Archive pour le mot-clef ‘épargne’

Le succès du microcrédit au Pérou

Mercredi 15 mai 2013

A l’heure où la croissance est atone en Europe, tournons-nous vers un pays qui connaît une progression vertigineuse.

Le Pérou, en effet, a enregistré une croissance de 7% de son PIB en 2011 (9% en 2010) et des chiffres comparables les années précédentes (Banque mondiale).

Parmi les facteurs expliquant ce dynamisme, figure le microcrédit qui a permis à de nombreux péruviens de sortir de la pauvreté et de participer à l’économie.

Selon une étude récente, le Pérou apparaît comme le pays où le microcrédit se développe le mieux notamment en raison de ses infrastructures légales.

Ce pays d’Amérique Latine est classé premier sur 55 pays étudiés par The Economist dans son Global microscope on the microfinance business environment 2012.

Ce rapport est établi par l’Economist Intelligence Unit depuis 2009. Le Pérou arrive en tête devant la Bolivie et le Pakistan. On peut noter la 41e place du Bangladesh, terre d’origine du microcrédit et de son promoteur, le Prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus. Dans le classement apparaissent des pays comme l’Inde (22e), la Bosnie-Herzégovine (23e) ou le Maroc (38e), dont nous avons déjà parlé sur ce blog.

Le Pérou, leader discret du microcrédit

Le Pérou dispose d’une régulation efficace du marché du microcrédit. Cela permet à différents types d’institutions de microcrédit de se développer sur ce marché de 3,5 millions de clients, pour une population de 29 millions d’habitants.

L’ institution de microfinance (IMF) leader au Pérou est Mibanco, fondée en 1998. Elle comptait 420 000 clients pour le crédit et 260 000 pour l’épargne en 2011.

La compétition sur le marché du microcrédit péruvien est forte, ce qui fait baisser les taux d’intérêt. Des acteurs internationaux entrent sur ce marché. Par ailleurs, on observe un bon niveau de transparence sur les informations fournies aux différents acteurs du marché, ainsi qu’une protection des clients du microcrédit.

Le Pérou développe l’épargne

En outre, le Pérou dispose de plusieurs atouts, comme le souligne la société ResponsAbility dans son étude Le Pérou, marché modèle de la microfinance. Citons en deux :

  • un bon développement de l’épargne
  • l’existence de bureaux de crédit.

Ainsi, le Pérou a vu se développer des institutions d’épargne et pas seulement de microcrédit.

« Les Péruviens ont mis l’accent sur l’épargne en tant que complément essentiel à l’emprunt, s’inspirant du modèle des banques d’épargne allemandes. Fruits de ces efforts, les associations municipales d’épargne et de crédit, Cajas Municipales, ont pris naissance à une époque où la théorie généralement admise parmi les décideurs politiques et les planificateurs du développement était que les pauvres ne disposent pas de capacité d’épargne suffisante », expliquent les auteurs de l’étude.

Se sont développées des caisses d’épargne municipales (Cajas Municipales) dans les années 1980 et des caisses rurales (Cajas Rurales) dans les années 1990. Cette culture de l’épargne populaire a participé à l’essor du microcrédit.

Le Pérou mise sur l’éducation financière

Les bureaux de crédit ont été un élément, parmi d’autres, du développement du microcrédit péruvien. Ils recueillent des informations sur les clients du microcrédit.

Un bureau du crédit public est chargé de collecter des informations sur les clients des IMF : encours de la dette, défaut de paiement, etc. On compte également des bureaux privés d’évaluation du risque de crédit.

« A l’heure actuelle, le Pérou dispose d’un des systèmes de couverture d’information en matière de crédit les plus complets et les plus actualisés au monde », estiment les auteurs de l’étude.

Enfin, le gouvernement a mis l’accent sur l’éducation financière à l’école. L’éducation financière restant faible chez les adultes, ce problème fait aussi partie des préoccupations du gouvernement.

Le Pérou dispose d’importantes ressources minières (c’est un des premiers producteurs d’argent, de zinc, de cuivre, de plomb, d’étain, d’or, etc.) mais ce secteur fournit peu d’emploi. Le développement d’activité financées par le microcrédit est donc nécessaire pour donner un accès à l’emploi à une large partie de la population.

phot: Le Machu Picchu

La transition énergétique en débat

Jeudi 2 mai 2013

Les dépenses d’énergie représentent un poids croissant dans le budget des Français, mais aussi des entreprises et de l’État. La facture énergétique de la France s’élevait à 61 milliards d’euros en 2011, soit 88% du déficit commercial*.

De plus, l’énergie soulève des enjeux environnementaux et sociaux. C’est pourquoi le gouvernement a voulu organiser un débat national sur la transition énergétique. Il se déroulera jusqu’en juillet 2013. Enfin, ce sujet nous intéresse car il concerne l’épargne qu’il faudra mobiliser pour financer la transition énergétique.

Le poids des énergies fossiles

Pourquoi s’engager dans la transition énergétique ? Pour des raison énergétiques et économiques tout d’abord. La consommation mondiale d’énergie repose à près de 80% sur des énergies fossiles :

  • pétrole (42%),
  • gaz (19%)
  • et charbon (17%).

En France, elles représentent 69% dont :

  •  46% pour les produits pétroliers
  • 20% pour le gaz
  • et 3% pour le charbon.

