Archive pour le mot-clef ‘finance solidaire’

Pays de la Loire : un emprunt socialement responsable

Mardi 13 mars 2012

Le Conseil régional des Pays de la Loire a lancé une émission d’obligations à caractère socialement responsable, d’un montant de 43 millions d’euros. Ce placement a été réalisé auprès d’investisseurs institutionnels (assureurs et caisses de retraites) répondant aux critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance).

Cet emprunt financera le budget 2012 de la région. Les obligations, d’une valeur nominale de 100 000 euros, ont un taux fixe de 4% (source : Région Pays de la Loire).

« Développement équilibré et durable »

Cette émission obligataire s’inscrit dans la politique de la région en matière de développement durable. « En effet, au travers de la déclinaison des actions de son Agenda 21, la Région œuvre au quotidien et au travers de ses compétences (formation professionnelle, apprentissage, solidarités, développement des transports, environnement, logement social, constructions et rénovations HQE dans les lycées) pour assurer un développement équilibré et durable de son territoire », précise le communiqué de la banque HSBC, chef de file de l’opération.

En 2009, la région, dirigée par le Parti socialiste (PS), avait déjà lancé un emprunt de 80 millions d’euros, principalement auprès des particuliers (source : La Tribune).

“Véritable banque régionale d’investissement”

Parmi les projets prévus par cette région de l’ouest, citons en trois :

  • Banque régionale d’investissement : la région souhaite aider au financement des entreprises, soit en intervenant directement, soit par des partenariats avec des établissements financiers. « Projets industriels structurants, innovations technologiques de rupture, éco-projets, développement de l’économie sociale et solidaire, pêche durable, soutien aux collectifs de PME : la Région souhaite accélérer par son intervention financière de nombreux enjeux de mutation des entreprises. » explique Christophe Clergeau, 1er vice-président en charge de l’économie et de l’innovation.
  • Transport : financer le déplacement domicile travail : la région financera une partie de l’abonnement de salariés de la région se déplaçant sur les réseaux de trains régionaux. Le déplacement domicile-travail ne coûtera pas plus de 45 euros par mois pour un salarié, la région prenant en charge le supplément, après déduction des 50% pris en charge par l’employeur.
  • Économies d’énergie et énergies renouvelables : en 2010, la Région des Pays de la Loire s’est engagée à réduire de 30 % les consommations énergétiques, à augmenter de 30 % la part des énergies renouvelables et à réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020.

La région Pays de la Loire s’est notamment investie dans le développement des énergies marines renouvelables.

Critique constructive

L’opposition régionale répond à ces projets par une critique qui se veut constructive. Ainsi, le groupe UMP (Union pour un Mouvement Populaire) soutient certains projet mais déclare ”nous avons voté contre ce budget qui ne réduit pas assez les dépenses inutiles et ne priorise pas nos investissements, ce que le CESER demande depuis plusieurs sessions. Ainsi il faut emprunter 252 millions pour boucler ce budget avec un remboursement annuel de dette atteignant 120 millions ! »

Conclusion:

La région Pays de la Loire a été la première, en 2009, à lancer un emprunt obligataire pour faire appel aux épargnants (L’Express). Elle a été suivie notamment par le Limousin, l’Auvergne et la région Rhonne-Alpes, en direction des particuliers et des investisseurs institutionnels.

Que pensez-vous de ce moyen pour les pouvoirs publics de faire appel à l’épargne populaire?

Grands Prix de la Finance solidaire 2011

Lundi 7 novembre 2011

solidarite_internationale_cocovico-coopérative-femmes-cote-ivoire

Jeudi dernier je me suis rendu à cérémonie de remise des Grands Prix de la Finance responsable, dans les locaux du journal Le Monde.

Arrivé en avance, je me suis installé dans un café voisin, pour me préparer tranquillement. Mais à peine assis, une manifestation de pompiers passa sur le boulevard Blanqui avec ses fumigènes et ses pétards. Certains décidèrent de s’arrêter pour boire un coup. En moins de dix minutes le café est littéralement rempli par des dizaines de pompiers en tenue, bien décidés à refaire le monde.

