Archive pour le mot-clef ‘Etats-Unis’

Les indices Dow Jones Sustainability

Vendredi 2 décembre 2011

indice_Dow_Jones_SustainabilitySi vous suivez les informations financières, vous êtes familier des indices boursiers : CAC 40, Dow Jones, Nasdaq… Mais avez-vous entendu parler des indices Dow Jones Sustainability?

Cette série d’indices fournit des informations aux investisseurs engagés dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Autrement dit, il leur permet de suivre l’évolution des entreprises considérées comme les meilleures sur le plan des pratiques environnementales et sociales. Le DJSI, créé en 1999, est le plus ancien indice de ce type. Il est réalisé par les indices Dow Jones et la société de gestion suisse Sam.

Indice boursier et développement durable

« Les indices DJSI ont été créés pour suivre les performances des entreprises leaders dans leur domaine en matière de développement durable. Les premiers indices ont été publiés le 8 septembre 1999. Ces indices comportent des variantes excluant les entreprises tirant leurs revenus de l’alcool, du tabac, du jeu, des armements, des armes à feu et de la pornographie ». (source: DJSI world guidebook)

Les indices Dow Jones Sustainability (DJSI) couvrent trois continents et une cinquantaine de secteurs économiques.

Une série de dix-neuf indices correspondent à des zones géographiques : cinq pour le monde, cinq pour l’Europe, quatre pour l’Amérique du Nord et les États-Unis et cinq pour l’Asie.

A partir de ces indices de base, il est possible de pratiquer l’exclusion de secteurs économiques sensibles. Certains indices excluent un ou plusieurs des secteurs de l’alcool, du tabac, du jeu, des armements, des armes à feu et de la pornographie. Par exemple, le DJSI World ex. Alcohol est l’indice suivant les entreprises du monde entier mais en excluant le secteur de l’alcool.

Critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance

Les indices DJSI procèdent à une sélection des meilleurs entreprises selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Les notes sont fournies par la société de gestion Sam.

Seules un peu plus de 10% des entreprises sont sélectionnées dans chaque secteur économique. Pour les indices Monde, environ 300 entreprises sont retenues sur 2500.

Les indices DJSI considèrent cinquante-huit secteurs économiques regroupés en dix-neuf supersecteurs tels que la chimie, l’automobile, les médias, les télécommunication, etc.

L’indice publie le nom des leaders de chaque supersecteurs, ainsi que les principales entrées ou sorties du classement annuel. En 2011, BMW est leader dans le secteur de l’automobile, Pepsico dans celui de la nourriture et de la boisson, Pearson dans celui des médias et Air France KLM dans le secteurs des voyages et loisirs, pour ne donner que quelques exemples.

Suivre la performance de l’ISR

Les indices permettent de suivre la performance des entreprises sélectionnées. Une comparaison avec les indices globaux montre que la performance de l’ISR est assez comparable à celle de la gestion classique. Le DJSI World a suivi une évolution très voisine de celle du MSCI World depuis sa création en 1999 (voir graphique 1).

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Quant au DJSI Europe, voici son tracé en comparaison de celui DJ Stoxx 600. Le DJSI Europe suit la performance du top 20% des 600 principales sociétés européennes.

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Le suivi de ces indices « responsables » nous renvoie au débat sur la performance de l’ISR, débat qui est loin d’être tranché.

Pour prolonger, sur le même sujet:

Les USA misent sur le crowdfunding pour financer les PME

Mardi 22 novembre 2011

Le crowdfunding sauvera-t-il l’Amérique ? La Chambre des représentants vient d’approuver un projet de loi pour favoriser l’investissement dans les petites entreprises. L’ “Entrepreneur Access to Capital Act” permettra aux entreprises d’attirer des investisseurs grâce au crowdfunding ou financement participatif. Il a reçu l’accord des Démocrates et des Républicains.

Le crowdfunding consiste à faire appel aux individus sur Internet pour soutenir une cause charitable ou lancer un artiste. Les milliers de fans apportent chacun de petites sommes qui constituent le capital nécessaire pour réaliser le projet.

Si les donateurs devenaient des investisseurs

Ces derniers mois, les sites de crowdfunding ont rencontré un fort succès. Mais dans le droit américain ces levées de fonds s’apparentent à de la philanthropie. Les participants à kiva, plateforme de microprêt en ligne récupèrent leur argent mais sans intérêt. Avec le nouveau projet de loi, il en ira autrement : le donateur pourra se muer en investisseur.

