. Je suis également chargée de la gestion d’Hymnos, qui est un fonds ISR d’exclusions sectorielles.

E-M : Quand ce fonds a t-il été créé et quelles sont ses principales caractéristiques ?

G-D : Le fonds Hymnos a été créé en 1989 en France, à la demande de congrégations religieuses. Elles ont choisi le nom d’Hymnos, qui signifie « chant de louange ». C’est un fonds qui se caractérise par trois mots clés:

  • équilibré : puisque il compte 50% actions et 50% obligations ;
  • exclusions : il exclut les secteurs de l’addiction et de l’armement ;
  • sélectif : ce fonds ISR a une forte sélectivité sur les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance, dits ESG

E-M : Le fonds Hymnos est décrit comme équilibré car il compte 50% en actions et 50% en obligations. C’est à dire… ?

G-D : L’allocation est de 50% d’actions et 50% d’obligations. Nous avons une flexibilité de plus ou moins 10% mais nous restons assez proches des 50-50, car nous estimons que c’est une allocation optimale. En effet, de 2003 à 2008, c’est plutôt le marché actions qui a tiré à la hausse les performances du fonds, et depuis 2008, c’est plutôt le marché obligataire qui a pris le relais. C’est ce qui permet d’obtenir de bonnes performances régulières. Nous avons un objectif de performance de 4% par an pour un horizon de placement conseillé supérieur à 5 ans.
L’univers d’investissement du fonds est centré sur des actions de sociétés européennes et sur des obligations européennes.

E-M : Ce fonds a une approche éthique, excluant les secteurs qui nuisent à l’homme et à la société. Comment est mise en place cette exclusion ?

G-D : Ce fonds exclut les valeurs qui peuvent être nocives pour l’homme et générer un coût pour la société. Ont été identifiés les secteurs de l’armement (et pas uniquement les bombes à sous munitions et les mines anti-personnel), et les secteurs de l’addiction : le tabac, les jeux et la pornographie. Ces secteurs représentent environ 13% du MSCI Europe (indice Morgan Stanley Capital International pour l’Europe). Sur 460 valeurs du MSCI Europe, nous en excluons 60 qui correspondent à ces critères d’exclusions.

Pour identifier les entreprises à exclure, nous nous appuyons sur des agences de notations, comme SustainAbility, qui vérifient si plus de 5% du chiffre d’affaires de l’entreprise est lié ou pas à la production d’armes, de tabac, d’alcool, etc. Cela conduit à exclure des entreprises dont le métier premier n’est pas parmi ces secteurs. Par exemple, certaines enseignes de la grande distribution sont exclues car elles vendent de l’alcool.

E-M : S’ajoute aussi un filtre Environnemental, Social et de Gouvernance (ESG), caractéristique de l’ISR. Pouvez-vous le décrire ?

G-D : Le fonds Hymnos se caractérise par une forte sélectivité. En effet, sur les 460 valeurs du MSCI Europe, nous en retirons 60 par l’exclusion sectorielle puis encore 300 par le filtre ESG. On ne retient donc que 30% des entreprises les mieux notées par secteur selon les critères ESG. Rappelons que pour la plupart des fonds européens avec une approche dite « meilleurs élèves/ best in class », on en conserve environ 70%.

Enfin, nous avons mis en place une notation ESG des États. Elle mesure et compare les niveaux d’intégration des enjeux du Développement Durable dans les systèmes institutionnels et les politiques publiques des États sur les trois domaines : Environnemental, Social et de Gouvernance. Cela nous a permis notamment dès 2010 de sortir la Grèce, mal notée d’un point de vue ESG, ce qui nous a évité tous les tracas ultérieurs. C’est une des sources de performance du fonds.

E-M : En gestion financière, quels sont les règles d’optimisation du portefeuille ?

G-D : Après la notation extra-financière nous intégrons des paramètres purement financiers. Les entreprises ou États en portefeuille sont sur ou sous pondérées en fonction de leur évaluation financière. C’est un modèle qui prend en compte plusieurs indicateurs pour déterminer si la valeur a une bonne note financière.

E-M : Sur la performance de ce fonds, dont l’horizon de placement conseillé est supérieur à 5 ans ?