Une demi-heure plus tard, après cette démonstration de solidarité bruyante et conviviale, je me retrouve dans le hall du Monde. Derrière l’immense baie vitrée, après avoir passé le portique de sécurité, j’entre dans le petit monde de la finance solidaire. Je dis “petit” parce que, comparé à la finance classique, la finance solidaire fait figure de goutte d’eau dans l’océan.

C’est un petit monde, car je reconnais deux personnes que j’ai déjà croisées lors de précédentes interviews. J’y reconnais aussi Claude Alphandéry, le président des Grand prix de la finance solidaire, un des pionniers, déjà vu lors d’une conférence sur la nouvelle finance, mais aussi François de Witt, président de Finansol, qui attribue les labels de l’épargne solidaire.

Petit monde, je disais. Mais la finance solidaire est ouverte sur l’extérieure, ouverte aux idées nouvelles. Et elle est en croissance. De plus, elle est créatrice d’emploi.

C’est ce que l’on nous rappelle au lancement de la cérémonie. Crise de l’euro, G20, manifestations d’indignés (et de pompiers) : face à tout cela, la finance solidaire pourrait bien être un instrument (parmi d’autres) de la sortie de crise. Les acteurs présents ce soir-là en sont convaincus.

Le jury nous dévoile les cinq lauréats de ce deuxième Grand Prix. L’an dernier, seuls quatre projets avaient été récompensés. Cette année, un prix “solidarité internationale” est apparu. Sur une centaine de dossiers candidat, vingt-huit projets étaient nominés.

Les Grands Prix de la Finance solidaire 2 011 sont co-organisés par Le Monde Argent et Finansol, avec le soutien de la Fondation Crédit Coopératif, France Active et la Carac et en partenariat avec France Info et Public Sénat.

“Solidarité internationale”: Cocovico, coopérative de femmes en Côte-d’Ivoire

Le projet Cocovico est intéressant pour différentes raisons. Cocovico est un immense marché couvert qui accueille chaque jour de 3000 à 5000 commerçants, à Abidjan. Ce sont principalement des femmes qui vendent des fruits, des légumes, du poisson et autres produits alimentaires.

Rosalie Botti, la présidente de Cocovico, vêtue d’un boubou aux couleurs de la Côte d’Ivoire, a reçu le Grand Prix de la “solidarité internationale”.

Lancé en 1995, le projet a nécessité des constructions en dur. Il a donc fallu trouver un financement (plus d’un million d’euros). C’est alors qu’est intervenu Oikocrédit, un investissement solidaire qui finance des projets dans les pays du sud.

Le projet Cocovico a rencontré beaucoup de difficultés au cours de son développement, à commencer par la guerre civile en Côte d’Ivoire. Mais, même dans ces circonstances, le marché est resté ouvert, épargné par les belligérants. Les tracasseries administratives et la difficulté de trouver un financement n’ont pas manqué non plus pour Madame Botti et les 200 femmes qui portent ce projet.

Un des aspects intéressants de ce projet est qu’il est reproductible ailleurs. Dans certaines régions, ce n’est pas les producteurs de denrées alimentaires qui manquent, mais les commerçants pour les vendre.

Enfin, Cocovico est un projet global qui ne se limite pas à un marché : des logements vont bientôt surgir tout autour.

“Coup de cœur du jury”: Adage, insertion de femmes fragilisées

L’association Adage (association d’Accompagnement Global contre l’Exclusion) obtient le prix “Coup de cœur du jury”.

Elle accompagne des publics fragilisés, principalement des femmes. Sa mission va au-delà de l’insertion professionnelle. Les personnes concernées cumulent plusieurs difficultés : emploi, logement, isolement, et quelquefois analphabétisme.

L’association, située dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a mis en place un chantier d’insertion avec l’hôpital Bichât à Paris. Elle a créé quinze emplois d’auxiliaires puéricultrices et d’aides-soignantes.

Adage a bénéficié d’un financement auprès de France Active et de La Nef.

“Moins de 10 salariés”: les doigts qui rêvent, des livres pour enfants malvoyants

finance_solidaireLes doigts qui rêvent a reçu le prix des groupes de moins de 10 salariés. Cette association édite des albums tactiles illustrés accessibles aux enfants déficients visuels.

Ce travail artisanal très spécialisé est réalisé par des personnes en insertion. Ces livres tactiles trouvent leur public puisque 30 000 albums ont déjà été vendus depuis 1994.

