Archive pour le mot-clef ‘entreprise’

La finance solidaire en 10 chiffres

Jeudi 24 mai 2012

Le baromètre de la finance solidaire, publié par l’association Finansol et le journal La Croix, vient d’être rendu public. Il fête ses dix ans cette année.

J’en ai extrait dix chiffres qui donnent un aperçu de l’épargne solidaire en France, dont le poids ne cesse de croître.

3,55 milliards : l’encours de l’épargne solidaire s’élève à 3,55 milliards, fin décembre 2011, en hausse de 15%. Ce chiffre inclut l’épargne salariale solidaire, l’épargne bancaire (livret, OPCVM) et l’épargne investie directement au capital d’entreprises solidaires.

800 000 : c’est le nombre d’épargnants solidaires en France. Il y a dix ans, ils n’étaient que 39 000.

6,05 millions : c’est le montant des dons versés aux associations grâce au mécanisme de l’épargne de partage. Cette forme d’épargne solidaire consiste à reverser une partie du revenu de son épargne en faveur d’une activité à forte utilité sociale.

82 700 entreprises : en dix ans, 82 700 ont été soutenues par la finance solidaire, ce qui a permis de créer ou consolider environ 200 000 emplois. Ces entreprises sociales interviennent notamment dans les secteurs de l’insertion par l’activité économique, du handicap ou du service à la personne.

33 500 personnes logées : en 10 c’est le nombre de personnes à faibles ressources logées grâce à l’épargne solidaire. Les associations de ce secteur sont Habitat et Humanisme, Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL), Habitats Solidaires, Épargne Solidaire pour l’Immobilier Social (ESIS) et la foncière Chênelet.

3600 kwc : c’est la puissance d’énergie renouvelable financée en 2011 grâce à l’épargne solidaire. Les financeurs sont principalement La Nef et Énergie Partagée Investissement.

1000 projets de solidarité internationale : c’est le nombre de projets soutenus en 10 ans dans 70 pays. Il s’agit d’organismes de microcrédit, coopératives agricoles ou petites entreprises dans plus de 70 pays.

10 ans : c’est l’âge du baromètre de la finance solidaire, publié par Finansol et le journal La Croix. Finansol, l’acteur central de la finance solidaire en France, a été créé en 1995.

128 : c’est le nombre de produits d’épargne solidaire possédant le label Finansol. Ce label , attribué chaque année, garantit le financement d’activités à forte utilité sociale et environnementale qui ne pourraient être financées par les circuits plus classiques. Il atteste également de l’engagement de l’intermédiaire financier à donner une information fiable sur le placement labellisé et les activités financées. (à consulter sur le site de Finansol)

42% : c’est le pourcentage de Français ayant déjà entendu parlé de l’épargne solidaire, selon une enquête réalisée chaque année à l’occasion du baromètre. La notoriété de l’épargne solidaire progresse : elle était de 26% en 2004 et de 35% en 2008. Enfin, 59% des Français se déclarent prêts à épargner solidaire.

1% : si on pouvait ajouter un onzième chiffre à la liste, ce serait 1%. Aujourd’hui, l’épargne solidaire représente 0,1% de toute l’épargne des français. Les auteurs du baromètre font le souhait qu’elle atteigne à l’avenir 1%. Ils posent cette question : « Et si chacun d’entre nous décidait volontairement d’affecter ne serait-ce qu’un petit pour cent de son patrimoine financier à des placements dont tout ou partie sert à réinsérer les chômeurs de longue durée, à loger les plus démunis, à installer des agriculteurs biologiques ou à vaincre la pauvreté dans les pays du Sud ? »

La Sicav danone communities (1/2)

Mardi 24 avril 2012

« A long terme, l’histoire de danone.communities pourrait se révéler aussi passionnante que celle de Grameen Danone », écrit Muhammad Yunus**.

C’est cette histoire que j’ai voulu retracer lors d’une conférence téléphonique réalisée avec Mathieu Azzouz, gérant de ce fonds chez Amundi.