L’objectif de la transition énergétique est d’avoir moins recours aux énergies fossiles et plus aux énergies renouvelables. Ces dernières représentent 9% de la consommation énergétique de la France. A cela il faut ajouter 22% d’électricité, dont la majorité est produite par le nucléaire.

Enjeux économiques et environnementaux

La transition énergétique soulève aussi un enjeu environnemental. Les ressources fossiles ne sont pas renouvelables.

« Au rythme actuel de consommation, sur la base des ressources conventionnelles, on peut estimer par exemple que le monde dispose de 40 à 60 années de réserves prouvées pour le pétrole, 70 années pour le gaz naturel et un peu plus de deux siècles pour le charbon. L’uranium est également susceptible de se raréfier », souligne le ministère de l’Écologie*.

Cette raréfaction des ressources aura des conséquences sur l’approvisionnement et sur le prix de l’énergie.

Le changement climatique est un autre enjeu. Le réchauffement moyen est de 0,9 ° par siècle en France. Ce phénomène est lié à l’augmentation de l’émission de gaz à effets de serre.

En France, les émissions de gaz à effet de serre s’élèvent à 526 millions de tonnes d’équivalent CO2 (MtCO2éq), environ 1,2 % des émissions mondiales et 11,1 % des émissions de l’Union Européenne de gaz à effet de serre. Elles ont toutefois baissé de 6,6% entre 1990 et 2010. Les principaux secteurs responsables des émission sont le transport, l’agriculture et le logement.

Face à ces enjeux, le débat sur la transition énergétique doit permettre de répondre à quatre questions :

1. Comment aller vers l’efficacité énergétique et la sobriété ? L’évolution des modes de vie, de production, de consommation, de transport ainsi que des services énergétiques nécessaires doit constituer le point de départ.

2. Quelle trajectoire pour atteindre le mix énergétique en 2025 ? Quel type de scénarii possibles à horizon 2030 et 2050, dans le respect des engagements climatiques de la France ?

3. Quels choix en matière d’énergies renouvelables et de nouvelles technologies de l’énergie et quelle stratégie de développement industriel et territorial ?

4. Quels coûts, quels bénéfices et quel financement de la transition énergétique ?

Concernant le financement, le rôle de la Banque Publique d’Investissement est posé. « Quelles priorités pour la Banque publique d’investissement, avec l’aide des fonds d’épargne », s’interrogent les auteurs du rapport cité*. C’est ce que le débat sur la transition énergétique pourra déterminer. 

Des proposition ont dores et déjà été formulées. Une étude de l’économiste Philippe Quirion évalue l’effet sur l’emploi de la transition énergétique. Un scénario de réduction de la consommation d’énergie, réalisé par l’association negaWatt, aurait pour effet une création nette de 235 000 emplois à horizon 2020.

« Parmi les activités créatrices d’emplois, la première est la rénovation thermique des logements [...] Les énergies renouvelables représentent le second gisement, suivies des modes de transports en développement : ferroviaire, fluvial et transport routier de voyageurs », explique Philippe Quirion. 

La Fondation Nicolas Hulot a fait des propositions, notamment en ce qui concerne le financement. Il pourrait être dirigé au niveau européen ou au niveau de la BPI.

« Les capacités d’investissement des acteurs privés, ménages et entreprises, devront également être orientés vers ces projets, facilité par une fiscalité incitative incluant un signal prix sur le carbone, et du tiers financement », selon le document Construire la transition énergétique, de la fondation Nicolas Hulot. 

L’institut Coe-Rexecode a publié une étude sur l’impact d’une taxe carbone sur l’industrie française. Il relève qu’une taxe d’un montant trop élevé aurait un effet récessif sur l’économie et notamment sur l’industrie. En revanche, il souligne l’impact positif sur l’économie et sur l’environnement d’une taxe bien calibrée, excluant les installations industrielles qui participent déjà au marché européen du carbone (ETS). L’efficacité d’une taxe carbone serait d’autant plus importante qu’elle couvrirait un grand nombre de pays.

* source : Dossier du débat sur la transition énergétique, Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Que financent le Livret A et l’épargne réglementée ?

Mercredi 10 octobre 2012

Au 1er octobre, le plafond du Livret A a été relevé de 25%, passant à 19 125 euros. Celui du Livret Développement Durable (LDD) a été doublé, passant à 12 000 euros (lire les décrets).

Cette réforme nous amène à nous pencher sur ce qu’on appelle l’épargne réglementée : principalement le Livret A, le LDD et le Livret d’Épargne Populaire (LEP).

A quoi sont employés les fonds de cette épargne ? Traditionnellement, on le sait, ils sont dédiés au financement du logement social. Mais il existe d’autres emplois qui prennent une importance grandissante.

Plus de 61 millions de Livrets A

Pour en savoir plus, il faut consulter le rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée. Cet Observatoire, créé en 2008, nous apprend que la France compte 61,6 millions de Livrets A, 24,6 millions de LDD et 24,6 millions de LEP.

Le Livret A recueille 215 milliards d’euros, le LDD 69 milliards d’euros et le LEP 52 milliards d’euros, soit un total de 336 milliards d’euros pour les livrets réglementés au 31 décembre 2011. Cela représente un peu moins de 10% de l’épargne financière des Français.

Mais quel a été l’emploi de cette épargne réglementée ?