Selon Washington, le but du projet est “d’autoriser les entreprises à attirer les investisseurs de façon raisonnable grâce au crowdfunding (rassembler de petits investisseurs rassemblant jusqu’à 1 million de dollars). Des entrepreneurs comme des boulangers ou des fabricants de gadgets utilisent déjà les plateformes de crowdfunding pour recevoir des milliers de dollars en pures donations. Imaginez les possibilités si ces petits donateurs devenaient des investisseurs avec une part de capital.” (source : Gigaom)

Créer de l’activité et des emplois

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Cette perspective de créer de nouvelles activités et des emplois rassemble les Républicains et les Démocrates. En ces périodes de tension entre les deux camps, l’”Entrepreneur Access to Capital Act” a reçu un soutien bipartisan. Après l’étape de la Chambre des représentants, la loi reste encore à approuver.

Dans le détail, elle permettra à des particuliers d’investir de petites sommes (jusqu’à 10 000 $) dans des start-up, notamment grâce au crowdfunding. L’opération pourra se faire sans que l’entreprise ait à s’enregistrer auprès de la SEC (Securities and Exchange Commission). L’investissement total est plafonné à 1 million de dollars. (source : Wall Street Journal)

Cette nouvelle disposition ouvre les levées de fonds à des investisseurs autres que les banques. Jusqu’à présent, le crowdfunding était surtout réservé aux ONG et aux organisations sans but lucratif. Les levées de fonds étaient réservées aux investisseurs qualifiés.

Obama, adepte du crowdfunding

Les commentateurs soulignent qu’Obama est un fervent partisan du crowdfunding. Un des succès de sa compagne fut d’attirer de nombreux petits donateurs sur Internet.

Mais des critiques se font entendre. L’ouverture plus large aux investisseurs peut encourager la spéculation. Le secteur des technologies est propre à ce genre d’envolée. On cite l’exemple de Facebook, dont l’évaluation atteint des sommets.

L’autre risque est qu’en facilitant l’appel aux investisseurs, on attire les fraudeurs habiles à berner les petits investisseurs.

Les sceptiques que le crowdfunding fonctionne pour financer l’album d’un chanteur. Rien ne dit qu’on peut généraliser le principe à la société tout entière. Mais, puisque l’« Entrepreneur Access to Capital Act » a recueilli un accord bis partisan, les critiques restent marginales. Preuve qu’en cette période de crise il reste un sujet de consensus en Amérique : la liberté d’entreprendre.

D’autres articles sur le même sujet :

Un investissement pour améliorer la société

Mardi 3 mai 2011

Investir sur des projets visant à résoudre des problèmes sociaux : tel est le principe d’un nouveau produit d’investissement qui vient de voir le jour en Grande-Bretagne. Il permettra d’agir dans des secteurs comme la lutte contre la criminalité, l’aide aux personnes sans domicile ou l’éducation des jeunes en difficulté. Cet investissement à impact social intéresse le président Obama qui va les expérimenter aux États-Unis.

Ces produits financiers se nomment « social-impact bonds » (SIB), ce qui peut se traduire par obligations à impact social. Un SIB est un contrat avec les pouvoirs publics qui s’engagent à payer en échange de résultats avérés.

Investir pour améliorer la société

Par exemple, un programme de lutte contre la récidive des délinquants vient d’être lancé en septembre 2010 en Grande-Bretagne. Pour mettre en place ce projet, Social Finance, une société basée à Londres a vendu un total de 5 millions de Livres sterling (environ 5,6 millions d’euros) à 17 investisseurs, dont la Fondation Rockefeller. (source: Time)

  • Le programme durera 8 ans
  • Il a pour objectif de réduire le taux de récidive d’au moins 7.5% dans une population de délinquants
  • Il concerne 3000 prisonniers condamnés à de courtes peines.

Si les objectifs sont remplis les investisseurs récupéreront leur capital augmenté d’un bénéfice.

Trouver de bons critères de mesure

Parier sur le succès d’actions sociales a séduit Barack Obama. Celui-ci a décidé de lancer des « pay for success bonds » pour un montant de 100 millions de dollars (The Economist).

Payer pour le succès : l’adaptation US du concept britannique est résolument optimiste. Ces actions pilotes concerneront plusieurs sujets dont la recherche d’emploi, l’éducation, la justice des mineurs et l’aide aux enfants handicapés. (source: La Maison blanche)

Certains observateurs ont souligné une difficulté : pour mettre en place des SIB, il faut choisir les bons critères de mesure. Sinon, l’argent public pourrait servir à financer des programmes non pertinents du point de vue de leur impact social. (New York Times)

Au-delà du résultat de tel ou tel programme, les observateurs pensent que ces produits d’investissement inciteront les pouvoirs publics à porter plus d’attention aux résultats de leurs actions. Et si l’aiguillon économique pouvait servir à améliorer l’action publique et avoir un impact positif sur la société ?