G-D : Depuis le début de l’année 2012**, la performance nette du fonds est supérieure à 8 %. Notre objectif de performance annuel est de 4%. Sur 10 ans cet objectif est atteint. Le fonds Hymnos a été récompensé pour la deuxième année consécutive par le Trophée Lipper en étant le plus performant dans sa catégorie de fonds équilibré de la zone euro, comparé à des fonds non ISR sur une période de trois ans.

E-M : Enfin, quels sont les investisseurs concernés par le fonds Hymnos ?

G-D : Les investisseurs qui souscrivent à ce fonds éthique sont aussi bien des personnes physiques que morales : des congrégations religieuses, des investisseurs institutionnels et des particuliers. Le fonds propose deux parts pour satisfaire à tout type de clientèle. Il est distribué par les réseaux partenaires d’Amundi.

 

* Précision :Amundi est une filiale du groupe Crédit Agricole, auquel appartient BforBank

** au 26 septembre 2012

Vers des fonds d’entrepreneuriat social européens

Mardi 24 juillet 2012

Comment aider les entreprises sociales à se développer ? La solution passe en partie par le financement. Le sujet vient de faire l’objet d’un accord européen portant sur les fonds d’entrepreneuriat social européens. Cet accord, qui doit encore être formellement adopté, prévoit la création d’un nouveau label : le «fonds d’entrepreneuriat social européen».

Le label fonds d’entrepreneuriat social aura notamment pour but d’aider les investisseurs à identifier les fonds qui financent en priorité des entreprises sociales. Pour obtenir le label, le fonds devra servir en grande partie (70 % du capital reçu des investisseurs) à financer des entreprises sociales.

 

Financer les entreprises sociales

Les entreprises sociales ont un poids croissant en Europe. Ces structures répondent à des besoins sociaux auxquelles ne répondent pas les entreprises classiques. Elles prennent la forme de coopératives, de mutuelles, d’associations ou de fondations. On parle aussi de « social business », « entreprise destinée à produire des bénéfices sociaux », comme l’écrit Muhammad Yunus, le Prix Nobel de la Paix 2006, inventeur du micro-crédit. Nous l’avions évoqué à propos de ses social business, aujourd’hui financés par la Sicav danone.communities.

Une entreprise sociale c’est, par exemple, une entreprise en Roumanie qui fournit des services culturels en langue roumaine à des aveugles, à un public estimé à 90.000 personnes. En France, l’association Les doigts qui rêventédite des albums tactiles illustrés accessibles aux enfants déficients visuels. Ou encore, l’association Adage accompagne des publics fragilisés, principalement des femmes, dans leur insertion vers l’emploi (Lire notre article sur les Grands prix de la finance solidaire).

 

Informer les investisseurs

Une étude d’impact, réalisée par le groupe de travail de la Commission européenne a montré que les investisseurs manquaient d’informations sur les entreprises sociales. Il sont insuffisamment renseignés sur les politiques d’investissement des fonds d’entrepreneuriat social, et, par exemple, sur l’impact social de ces entreprises. Le label « fonds d’entrepreneuriat social » aura pour but de remédier à ces carences.

Le Parlement européen a proposé également un autre règlement concernant les fonds de capital risque. Ces deux règlements doivent être formellement adoptés, dans les prochains mois, à la fois par le Parlement européen et par le Conseil.

 

Une entreprise sur dix en Europe

Le secteur des entreprises sociales représente 10 % de l’ensemble des entreprises européennes et emploie plus de 11 millions de salariés en Europe, soit 6% de l’emploi total (source : CIRIEC “L’économie sociale dans l’Union européenne” ).

Selon certaines estimations, telles que celles de J.P. Morgan (que nous avons citée dans notre article sur l’impact investing), ce marché de l’investissement social et solidaire pourrait croître très rapidement et dépasser les 100 milliards d’euros, ce qui confirme tout le potentiel de ce secteur émergent, selon la proposition de règlement européen.

Plus de 2 millions d’emplois en France

En France, le gouvernement s’est doté pour la première fois d’un ministre délégué à l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Benoît Hamon, ministre de l’ESS, a défini trois priorités au Conseil supérieur de l’Économie sociale et solidaire, parmi lesquelles figure le financement de l’économie sociale et solidaire.

En France, l’économie sociale et solidaire (ESS) regroupe les coopératives, les mutuelles, les associations et les fondations. Elle emploie 2,3 millions de salariés au sein de 215 000 structures et gère notamment 90 % des établissements pour personnes handicapées, 45 % des maisons de retraite et plus de 60 % des services à la personne (source : Centre d’analyse stratégique, mars 2012).

