Archive pour le mot-clef ‘epargne solidaire’

La finance solidaire en 10 chiffres

Jeudi 24 mai 2012

Le baromètre de la finance solidaire, publié par l’association Finansol et le journal La Croix, vient d’être rendu public. Il fête ses dix ans cette année.

J’en ai extrait dix chiffres qui donnent un aperçu de l’épargne solidaire en France, dont le poids ne cesse de croître.

3,55 milliards : l’encours de l’épargne solidaire s’élève à 3,55 milliards, fin décembre 2011, en hausse de 15%. Ce chiffre inclut l’épargne salariale solidaire, l’épargne bancaire (livret, OPCVM) et l’épargne investie directement au capital d’entreprises solidaires.

800 000 : c’est le nombre d’épargnants solidaires en France. Il y a dix ans, ils n’étaient que 39 000.

6,05 millions : c’est le montant des dons versés aux associations grâce au mécanisme de l’épargne de partage. Cette forme d’épargne solidaire consiste à reverser une partie du revenu de son épargne en faveur d’une activité à forte utilité sociale.

82 700 entreprises : en dix ans, 82 700 ont été soutenues par la finance solidaire, ce qui a permis de créer ou consolider environ 200 000 emplois. Ces entreprises sociales interviennent notamment dans les secteurs de l’insertion par l’activité économique, du handicap ou du service à la personne.

33 500 personnes logées : en 10 c’est le nombre de personnes à faibles ressources logées grâce à l’épargne solidaire. Les associations de ce secteur sont Habitat et Humanisme, Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL), Habitats Solidaires, Épargne Solidaire pour l’Immobilier Social (ESIS) et la foncière Chênelet.

3600 kwc : c’est la puissance d’énergie renouvelable financée en 2011 grâce à l’épargne solidaire. Les financeurs sont principalement La Nef et Énergie Partagée Investissement.

1000 projets de solidarité internationale : c’est le nombre de projets soutenus en 10 ans dans 70 pays. Il s’agit d’organismes de microcrédit, coopératives agricoles ou petites entreprises dans plus de 70 pays.

10 ans : c’est l’âge du baromètre de la finance solidaire, publié par Finansol et le journal La Croix. Finansol, l’acteur central de la finance solidaire en France, a été créé en 1995.

128 : c’est le nombre de produits d’épargne solidaire possédant le label Finansol. Ce label , attribué chaque année, garantit le financement d’activités à forte utilité sociale et environnementale qui ne pourraient être financées par les circuits plus classiques. Il atteste également de l’engagement de l’intermédiaire financier à donner une information fiable sur le placement labellisé et les activités financées. (à consulter sur le site de Finansol)

42% : c’est le pourcentage de Français ayant déjà entendu parlé de l’épargne solidaire, selon une enquête réalisée chaque année à l’occasion du baromètre. La notoriété de l’épargne solidaire progresse : elle était de 26% en 2004 et de 35% en 2008. Enfin, 59% des Français se déclarent prêts à épargner solidaire.

1% : si on pouvait ajouter un onzième chiffre à la liste, ce serait 1%. Aujourd’hui, l’épargne solidaire représente 0,1% de toute l’épargne des français. Les auteurs du baromètre font le souhait qu’elle atteigne à l’avenir 1%. Ils posent cette question : « Et si chacun d’entre nous décidait volontairement d’affecter ne serait-ce qu’un petit pour cent de son patrimoine financier à des placements dont tout ou partie sert à réinsérer les chômeurs de longue durée, à loger les plus démunis, à installer des agriculteurs biologiques ou à vaincre la pauvreté dans les pays du Sud ? »

Fondes Pays de Loire et circuit court de l’épargne solidaire

Mercredi 18 janvier 2012

Épargner local pour soutenir des entreprises de sa région. C’est le sens de la démarche du Fondes Pays de la Loire. Il a construit, depuis 2011,  ”une démarche de circuit court” de l’épargne solidaire  et “notamment de l’épargne salariale et solidaire”, indique une représentante de cette structure membre du réseau France active.

Le circuit court, ce principe de distribution est bien connu dans le domaine de l’alimentation. Il consiste à rapprocher le consommateur du producteur. Dans le domaine de l’épargne, il s’agit de mobiliser l’épargne au niveau local pour soutenir l’emploi sur un territoire.