Une grande part de cette épargne (65%) est centralisée au fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts en vue notamment d’accorder des prêts. L’encours global des prêts du fonds d’épargne a atteint 133 milliards d’euros à la fin de l’année 2011, dont 89 % sont affectés au financement du logement social et de la politique de la ville.

 

Observons ce qui a été financé en 2011 grâce au fonds d’épargne :

Logement social et politique de la Ville

Le financement du logement social a pris la forme de prêts directs ou indirects, pour un montant de 14,8 milliards d’euros signés en 2011. Ils ont permis de construire ou acquérir 120 000 logements sociaux au cours de l’année 2011 (120 000 en 2009 et 131 000 en 2010).

Parmi ces logements, 24 000 appartiennent au secteur de l’habitat spécifique : centres d’hébergement, de logements en structure collective (résidences, foyers…) et d’institutions répondant à des prises en charge particulières (handicap, mineurs en difficulté sociale…).

Prêts Développement Durable

Ces prêts ont financé la réhabilitation thermique de 100 000 logements sociaux parmi les plus consommateurs d’énergie pour un montant de 1,2 milliards d’euros en 2011.

Politique de la Ville

Des opérations d’aménagement et d’équipement sont programmées notamment par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Le total se monte à 2 milliards d’euros en 2011.

Emploi d’intérêt général

Ces prêts représentent un montant de 7,3 milliards en 2011, dans trois domaines :

  • Le secteur des infrastructures durables a été financé pour 4,3 milliards d’euros. Cela concerne les domaines des transports urbains (tramways), ferroviaires (projets de lignes à grande vitesse) et maritimes (aménagements portuaires), ainsi que dix-huit établissements de santé labellisés « Hôpital 2012 », un projet d’assainissement des eaux usées et sept projets immobiliers universitaires.
  • Soutien aux entreprises : prêts au groupe Oseo (soutien des PME), Fonds stratégique d’investissement (FSI), aide à la création et à la reprise d’entreprises par les chômeurs ou les allocataires de minima sociaux (dispositif Nacre). Au total, 1,8 milliards d’euros ont été mobilisés.
  • Un programme de financement exceptionnel des collectivités locales et des établissements de santé : fin 2011, près de 1,2 milliards d’euros de prêts étaient signés.

Un portefeuille d’actifs

Pour assurer la liquidité du fonds d’épargne, une partie des fonds sont placés, principalement en obligations. En 2011, la taille du portefeuille était de 103,2 milliards d’euros. Sur ce montant, la part du portefeuille obligataire s’élevait à près de 90 milliards d’euros.

La gestion de ces actifs vise, conformément au cadre de gestion du fonds d’épargne signé entre l’État et la Caisse des dépôts et consignations, à assurer en permanence la liquidité de l’épargne centralisée et à gérer les risques du fonds tout en lui assurant un rendement régulier.

 

Épargne, volonté et pause café

Vendredi 24 août 2012

Depuis que je tiens ce blog, je m’intéresse à toutes les raisons qui font qu’on devient un investisseur responsable. La psychologie est une de ces raisons. La psychologie de l’épargne est, en effet, quelque chose de complexe. Elle revient à se demander pourquoi on décide d’épargner, c’est-à-dire de renoncer à consommer aujourd’hui pour réaliser des projets à long terme.

Observer la façon dont les plus pauvres font des économies peut nous donner un bon enseignement. L’économiste Esther Duflo (dont nous avons déjà parlé) se demande dans son dernier livre* « pourquoi les pauvres n’épargnent pas plus », alors qu’ils le pourraient parfois.

Décider d’épargner

Elle raconte le cas de vendeuses de fruits et légumes en Inde qui empruntent chaque jour la somme de 1000 roupies au taux de 4,69% par jour (les usuriers de village pratiquent ces taux très élevés). Avec cette somme elles achètent des fruits et légumes qu’elles vendent le jour même.

L’auteur écrit : « Imaginons que ces vendeuses décident de boire deux tasses de thé en moins chaque jour pendant trois jours. Elles économiseraient ainsi quotidiennement 5 roupies. Cela signifierait que, le lendemain, elles auraient 5,23 roupies de moins à rembourser (les 5 roupies qu’elles n’auraient pas empruntées, plus 23 paisa d’intérêts). »

En poursuivant le calcul, l’auteur conclut qu’avec les intérêts cumulés, les vendeuses seraient libérées de leur dette en quatre-vingt-dix jours exactement. Elles économiseraient alors 40 roupies par jour, soit l’équivalent de la moitié de leur salaire pour le prix de six tasses de thé.

Nous reviendrons sur ce type de calcul, mais attardons-nous sur le mécanisme psychologique qui fait que les vendeuses indiennes dont nous venons de parler n’épargnent pas le prix de quelques tasses de thé. C’est que, explique Esther Duflo, le cerveau humain ne traite pas de la même façon les décisions concernant le présent et celles concernant le futur. Une manifestation de cette « incohérence temporelle consiste à acheter ce que nous désirons dans l’immédiat (de l’alcool, des aliments gras ou sucrés, des babioles, etc.) tout en prévoyant de dépenser notre argent de façon plus responsable dans le futur. Autrement dit, les choses que nous avons plaisir à imaginer acheter plus tard ne sont pas toujours celles que nous achetons sur l’instant. »

Fatigue décisionnelle

La décision d’épargner est donc étroitement liée à la force de volonté, parmi d’autres facteurs. Une autre étude récente (citée par Atlantico, via le New York Times) montre que cette capacité à prendre de bonnes décisions fluctue et n’est pas toujours très rationnelle.

