Archive pour le mot-clef ‘finansol’

La finance solidaire en 10 chiffres

Jeudi 24 mai 2012

Le baromètre de la finance solidaire, publié par l’association Finansol et le journal La Croix, vient d’être rendu public. Il fête ses dix ans cette année.

J’en ai extrait dix chiffres qui donnent un aperçu de l’épargne solidaire en France, dont le poids ne cesse de croître.

3,55 milliards : l’encours de l’épargne solidaire s’élève à 3,55 milliards, fin décembre 2011, en hausse de 15%. Ce chiffre inclut l’épargne salariale solidaire, l’épargne bancaire (livret, OPCVM) et l’épargne investie directement au capital d’entreprises solidaires.

800 000 : c’est le nombre d’épargnants solidaires en France. Il y a dix ans, ils n’étaient que 39 000.

6,05 millions : c’est le montant des dons versés aux associations grâce au mécanisme de l’épargne de partage. Cette forme d’épargne solidaire consiste à reverser une partie du revenu de son épargne en faveur d’une activité à forte utilité sociale.

82 700 entreprises : en dix ans, 82 700 ont été soutenues par la finance solidaire, ce qui a permis de créer ou consolider environ 200 000 emplois. Ces entreprises sociales interviennent notamment dans les secteurs de l’insertion par l’activité économique, du handicap ou du service à la personne.

33 500 personnes logées : en 10 c’est le nombre de personnes à faibles ressources logées grâce à l’épargne solidaire. Les associations de ce secteur sont Habitat et Humanisme, Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL), Habitats Solidaires, Épargne Solidaire pour l’Immobilier Social (ESIS) et la foncière Chênelet.

3600 kwc : c’est la puissance d’énergie renouvelable financée en 2011 grâce à l’épargne solidaire. Les financeurs sont principalement La Nef et Énergie Partagée Investissement.

1000 projets de solidarité internationale : c’est le nombre de projets soutenus en 10 ans dans 70 pays. Il s’agit d’organismes de microcrédit, coopératives agricoles ou petites entreprises dans plus de 70 pays.

10 ans : c’est l’âge du baromètre de la finance solidaire, publié par Finansol et le journal La Croix. Finansol, l’acteur central de la finance solidaire en France, a été créé en 1995.

128 : c’est le nombre de produits d’épargne solidaire possédant le label Finansol. Ce label , attribué chaque année, garantit le financement d’activités à forte utilité sociale et environnementale qui ne pourraient être financées par les circuits plus classiques. Il atteste également de l’engagement de l’intermédiaire financier à donner une information fiable sur le placement labellisé et les activités financées. (à consulter sur le site de Finansol)

42% : c’est le pourcentage de Français ayant déjà entendu parlé de l’épargne solidaire, selon une enquête réalisée chaque année à l’occasion du baromètre. La notoriété de l’épargne solidaire progresse : elle était de 26% en 2004 et de 35% en 2008. Enfin, 59% des Français se déclarent prêts à épargner solidaire.

1% : si on pouvait ajouter un onzième chiffre à la liste, ce serait 1%. Aujourd’hui, l’épargne solidaire représente 0,1% de toute l’épargne des français. Les auteurs du baromètre font le souhait qu’elle atteigne à l’avenir 1%. Ils posent cette question : « Et si chacun d’entre nous décidait volontairement d’affecter ne serait-ce qu’un petit pour cent de son patrimoine financier à des placements dont tout ou partie sert à réinsérer les chômeurs de longue durée, à loger les plus démunis, à installer des agriculteurs biologiques ou à vaincre la pauvreté dans les pays du Sud ? »

Finansol lance un guide de l’épargne salariale solidaire

Jeudi 23 février 2012

Finansol labellise les produits d’épargne solidaire. L’organisme vient d’ailleurs de publier un guide de l’épargne salariale solidaire, à télécharger sur son site : « Guide pratique épargne salariale : Comment investir solidaire ? ».

En 10 pages, ce guide vous apprend tout d’abord ce qu’est l’épargne salariale, « l’ensemble des dispositifs (intéressement, participation, versement libre, abondement) vous permettant d’être associé financièrement à la réussite de votre entreprise et/ou de vous constituer une épargne avec l’aide de celle-ci ».

Puis on puis on découvre que grâce à l’épargne salariale solidaire « vous mettez votre argent au service de la création d’emplois, de la construction de logements sociaux ou encore du développement de projets de solidarité internationale et de protection de l’environnement, tout en faisant fructifier votre épargne d’entreprise ».

Le guide nous apprend comment concrètement y souscrire. Depuis 2010, votre entreprise a l’obligation de vous proposer au moins un Fonds Commun de Placement d’Entreprise Solidaire (FCPES) dans le cadre de votre Plan d’Épargne Entreprise (PEE), rappelle Finansol. Plus de 500 000 salariés ont opté pour un fonds solidaire via leur dispositif d’épargne salariale.