Il est à noter que la Sicav danone.communities va bientôt évoluer. L’entretien porte sur les grandes caractéristiques de la Sicav. Nous évoquerons la nouvelle version prochainement.

Bonjour Mathieu Azzouz, pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre activité au sein d’Amundi ?

J’ai rejoint Amundi il y a à peu près un an et demi pour prendre en charge l’équipe de gestion engagée. Avant j’étais analyste extra financier et gérant ISR de fonds actions. Ici, nous gérons les fonds solidaires ou d’impact investing.

Danone.communities fait partie de cette famille. Nous avons environ 250 millions d’encours sous gestion. Nous couvrons toute une gamme : des fonds solidaires et de partage 90/10, le fonds de social business danone.communities ; un fonds d’aide au développement qui s’appelle Amundi AFD Avenirs Durables. D’autre part, nous gérons un fonds éthique appelé Hymnos, un fonds d’exclusion à forte sélectivité ISR. Ces fonds sont ouverts à tous types d’investisseurs, particuliers ou institutionnels.

Pouvez-vous rappeler comment a été créé le fonds danone.communities en 2007 ?

Le fonds a été créé en 2007, à la suite d’une rencontre de Franck Riboud et Muhammad Yunus. Les deux partenaires se sont demandé comment Danone pourrait apporter ses compétences sur des projets à impact social tout en respectant la philosophe prônée par M. Yunus pour répondre aux problématiques des populations les plus pauvres dans les pays émergents.

Ils ont réfléchi à un modèle qui permettrait de toucher le plus grand nombre. C’est ici que le Crédit Agricole a été approché et qu’est intervenue la société de gestion Amundi.

Quel est le rôle joué par chacun des acteurs, Danone, Crédit Agricole et Amundi ?>

Chacun apporte sa compétence : les projets identifiés par Danone qui apporte son expertise et sa force d’innovation en matière de nutrition- santé sont ensuite sélectionnés et approuvés par le Comité d’Orientation composé de représentants du Groupe Danone, de la société de gestion Amundi et par Omnes Capital (anciennement Crédit Agricole Private Equity), la société de gestion du FCPR.

La création de la Sicav, avec son orientation de gestion prudente et son minimum de souscription autour de 50€, permet de faire participer le plus grand nombre possible d’investisseurs (institutionnels comme particuliers) à la création de projets innovants et à fort impact social non seulement dans les pays émergents mais également en France. Et ce tout en épargnant.

Les projets sont sélectionnés selon une feuille de route très précise. Ils doivent répondre à un modèle économique pérenne et être tournés vers des objectifs sociaux comme faire reculer la pauvreté et la malnutrition et avoir un impact social auprès des communautés locales, tout en respectant les enjeux du développement durable.

Leur caractère innovant est également pris en compte dans la sélection des dossiers ainsi que la qualité, l’expérience et la personnalité de l’entrepreneur. Enfin, l’association avec des partenaires disposant de réseaux de compétences dans les pays dans lesquels sont réalisés ces investissements favorise la connaissance des marchés locaux.

Grameen Danone Foods Ltd a été le projet historique de danone.communities., pour la production de yaourts enrichis en nutriment pour lutter contre la malnutrition mais aussi créer de l’emploi local. Elle utilise le lait local et les shokti doi sont distribués par les shokti ladies qui ont pu monter leur petite entreprise grâce au micro-crédit.

Les clients sont des personnes qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, elles n’ont donc pas de réfrigérateur pour entreposer des yaourts. Danone a donc mis au point, il y a un an, un yaourt qui a cassé la chaîne du froid et qui peut être conservé à température ambiante, près de six mois. Le projet répond à trois exigences :

  • apporter une meilleure santé
  • ne pas être chers et être adaptés à la population visée
  • créer des emplois, notamment par l’utilisation de produits locaux.