Des chercheurs ont ainsi étudié la prise de décision de juges dans un tribunal. Il apparaît que le verdict des juges n’est pas resté le même au cours de la journée. Les décisions prises le matin ont été plus clémentes. Les chercheurs ont dénommé ce phénomène « fatigue décisionnelle ». Le fait de prendre une décision produit un stress et de la fatigue. Au cours de la journée, à mesure que les décisions prises s’accumulent, la fatigue rend la prise de décision moins assurée. Certains chercheurs lient la fatigue décisionnelle à des facteurs physiologiques, comme le taux de glucose. Ces résultats nous renvoient à la difficulté d’épargner quand cette décision implique des choix à faire dans l’instant. Quand la force de la volonté est trop sollicitée, certains finissent par renoncer d’épargner pour consommer dans l’instant.

C’est en tenant compte de cet aspect psychologique de l’épargne que l’auteur américain David Bach a écrit son best seller, The Automatic Millionnaire. Ce livre est intéressant notamment grâce à un concept très simple qui permet de bien comprendre un mécanisme de l’épargne : les intérêts cumulés.

Ce concept est résumé par le terme « latte factor ». L’idée est la même que pour les vendeuses indiennes : que se passerait-il si on économisait chaque jour le coût d’un latte (ce café italien agrémenté de lait chauffé à la vapeur) et d’un muffin, soit 5 dollars ?

David Bach a fait le calcul : cette petite somme, placée à 10% annuel, représentera 1 885 $ au bout d’un an, 11 616 $ au bout de 5 ans, 30 727 $ au bout de 10 ans et 948 611 $ au bout de 40 ans.

Le livre de David Bach débute en présentant un couple d’Américains moyens, du moins en apparence, les McIntyres. Ils ont la cinquantaine, lui est employé et elle esthéticienne. Mais, contrairement à beaucoup d’Américains, ils ne sont pas endettés. Ils possèdent deux maisons, déjà payées, dont une qu’ils louent. Ils possèdent aussi des économies assez substantielles. Vous l’avez compris, les McIntyres connaissent le « latte factor ». Ils ne sont pas de grands adeptes de la pause café, mais ont trouvé un bon moyen pour épargner.

* Repenser la pauvreté, Esther Duflo et Abijit V. Banerjee.

Un tour d’Europe de l’épargne de partage

Vendredi 15 juin 2012

Et si le partage était une solution à la crise ? On se souvient, en 2011, quand les États-Unis ont perdu leur note AAA et que la crise de la dette européenne s’est ravivée, le financier américain Warren Buffett a déclaré qu’il était prêt à payer plus d’impôts. L’idée du partage apparaissait donc, pour lui, comme un remède possible aux bouleversements de notre temps.

Cette idée est soutenue également lors des Ateliers de la finance responsable, qui se sont tenus le 12 juin à Paris. Les solutions d’épargne de partage à travers l’Europe y ont été présentées. « Le partage consenti plus que l’austérité généralisée m’apparaît comme l’une des solutions à la crise, même si l’idée semble étrangement absente des débats », explique Vincent Auriac, d’Axylia conseil, spécialisé en ISR (Investissement Socialement Responsable) et en philanthropie, qui organisait l’événement.

Les Ateliers de la finance responsable

Les Ateliers de la finance responsable, dont c’était la sixième édition, ont permis de présenter les produits d’épargne de partage en Europe. L’épargne de partage consiste, pour l’épargnant (ou, parfois, l’établissement financier), à reverser une partie de son revenu en faveur d’une organisation charitable. L’ensemble des produits d’épargne de partage ont été recensés : près de 500 livrets, comptes, cartes bancaires, fonds orientés vers le partage.

Les Ateliers de la finance responsable ont réunis cents professionnels, dont des responsables d’associations caritatives et des représentants de toutes les banques françaises et leurs homologues européens. Les débats se sont tenus dans l’auditorium Jean XXIII de la Mutuelle Saint-Christophe, un lieu qui rappelait que c’est au sein des congrégations religieuses qu’a débuté l’histoire de la finance solidaire et de partage. C’est peut-être ce lieu qui a inspiré des échanges fructueux et passionnés entre les représentants du monde monde financier et les responsables d’associations de tous horizons : Habitat et Humanisme, CCFD Terre solidaire, réseau Cocagne, ou Secours Catholique.

L’épargne de partage en Europe

Ces ateliers ont esquissé un tour d’Europe de la finance altruiste. On peut ainsi observer une grande variété d’épargne de partage avec des mécanismes de partage diversifiés. On peut ainsi :

  • reverser une fraction des intérêts de son épargne,
  • donner quelques centimes à chaque opération réalisée avec sa carte bancaire,
  • réaliser un don correspondant à une fraction des droits d’entrée sur un produit d’épargne, etc.

L’épargne de partage se déploie sur quatre types de produits d’épargne : les cartes bancaires, les livrets et les comptes, les fonds de placement et l’assurance-vie.

 

Les livrets et les comptes

Le livret d’épargne de partage est le pionnier des produits de partage. Apparu en 1974 en Allemagne, on en compte aujourd’hui 146 dans onze pays européens. Ils ont générés 5 millions de dons en 2010, dont 2,7 millions en France, 900 000 euros aux Pays-Bas et 800 000 euros en Grande-Bretagne.