Le guide évoque la performance financière de ces produits d’épargne, ainsi que la fiscalité qui leur est appliquée.

Labellisés Finansol

Le guide explique comment reconnaître les FCPE solidaires grâce au label Finansol. L’organisme définit ainsi son label: « Attribué annuellement par un comité d’experts indépendants, le label garantit le financement d’activités à fort impact social et/ou environnemental. La société de gestion du fonds s’engage, par ailleurs, à donner aux souscripteurs une information fiable sur le placement labellisé et les activités financées ».

Voici la liste complète des fonds d’épargne salariale labellisés Finansol :

Illustré de nombreux exemples, le Guide pratique épargne salariale vise à sensibiliser le public à des placements qui « génèrent une double rentabilité : financière et sociale ».

Les Clubs locaux d’épargne pour les femmes qui entreprennent

Jeudi 15 septembre 2011

clubs_locaux_d_epargne_pour_femmes_entrepreneursLes femmes rencontrent des difficultés particulières pour accéder à la tête des entreprises. Ainsi, seules 31% des entreprises sont dirigées par des femmes. La proportion tombe à 11% pour les entreprises de plus de 100 salariés*.

Entrepreneuriat au féminin nécessite ainsi des dispositifs particuliers, notamment, pour l’accès au financement.

Les clubs CLEFEs: un produit d’épargne labellisé Finansol

Les Clubs Locaux d’Épargne pour les Femmes qui Entreprennent (Clefe) sont des clubs d’investisseurs. Ils regroupent des citoyens qui mettent leur épargne en commun pour financer des petites entreprises dirigées par des femmes.

Ce produit d’épargne bénéficie du label Finansol, qui distingue les produits d’épargne solidaire. Il existe une trentaine de Clefe en France.

Club d’investisseurs citoyens

Dans un Clefe, les investisseurs versent un montant de 15 à 140 euros mensuel. La durée moyenne d’épargne est de 12 mois, mais la durée conseillée est de cinq ans, afin de permettre au projet de se développer.

Les Clefe compte de 5 à 15 membres. Le montant prêté par projet est inférieur à 5000 euros (source: Racines-Clefe).

La créatrice d’entreprise qui fait appel à un Clefe s’engage en signant une convention et en adhérant à une charte.

Épargne solidaire

Le risque liée à ce placement est élevé, car l’épargne est investie dans de petites entreprises dont la viabilité n’est pas garantie.

La rémunération de ce produit d’épargne solidaire est variable selon les clubs. La plupart proposent une rémunération supérieure d’un point au taux du Livert A (source: Le Guide des placements solidaires, Alternatives économiques).

Les Clefe sont fédérés par l’association Racines (Réseau d’Accompagnement des Créations et Initiatives avec une Nouvelle Épargne de Solidarité).

Difficulté à trouver des financements

L’association Racines, créée en 1989, a observé la difficulté des femmes à financer leur création d’entreprise.

« Souvent l’abandon d’un projet pertinent est lié à la difficulté des femmes à trouver les financements nécessaires pour démarrer. Le FGIF (Fonds de Garantie pour la création, la reprise, le développement d’entreprise à l’Initiative des Femmes), qui garantit un emprunt bancaire ne suffit plus à convaincre des institutions financières frileuses, compte tenu de la situation économique actuelle. Dans une enquête que nous avions menée pour le compte du Service des Droits des Femmes pour les créatrices ayant bénéficié du FGIF, nous soulignions que ces femmes créaient leur entreprise avec des investissements 30% inférieurs à ceux prévus au départ. »

Rembourser ses dettes au plus vite

Dans le projet de création d’entreprise, les femmes rencontrent des difficultés spécifiques : préjugés de la société, difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle, etc.

Elles semblent également avoir une attitude particulière vis-à-vis de la dette, estime l’association Racines:

« L’exemple le plus parlant est l’attitude des femmes devant la dette. Lorsqu’un emprunt a été obtenu, elles n’ont qu’un désir : le rembourser au plus vite. Le fait qu’elles gèrent leur entreprise à court terme, qu’elles règlent très rapidement leurs fournisseurs (alors qu’elles accordent des délais de paiement à leurs clients pour ne pas les perdre) provoque un décalage financier, qu’elles pourraient négocier autrement, et donc des difficultés financières ».

Rappelons que le Fonds de garantie pour la création, la reprise, le développement d’entreprise à l’initiative des femmes (FGIF) a été créé en 1989. Il est destiné à toute femme qui souhaite créer, reprendre ou développer une entreprise. Le FGIF intervient sur des prêts de 5 000 € minimum.