 

Et vous, seriez-vous concerné, le cas échéant, par l’investissement dans un fonds d’entrepreneuriat social ?

Novethic décerne ses labels et prône la pédagogie sur l’ISR

Jeudi 6 octobre 2011

Novethic_decerne_labels_investissement_socialement_responsableC’est presque devenu un rituel. Chaque mois d’octobre, depuis 2009,  Novethic attribue ses labels aux fonds ISR (Investissement Socialement Responsable). La Semaine de l’ISR se profile. Elle aura lieu pour la deuxième année, du 10 au 16 octobre.

Cette année, Novethic, centre de recherche et média dédié à l’ISR, a décerné son label à 156 fonds sur 184 candidats parmi les quelque 300 fonds se revendiquant ISR en France. L’ an passé, 142 fonds sur 182 l’avaient reçu et en 2009, lors de la première édition, 92 sur 121.

Le nombre de fonds labellisés augmente. Novethic l’explique ainsi:

« c’est essentiellement parce que, bon an mal an, la transparence progresse chez les offreurs de fonds ISR. La mise à disposition d’information extra-financière semble être progressivement industrialisée et intégrée à l’actualisation des reporting financiers ».

Besoin de pédagogie

L’institut Novethic insiste sur le besoin de pédagogie. Elle doit notamment s’exercer au niveau de la distribution dans les réseaux bancaires.

« La pédagogie sur l’ISR et la spécificité de ce mode de gestion qui consiste à intégrer à l’analyse financière des critères ESG passe non seulement par une visibilité sur les sites des sociétés de gestion mais aussi par une distribution effective dans les réseaux qui proposent des produits financiers aux clients particuliers. Progressivement les fonds labellisés ont gagné les sites Internet des réseaux de distribution. C’est le cas notamment des groupes Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, HSBC et LCL ».

La collecte de l’ISR reste positive (+2,7% au premier semestre 2011). Toutefois, les Français qui ont de l’épargne privilégient les livrets (+15 milliards d’euros en huit mois).

Percée de l’engagement

Novethic a récompensé cinq fonds de la mention « engagement » pour une démarche d’activisme actionnarial. Cette démarche monte en puissance. En 2010, seul un fonds avait obtenu cette mention.

Vingt-quatre fonds ont reçu la mention « indicateurs ESG » car ils effectuent une mesure de leur performance extra-financière. Voici les  quatre critères pour l’attribution du label:

1. Analyse Environnementale, Sociale et de Gouvernance (ESG)

Pour être labellisé, un gérant de fonds doit prendre en compte les enjeux ESG, processus auquel peuvent s’ajouter des critères éthiques d’exclusion de titres ou de secteurs.

2. Transparence du processus

Le souscripteur doit pouvoir comprendre les caractéristiques extra-financières du fonds et leurs impacts sur la gestion du produit. Le gérant doit s’appuyer pour cela sur le Code de transparence AFG-FIR qui doit être clairement accessible.

3. Reporting extra-financier de qualité

Le reporting mensuel et/ou trimestriel d’un OPCVM ISR doit avoir une dimension complémentaire à celle des reportings des fonds non ISR.

4. Publication de la composition intégrale du portefeuille

La Semaine de l’ISR

La semaine de l’ISR aura lieu, du 10 au 16 octobre, pour la deuxième année, sous le haut patronage du ministère de l’Ecologie et du développement durable.

La Semaine de l’ISR a pour but de populariser l’ISR auprès du grand public. Des événements seront organisés dans toute la France par des acteurs de l’ISR.

Transparence et ISR : un code pour informer le grand public

Lundi 11 avril 2011

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) intéresse le grand public*. Mais il reste des obstacles pour populariser ce type d’épargne.

Le problème est notamment la difficulté de donner une définition unique de l’ISR. C’est ce que soulignent les auteurs du Code de transparence pour les fonds ISR grand public.

Une information plus claire

Pour remédier à cette complexité, ce code demande aux gestionnaires de fonds plus de transparence et une information plus claire en direction du grand public.

Le code de transparence a été élaboré en France par l’AFG (Association Française de la Gestion financière) et par le FIR (Forum pour l’Investissement Responsable). C’est une version du code européen de transparence pour les fonds ISR ouverts au public. La première version a été publiée en 2005 et elle a été revue en janvier 2010.