Ce projet est financé notamment par la MAIF grâce à un Livret d’épargne solidaire, le Livret épargne autrement. Les financement publics sont en baisse. L’association s’autofinance grâce aux ventes de livres.

De 10 à 50 salariés: Terre de liens installe des paysans bio

L’association Terre de Liens a remporté le Grand Prix de 10 à 50 salariés.

Ce placement solidaire, dont nous avons déjà parlé, a pour but d’acheter des terres agricoles pour les louer à des paysans qui pratiquent l’agriculture biologique.

Le projet crée du lien: en finançant des paysans, l’urbain manifeste sa solidarité avec les campagnes. Pour financer Terre de lien, l’épargnant acquiert une action. La foncière compte aujourd’hui 7 000 actionnaires.

Terre de Liens est une association qui accompagne les exploitants agricoles. C’est une foncière qui acquiert des terres. Et c’est un fonds que l’on peut soutenir en faisant un don.

Plus de 50 salariés : le Groupe Archer insère des personnes dans la Drôme

Le Groupe Archer forme et accompagne des personnes en recherche d’emploi. Il développe son activité dans plusieurs domaines: fabrication locale de chaussures éthiques, services à la personne, services aux collectivités et association comme la distribution du courrier et l’entretien des espaces verts.

Avec ses chaussures “made in Romans”, le Groupe Archer fait le pari qu’on peut fabriquer en France. Il privilégie des matières premières locales, des stylistes, modélistes et techniciens, tous anciens salariés des grandes marques romanaises, explique l’entreprise sur son site.

Le groupe est financé par France Active et Garrigue.

photos: épargne sans frontière, Maif,

Devenir sociétaire d’une banque mutualiste

Lundi 4 juillet 2011

Non, les petits fours ne sont pas la seule motivation qui pousse les sociétaires d’une banque à assister à l’Assemblée générale annuelle. C’est la réflexion amusée que je me faisais, il y a quelques jours, lors d’une de ces assemblées qui rassemblait, ce soir-là, quelque 900 sociétaires du département de la Sarthe.

Autour de canapés variés et une coupe de champagne à la main, sociétaires et banquiers se sont trouvé au moins un point commun : leur ancrage local.

Les sociétaires, en majorité des hommes et des femmes de plus de soixante ans, ont aussi goûté les thèmes développés pendant l’Assemblée générale : le financement de la retraite et, plus globalement, des produits d’épargne.

Devenir sociétaire

Mais qui sont ces sociétaires ? Et quelle est la différence entre un client et un sociétaire ?
Le sociétaire est un client qui a souscrit une part sociale d’une banque mutualiste (définition : La Finance pour tous). Ces banques sont le Crédit mutuel, le Crédit agricole et la Caisse d’épargne et les Banques populaires (réunies dans le groupe BPCE).

Une part sociale est à la société coopérative ce que l’action est à la société de capitaux (source : L’Économie sociale de A à Z).

La valeur d’une part sociale est variable selon les banques (de 1 à 20 euros pour les cas que nous avons observés).

Taux de rémunération variable

Pour l’épargnant, la part sociale est un placement dont le revenu est supérieur à celui du livret A. La rémunération est « au plus égale au taux moyen de rendement des obligations des sociétés privées », selon les termes de la loi du 13 juillet 1992 sur la modernisation des entreprises coopératives.

Le capital est garanti. Le seul cas de perte serait celui d’une faillite de la banque mutualiste.

Le taux de rémunération est défini, chaque année, après l’Assemblée générale. Le revenu est versé sous forme de dividendes. Il est « variable selon les établissements, le taux servi s’échelonne de 2,50%, pour les moins généreux, à 3,15% pour les revenus perçus en 2011 au titre de l’exercice 2010 ».

La disponibilité de l’argent varie selon les banques, voire au sein d’un réseau d’une caisse régionale à l’autre. (source: Votre argent _ L’Express)

Projets locaux et solidaires

Lors de l’Assemblée générale à laquelle j’ai assisté, avant l’épisode très prisé du cocktail dinatoire, les sociétaires ont pris connaissance du bilan d’activité de leur banque.