Le principe de ces livrets repose sur le partage des intérêts : on reverse tout ou partie de ses intérêts en faveur d’une ou plusieurs associations choisies. Parfois, l’établissement financier participe au don.

La France représente plus de la moitié des dons européens sur ces produits. Le Crédit coopératif fait figure de leader. Les grands groupes bancaires sont entrés récemment sur ce marché des livrets d’épargne de partage.

 

Les cartes bancaires

La cartes bancaire de partage est récente, mais elle s’est développée rapidement. Apparue en 1988 en Grande-Bretagne, on en compte 156 en Europe. Les mécanismes de don sont divers : versement d’un pourcentage du montant de chaque achat, distribution d’une somme fixe à chaque opération ou don de tout ou partie de la cotisation de la carte.

Les cartes bancaires de partage sont très répandues en Grande-Bretagne et en France. Elles ont permis de collecter 11 millions d’euros en 2010, dont 4,3 millions en Grande-Bretagne , 2 millions en France et 2 millions en Espagne.

En France, des cartes bancaires portent le double logo de la banque et d’une association. Ce co-branding permet de regrouper les membres d’une communauté se reconnaissant des mêmes valeurs.

 

Les fonds de placement

Le premier fonds de partage européen est né en Allemagne, en 1976. On en dénombre aujourd’hui 110 dans douze pays européens, dont 41 en France. Il ont collecté 68 millions d’euros de dons en 2010. A lui seul, le fonds britannique Children’s Investment Fund a récolté 50 millions d’euros. Au total, la Grande-Bretagne a ainsi collecté 51,6 millions de dons, contre 7,8 millions pour la Suède, 4,3 millions pour la France et 2 millions pour la Suisse.

Les fonds suédois, en particulier, sont plutôt généreux. Le partage se fait sur l’actif net du fonds (2% en général) et non sur les revenus.

 

L’assurance-vie

L’assurance-vie est un géant de l’épargne, mais qui partage peu. Alors que 6200 milliards d’euros y étaient investis en Europe fin 2010 (dont 1000 milliards en France), moins de 100 millions d’euros étaient logés dans des contrats de partage, générant 150 000 euros de dons.

Il existe plusieurs freins à la mise en place de contrats d’assurance-vie de partage. La complexité est souvent mise en avant. Par ailleurs, le partage se fait souvent sur les droits d’entrées. Or, pour les contrats de grosse taille, la concurrence amène à réduire ces frais à zéro.

On compte 18 contrats de ce type en Europe, dont 10 en France.

Le CCFD : un acteur du développement et de l’épargne solidaire

Lundi 14 novembre 2011

Le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre solidaire) est un des acteurs historiques de la finance solidaire en France. Cette ONG proche de l’église catholique, créée en 1961, fut à l’origine du premier produit d’épargne de partage en France. Il s’agit du fonds de partage Faim et Développement, créé par le Crédit coopératif en 1983, en concertation avec le CCFD.

Pour retracer l’histoire de ce premier fonds de partage, il faut se déplacer en Pologne. En 1983, le syndicat Solidarnosc est en lutte contre le pouvoir du général Jaruzelski. L’association Solidarité France Pologne cherche un moyen de soutenir les ouvriers polonais. Le CCFD est alors chargé d’assurer le transfert d’argent vers la Pologne. Puis, pour permettre des flux d’argent plus réguliers, l’idée est lancée : le FCP (Fonds Commun de Placement) Faim et Développement est créé. Il existe toujours et s’est élargi à d’autres bénéficiaires que le CCFD-Terre solidaire et d’autres pays que la Pologne*.

Le CCFD, qui fête ses 50 ans, développe ses actions selon trois axes: des programmes internationaux, l’éducation et l’action auprès des décideurs.

Programmes internationaux

Le CCFD-Terre solidaire a été co-Prix Nobel de la Paix en 1996. L’ONG soutient 427 projets dans 60 pays. Elle emploie 171 salariés et 15 000 bénévoles. Ils sont situés sur tous les continents :

  • Afrique (32%),
  • Amérique latine (24%)
  • Asie et Océanie (19%)
  • sur le bassin méditerranéen (9%)
  • Europe de l’Est (5%)
  • auprès des migrants (5%)

Éducation à la solidarité

Une des missions du CCFD est l’éducation à la solidarité. Pour son président, Guy Aurenche, « tandis que la peur de manquer nous gagne et que les démons de la xénophobie sont agités, c’est l’un des aspects de la mission d’éducation au développement que le CCFD-Terre Solidaire a travaillés. […] Mettre le souci de communication du CCFD-Terre Solidaire au service, certes de la collecte fi financière et de notre notoriété, mais surtout de la capacité à changer le regard sur les personnes les plus fragiles, n’est ni un luxe ni un accessoire.». (source: Rapport moral et d’activité 2010)

Action auprès des décideurs

Le CCFD fait entendre sa voix auprès des décideurs politiques. A l’occasion du G20 à Cannes, les 3 et 4 novembres, l’ONG elle était présente pour dénoncer le rôle des paradis fiscaux dans l’économie.

Sa campagne « Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux » se déploie depuis 2010. L’argument du CCFD est que les premières victimes de ces flux d’argents sont les populations des pays pauvres. En créant des filiales dans des territoires à la fiscalité allégée, les entreprises omettent de payer l’impôt dans les pays où ils s’implantent. (source: L’économie déboussolée, rapport du CCFD)

La générosité du public

Les ressources du CCFD-Terre solidaire s’élèvent à 42 millions d’euros. Elles proviennent à 91% de de la générosité du public : dons, legs et produit de l’épargne solidaire. La collecte venant de l’épargne de partage s’élève à plus de 1,5 millions d’euros.

Les autres ressources sont des subventions (4%) et des ventes de produits solidaires et des ressources exceptionnelles (5%).

Produits d’épargne solidaire

Le soutien au CCFD-Terre solidaire peut se faire via l’épargne de partage. L’épargne de partage consiste à reverser à une bonne cause tout ou partie des revenus générés par les produits d’épargne.

Quatre produits reversent au CCFD. Ils ont tous reçu le label Finansol :

  1. Faim et Développement : Ce FCP permet à l’épargnant de reverser 50 ou 75% des revenus annuels au CCFD ou à sept autres associations. Ce placement existe en trois modes de gestion: Trésorerie, Équilibre et Horizon. Ces placements sont disponibles auprès du Crédit coopératif.
  2. Faim et Développement Agir CCFD : Ce FCP est à la fois un fonds solidaire et un fonds de partage. En effet, entre 5 et 10% du FCP sont investis dans des entreprises solidaires. La moitié des revenus sont reversés au CCFD. Il est possible de souscrire à ce produit d’épargne solidaire auprès du Crédit coopératif mais aussi directement auprès de sa banque. Dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription.
  3. Eurco Solidarité : Cette Sicav est classé par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) comme obligations et autres titres de créance libellés en euros. La moitié des revenus sont reversés au CCFD. La souscription se fait auprès de LCL ou d’une autre banque (dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription).
  4. Éthique et Partage CCFD : La totalité des revenus sont reversés au CCFD. Ce FCP est composé d’actions de pays de l’Union européenne. On peut y souscrire auprès de Meeshaert ou après de sa banque (dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription ).

* Cette histoire est racontée dans l’Épargne solidaire pour les Nuls, d’Éric Larpin.

Les Français et l’ISR: les épargnants en quête d’information

Jeudi 13 octobre 2011

semaine_investissement_socialement_responsableLes critères environnementaux et sociaux ont une place importante dans les décisions d’investir des Français, même s’ils sont peu à connaître précisément le concept d’ISR. C’est une des conclusions de l’étude sur la perception de l’ISR par les Français, réalisée par l’Ipsos pour Eiris* à l’occasion de la Semaine de l’ISR. L’enquête a été publiée dans Les Echos. Elle révèle un réel besoin d’information et de pédagogie.

L’ISR : un concept peu connu des Français

Quand on interroge les Français sur ce qu’est l’ISR, seuls 8% savent précisément de quoi il s’agit. L’an dernier la même enquête montrait que seuls 4% des Français étaient capables de nommer et décrire un produit ISR. Même si la question n’est pas exactement la même, on peut percevoir une prise de conscience. 28% ont déjà entendu parler de l’ISR mais ne sauraient le définir et 64% n’en ont jamais entendu parler.

Pour autant, les critères environnementaux et sociaux ont une importance dans les décisions de placement. Pour 60% des investisseurs ils occupent une place très importante (14%) ou importante (46%). De plus, 45% des sondés pensent accorder à l’avenir une place croissante aux critères environnementaux, sociaux et éthiques.

Des épargnants cohérents avec leurs choix de consommateurs

L’ISR est perçu comme un moyen d’être cohérent avec ses autres choix de consommateur et de citoyen (selon 55% des sondés). De plus, l’ISR permet de donner un sens à son épargne (46%). Il être un moyen d’utiliser l’épargne pour peser sur le comportement des entreprises (41%).

En revanche, les motivations financières n’apparaissent pas primordiales. Seuls 14% pensent que les placements ISR sont plus performants à long terme et 20% qu’ils limitent les risques.

Si l’on pose les mêmes questions à des épargnants prêt à investir en ISR, les arguments sont repris avec plus de force. Ainsi, 86% voient l’ISR comme un moyen d’être cohérent avec ses autres choix de consommateur, 84% comme un moyen de donner un sens à son épargne et 72% comme un moyen de peser sur les entreprises.

Une forte demande d’information

Pour 75% des sondés, il n’y a pas assez d’information sur l’ISR. 66% jugent qu’on a du mal à comprendre comment les placements ISR pèsent sur le comportement des entreprises. De plus, l’information transmise manque de transparence (57%). Les épargnants prêts à investir en ISR relèvent les mêmes manques d’information sur le sujet.

Les épargnants tentés par l’exclusion

Parmi les différentes approches (ou familles) de l’ISR, le best in class est majoritaire. Pourtant, ce n’est pas celle qui séduit le plus les personnes interrogées.

epargne_approche_investissement_socialement_responsable

L’exclusion tente « beaucoup » 36% des sondés. Elle devance l’approche thématique (26%), l’engagement (20%), le best in class (19%) et l’épargne solidaire (13%).

Mais si on considère les personnes qui sont « beaucoup » ou « assez » tentées, c’est l’approche thématique qui arrive en tête avec 68%. Elle devance le best in class (67%), l’exclusion (64%), l’engagement 58% et le solidaire (44%).

*Eiris se définit comme une agence de recherche internationale sur la performance sociale, environnementale, éthique et de gouvernance des entreprises.

Novethic décerne ses labels et prône la pédagogie sur l’ISR

Jeudi 6 octobre 2011

Novethic_decerne_labels_investissement_socialement_responsableC’est presque devenu un rituel. Chaque mois d’octobre, depuis 2009,  Novethic attribue ses labels aux fonds ISR (Investissement Socialement Responsable). La Semaine de l’ISR se profile. Elle aura lieu pour la deuxième année, du 10 au 16 octobre.

Cette année, Novethic, centre de recherche et média dédié à l’ISR, a décerné son label à 156 fonds sur 184 candidats parmi les quelque 300 fonds se revendiquant ISR en France. L’ an passé, 142 fonds sur 182 l’avaient reçu et en 2009, lors de la première édition, 92 sur 121.

Le nombre de fonds labellisés augmente. Novethic l’explique ainsi:

« c’est essentiellement parce que, bon an mal an, la transparence progresse chez les offreurs de fonds ISR. La mise à disposition d’information extra-financière semble être progressivement industrialisée et intégrée à l’actualisation des reporting financiers ».

Besoin de pédagogie

L’institut Novethic insiste sur le besoin de pédagogie. Elle doit notamment s’exercer au niveau de la distribution dans les réseaux bancaires.

« La pédagogie sur l’ISR et la spécificité de ce mode de gestion qui consiste à intégrer à l’analyse financière des critères ESG passe non seulement par une visibilité sur les sites des sociétés de gestion mais aussi par une distribution effective dans les réseaux qui proposent des produits financiers aux clients particuliers. Progressivement les fonds labellisés ont gagné les sites Internet des réseaux de distribution. C’est le cas notamment des groupes Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, HSBC et LCL ».

La collecte de l’ISR reste positive (+2,7% au premier semestre 2011). Toutefois, les Français qui ont de l’épargne privilégient les livrets (+15 milliards d’euros en huit mois).

Percée de l’engagement

Novethic a récompensé cinq fonds de la mention « engagement » pour une démarche d’activisme actionnarial. Cette démarche monte en puissance. En 2010, seul un fonds avait obtenu cette mention.

Vingt-quatre fonds ont reçu la mention « indicateurs ESG » car ils effectuent une mesure de leur performance extra-financière. Voici les  quatre critères pour l’attribution du label:

1. Analyse Environnementale, Sociale et de Gouvernance (ESG)

Pour être labellisé, un gérant de fonds doit prendre en compte les enjeux ESG, processus auquel peuvent s’ajouter des critères éthiques d’exclusion de titres ou de secteurs.

2. Transparence du processus

Le souscripteur doit pouvoir comprendre les caractéristiques extra-financières du fonds et leurs impacts sur la gestion du produit. Le gérant doit s’appuyer pour cela sur le Code de transparence AFG-FIR qui doit être clairement accessible.

3. Reporting extra-financier de qualité

Le reporting mensuel et/ou trimestriel d’un OPCVM ISR doit avoir une dimension complémentaire à celle des reportings des fonds non ISR.

4. Publication de la composition intégrale du portefeuille

La Semaine de l’ISR

La semaine de l’ISR aura lieu, du 10 au 16 octobre, pour la deuxième année, sous le haut patronage du ministère de l’Ecologie et du développement durable.

La Semaine de l’ISR a pour but de populariser l’ISR auprès du grand public. Des événements seront organisés dans toute la France par des acteurs de l’ISR.

Le Livret vert : un projet pour convertir l’économie française à l’écologie?

Lundi 29 août 2011

« Verdir » l’épargne des Français. C’est l’idée soutenue par les écologistes à quelques mois de l’élection présidentielle. Et par quel moyen? Un Livret vert, petit frère du Livret A, qui orienterait l’épargne vers des projets écologiques.

Cette proposition est portée par Éva Joly, candidate d’EELV (Europe Écologie Les Verts). Elle l’a présentée lors des journées d’été d’Europe Écologie Les Verts, au début du mois. Concrètement ce Livret vert serait « géré par la Caisse des dépôts, alimenté par l’épargne des français, pour investir dans cette lutte contre gaspillage » (source: site d’Éva Joly).

Financer des investissements écologiques

Pour l’heure, les contours du projet ont tout juste été esquissés. Le Livret vert « capterait l’épargne des Français pour financer nos investissements écologiques », a rappelé Yannick Jadot, porte parole du parti écolo (source: Marianne).

Madame Joly a précisé son principe: ” Nous allons « flécher » une partie de l’épargne pour financer ces projets ” (interview dans Les Échos).

Cet outil d’épargne est envisagé comme un moyen pour convertir l’économie française à l’écologie. Éva Joly développe des exemples de cette conversion :

« Renforcer l’isolation des bâtiments permettrait de créer quatre fois plus d’emplois pour le même chiffre d’affaires que le développement de la filière gazière qui repose essentiellement sur l’importation de matière première. Le développement de la filière industrielle des énergies renouvelables soutiendra l’activité économique de PME innovantes, plus créatrices d’emploi et plus citoyennes que les multinationales. »

Le Livret Développement Durable

Le Livret vert rappelle un produit d’épargne existant : le Livret Développement Durable (LDD). Ce livret est destiné à collecter des fonds pour financer des travaux d’économie d’énergie dans les bâtiments anciens. Il sert aussi au financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME).