La finance carbone : vers une économie soutenable

Lundi 23 avril 2012

« Le régime de croissance fondée sur la surconsommation occidentale, financée par la fuite dans l’endettement débridé et combinée à la dépendance excessive de la croissance émergente vis-à-vis de l’exportation, a révélé qu’il était insoutenable. »

Tel est le constat effectué par l’économiste Michel Aglietta, dans un article, Financer la croissance soutenable. Il y démontre la nécessité de passer d’un modèle d’économie insoutenable écologiquement à un modèle soutenable en utilisant des outils parmi lesquels il y a la finance carbone.

La finance carbone est un sujet encore assez méconnu. Son objectif est de réduire les émissions dans l’atmosphère de gaz à effet de serre*, et notamment de CO2, en favorisant des investissements moins polluants.

Les dégradations de l’environnement induites par le changement climatique auront des conséquences sur les générations avenir et rendent la croissance de l’économie non soutenable. C’est pourquoi les générations d’aujourd’hui doivent s’adapter pour éviter des conséquences négatives pour les générations futures.

Les marchés du CO2 sont un des outils pour réduire l’émission de gaz à effet de serre. Le principe est d’obliger les entreprises de certains secteurs industriels à réduire leurs émissions de CO2. Un organisme distribue aux entreprises des quotas correspondant à leurs émissions. L’entreprise qui dépasse les quotas devra acheter des quotas d’émission à une entreprise qui a moins pollué.

Les marchés du carbone s’organisent autour de trois grands mécanismes, comme l’écrivent Anaïs Delbosc et Christian de Perthuis dans leur étude  Les Marchés carbone expliqués. Ces trois mécanismes sont

  • la création d’un marché carbone international,
  • la Mise en œuvre conjointe (MOC) et le Mécanisme
  • pour un développement propre (MDP).

Le marché européen du carbone

Il existe plusieurs marchés du carbone. Le marché européen est le plus développé.

Le marché européen du carbone, l’EU ETS (European Union Emission Trading System), a été lancé en 2005. Il inclut les 27 États de l’UE.

L’EU plafonne les émissions de CO2 dans le secteur énergétique (production d’électricité et de chaleur, raffinage, combustion) et les industries lourdes (production d’acier, de ciment, de verre et de papier). Plus de 10 000 installations industrielles sont concernées. Récemment, les compagnies aériennes ont été introduites dans l’EU ETS.

Le marché européen du carbone (EU ETS) fonctionne par échange de quotas d’émission de carbone. Une entreprise qui a besoin de quotas (parce qu’elle pollue plus) peut en acheter sur le marché. Une entreprise qui dispose d’un surplus (parce qu’elle pollue moins) peut en revendre.

D’autres marchés du carbone

Le développement de plusieurs marchés de quotas est actuellement à l’étude, expliquent Anaïs Delbosc et Christian de Perthuis. Les projets les plus avancés se trouvent aux États-Unis – où le programme RGGI, pour Regional Greenhouse Gas Initiative, est entré en vigueur en janvier 2009 — en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Japon.

La mise en œuvre conjointe (MOC)

Ce mécanisme consiste à mettre en œuvre des projets visant à réduire l’émission de gaz à effet de serre. La mise en œuvre est dite conjointe car elle suppose la participation de deux pays parmi la liste des 38 concernés par le protocole de Kyoto, traité international signé en 1997 et visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces pays incluent notamment les pays les plus industrialisés, principalement en Europe. Les États-Unis n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto.

Les projets sont vérifiés par des certificateurs indépendants. Ils génèrent des unités de réductions des émissions (URE) correspondant aux réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Ils entraînent des transferts de quotas d’un pays à l’autre.

Le mécanisme pour un développement propre (MDP)

Ce mécanisme est identique à celui dela MOC, à la différence que les projets sont réalisés dans des pays qui n’appartiennent pas aux 38 pays de la liste du protocole de Kyoto.

Ces projets ont pour but de promouvoir l’investissement dans les pays en développement et d’encourager l’utilisation de technologies faiblement émettrices. La plupart de ces projets sont réalisés en Asie.