Les administrateurs ont déroulé les chiffres clés. Ils ont évoqué les projets financés grâce au capital souscrit par les sociétaires. Ces projets sont généralement ancrés dans le territoire de la région, voire du département. Ils ont, parfois, une dimension solidaire : institut d’éducation pour enfants handicapés, service d’aide à la mobilité pour des personnes en insertion, association culturelle, etc.

L’Assemblée générale donne lieu à un vote. Chaque sociétaire dispose d’un droit de vote. La réunion se conclut par des questions posées par les sociétaires aux administrateurs de la banque.

L’assemblée est aussi l’occasion, pour la banque, de présenter des produits d’épargne : épargne retraite, assurance vie, etc.

La nouvelle finance en débat à l’Université de la Terre

Mercredi 6 avril 2011

Logo Universite de la terreUne salle enthousiaste. Des orateurs acclamés. On a peine à croire que le sujet dont il est question est la finance. Pourtant, c’est bien l’ambiance, un peu exaltée, qui régnait à l’Université de la Terre*, lors du débat « La nouvelle finance au service de la nouvelle société », le 2 avril dernier, à l’Unesco.

Les cinq intervenants étaient :

Un autre modèle industriel

Nous avons déjà parlé de Stanislas Dupré sur ce blog, à propos du poids carbone de l’épargne. C’est lui qui conduisait la discussion.

Il a posé le débat en ces termes : nos sociétés doivent d’urgence se convertir à un autre modèle industriel et à d’autres sources d‘énergies moins polluantes. Les banques auront un rôle à jouer car se sont elles qui financent les projets.

Grande régression

Jacques Généreux a adopté un autre point de vue. Il estime que nous vivons une période de grande régression. Il met en cause une situation où le pouvoir est détenu par ceux qui possèdent le capital.

Quand on lui parle de finance solidaire ou d’investissement socialement responsable, il acquiesce, à condition que cette nouvelle finance ne soit pas seulement une niche à côté de la finance classique. Il faut au contraire changer l’orientation de toute la finance. Avoir d’un côté une finance socialement responsable et de l’autre laisser se développer une finance qui ne l’est pas n’a aucun sens.

Économie sociale et solidaire

Claude Alphandéry est fondateur de France active, qui aide des projets d’insertion, tels que les Jardins de Cocagne. C’est un acteur historique de la finance solidaire en France. Cet ancien résistant a cité le programme du conseil national de la Résistance.

Il a expliqué le mécanisme de l’épargne solidaire, dans lequel les banques contribuent, par exemple, au financement d’actions d’insertion.

ESS, Brogniart et Bastille

Jean-Louis Bancel a insisté aussi sur le rôle de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ce fut d’ailleurs la conclusion des débats, apportée par un autre intervenant: “l’ESS sera la Bastille de 2012″ (publié sur Twitter par le Crédit Coopératif, avec une variante: “Brogniart sera la Bastille de 2011 pour l’ESS”)

Pour Jean-Louis Bancel, le marché ne se régule pas de lui-même. Il a plaidé pour la transparence dans le domaine financier. Il conseille aux épargnants de demander à leur banquier où est investi leur argent. Plus généralement, il pense que l’opinion publique a un rôle important à jouer pour obtenir cette transparence.

Finance, transparence et démocratie

Stanislas Dupré est favorable à plus de démocratie dans le fonctionnement des banques. Il voit notamment d’un bon œil le projet Finance Watch, lancé par des députés européens. Finance Watch est un appel à la société civile pour qu’elle créer une organisation non-gouvernementale qui observerait les activités menées sur les marchés financiers par les banques, les compagnies d’assurance, les hedge funds, etc.

Finance participative

Jean-Christophe Capelli est un entrepreneur du Web.  Sa société, Friensclear, est un site de finance participative (ou crowd funding) dédié au financement d’entrepreneurs français. Concrètement, il met en relation des entrepreneurs et des investisseurs (voir un exemple : le crowd funding pour la mode).

Jean-Christophe Capelli a présenté d’autres outils de finance participative : Kiva et Babyloan.

Il a aussi évoqué les échanges d’argent sur téléphone mobile qui permettent des initiatives dans des pays en développement.

* L’université de la Terre a été créée à l’initiative de François Lemarchand, Président de la Fondation Nature & Découvertes. elle a été inaugurée en novembre 2005 à l’Unesco.