Répondre au grand public

Concrètement, ce Code de transparence se présente comme un questionnaire divisé en six rubriques. Les gestionnaires d’un fonds ISR répondent à toutes ces questions pour informer les investisseurs.

Les six rubriques sont :

  • Des données générales
  • Les critères d’investissement ESG
  • Le processus d’analyse ESG
  • L’évaluation, la sélection et la politique d’investissement
  • La politique d’engagement
  • La politique de vote.

Prenons un exemple : la Sicav « Libertés et solidarité », dont nous avons déjà parlé. Les codes de transparence correspondant à ce fonds sont disponibles sur le site de la Banque postale Asset management qui distribue ce produit d’épargne. Ces informations complètent les données purement financières.

Clarifier les contours de l’ISR

L’AFG publie sur son site la liste des fonds qui ont adhéré au Code de transparence. L’adhésion est obligatoire pour les fonds ISR ouverts au public.

Fin 2010, 241 fonds gérés par 43 sociétés de gestion avaient adhéré. Parmi eux, on comptait 155 fonds français ouverts au public, 32 fonds d’épargne salariale et 54 fonds étrangers.

Pour Paul de Marcellus, président du groupe de travail Code de transparence de la commission ISR de l’AFG, un des enjeux de l’ISR est de clarifier sa définition pour le grand public: « En ce qui concerne les particuliers, l’un des freins à l’ISR est son hétérogénéité, puisque l’approche française n’est pas basée sur l’exclusion. Les contours sont donc moins clairs que dans les pays anglo-saxons. Les trois critères de sélection ESG viennent enrichir les critères financiers mais sont source de questions pour les particuliers. Le code de transparence a été simplifié pour aider les particuliers à mieux comprendre l’ISR et son approche ». (source : Le Figaro)

* les chiffres montrent que la part des particuliers dans le marché de l’ISR est en hausse

Ginkgo, un fonds pour réhabiliter des friches industrielles

Jeudi 17 mars 2011

Réhabiliter des friches industrielles et des sols pollués. Tel est l’objectif du fonds d’investissement Ginkgo, dans lequel s’associent notamment la Caisse des Dépôts et la Banque européenne d’investissement (BEI). Ce fonds d’investissement socialement responsable (ISR) est doté de 52,2 millions d’euros. Il vise le développement d’une quinzaine de projets en France et en Belgique (source: CDC).

Réhabiliter des terrains et dépolluer les sols

Il existe en France 250 000 terrains anciennement industriels et potentiellement pollués (source: Wikipedia et Institut de veille sanitaire). D’un côté, la ville se développe en occupant des terrains agricoles ou naturels. De l’autre, il reste dans la ville des terrains vagues et des friches industrielles inoccupés. Réhabiliter ces terrains est donc une réponse au manque de foncier.

C’est aussi une nécessité pour dépolluer l’environnement. Faire revivre des terrains pollués: telle est la vocation de Ginkgo, dont le nom est celui d’un arbre, le Ginkgo biloba, qui fut le premier à repousser sur le site irradié de Tchernobyl.

Le fonds Ginkgo est doté d’un capital de 52,2 M€, souscrit par la Caisse des Dépôts à hauteur de 15,6 M€, à parité avec la BEI. Il est d’une durée de 8 ans. La société de gestion s’engage à respecter les principes d’Investissement socialement responsable (ISR), notamment la prise en compte des questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans les processus d’analyse et de décision en matière d’investissements.

Répondre à la raréfaction du foncier

Le fonds a pour objectif d’acquérir, d’assainir et de développer des terrains. Il ciblera particulièrement les terrains les plus contaminés, délaissés par les promoteurs. Ginkgo prend en charge l’intégralité des risques environnementaux, dont il assure la maîtrise grâce à une équipe de professionnels.

« Le foncier constructible se raréfie, nous sentons les collectivités locales et territoriales de plus en plus sensibilisées à la problématique de l’étalement urbain, la réglementation devrait se durcir en matière de sols pollués et les techniques de dépollution, notamment les techniques du vivant, mûrissent depuis des années », estime Bruno Farber, directeur du fonds Ginkgo (source: Les Echos).

Outre la Caisse des Dépôts et la BEI, les autres investisseurs sont la Compagnie Benjamin de Rothschild et la Société fédérale de participations et d’investissements (SFPI) et la Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW).