Archive pour le mot-clef ‘épargne’

Le CCFD : un acteur du développement et de l’épargne solidaire

Lundi 14 novembre 2011

Le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre solidaire) est un des acteurs historiques de la finance solidaire en France. Cette ONG proche de l’église catholique, créée en 1961, fut à l’origine du premier produit d’épargne de partage en France. Il s’agit du fonds de partage Faim et Développement, créé par le Crédit coopératif en 1983, en concertation avec le CCFD.

Pour retracer l’histoire de ce premier fonds de partage, il faut se déplacer en Pologne. En 1983, le syndicat Solidarnosc est en lutte contre le pouvoir du général Jaruzelski. L’association Solidarité France Pologne cherche un moyen de soutenir les ouvriers polonais. Le CCFD est alors chargé d’assurer le transfert d’argent vers la Pologne. Puis, pour permettre des flux d’argent plus réguliers, l’idée est lancée : le FCP (Fonds Commun de Placement) Faim et Développement est créé. Il existe toujours et s’est élargi à d’autres bénéficiaires que le CCFD-Terre solidaire et d’autres pays que la Pologne*.

Le CCFD, qui fête ses 50 ans, développe ses actions selon trois axes: des programmes internationaux, l’éducation et l’action auprès des décideurs.

Programmes internationaux

Le CCFD-Terre solidaire a été co-Prix Nobel de la Paix en 1996. L’ONG soutient 427 projets dans 60 pays. Elle emploie 171 salariés et 15 000 bénévoles. Ils sont situés sur tous les continents :

  • Afrique (32%),
  • Amérique latine (24%)
  • Asie et Océanie (19%)
  • sur le bassin méditerranéen (9%)
  • Europe de l’Est (5%)
  • auprès des migrants (5%)

Éducation à la solidarité

Une des missions du CCFD est l’éducation à la solidarité. Pour son président, Guy Aurenche, « tandis que la peur de manquer nous gagne et que les démons de la xénophobie sont agités, c’est l’un des aspects de la mission d’éducation au développement que le CCFD-Terre Solidaire a travaillés. […] Mettre le souci de communication du CCFD-Terre Solidaire au service, certes de la collecte fi financière et de notre notoriété, mais surtout de la capacité à changer le regard sur les personnes les plus fragiles, n’est ni un luxe ni un accessoire.». (source: Rapport moral et d’activité 2010)

Action auprès des décideurs

Le CCFD fait entendre sa voix auprès des décideurs politiques. A l’occasion du G20 à Cannes, les 3 et 4 novembres, l’ONG elle était présente pour dénoncer le rôle des paradis fiscaux dans l’économie.

Sa campagne « Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux » se déploie depuis 2010. L’argument du CCFD est que les premières victimes de ces flux d’argents sont les populations des pays pauvres. En créant des filiales dans des territoires à la fiscalité allégée, les entreprises omettent de payer l’impôt dans les pays où ils s’implantent. (source: L’économie déboussolée, rapport du CCFD)

La générosité du public

Les ressources du CCFD-Terre solidaire s’élèvent à 42 millions d’euros. Elles proviennent à 91% de de la générosité du public : dons, legs et produit de l’épargne solidaire. La collecte venant de l’épargne de partage s’élève à plus de 1,5 millions d’euros.

Les autres ressources sont des subventions (4%) et des ventes de produits solidaires et des ressources exceptionnelles (5%).

Produits d’épargne solidaire

Le soutien au CCFD-Terre solidaire peut se faire via l’épargne de partage. L’épargne de partage consiste à reverser à une bonne cause tout ou partie des revenus générés par les produits d’épargne.

Quatre produits reversent au CCFD. Ils ont tous reçu le label Finansol :

  1. Faim et Développement : Ce FCP permet à l’épargnant de reverser 50 ou 75% des revenus annuels au CCFD ou à sept autres associations. Ce placement existe en trois modes de gestion: Trésorerie, Équilibre et Horizon. Ces placements sont disponibles auprès du Crédit coopératif.
  2. Faim et Développement Agir CCFD : Ce FCP est à la fois un fonds solidaire et un fonds de partage. En effet, entre 5 et 10% du FCP sont investis dans des entreprises solidaires. La moitié des revenus sont reversés au CCFD. Il est possible de souscrire à ce produit d’épargne solidaire auprès du Crédit coopératif mais aussi directement auprès de sa banque. Dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription.
  3. Eurco Solidarité : Cette Sicav est classé par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) comme obligations et autres titres de créance libellés en euros. La moitié des revenus sont reversés au CCFD. La souscription se fait auprès de LCL ou d’une autre banque (dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription).
  4. Éthique et Partage CCFD : La totalité des revenus sont reversés au CCFD. Ce FCP est composé d’actions de pays de l’Union européenne. On peut y souscrire auprès de Meeshaert ou après de sa banque (dans ce cas, des frais supplémentaires peuvent être demandés lors de la souscription ).

* Cette histoire est racontée dans l’Épargne solidaire pour les Nuls, d’Éric Larpin.

Les Français et l’ISR: les épargnants en quête d’information

Jeudi 13 octobre 2011

semaine_investissement_socialement_responsableLes critères environnementaux et sociaux ont une place importante dans les décisions d’investir des Français, même s’ils sont peu à connaître précisément le concept d’ISR. C’est une des conclusions de l’étude sur la perception de l’ISR par les Français, réalisée par l’Ipsos pour Eiris* à l’occasion de la Semaine de l’ISR. L’enquête a été publiée dans Les Echos. Elle révèle un réel besoin d’information et de pédagogie.

L’ISR : un concept peu connu des Français

Quand on interroge les Français sur ce qu’est l’ISR, seuls 8% savent précisément de quoi il s’agit. L’an dernier la même enquête montrait que seuls 4% des Français étaient capables de nommer et décrire un produit ISR. Même si la question n’est pas exactement la même, on peut percevoir une prise de conscience. 28% ont déjà entendu parler de l’ISR mais ne sauraient le définir et 64% n’en ont jamais entendu parler.

Pour autant, les critères environnementaux et sociaux ont une importance dans les décisions de placement. Pour 60% des investisseurs ils occupent une place très importante (14%) ou importante (46%). De plus, 45% des sondés pensent accorder à l’avenir une place croissante aux critères environnementaux, sociaux et éthiques.

Des épargnants cohérents avec leurs choix de consommateurs

L’ISR est perçu comme un moyen d’être cohérent avec ses autres choix de consommateur et de citoyen (selon 55% des sondés). De plus, l’ISR permet de donner un sens à son épargne (46%). Il être un moyen d’utiliser l’épargne pour peser sur le comportement des entreprises (41%).

En revanche, les motivations financières n’apparaissent pas primordiales. Seuls 14% pensent que les placements ISR sont plus performants à long terme et 20% qu’ils limitent les risques.

Si l’on pose les mêmes questions à des épargnants prêt à investir en ISR, les arguments sont repris avec plus de force. Ainsi, 86% voient l’ISR comme un moyen d’être cohérent avec ses autres choix de consommateur, 84% comme un moyen de donner un sens à son épargne et 72% comme un moyen de peser sur les entreprises.

Une forte demande d’information

Pour 75% des sondés, il n’y a pas assez d’information sur l’ISR. 66% jugent qu’on a du mal à comprendre comment les placements ISR pèsent sur le comportement des entreprises. De plus, l’information transmise manque de transparence (57%). Les épargnants prêts à investir en ISR relèvent les mêmes manques d’information sur le sujet.

Les épargnants tentés par l’exclusion

Parmi les différentes approches (ou familles) de l’ISR, le best in class est majoritaire. Pourtant, ce n’est pas celle qui séduit le plus les personnes interrogées.

epargne_approche_investissement_socialement_responsable

L’exclusion tente « beaucoup » 36% des sondés. Elle devance l’approche thématique (26%), l’engagement (20%), le best in class (19%) et l’épargne solidaire (13%).

Mais si on considère les personnes qui sont « beaucoup » ou « assez » tentées, c’est l’approche thématique qui arrive en tête avec 68%. Elle devance le best in class (67%), l’exclusion (64%), l’engagement 58% et le solidaire (44%).

*Eiris se définit comme une agence de recherche internationale sur la performance sociale, environnementale, éthique et de gouvernance des entreprises.

Novethic décerne ses labels et prône la pédagogie sur l’ISR

Jeudi 6 octobre 2011

Novethic_decerne_labels_investissement_socialement_responsableC’est presque devenu un rituel. Chaque mois d’octobre, depuis 2009,  Novethic attribue ses labels aux fonds ISR (Investissement Socialement Responsable). La Semaine de l’ISR se profile. Elle aura lieu pour la deuxième année, du 10 au 16 octobre.

Cette année, Novethic, centre de recherche et média dédié à l’ISR, a décerné son label à 156 fonds sur 184 candidats parmi les quelque 300 fonds se revendiquant ISR en France. L’ an passé, 142 fonds sur 182 l’avaient reçu et en 2009, lors de la première édition, 92 sur 121.

Le nombre de fonds labellisés augmente. Novethic l’explique ainsi:

« c’est essentiellement parce que, bon an mal an, la transparence progresse chez les offreurs de fonds ISR. La mise à disposition d’information extra-financière semble être progressivement industrialisée et intégrée à l’actualisation des reporting financiers ».

Besoin de pédagogie

L’institut Novethic insiste sur le besoin de pédagogie. Elle doit notamment s’exercer au niveau de la distribution dans les réseaux bancaires.

« La pédagogie sur l’ISR et la spécificité de ce mode de gestion qui consiste à intégrer à l’analyse financière des critères ESG passe non seulement par une visibilité sur les sites des sociétés de gestion mais aussi par une distribution effective dans les réseaux qui proposent des produits financiers aux clients particuliers. Progressivement les fonds labellisés ont gagné les sites Internet des réseaux de distribution. C’est le cas notamment des groupes Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, HSBC et LCL ».

La collecte de l’ISR reste positive (+2,7% au premier semestre 2011). Toutefois, les Français qui ont de l’épargne privilégient les livrets (+15 milliards d’euros en huit mois).

Percée de l’engagement

Novethic a récompensé cinq fonds de la mention « engagement » pour une démarche d’activisme actionnarial. Cette démarche monte en puissance. En 2010, seul un fonds avait obtenu cette mention.

Vingt-quatre fonds ont reçu la mention « indicateurs ESG » car ils effectuent une mesure de leur performance extra-financière. Voici les  quatre critères pour l’attribution du label:

1. Analyse Environnementale, Sociale et de Gouvernance (ESG)

Pour être labellisé, un gérant de fonds doit prendre en compte les enjeux ESG, processus auquel peuvent s’ajouter des critères éthiques d’exclusion de titres ou de secteurs.

2. Transparence du processus

Le souscripteur doit pouvoir comprendre les caractéristiques extra-financières du fonds et leurs impacts sur la gestion du produit. Le gérant doit s’appuyer pour cela sur le Code de transparence AFG-FIR qui doit être clairement accessible.

3. Reporting extra-financier de qualité

Le reporting mensuel et/ou trimestriel d’un OPCVM ISR doit avoir une dimension complémentaire à celle des reportings des fonds non ISR.

4. Publication de la composition intégrale du portefeuille

La Semaine de l’ISR

La semaine de l’ISR aura lieu, du 10 au 16 octobre, pour la deuxième année, sous le haut patronage du ministère de l’Ecologie et du développement durable.

La Semaine de l’ISR a pour but de populariser l’ISR auprès du grand public. Des événements seront organisés dans toute la France par des acteurs de l’ISR.

Le Livret vert : un projet pour convertir l’économie française à l’écologie?

Lundi 29 août 2011

« Verdir » l’épargne des Français. C’est l’idée soutenue par les écologistes à quelques mois de l’élection présidentielle. Et par quel moyen? Un Livret vert, petit frère du Livret A, qui orienterait l’épargne vers des projets écologiques.

Cette proposition est portée par Éva Joly, candidate d’EELV (Europe Écologie Les Verts). Elle l’a présentée lors des journées d’été d’Europe Écologie Les Verts, au début du mois. Concrètement ce Livret vert serait « géré par la Caisse des dépôts, alimenté par l’épargne des français, pour investir dans cette lutte contre gaspillage » (source: site d’Éva Joly).

Financer des investissements écologiques

Pour l’heure, les contours du projet ont tout juste été esquissés. Le Livret vert « capterait l’épargne des Français pour financer nos investissements écologiques », a rappelé Yannick Jadot, porte parole du parti écolo (source: Marianne).

Madame Joly a précisé son principe: ” Nous allons « flécher » une partie de l’épargne pour financer ces projets ” (interview dans Les Échos).

Cet outil d’épargne est envisagé comme un moyen pour convertir l’économie française à l’écologie. Éva Joly développe des exemples de cette conversion :

« Renforcer l’isolation des bâtiments permettrait de créer quatre fois plus d’emplois pour le même chiffre d’affaires que le développement de la filière gazière qui repose essentiellement sur l’importation de matière première. Le développement de la filière industrielle des énergies renouvelables soutiendra l’activité économique de PME innovantes, plus créatrices d’emploi et plus citoyennes que les multinationales. »

Le Livret Développement Durable

Le Livret vert rappelle un produit d’épargne existant : le Livret Développement Durable (LDD). Ce livret est destiné à collecter des fonds pour financer des travaux d’économie d’énergie dans les bâtiments anciens. Il sert aussi au financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME).

Le LDD, lancé en 2007, a remplacé le Codevi (Compte pour le Développement Industriel) (wikipedia).

Comme le Livret A, le LDD est un produit dont l’épargne est toujours disponible et à intérêts exonérés fiscalement.

Toute personne ayant son domicile fiscal en France peut bénéficier d’un LDD.

Le dépôt maximum est de 6000 euros.

Le taux d’intérêt est de 2,25% au 1er août 2011 (source: La Finance pour tous).

Les livrets : des produits d’épargne populaires

Les Français possèdent 68 milliards d’euros déposés sur leurs LDD, au 31 décembre 2010. Le taux de détention du LDD s’élève à 38 % de la population française, soit 24,7 millions de LDD ouverts.

Par comparaison, le Livret A représente 193 milliards d’euros. L’épargne sur l’ensemble des livrets d’épargne réglementée se monte à 316 milliards.

Le Livret A bénéficie d’une très forte popularité, avec plus de 60 millions de livrets détenus au 31 décembre 2010, il est le placement le plus répandu au sein des ménages. (source: rapport annuel de l’Observatoire de l’Epargne Réglementée).

Le LDD : un livret vert pâle ?

Le LDD est souvent critiqué comme n’étant pas assez « vert ». C’est le cas de Stanislas Dupré, auteur Que font-ils de notre argent?. Dans ce livre, dont nous avons déjà parlé, il étudie le poids carbone de nos placements financiers.

Selon lui, de nombreux produits d’épargne ont un lourd impact sur l’environnement car ils financent des projets polluants. Sa critique s’attache aussi au Livret Développement Durable, « abusivement baptisé » ainsi, selon lui (La Tribune). En effet, seule une petite part de l’épargne versée sur le LDD sert à financer des travaux d’économie d’énergie dans les logements.

Que pensez-vous de ce projet de Livret vert ? Vous intéresserait-il s’il existait un jour ?

Microcrédit : l’ADIE à la rencontre de ses clients

Mardi 14 juin 2011

L’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique) a organisé sa semaine du microcrédit, du 7 au 11 juin, dans toute la France. A cette occasion, j’ai poussé la porte de mon agence locale, au Mans. J’ai voulu en savoir plus sur les clients du microcrédit.

Annette Pachot, habitante du Mans, donne des cours de français à des étudiants étrangers, des personnes en situation d’illettrisme et des salariés souhaitant une remise à niveau. Sa structure s’intitule « Dire et écrire ». Elle nécessite des investissements : ordinateur, vidéo projecteur, etc. Annette obtient un prêt d’un montant de 1580€ auprès de l’ADIE. Parallèlement, elle est suivie régulièrement par un bénévole de l’association.

Accompagner les emprunteurs

L’accompagnement des créateurs d’entreprise est un des aspects importants du microcrédit en France. Le montage du projet, son démarrage et son accompagnement sont assurés par l’ADIE. L’aide couvre différentes disciplines : formation comptable ou bureautique, coaching en marketing, formation juridique ou de gestion, etc.

Jonas Missaye, aurait pu être footballeur professionnel, mais son parcours a fait de lui un photographe. C’est en animant le magazine d’un club de football qu’il réalisera ses premiers clichés. Il crée ensuite une structure spécialisée dans les photos de jeunes sportifs. Aujourd’hui, un studio au cœur du vieux Mans lui permet de développer sa sensibilité.

Récemment, Jonas a eu besoin de renouveler son matériel. Un prêt de 4200 € de l’ADIE l’aide à consolider ce projet.

Au Mans, l’ADIE a financé 130 micro entreprises sur les 24 derniers mois. L’association est composée de deux conseillers crédit et douze bénévoles.

Les clients sont :

  • des bénéficiaires des minimas sociaux (RSA, ASS): 40%
  • des demandeurs d’emploi: 35%
  • des travailleurs pauvres et travailleurs indépendants: 25%

(source : ADIE)

En marge de l’économie

Selon Maria Nowak, fondatrice de l’ADIE, « les clients de l’ADIE sont essentiellement des chômeurs, des allocataires des minimas sociaux et des travailleurs pauvres avec une part importante de femmes, de jeunes, de seniors, de personnes d’origine immigrée, de gens du voyage, bref de tous ceux qui d’une façon ou d’une autre sont, plus que d’autres, en marge de l’économie et souffrent, plus que d’autres, de toutes sortes de discriminations. » (in L’Espoir économique)

Au niveau national, 14 249 microcrédits professionnels ont été accordés en 2009 pour un montant total de 49,2 millions d’euros en 2009, soit un montant moyen de 3400 euros.