Le LDD, lancé en 2007, a remplacé le Codevi (Compte pour le Développement Industriel) (wikipedia).

Comme le Livret A, le LDD est un produit dont l’épargne est toujours disponible et à intérêts exonérés fiscalement.

Toute personne ayant son domicile fiscal en France peut bénéficier d’un LDD.

Le dépôt maximum est de 6000 euros.

Le taux d’intérêt est de 2,25% au 1er août 2011 (source: La Finance pour tous).

Les livrets : des produits d’épargne populaires

Les Français possèdent 68 milliards d’euros déposés sur leurs LDD, au 31 décembre 2010. Le taux de détention du LDD s’élève à 38 % de la population française, soit 24,7 millions de LDD ouverts.

Par comparaison, le Livret A représente 193 milliards d’euros. L’épargne sur l’ensemble des livrets d’épargne réglementée se monte à 316 milliards.

Le Livret A bénéficie d’une très forte popularité, avec plus de 60 millions de livrets détenus au 31 décembre 2010, il est le placement le plus répandu au sein des ménages. (source: rapport annuel de l’Observatoire de l’Epargne Réglementée).

Le LDD : un livret vert pâle ?

Le LDD est souvent critiqué comme n’étant pas assez « vert ». C’est le cas de Stanislas Dupré, auteur Que font-ils de notre argent?. Dans ce livre, dont nous avons déjà parlé, il étudie le poids carbone de nos placements financiers.

Selon lui, de nombreux produits d’épargne ont un lourd impact sur l’environnement car ils financent des projets polluants. Sa critique s’attache aussi au Livret Développement Durable, « abusivement baptisé » ainsi, selon lui (La Tribune). En effet, seule une petite part de l’épargne versée sur le LDD sert à financer des travaux d’économie d’énergie dans les logements.

Que pensez-vous de ce projet de Livret vert ? Vous intéresserait-il s’il existait un jour ?

Microcrédit : l’ADIE à la rencontre de ses clients

Mardi 14 juin 2011

L’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique) a organisé sa semaine du microcrédit, du 7 au 11 juin, dans toute la France. A cette occasion, j’ai poussé la porte de mon agence locale, au Mans. J’ai voulu en savoir plus sur les clients du microcrédit.

Annette Pachot, habitante du Mans, donne des cours de français à des étudiants étrangers, des personnes en situation d’illettrisme et des salariés souhaitant une remise à niveau. Sa structure s’intitule « Dire et écrire ». Elle nécessite des investissements : ordinateur, vidéo projecteur, etc. Annette obtient un prêt d’un montant de 1580€ auprès de l’ADIE. Parallèlement, elle est suivie régulièrement par un bénévole de l’association.

Accompagner les emprunteurs

L’accompagnement des créateurs d’entreprise est un des aspects importants du microcrédit en France. Le montage du projet, son démarrage et son accompagnement sont assurés par l’ADIE. L’aide couvre différentes disciplines : formation comptable ou bureautique, coaching en marketing, formation juridique ou de gestion, etc.

Jonas Missaye, aurait pu être footballeur professionnel, mais son parcours a fait de lui un photographe. C’est en animant le magazine d’un club de football qu’il réalisera ses premiers clichés. Il crée ensuite une structure spécialisée dans les photos de jeunes sportifs. Aujourd’hui, un studio au cœur du vieux Mans lui permet de développer sa sensibilité.

Récemment, Jonas a eu besoin de renouveler son matériel. Un prêt de 4200 € de l’ADIE l’aide à consolider ce projet.

Au Mans, l’ADIE a financé 130 micro entreprises sur les 24 derniers mois. L’association est composée de deux conseillers crédit et douze bénévoles.

Les clients sont :

  • des bénéficiaires des minimas sociaux (RSA, ASS): 40%
  • des demandeurs d’emploi: 35%
  • des travailleurs pauvres et travailleurs indépendants: 25%

(source : ADIE)

En marge de l’économie

Selon Maria Nowak, fondatrice de l’ADIE, « les clients de l’ADIE sont essentiellement des chômeurs, des allocataires des minimas sociaux et des travailleurs pauvres avec une part importante de femmes, de jeunes, de seniors, de personnes d’origine immigrée, de gens du voyage, bref de tous ceux qui d’une façon ou d’une autre sont, plus que d’autres, en marge de l’économie et souffrent, plus que d’autres, de toutes sortes de discriminations. » (in L’Espoir économique)

Au niveau national, 14 249 microcrédits professionnels ont été accordés en 2009 pour un montant total de 49,2 millions d’euros en 2009, soit un montant moyen de 3400 euros.

De plus, 7884 microcrédits personnels ont été octroyés en 2010 pour un montant total de 17,4 millions d’euros en 2010, soit un montant moyen de 2200 euros. Le microcrédit personnel sert à couvrir une dépense liée à la recherche d’emploi: achat ou location de véhicule, permis de conduire, déménagement, formation.

Au niveau mondial, on compte 190 millions d’emprunteurs, dont 74% sont des femmes.

(source: baromètre de la microfinance)

La semaine du microcrédit avait lieu pour la septième année.

L’ADIE a été créée en 1989. Elle compte 130 antennes et 190 permanences sur le territoire national.

A lire: Le microcrédit en France: petit état des lieux