Pour en savoir plus, j’ai interrogé Fanny Le Hars, chargée des partenariats au Fondes Pays de la Loire.

Pouvez-vous vous présenter et préciser quelle est votre fonction au sein du Fondes ?

Je suis en charge de la mobilisation de l’épargne salariale et solidaire à Fondes Pays dela Loire.

Dans ce cadre je travaille avec les services des collectivités partenaires, je rencontre des chefs d’entreprises, des organisations professionnelles, des syndicats pour les sensibiliser aux circuits courts de l’épargne solidaire et aux produits de placements que notre organisation mobilise au service de l’emploi. J’anime également des événements autour de l’épargne solidaire au service des territoires.

En quoi consiste le circuit court de l’épargne ? Quels types de produits d’épargne cela concerne ?

Le circuit court de l’épargne consiste à donner du sens aux placements. Cela permet aux épargnants de savoir à quoi sert leur épargne, sur quoi elle est placée, comment elle est utilisée, dans quelles entreprises elle est investie et si c’est au service de l’emploi et pour des projets sur son territoire. Cela concerne tous les produits bancaires : du livret au fonds d’investissement en passant par l’épargne salariale, ces produits ayant chacun des mécanismes d’investissement différents. Nous travaillons avec les établissements bancaires de la place et, avec eux, nous développons une gamme de produits d’épargne.

Depuis quand avez-vous mis en place ce système de circuit court ?

Ce circuit court de l’épargne existe depuis 1998 avec l’ouverture d’un 1er compte à terme pour lequel nous bénéficions de 50 % des intérêts des placements. Opérateur historique de l’épargne solidaire, nous bénéficions de cette ressource depuis 1991 via la société d’investissement de notre réseau : la SIFA (Société d’Investissement France Active).

Nous avons donc une structure juridique et financière solide qui nous permet aujourd’hui de pouvoir proposer la traçabilité de l’épargne. C’est en 2011, que de façon précurseur en France, nous avons construit une démarche de “circuit court” des produits qui nous sont dédiés et notamment de l’épargne salariale et solidaire.

Concernant les produits d’épargne dont nous sommes bénéficiaires, on peut citer :

  • Fonds d’investissements solidaires : la gamme FCP Insertion Emplois
  • Produits de partage : Livrets Codesol, Epidor Solidaire et le FCP Epargne Solidaire avec le Crédit Coopératif ; Le FCP France Emploi géré par le Crédit Mutuel ; Munisolidarité Placement avec le Crédit Municipal de Nantes.
  • Les fonds d’épargne salariale solidaire. Nous sommes bénéficiaires (via la société d’investissement nationale –la SIFA) de fonds dans toutes les sociétés de gestion.

Comment fait-on, concrètement, pour “suivre à la trace” l’épargne ?

Cela nécessite d’une part d’organiser les relations entre les souscripteurs, les établissements financiers et notre organisation et d’autre part d’organiser la relation entre les épargnants et les ”bénéficiaires” pour assurer la lisibilité des engagements financiers au service de l’emploi et des territoires.

Pour quelles raisons avoir opté pour ce système ?

Dans un contexte économique difficile et face à une internationalisation toujours plus grande des flux financiers, il nous semble important de pouvoir offrir une alternative régionale aux épargnants, de donner un sens à leur épargne et dans une logique de proximité au service du développement des entreprises régionales et de l’emploi en Pays dela Loire.

Quel est l’avantage pour l’épargnant ?

Les réponses sont multiples, en fonction du support d’épargne mobilisé. Mais les avantages pour les épargnants sont entre autre la sécurisation de son capital — sur les fonds de partage notamment -, la rémunération – selon les produits -, la dimension d’utilité sociale – à titre personnel ou dans le cadre d’une politique de RSE — tout en contribuant à soutenir la dynamique économique sur leurs territoires de vie et de travail.

Combien d’entreprises solidaires et de personnes sont financées par le Fondes en Pays de la Loire ?

En 2010, FONDES a engagé 1,25 million d’euros auprès de 136 entreprises solidaires portant plus de 2000 emplois.
De plus, 610 projets de création d’entreprises concernant 930 emplois ont également été financés par FONDES, pour un montant de 7,5 millions d’euros.

Pour aller plus loin :


Les fonds 90/10 pour investir solidaire

Lundi 9 janvier 2012

fonds-investir-solidaire_shaggy359-FlickrLes fonds 90/10 sont ainsi dénommés parce qu’ils investissent dans des valeurs ISR (Investissement Socialement Responsable) pour 90 % et dans des entreprises solidaires pour 5 à 10 %.

Ces fonds 90/10 représentent les deux tiers de l’épargne solidaire dont l’encours s’élevait à 3,150 milliards d’euros fin 2010. Dans ce total, l’épargne salariale solidaire a un poids croissant (1,460 milliard d’euros)*.

Investir dans des entreprises solidaires

Les fonds 90/10 se définissent par l’obligation d’investir de 5 à 10 % dans des sociétés solidaires. Ces entreprises travaillent dans les secteurs de l’emploi, du social et du logement. L’épargne solidaire finance également la solidarité internationale et, dans une moindre mesure, l’environnement. Dans les faits, le pourcentage des fonds 90/10 investi dans le solidaire s’élève à 6,72 %.

Une entreprise solidaire au sens de l’article L 3332-17-1 du Code du travail est une entreprise :

Dont les titres de capital, lorsqu’ils existent, ne sont pas admis aux négociations sur un marché réglementé et qui :
- soit emploie des salariés dans le cadre de contrats aidés ou en situation d’insertion professionnelle ;
- soit, si elle est constituée sous forme d’associations, de coopératives, de mutuelles, d’institutions de prévoyance ou de sociétés dont les dirigeants sont élus par les salariés, les adhérents ou les sociétaires, remplit certaines règles en matière de rémunération de leurs dirigeants et salariés. Ces règles sont définies par décret.*

Label Finansol

La plupart de ces fonds sont reconnaissables par leur label Finansol, organisme qui labellise les produits d’épargne solidaire. Créé en 1997, il a accordé son label à 126 produits d’épargne solidaires.

Certains fonds ont aussi un mécanisme de partage : l’épargnant partage une partie des revenus avec une association de son choix.

Les secteurs de l’investissement solidaire

Les secteurs de l’emploi, du social et du logement représentent 82 % des investissements solidaires des fonds 90-10, et même 90 % pour l’épargne salariale solidaire.

“Des chiffres très élevés qui s’expliquent historiquement. En effet, trois structures détentrices de l’agrément solidaire ont été pionnières et ont reçu la quasi-totalité des investissements solidaires :la SIFA(France Active), l’ADIE et Habitat et Humanisme. Les deux premières interviennent sur la thématique de l’emploi tandis que la troisième œuvre dans le domaine du logement très social”.*

La solidarité internationale représente 25 % de l’épargne solidaire bancaire, mais seulement 6 % de l’épargne salariale solidaire. Le secteur de l’environnement représente 3 % de l’investissement solidaire.

La composition des fonds

La part investie dans les entreprises solidaires est de 6,72 %. on est donc plus proche du plancher de 5 % que du maximum autorisé de 10 %.

la part investie dans des entreprises cotées est de 48,85 % et la part d’obligations est de 38,12 %. Les actifs monétaires représentent 6,31 %.

Le comité du label Finansol veille à la composition de ces fonds. La partie 90 doit être investie en valeurs ISR. Les gérants ont pour obligation de présenter leur politique d’Investissement Socialement Responsable sur ces titres.

L’encours des cinq premiers fonds 90/10

    • FCP Insertion Emplois Dynamique – Natixis AM/Caisse d’épargne (254 millions d’euros)
    • FCPE Carrefour Équilibre Solidaire – Natixis AM/Natixis IE (217 millions d’euros)
    • FCPE Amundi Label Équilibre Solidaire – Amundi Group (100 millions d’euros)
    • FCPE Impact ISR Rendement Solidaire – Natixis AM/Natixis IE (97 millions d’euros)
    • FCP BNP Paribas Obli Etheis – BNP Paribas AM/BNP Paribas (91 millions d’euros)

L’épargne solidaire en chiffres

  • En 2010, 800 000 Français détenaient un produit d’épargne solidaire.
  • Un encours de 3,15 milliards d’euros en 2010.
  • 34 000 emplois créés en 2010 et 2 500 familles relogées

Pour aller plus loin :

* Baromètre professionnel de l’épargne solidaire, 2011 (La Finance pour tous)

Comment épargner responsable en trois étapes

Mercredi 4 janvier 2012

epargner_responsable_Jimmy_Joe_flickrÉpargner responsable, ça ne s’improvise pas ! L’épargne solidaire ou l’Investissement Socialement Responsable sont des produits d’épargne dit  ”responsables” ou éthiques qui nécessitent une approche raisonnée.

C’est ce que nous expliquent Aude Sarda et Nadia Dhaoidi, dans leur ouvrage Épargner éthique. Elles s’appuient sur une démarche en trois étapes :

  •  faire un bilan patrimonial
  • définir ses objectifs
  • choisir les moyens à mettre en œuvre

Vous retrouverez le même genre de démarche dans des ouvrages consacrés à la gestion de patrimoine*. La différence, ici, c’est que l’objectif est de se constituer un patrimoine mais aussi d’épargner en accord avec certaines valeurs.

1. Faire son bilan patrimonial

La première étape consiste à analyser votre patrimoine. Cette analyse tient compte de votre:

  • Situation familiale
  • Situation professionnelle
  • Situation fiscale
  • Situation patrimoniale
  • Diagnostic successoral

Comment réaliser ce bilan? Deux solutions : soit vous le faites seul, soit vous vous faites aider d’un professionnel. Ce professionnel peut être :

Votre banquier

Il connaît l’état de vos comptes et il est informé de vos mouvements d’argent courants. De plus, il réalise, le plus souvent, le bilan gratuitement. Pour un patrimoine important, (supérieurs à 250 000 euros) votre banque peut vous proposer des services plus sophistiqués.

 Un notaire

Il est indépendant et rédige des actes qui sont un gage de sérieux et d’authenticité. « Il est davantage compétent sur la structuration du patrimoine que sur des propositions commerciales de produit », précisent Aude Sarda et Nadia Dhaoidi.

Un conseiller de gestion en patrimoine indépendant (CGPI)

Cette profession en cours de régulation ne possède pas encore de label. Un CGPI peut vous proposer une stratégie patrimoniale. En tant qu’indépendant, il doit vous conseiller de manière objective. Il vous facturera sa prestation dont le montant peut varier selon l’étendue et la complexité de votre patrimoine.

2. Définir vos besoins et vos objectifs

Lors de cette étape, vous tracerez votre feuille de route. Vous identifierez les actions à mener en fonction de vos objectifs.

Voici les principaux objectifs patrimoniaux que vous pouvez vous fixer*:

3. Choisir des produits d’épargne responsable

Après avoir établi votre bilan patrimonial et défini vos objectifs, il reste à choisir vos placements. Vous pourrez alors vous guider parmi les produits financiers responsables :

Vous pourrez ainsi faire le choix d’une épargne solidaire, d’une épargne verte, ou bien encore de l’Investissement Socialement Responsable. Certains les regroupent ces produits d’épargnes en familles de placements.

 

Pour aller plus loin: Trois façon de devenir un épargnant solidaire.

* Dans leur ouvrage Gestion du patrimoine, Jean-Marc Aveline et Christian Prisco-Chreiki retiennent également une approche en trois étapes: 1) diagnostic 2) analyse 3) préconisations financières, fiscales et juridiques

La tontine : épargne solidaire et entraide en mode informel

Jeudi 8 décembre 2011

Ce jour là, douze jeunes femmes se retrouvent dans l’appartement parisien de l’une d’elles. Regroupées sous l’appellation « la Tontine des tigresses », elles animent un blog et ont fait l’objet récemment d’un reportage télévisé sur M6.

Visiblement enjouées, elles s’assoient autour d’une table pour ce qui semble un rituel. A tour de rôle, chacune dépose cent euros sur la table. A la fin, l’une des jeunes femmes empoche la somme totale de 1200 euros.

Derrière ce rituel vous aurez reconnu une “tontine”. C’est une association de personnes qui versent de l’argent à une caisse commune dont le montant est remis à tour de rôle à chaque membre. Les tontines de ce type sont très populaires en Afrique. En France, les communautés africaines y ont recours. On connait aussi d’autres types de tontines pratiquées par les Asiatiques.

Épargne solidaire sur le mode informel

Cette forme d’épargne solidaire appartient à l’économie informelle. Elle remplit des fonctions financières: l’épargne et le crédit. Mais surtout elle permet aux personnes de se rassembler et de s’entraider.

« Dans les cités, pratiquement toutes les femmes ont recours à la tontine. C’est une pratique très répandue. Lancée par les femmes d’Afrique de l’Ouest, “elle touche maintenant toutes les communautés » (source: Le Monde) Non reconnue légalement, la tontine peut être une entrée vers le monde bancaire, selon des professionnels du microcrédit.

Lorenzo Tonti et la Tontine royale

Mais l’origine du mot nous ramène en France, au XVIIeme siècle. Un financier italien, Lorenzo Tonti imagine un nouveau mécanisme de crédit. Il propose l’idée à Mazarin en 1653 à une époque où les finances de l’État dépérissent.

Le principe s’apparente à un emprunt public. L’État propose aux Français de prêter de l’argent. Il récupère le capital et en échange verse une rente à tous les souscripteurs jusqu’à leur mort. A la mort de chaque souscripteur, les survivants se partagent sa part, percevant ainsi plus d’intérêts.

La première Tontine royale suscita peu d’enthousiasme. Elle fut renouvelée en 1689 avec succès. Neuf autres tontines furent lancées sous Louis VIX et Louis XV*.

Des tontines privées d’inspiration sociale

Après la Révolution, d’autres tontines nationales ont été levées, avec moins de résultat.

Des tontines privées, d’inspiration sociale, virent le jour. La tontine des « gens de mer » lancée en 1763 était censée procurer une rente aux marins. « Malheureusement, l’abbé Terray interdisait les tontines sept ans plus tard et l’expérience échoua à devenir la première caisse de retraite », écrit Thierry Pairault dans une étude sur le sujet*.

Des tontines à très, très long terme

Plus tard, la tontine privée de l’économiste Joachim Lafarge fut créée en 1793. Elle est baptisée « Caisse d’épargnes et de bienfaisance ». Cette caisse fut liquidée en 1888, au décès du dernier détenteur, âgé de 106 ans. Et c’est d’ailleurs une des raisons qui mena à l’abandon de ce type de tontine : l’emprunteur n’est libéré que lorsque tous les souscripteurs sont décédés.

Un autre point faible de ces tontines a été soulevé : certains craignaient qu’elles incitent les membres de la tontine à s’assassiner entre eux.

Des tontines de formes diverses

En France, une société commercialise une tontine : le groupe mutualiste Le Conservateur. Il s’agit d’un produit assimilé à une assurance vie. Ce placement de long terme a une durée de 25 ans pendant lesquels l’argent est bloqué.

Pour résumer, la tontine prend principalement deux formes :

  1. Convention par laquelle plusieurs personnes stipulent qu’au décès de chacune d’elles le capital lui appartenant ou la rente de ce capital reviendra aux survivants
  2. Association de personnes versant de l’argent à une caisse commune dont le montant est remis à tour de rôle à chaque membre.

Rappelons également sa forme historique :

  • Procédé d’emprunt par lequel l’État, sous l’Ancien régime, constituait sur la tête de chaque souscripteur une rente viagère qui, à sa mort, était reversée sur l’ensemble des souscripteurs survivants. (Grand Larousse Universel)

Entraide entre membres d’une communauté

Mais les formules sont très variées. Tontine mutuelle, tontine financière, tontine d’épargne, tontine d’entraide familiale, tontine de travail ou tontine commerciale : ces diverses formes de tontine, répertoriées par l’observatoire de la microfinance (rapport 2008), font appel à des mécanismes financiers plus ou moins complexes.

Toutes ces tontines ont un point commun, dans un contexte d’accès difficile au crédit et à la bancarisation : ils renforcent les liens entre les membres d’une communauté.

* Thierry Pairault, Approches tontinières et article Wikipedia

Les Clubs locaux d’épargne pour les femmes qui entreprennent

Jeudi 15 septembre 2011

clubs_locaux_d_epargne_pour_femmes_entrepreneursLes femmes rencontrent des difficultés particulières pour accéder à la tête des entreprises. Ainsi, seules 31% des entreprises sont dirigées par des femmes. La proportion tombe à 11% pour les entreprises de plus de 100 salariés*.

Entrepreneuriat au féminin nécessite ainsi des dispositifs particuliers, notamment, pour l’accès au financement.

Les clubs CLEFEs: un produit d’épargne labellisé Finansol

Les Clubs Locaux d’Épargne pour les Femmes qui Entreprennent (Clefe) sont des clubs d’investisseurs. Ils regroupent des citoyens qui mettent leur épargne en commun pour financer des petites entreprises dirigées par des femmes.

Ce produit d’épargne bénéficie du label Finansol, qui distingue les produits d’épargne solidaire. Il existe une trentaine de Clefe en France.

Club d’investisseurs citoyens

Dans un Clefe, les investisseurs versent un montant de 15 à 140 euros mensuel. La durée moyenne d’épargne est de 12 mois, mais la durée conseillée est de cinq ans, afin de permettre au projet de se développer.

Les Clefe compte de 5 à 15 membres. Le montant prêté par projet est inférieur à 5000 euros (source: Racines-Clefe).

La créatrice d’entreprise qui fait appel à un Clefe s’engage en signant une convention et en adhérant à une charte.

Épargne solidaire

Le risque liée à ce placement est élevé, car l’épargne est investie dans de petites entreprises dont la viabilité n’est pas garantie.

La rémunération de ce produit d’épargne solidaire est variable selon les clubs. La plupart proposent une rémunération supérieure d’un point au taux du Livert A (source: Le Guide des placements solidaires, Alternatives économiques).

Les Clefe sont fédérés par l’association Racines (Réseau d’Accompagnement des Créations et Initiatives avec une Nouvelle Épargne de Solidarité).

Difficulté à trouver des financements

L’association Racines, créée en 1989, a observé la difficulté des femmes à financer leur création d’entreprise.

« Souvent l’abandon d’un projet pertinent est lié à la difficulté des femmes à trouver les financements nécessaires pour démarrer. Le FGIF (Fonds de Garantie pour la création, la reprise, le développement d’entreprise à l’Initiative des Femmes), qui garantit un emprunt bancaire ne suffit plus à convaincre des institutions financières frileuses, compte tenu de la situation économique actuelle. Dans une enquête que nous avions menée pour le compte du Service des Droits des Femmes pour les créatrices ayant bénéficié du FGIF, nous soulignions que ces femmes créaient leur entreprise avec des investissements 30% inférieurs à ceux prévus au départ. »

Rembourser ses dettes au plus vite

Dans le projet de création d’entreprise, les femmes rencontrent des difficultés spécifiques : préjugés de la société, difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle, etc.

Elles semblent également avoir une attitude particulière vis-à-vis de la dette, estime l’association Racines:

« L’exemple le plus parlant est l’attitude des femmes devant la dette. Lorsqu’un emprunt a été obtenu, elles n’ont qu’un désir : le rembourser au plus vite. Le fait qu’elles gèrent leur entreprise à court terme, qu’elles règlent très rapidement leurs fournisseurs (alors qu’elles accordent des délais de paiement à leurs clients pour ne pas les perdre) provoque un décalage financier, qu’elles pourraient négocier autrement, et donc des difficultés financières ».

Rappelons que le Fonds de garantie pour la création, la reprise, le développement d’entreprise à l’initiative des femmes (FGIF) a été créé en 1989. Il est destiné à toute femme qui souhaite créer, reprendre ou développer une entreprise. Le FGIF intervient sur des prêts de 5 000 € minimum.

*enquête TNS Sofres pour l’Agence Pour la Création d’Entreprise, en 2007

Copyrights : http://internet-pau.com/racines-clefe/

Quels sont les collecteurs de l’épargne solidaire en France

Jeudi 18 août 2011

En 2010, l’épargne solidaire a vu son encours progresser de 31%, dépassant les trois milliards d’euros*. Cette épargne, qui consiste à reverser une partie de ses intérêts en faveur d’une bonne cause, séduit de plus en plus de Français.

Pour devenir un épargnant solidaire, il existe trois grandes voies. Elles correspondent à trois types d’organismes collecteurs :

  • via un établissement bancaire on souscrit à un produit d’épargne de partage
  • via un financeur solidaire on investir au capital de celui-ci
  • via son entreprise on souscrit à un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) solidaire ou un Plan d’Epargne pour la Retraite COllectif (PERCO)

Faisons un petit tour d’horizon des principaux collecteurs de l’épargne solidaire en France :

Natixis Interépargne

Cette société est le premier collecteur de l’épargne salariale solidaire, avec 768 millions d’euros. Natixis propose une large gamme avec sept fonds portant le label Finansol, qui permet de repérer les produits d’épargne solidaire.

Crédit coopératif

Cette banque est le premier collecteur de l’épargne de partage en France, avec un encours de 579 millions d’euros. Les produits d’épargne solidaire (carte, livret, FCP…) permettent aux épargnants de soutenir des associations tous les domaines de la solidarité : environnement, solidarité internationale, aides aux personnes handicapées, appui aux énergies renouvelables, insertion…

Caisse d’épargne

Le réseau des Caisses d’épargne collecte 347 millions d’euros d’épargne solidaire. Le groupe BPCE, auquel appartiennent aussi le Crédit Coopératif et Natixis, ont collecté 67% de l’épargne solidaire (1,4 milliards d’euros) en 2010.

Financeurs solidaires

Les épargnants peuvent investir directement au capital d’un financeur solidaire. Ces financeurs totalisent 293 millions d’euros d’encours. Par exemple, on peut investir souscrire une part de capital de Garrigue, pour soutenir des entrepreneurs solidaires en France et en Afrique. Ou bien, on peut investir dans Terres de liens, qui soutient des paysans pratiquant l’agriculture biologiques. Finansol recense une trentaine de financeurs solidaires.

Amundi Group

Amundi propose des produits d’épargne salariale solidaire et des produits d’épargne solidaire, pour un total de 291 millions d’euros. Amundi, filiale du Crédit Agricole et de la Société Générale, est dédié à la gestion d’actifs, spécialisé notamment dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR).

BNP Parisbas

Ce groupe financier propose des produits d’épargne salariale et des produits d’épargne solidaire pour un encours de 212 millions d’euros.

Inter Expansion

Cette société gère l’épargne salariale pour un montant de 124 millions d’euros.

* source: baromètre 2011 de l’épargne solidaire, publié par Finansol.

L’épargne salariale se convertit à l’ISR

Mardi 26 juillet 2011

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) représente une part croissante de l’épargne salariale. Avec 9,6 milliards d’euros investis en 2010, contre 6,5 milliards en 2009, l’épargne salariale ISR progresse de 47% en un an, selon l’étude annuelle publiée par l’institut de recherche Novethic.

Dans le même temps, le total de l’épargne salariale progressait de 4%, s’élevant à 52 milliards d’euros. L’épargne salariale socialement responsable représente ainsi 18,4% du total.

Socialement responsable et solidaire

Plusieurs causes peuvent être avancées pour expliquer cet envol de l’ISR. Il y a tout d’abord la législation, qui encourage l’épargne salariale solidaire.

Depuis janvier 2010, les entreprises ont l’obligation de proposer un fonds d’épargne solidaire dans le cadre de leur épargne salariale. L’ISR a bénéficié de ce coup de pouce de la loi. La plupart de ces fonds solidaires sont gérés dans une approche socialement responsable. En effet, un placement peut être à la fois solidaire et socialement responsable.

Rappelons que l’Investissement Socialement Responsable est une forme de placement consistant à prendre en compte des critères liés à l’Environnement, au Social et à la Gouvernance. La finance solidaire consiste à soutenir des projets à forte utilité sociale, environnementale et culturelle.

Les fonds solidaires doivent consacrer de 5 % à 10 % de leur actif au financement d’entreprises solidaires.

Produits d’épargne labellisés

Le Comité Intersyndical de l’Épargne Salariale (CIES) est de ceux qui contribuent à populariser l’épargne salariale socialement responsable. Il a créé un label qui permet aux salariés de repérer ces produits d’épargne salariale.

Actuellement, 13 gammes d’épargne salariale sont labellisées par le CIES (consulter la liste). Les gammes d’épargne salariale labellisées par le CIES concernaient 1,5 millions de salariés de 50 000 entreprises au 1er janvier 2011. Le CIES,a été créé en 2002 par les quatre Confédérations syndicales CFTC, CFE-CGC, CGT et CFDT.

Préoccupation sociales et environnementales

Le choix de l’ISR témoigne aussi d’une attention croissante aux préoccupations sociales et environnementales chez les salariés.

Selon Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, interviewée par Les Echos :

“L’épargne salariale ISR pose aussi la question centrale du rôle des salariés, qui peuvent inciter leurs entreprises à améliorer leur politique de responsabilité sociétale via les FCPE Imaginez qu’une grande entreprise cotée ne figure pas dans le portefeuille du fonds actions ISR souscrit par ses propres salariés, car elle n’affiche pas les meilleures pratiques de son secteur. Cela pose forcément des questions”

Crédits photos : s2photo sur Flickr