Archive pour le mot-clef ‘fonds solidaires’

L’épargne solidaire atteint 4,7 milliards d’euros

Vendredi 31 mai 2013

Forêt de bambousL’encours de l’épargne solidaire a progressé de 32,9 % en un an, atteignant 4,71 milliards d’euros, selon le baromètre de la finance solidaire, publié par Finansol et le quotidien La Croix.

La progression de l’encours de l’épargne solidaire est notamment dû à l’épargne salariale, en hausse de 50 % sur un an, à 2,6 milliards d’euros. La souscription au capital d’entreprises solidaires atteint 400 millions (+14 %) tandis que l’épargne bancaire progresse de 16 %.

123 produits d’épargne labellisés

Comme chaque année depuis 1997, l’association Finansol, qui promeut la finance solidaire, a présenté son label, permettant aux épargnants d’identifier les produits d’épargne solidaire. Sept nouveaux produits ont été labellisés en 2012, portant à 123 le nombre de produits financiers solidaires commercialisés en France. Le label Finansol garantit le financement d’activités à forte utilité sociale et environnementale qui ne pourraient être financées par les circuits plus classiques.

Des projets à forte utilité sociale

Parmi les projets soutenus, la dimension environnementale s’affirme. C’est le cas pour l’association Énergie Partagée, qui mobilise l’épargne locale pour financer des projets d’énergies renouvelables, dont des éoliennes. La société Ecocup commercialise des gobelets récupérables dans des festivals pour éviter les verres en plastiques jetés en fin de soirée. La coopérative Habitats Solidaires bâtit des logements économes en énergie pour des foyers exclus du logement. L’entreprise Envie recycle des appareils électroménager et emploie des personnes en insertion professionnelle.

Pour François de Witt, président de Finansol, interviewé par La Croix, l’objectif est que l’épargne solidaire atteigne à terme 1 % de l’épargne des Français. La progression des chiffres pourrait permettre d’envisager cet objectif dans douze à quinze ans.

Trois façon d’investir solidaire

Les produits d’épargne solidaire sont investis dans des entreprises à forte utilité sociale et environnementale et peuvent être souscrits de trois façons :

  • dans un établissement bancaire, sous forme de produit de partage ou de produit d’investissement solidaire, comme les fonds 90/10;
  • dans l’entreprise où les salariés placent leur argent sur un fonds solidaire d’épargne salariale;
  • en investissant directement au capital d’une entreprise solidaire.

La Sicav danone communities (1/2)

Mardi 24 avril 2012

« A long terme, l’histoire de danone.communities pourrait se révéler aussi passionnante que celle de Grameen Danone », écrit Muhammad Yunus**.

C’est cette histoire que j’ai voulu retracer lors d’une conférence téléphonique réalisée avec Mathieu Azzouz, gérant de ce fonds chez Amundi.

Il est à noter que la Sicav danone.communities va bientôt évoluer. L’entretien porte sur les grandes caractéristiques de la Sicav. Nous évoquerons la nouvelle version prochainement.

Bonjour Mathieu Azzouz, pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre activité au sein d’Amundi ?

J’ai rejoint Amundi il y a à peu près un an et demi pour prendre en charge l’équipe de gestion engagée. Avant j’étais analyste extra financier et gérant ISR de fonds actions. Ici, nous gérons les fonds solidaires ou d’impact investing.

Danone.communities fait partie de cette famille. Nous avons environ 250 millions d’encours sous gestion. Nous couvrons toute une gamme : des fonds solidaires et de partage 90/10, le fonds de social business danone.communities ; un fonds d’aide au développement qui s’appelle Amundi AFD Avenirs Durables. D’autre part, nous gérons un fonds éthique appelé Hymnos, un fonds d’exclusion à forte sélectivité ISR. Ces fonds sont ouverts à tous types d’investisseurs, particuliers ou institutionnels.

Pouvez-vous rappeler comment a été créé le fonds danone.communities en 2007 ?

Le fonds a été créé en 2007, à la suite d’une rencontre de Franck Riboud et Muhammad Yunus. Les deux partenaires se sont demandé comment Danone pourrait apporter ses compétences sur des projets à impact social tout en respectant la philosophe prônée par M. Yunus pour répondre aux problématiques des populations les plus pauvres dans les pays émergents.

Ils ont réfléchi à un modèle qui permettrait de toucher le plus grand nombre. C’est ici que le Crédit Agricole a été approché et qu’est intervenue la société de gestion Amundi.

Quel est le rôle joué par chacun des acteurs, Danone, Crédit Agricole et Amundi ?>

Chacun apporte sa compétence : les projets identifiés par Danone qui apporte son expertise et sa force d’innovation en matière de nutrition- santé sont ensuite sélectionnés et approuvés par le Comité d’Orientation composé de représentants du Groupe Danone, de la société de gestion Amundi et par Omnes Capital (anciennement Crédit Agricole Private Equity), la société de gestion du FCPR.

La création de la Sicav, avec son orientation de gestion prudente et son minimum de souscription autour de 50€, permet de faire participer le plus grand nombre possible d’investisseurs (institutionnels comme particuliers) à la création de projets innovants et à fort impact social non seulement dans les pays émergents mais également en France. Et ce tout en épargnant.

Les projets sont sélectionnés selon une feuille de route très précise. Ils doivent répondre à un modèle économique pérenne et être tournés vers des objectifs sociaux comme faire reculer la pauvreté et la malnutrition et avoir un impact social auprès des communautés locales, tout en respectant les enjeux du développement durable.

Leur caractère innovant est également pris en compte dans la sélection des dossiers ainsi que la qualité, l’expérience et la personnalité de l’entrepreneur. Enfin, l’association avec des partenaires disposant de réseaux de compétences dans les pays dans lesquels sont réalisés ces investissements favorise la connaissance des marchés locaux.

Grameen Danone Foods Ltd a été le projet historique de danone.communities., pour la production de yaourts enrichis en nutriment pour lutter contre la malnutrition mais aussi créer de l’emploi local. Elle utilise le lait local et les shokti doi sont distribués par les shokti ladies qui ont pu monter leur petite entreprise grâce au micro-crédit.

Les clients sont des personnes qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, elles n’ont donc pas de réfrigérateur pour entreposer des yaourts. Danone a donc mis au point, il y a un an, un yaourt qui a cassé la chaîne du froid et qui peut être conservé à température ambiante, près de six mois. Le projet répond à trois exigences :

  • apporter une meilleure santé
  • ne pas être chers et être adaptés à la population visée
  • créer des emplois, notamment par l’utilisation de produits locaux.