De plus, 7884 microcrédits personnels ont été octroyés en 2010 pour un montant total de 17,4 millions d’euros en 2010, soit un montant moyen de 2200 euros. Le microcrédit personnel sert à couvrir une dépense liée à la recherche d’emploi: achat ou location de véhicule, permis de conduire, déménagement, formation.

Au niveau mondial, on compte 190 millions d’emprunteurs, dont 74% sont des femmes.

(source: baromètre de la microfinance)

La semaine du microcrédit avait lieu pour la septième année.

L’ADIE a été créée en 1989. Elle compte 130 antennes et 190 permanences sur le territoire national.

A lire: Le microcrédit en France: petit état des lieux

4 outils d’épargne solidaire pour soutenir de grandes causes

Vendredi 10 juin 2011

Pour soutenir une grande cause, les produits d’épargne solidaire jouissent d’un attrait croissant. Ce type d’épargne a vu son encours multiplié par cinq de 2004 à 2010, pour dépasser la barre des trois milliards d’euros*.

L’épargne solidaire est donc une alternative au don pour soutenir une association qui vient en aide aux autres. Par exemple, on peut aider Handicap International grâce au Livret agir du Crédit coopératif, ou bien Amnesty International grâce au Livret solidaire proposé par le Crédit municipal de Toulouse.

Épargne de partage

Cette épargne solidaire est dite « de partage ». Le mécanisme est simple: sur la base d’un livret d’épargne classique, l’épargnant choisit de partager une fraction des intérêts avec une association de son choix.

Nous vous présentons ici quatre produits d’épargne solidaire: le Livret Agir, le Livret d’épargne Pour les autres, le FCP Épargne solidaire, et Livret solidaire.

Livret Agir

Le livret Agir fonctionne comme un livret classique, mais il est assorti d’un mécanisme de partage. L’épargnant reverse 50% des intérêts à l’une de ces 21 associations :

Terre & Humanisme, Surfrider Foundation Europe, Solidarités Nouvelles face au Chômage, Solidarités, Réseau Cocagne, Mountain Riders, Handicap International, Habitat & Humanisme, France Nature Environnement (FNE), Fondation Energies pour le Monde, Fédération Artisans du Monde, Echo Mer, CCFD – Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Centre d’Action Sociale Protestant (CASP), Association Franc-Comtoise de Finances solidaires, Association des Paralysés de France (APF), Aquitaine Active, AIDES, Aide et Action, Agir abcd, Action contre la Faim.

La rémunération brute est de 2,65%. Elle est plus élevée que celle du Livret A car le gestionnaire participe à l’effort de solidarité en sur-évaluant le taux d’intérêt de référence.

Le risque est nul et l’argent est toujours disponible. Par ailleurs, ce livret bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Il est proposé par le Crédit coopératif.

Livret d’épargne Pour les autres

Ce livret fonctionne comme un livret classique, mais avec un mécanisme de partage. L’épargnant reverse 50, 75 ou 100% de ses intérêts à une de ces 9 associations:

Petits Princes, Médecins du Monde, Handicap International, Habitat & Humanisme, Croix-Rouge française, Cimade, Secours Catholique, Armée du Salut, Amnesty International, Aide et Action, Unicef.

Le taux de ce livret est de 2% brut. Le risque est nul et l’argent est toujours disponible. Ce placement bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Il est disponible dans les réseaux du Crédit mutuel et du CIC.

FCP Épargne solidaire

Le FCP Épargne solidaire est un placement de partage dont la moitié des gains annuels est réinvestie et l’autre moitié fait l’objet d’un don à une de ces 14 associations:

UNAPEI (Union Nationale des Associations de Parents et Amis de Personnes Handicapées Mentales), Pays de Rennes Emplois Solidaires (PRESOL), Œuvres Pontificales Missionnaires, Médecins du Monde, Institut Pasteur, Institut Curie, Handicap International, France Terre d’Asile, Fondation Saint-Matthieu, Fondation de France, Association des Paralysés de France (APF), Armée du Salut, Aide Médicale Internationale (AMI), Action contre la Faim..

Le portefeuille est constitué à plus de 90 % en obligations et titres monétaires. Il existe un risque de perte en capital en cas de hausse des taux d’intérêts, indique Finansol. L’argent est disponible à tout moment. Ce produit bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Il est proposé par le Crédit coopératif.

Livret solidaire

Ce livret se présente comme un livret classique, mais avec un mécanisme de partage. L’épargnant peut reverser 25, 50, 75 ou 100% à une des 6 associations partenaires:

Solidarités, Handicap International, Association des Paralysés de France (APF), Amnesty International, Agir abcd, Action contre la Faim..

Le taux de rémunération brute est de 2,7%. Le risque est nul et l’argent est disponible à tout moment. Ce produit d’épargne bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Il est disponible au Crédit municipal de Toulouse.

*source: baromètre de la finance solidaire.

Gouvernance et investissement socialement responsable

Mardi 7 juin 2011

Gouvernance : le mot est ancien*, français à l’origine, mais il a fait un détour par l’anglais « governance » pour revenir dans notre langue à la fin des années 1980 (Le Petit Robert). Sorte de mot fourre-tout, la gouvernance a une signification polyvalente (source : Union européenne) qui relève à la fois de l’économie et de la politique.

La gouvernance désigne la manière de gouverner, l’exercice du pouvoir pour gérer les affaires nationales. Elle s’applique aussi pour la méthode de gestion d’une entreprise (définition: Wikipedia).

C’est ce deuxième domaine qui nous intéressera.

ISR et bonnes pratiques de gouvernance

La gouvernance est directement liée à la notion d’Investissement Socialement responsable (ISR). « Dans la démarche d’investissement socialement responsable, les bonnes pratiques de gouvernance visent à intégrer au mieux, dans la prise de décision des dirigeants d’une entreprise, l’intérêt à moyen et long terme de l’entreprise et de l’ensemble de ses parties prenantes, c’est-à-dire les investisseurs, les salariés, les clients, les fournisseurs, mais aussi la société civile (les communautés locales, les riverains, les ONG, les médias, etc…) » (Le Guide de l’ISR).

La gouvernance est une des trois familles de critères entrant dans la définition de l’ISR. Ces trois types de critères sont :

  1. La dimension environnementale
  2. Les critères sociaux ou sociétaux
  3. La gouvernance

Ces trois types de critères se résument par l’acronyme ESG.

Gouvernance et rémunération des dirigeants

Le thème de la gouvernance des entreprises est souvent abordé sous l’angle de la rémunération des dirigeants. Mais le sujet est bien plus vaste, comme nous le montre l’étude Panorama des pratiques de gouvernance des sociétés cotées françaises, publiée par le cabinet d’audit Ernst & Young en octobre 2010.

Ce rapport étudie 230 sociétés cotées, dont les sociétés du CAC40.

Il évalue notamment :

  • la composition des conseils d’administration et la régulation des pouvoirs dans l’entreprise
  • le fonctionnement des conseils
  • la rémunération des administrateurs (montant des jetons de présence)
  • les moyens consacrés au gouvernement des entreprises
  • la conformité et contrôle interne : la plupart des entreprises du panel se réfèrent au code AFEP – MEDEF, qui propose des principes de gouvernement d’entreprise.
  • la communication aux actionnaires et aux partenaires : transparence des informations.

La crise change le regard sur la gouvernance

Dans les années 2000, plusieurs scandales financiers ont impliqué des dirigeants: l’affaire Enron, l’affaire Worldcom ou l’affaire Parmalat.

Ces histoires ont touché des millions d’actionnaires. Elles ont poussé les gouvernements à légiférer.

La crise financière de 2008 a remis la gouvernance sur le devant de la scène. La rémunération des dirigeants est devenue un sujet sensible. Les gouvernements agissent pour encadrer ces rémunérations.

Pour Philippe Zaouati, auteur de Investir responsable, ces affaires établissent un lien direct entre gouvernance et ISR:

« Quelle est donc la relation entre ces affaires, les lois qu’elles ont suscitées et l’investissement socialement responsable ? Cette relation se résume en un mot : la gouvernance. Parmi les trois grandes familles de critères extra financiers (ESG) qu’analysent les gérants ISR, la gouvernance est sans aucun doute celui qui est le plus naturel pour des professionnels de la gestion d’actif. »

* Le terme « gouvernance » était employé en Artois et en Flandre pour désigner le bailliage, c’est-à-dire une circonscription administrative et la charge qui y était liée (source: wikipedia et Petit Robert).

Copyrights  : Wagner T. Cassimiro “Aranha” sur Flickr

La finance solidaire au Québec et la Caisse d’économie solidaire Desjardins

Vendredi 3 juin 2011

A la fin du XIXe siècle, le Québec compte 1,6 millions d’habitants, en majorité ruraux et francophones. Les conditions de vie sont difficiles. Les salaires sont bas et l’emploi est incertain.

L’accès à l’épargne est difficile. Les banques ne font affaire qu’avec les commerçants, les industriels et les familles fortunées.

Sténographe français à la Chambre des communes et ancien journaliste, Gabriel-Alphonse Desjardins est sensibilisé à ce problème. Il est notamment indigné par le comportement des usuriers qui pratiquent des taux d’intérêts pouvant aller jusqu’à 3000%.

Il se documente sur les modèles de banques populaires et de caisses rurales existant en Europe. Il réunit un groupe de concitoyens. Et c’est ainsi qu’il fonde sa caisse populaire, le 6 décembre 1900, à son domicile de Lévis. (source : Caisses Desjardins)

Depuis cette date, la finance solidaire est bien implantée au Québec. Aujourd’hui, le mouvement des Caisses Desjardins est le plus grand groupe financier coopératif du Canada. Il compte 5,8 millions de membres.

Syndicalisme et finance solidaire

Dans les années 1960, les travailleurs québécois sont confrontés à des difficultés pour emprunter auprès des banques traditionnelles.

Ils se regroupent, avec l’aide de leurs syndicats, pour inventer un outil financier, fondé sur l’épargne. En économisant quelques dollars par mois sur leur paie, ils se constituent un capital et élaborent des services financiers à travers des coopératives. (source : Guide des placements solidaires, Alternatives économiques)

En 2001, ces caisses fusionnent avec les Caisses Desjardins du Québec. L’une d’entre elles, la Caisse d’économie solidaire Desjardins, fondée en 1971, se consacre exclusivement à l’économie solidaire.

La Caisse d’économie solidaire Desjardins compte 10 247 membres individuels et 2 797 coopératives et associations. Elle gère une épargne de 540 millions de dollars canadiens (382 millions d’euros). (source: rapport annuel 2010)

La Caisse d’économie solidaire propose des produits d’épargne solidaires et responsables.

Placement à rendement social

Ces placements dit « à rendement social » permettent à l’épargnant de savoir où son argent est investi.

Les projets financés appartiennent aux domaines suivants :

  • des coopératives d’habitation, de travail, de solidarité, de transport ambulancier et de services funéraires
  • le financement de projets issus du milieu communautaire (logement, insertion sur le marché du travail, centre de la petite enfance, revitalisation et protection de l’environnement, etc.)
  • les prêts aux particuliers qui adhèrent à des programmes écologiques
  • le financement de projets culturels (théâtres, musées, médias communautaires, éditeurs, etc.)

Épargne solidaire

L’épargne solidaire proposée par la Caisse d’économie solidaire Desjardins a pour but d’alimenter un Fonds de soutien. Il soutient des syndicats en conflit de travail, des entreprises collectives ou des organismes communautaires, qui ont besoin temporairement d’un financement complémentaire au prêt traditionnel.

L’épargne solidaire est un montant d’argent placé pour lequel l’épargnant renonce à ses intérêts. Le capital peut être retiré à tout moment.

Trois façons de devenir un épargnant solidaire

Mercredi 1 juin 2011

Épargner pour soi mais aussi pour soutenir des projets à forte utilité sociale : tel est l’objectif de l’épargne solidaire. Elle permet d’investir pour l’emploi, le logement social ou des projets dans les pays en développement. On comptait 700 000 épargnants solidaires* en France en 2010.

Pour devenir un épargnant solidaire, il y a trois portes d’entrée :

  1. un établissement financier, en souscrivant un produit d’épargne solidaire
  2. un financeur solidaire, en investissant directement au capital d’une entreprise solidaire
  3. votre entreprise, en souscrivant un plan d’épargne solidaire

1. Souscrire via un établissement financier

Les établissements bancaires proposent des produits d’épargne solidaire. Ils diffèrent des produits d’épargne classique, car ils redistribuent une partie des intérêts en faveur d’une cause de votre choix.

Voici deux exemples de produits d’épargne solidaire dont nous avons déjà parlé sur ce blog :

Livret Agir : Le Livret Agir (Crédit Coopératif) fonctionne comme un livret d’épargne classique mais avec un mécanisme de partage des revenus. L’épargnant choisit de reverser 50% des intérêts à une association comme, par exemple, le réseau Cocagne.

Sicav libertés et solidarité : Un des moyens de soutenir la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) est de souscrire la Sicav Libertés et Solidarité. La moitié des revenus sont reversés sous forme de dons à la FIDH.