*enquête TNS Sofres pour l’Agence Pour la Création d’Entreprise, en 2007

Copyrights : http://internet-pau.com/racines-clefe/

Quels sont les collecteurs de l’épargne solidaire en France

Jeudi 18 août 2011

En 2010, l’épargne solidaire a vu son encours progresser de 31%, dépassant les trois milliards d’euros*. Cette épargne, qui consiste à reverser une partie de ses intérêts en faveur d’une bonne cause, séduit de plus en plus de Français.

Pour devenir un épargnant solidaire, il existe trois grandes voies. Elles correspondent à trois types d’organismes collecteurs :

  • via un établissement bancaire on souscrit à un produit d’épargne de partage
  • via un financeur solidaire on investir au capital de celui-ci
  • via son entreprise on souscrit à un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) solidaire ou un Plan d’Epargne pour la Retraite COllectif (PERCO)

Faisons un petit tour d’horizon des principaux collecteurs de l’épargne solidaire en France :

Natixis Interépargne

Cette société est le premier collecteur de l’épargne salariale solidaire, avec 768 millions d’euros. Natixis propose une large gamme avec sept fonds portant le label Finansol, qui permet de repérer les produits d’épargne solidaire.

Crédit coopératif

Cette banque est le premier collecteur de l’épargne de partage en France, avec un encours de 579 millions d’euros. Les produits d’épargne solidaire (carte, livret, FCP…) permettent aux épargnants de soutenir des associations tous les domaines de la solidarité : environnement, solidarité internationale, aides aux personnes handicapées, appui aux énergies renouvelables, insertion…

Caisse d’épargne

Le réseau des Caisses d’épargne collecte 347 millions d’euros d’épargne solidaire. Le groupe BPCE, auquel appartiennent aussi le Crédit Coopératif et Natixis, ont collecté 67% de l’épargne solidaire (1,4 milliards d’euros) en 2010.

Financeurs solidaires

Les épargnants peuvent investir directement au capital d’un financeur solidaire. Ces financeurs totalisent 293 millions d’euros d’encours. Par exemple, on peut investir souscrire une part de capital de Garrigue, pour soutenir des entrepreneurs solidaires en France et en Afrique. Ou bien, on peut investir dans Terres de liens, qui soutient des paysans pratiquant l’agriculture biologiques. Finansol recense une trentaine de financeurs solidaires.

Amundi Group

Amundi propose des produits d’épargne salariale solidaire et des produits d’épargne solidaire, pour un total de 291 millions d’euros. Amundi, filiale du Crédit Agricole et de la Société Générale, est dédié à la gestion d’actifs, spécialisé notamment dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR).

BNP Parisbas

Ce groupe financier propose des produits d’épargne salariale et des produits d’épargne solidaire pour un encours de 212 millions d’euros.

Inter Expansion

Cette société gère l’épargne salariale pour un montant de 124 millions d’euros.

* source: baromètre 2011 de l’épargne solidaire, publié par Finansol.

Investissement socialement responsable et finance solidaire: deux approches distinctes (3/3)

Lundi 29 novembre 2010

Dans les deux premières parties de cette note, nous avons défini l’Investissement Socialement Responsable (ISR) puis la finance solidaire. Cette fois, nous allons préciser ce qui les distingue.

Novethic et Finansol: deux labels pour identifier les produits d’épargne responsable

Pour distinguer l’ISR et les produits de finance solidaire, il existe deux labels.

Label ISR Novethic: apparu en 2009, ce label a été décerné à 92 fonds d’Investissement socialement responsable. (source: Novethic)

Label Finansol: décerné pour la première fois en 1997, ce label permet de distinguer des placements solidaires. (source: Finansol)


Quelles différences entre Investissement socialement responsable et finance solidaire?

François De Witt - Président de Finansol

Selon Philippe Zaouati, comparés à l’ISR, « les fonds solidaires et les fonds de partage […] s’inscrivent dans une logique différente qui se rapproche beaucoup plus du don et de l’action caritative que d’un processus d’investissement responsable. […] Comme le dit François de Witt, président de Finansol, « d’une manière ou d’une autre, l’épargne solidaire représente un compromis entre une épargne et un don: l’épargnant solidaire renonce en effet à une partie de son espoir de gain au profit d’une ONF ou d’une entreprise solidaire. » (in Investir responsable, p. 88)

Le Guide de l’ISR distingue lui aussi les placements solidaires de l’ISR. Les placements solidaires « peuvent être investis sur les marchés financiers en respectant des critères ESG et dans ce cas ils sont à la fois et de partage ou ISR et solidaire. Un même produit peut, le cas échéant, être à la fois de partage, solidaire, et ISR ».

A consulter sur notre site BfoBank un article sur Novethic.