Investissement socialement responsable et finance solidaire: deux approches distinctes (1/3)

Vendredi 26 novembre 2010

Il y a quelques jours, j’ai poussé la porte d’une agence bancaire pour me renseigner sur l’épargne responsable. Un conseiller financier m’a reçu. Je l’ai interrogé  sur l’investissement socialement responsable (ISR) et la finance solidaire. Prudemment, il m’a proposé de revenir une prochaine fois. Il avait besoin de se documenter.

Cette anecdote est révélatrice. L’ISR, en particulier, est peu connu. Tous les professionnels ne sont pas formés sur ces produits d’épargne. De plus, il existe une confusion dans le grand public entre l’ISR et la finance solidaire. Rien d’étonnant: ils sont relativement récents et encore très minoritaires.

Comment s’y retrouver? Qu’est-ce que l’ISR? Qu’est-ce que la finance solidaire? Qu’est-ce qui les distingue? Nous nous pencherons sur ces questions dans cette note et les deux suivantes. Celle-ci sera consacrée à l’ISR. La deuxième traitera de la finance solidaire. La troisième interrogera les différences entre ces deux types d’investissements.

Pour résumer, l’ISR désigne une méthode de gestion qui intègre des critères sociaux, environnementaux et de gouvernance. Les gérants choisissent les entreprises dans lesquelles ils investissent en tenant compte de ces trois types de critères, et pas seulement des critères financiers.

L’investissement socialement responsable (ISR): concilier épargne et implication sociale et environnementale

La définition la plus communément acceptée en France est que l’ISR est une forme de placement consistant à prendre en compte des critères liés à l’Environnement, au Social et à la Gouvernance (on parle aussi de critères ESG), en sus des critères financiers*.

Pour en savoir plus sur l’ISR, vous pouvez consulter la série de videos du dossier ISR 2010, sur le site de BforBank.

1. Des critères environnementaux

L’ISR prend en compte des critères environnementaux. Il est une traduction des principes du Développement durable dans le domaine financier. Par exemple, on pourra intégrer l’empreinte carbone d’une entreprise. Les entreprises seront ainsi notées en fonction de leur taux d’émission de CO2.

2. La responsabilité sociale des entreprises (RSE)

Les critères sociétaux mesurent les effets de l’entreprise sur la société.

La Commission européenne a défini la Responsabilité sociale des entreprises (RSE) comme étant « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes » (source: Commission européenne). Un des termes importants de cette définition est le mot « volontaire »: ce sont les entreprises qui s’engagent volontairement à être plus responsables.

3. La gouvernance d’entreprise

La gouvernance des entreprises est également pris en compte par les gérants d’ISR. Ces dernières années, la gouvernance a été critiquée, suite à plusieurs affaires (Enron, en 2001 ou Parmalat, en 2003). Elle a dû se réformer pour redonner confiance aux actionnaires, créanciers et employés.

Trois visions de l’ISR: éthique, activiste ou pragmatique

La définition de l’ISR que j’ai cité est celle communément admise en France. Mais la pratique varie en fonction des continents et des cultures. On distingue trois visions de l’ISR, éthique activiste et pragmatique**.

1. La vision éthique

Cette vision est américaine, mais aussi répandue en Scandinavie, en Grande-Bretagne et en Suisse.Elle consiste à exclure certains secteurs d’investissement. Par exemple, on refuse d’investir dans l’armement ou le tabac.Cette vision est très marquée par la présence de la religion dans la sphère publique.

2. La vision activiste

Elle est pratiquée chez les investisseurs britanniques et dans l’Europe du Nord. Il ne s’agit pas d’exclure, mais d’agir sur l’entreprise, grâce à la pression actionnariale. La responsabilité ne s’exerce pas au moment de l’investissement, mais après. En tant qu’actionnaire, l’investisseur fait entendre sa voix pour influer sur la marche de l’entreprise.

3. La vision pragmatique

Cette approche est privilégiée en France et dans quelques pays européens. Elle consiste à sélectionner des entreprises faisant preuve d’exemplarité en matière environnementale, sociétale ou pour leur gouvernance.

* cette définition est issue du Guide de l’Investissement socialement responsable, publié par la Fédération Bancaire Française, en partenariat avec l’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE), le Forum pour l’Investissement responsable (FIR) et Novethic.

** ces définitions sont issues d’Investir “responsable”, de Philippe Zaouati.