2. Souscrire au capital d’un financeur solidaire

Vous pouvez devenir un épargnant solidaire en investissant en direct au capital d’une entreprise solidaire. Voici deux exemples de financeurs solidaires:

Garrigue : Garrigue est une coopérative alternative qui finance des projets dans des domaines tels que l’énergie renouvelable et l’environnement, l’agriculture biologique, le développement des territoires délaissés ou le commerce équitable.

Terre de Liens : Terre de liens est une foncière qui acquiert des terres cultivables pour les louer à des agriculteurs bio. C’est aussi une association, créée en 2003, qui accompagne les futurs paysans.

3. Souscrire via son entreprise : l’épargne salariale solidaire

Vous pouvez souscrire à un plan d’épargne salariale solidaire, que ce soit un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) ou un Plan d’Épargne Retraite (PERCO). La loi du 17 février 2001 oblige désormais les entreprises qui offrent à leurs salariés un plan d’épargne retraite collectif (ou Perco) à faire figurer dans leur offre un Fonds Commun de Placement d’Entreprise Solidaire (FCPES). (source : Finansol)

Les FCPES sont des fonds dont 5 à 10% des capitaux sont investis dans des entreprises agréées solidaires. Pour être solidaire, une entreprise doit remplir une de ces deux conditions :

  • avoir un tiers de ses employés qui relèvent de conditions particulières ((emplois jeunes, CIE, personnes handicapées ou en insertion)
  • ou les dirigeants de l’entreprise sont élus directement ou indirectement par les salariés, les adhérents ou les sociétaires, et leur rémunération est inférieure à 4 fois le smic (ou 7 fois, pour les entreprises de 20 salariés ou plus).

A noter : Un guide des placements solidaires figure sur le site de Finansol.

Rappel : La finance solidaire consiste à soutenir des projets à forte utilité sociale, environnementale et culturelle. Elle permet de mettre en relation des épargnants souhaitant investir dans des activités à forte utilité sociale et des porteurs de projets n’ayant pas suffisamment accès aux financements classiques.

* source: baromètre de la finance solidaire.

Les Cigales : des clubs d’investissement locaux et solidaires

Vendredi 13 mai 2011

Un café librairie est un bon endroit pour parler de la finance autrement. C’est sans doute ce que se sont dit les fondateurs de la Cigales « Merienn Menez Are », à Scrignac (Finistère).

L’acronyme Cigales, qui s’écrit toujours avec un « s », signifie Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire. C’est un club de citoyens qui mettent leur épargne en commun pour financer des petites entreprises.

« C’est également un lieu de convivialité, de rencontres et d’auto-formation à l’économie », rappellent les membre de Merienn Menez Are, « les fourmis des monts d’Arrée ». (via Ouest France)

Investir et accompagner des entrepreneurs

Récemment créée, cette Cigales se donne du temps avant d’investir dans un projet à local et solidaire. « Les critères financiers d’investissement réalistes sont conjugués à des critères sociaux », précise-t-on.

La dizaine de membres apportera régulièrement de l’argent pour investir. Le montant moyen d’investissement pour une Cigales est de 26 euros par mois.

Ces clubs d’investissement regroupent en moyenne 15 membres. On comptait 125 clubs actifs en 2009.

Les entreprises « cigalées » sont des SARL (68%), des SCIC/SCOP (18%), des associations (14%). (source: Fédération des Cigales).

Action locale et solidaire

Pour les Cigales, le soutien humain est aussi important, si ce n’est plus, que l’aide financière. La dimension de club joue son rôle. Les entrepreneurs peuvent bénéficier d’un accompagnement de la part de citoyens investis dans l’action locale et solidaire.

Une Cigales a une durée de vie de 5 ans, renouvelable une fois. Ses caractéristiques financières et fiscales sont les suivantes:

  • sécurité : le risque est élevé, il est lié à l’activité des entreprises financées.
  • disponibilité : la durée de placement conseillée est de cinq ans.
  • rémunération : elle varie selon les projets.
  • fiscalité : l’investisseur a droit à une réduction d’impôt équivalente à 25% de l’investissement réalisé. (source: Finansol)

La Fédération des Cigales est une association loi 1901, agréée entreprise solidaire et jeunesse et éducation populaire. Elle a pour objet l’animation et le développement du mouvement constitué par les Cigales. Elle est membre de Finansol, qui labellise les projets et les produits d’épargne solidaires.

NB : le mouvement des Cigales a été à l’origine de la création de Garigue, coopérative qui finance des entreprises.