Le prix du carbone

Le développement du marché du carbone a permis de faire apparaître un prix du carbone. Sa valeur fluctue au fil du temps, à l’instar par exemple du prix des matières premières ou des actions.

Le prix du carbone a connu une baisse sur la période 2008-2012, passant de 20-30 € la tonne à 9€ en février 2012, selon Tendance carbone, le bulletin mensuel du marché européen du carbone, édité par CDC Climat, BlueNext et MetNext. Cette baisse s’expliquerait notamment par le ralentissement de la production industrielle en Europe et par l’incertitude concernant la rareté des quotas au-delà de 2020.

Complexe dans sa mise en œuvre, le marché du carbone se fixe donc un objectif à long terme : protéger les conditions de vie des générations futures en sauvegardant le climat.

 

 

* Le protocole de Kyoto, adopté en 1997, fixe comme objectif pour les 38 pays les plus industrialisés du monde une réduction de 5 % de leurs émissions globales de 6 gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, HFC, PFC, SF6) par rapport aux niveaux observés en 1990.

Exclusion normative : les principales normes internationales

Lundi 20 février 2012

Pour faire suite à la note NovethicL’exclusion normative pour les investisseurs responsables, voici un point détaillé sur les normes internationales les plus souvent utilisées dans la démarche d’exclusion normative en ISR  :

Conventions de l’OIT :

Les normes permettent aux investisseurs de s’assurer des conditions de travail appliquées dans les entreprises.

Les huit conventions fondamentales de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) concernent :

  • la liberté syndicale et la protection du droit syndical
  • le droit d’organisation et de négociation collective
  • l’abolition du travail forcé
  • l’âge minimum
  • les pires formes de travail des enfants
  • la discrimination (emploi et profession)

Il existe 159 conventions de l’OIT actuellement en vigueur, mais l’ensemble des 183 États membres n’ont pas ratifié toutes ces conventions.

Les principes directeurs de l’OCDE

Les principes directeurs de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) constituent un code de conduite qui recouvre ces questions :

  • droits de l’Homme
  • emploi et relations professionnelles
  • environnement
  • lutte contre la corruption
  • sollicitation de pots-de-vin et d’autres formes d’extorsion
  • intérêts des consommateurs
  • science et technologie
  • concurrence
  • fiscalité.

Les conventions contre la corruption

Les deux normes les plus utilisées sont la convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption (1999) et la Convention des Nations Unies contre la corruption (2005).

“Ces deux conventions constituent donc un cadre normatif solide en matière de lutte contre la corruption, tout à fait à même d’être utilisé pour les approches d’exclusions normatives mises en œuvre par les investisseurs. Ratifiées par les États, elles engagent ces derniers à prévenir et à sanctionner la corruption auprès de leurs ressortissants, ce qui inclut l’activité des entreprises opérant sur leur territoire”, précise Novethic.

La Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Adoptée en 1948, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme concerne surtout les États, mais les investisseurs s’y réfèrent aussi pour évaluer la politique des entreprises en ce qui concerne leur action auprès des populations des pays où elles sont implantées.

La Déclaration de Rio

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement (1992) est l’outil de référence en matière d’environnement.

Le Global Compact

Le Global Compact a été lancé en 2000. Les entreprises adhérentes s’engagent au respect de dix principes dans les domaines des droits de l’Homme et du travail, du respect de l’environnement et de la lutte contre la corruption.

 Le cas des armes controversées

L’exclusion desmines antipersonnel et les bombes à sous-munitions est un sujet fait l’objet d’un large consensus parmi les investisseurs. Ils s’appuient sur la Convention d’Ottawa (1997) et le Traité d’Oslo (2010). Ces traités n’ont pas été signés et ratifiés par tous les États.

 

L’exclusion normative pour les investisseurs responsables

Lundi 20 février 2012

Mise à jour le 2 avril 2012: le centre de recherche Novethic est l’auteur de cette note.

Investir responsable peut amener à exclure certains investissements jugés non conformes à des principes. Mais comment décider d’exclure une entreprise ? Les investisseurs disposent d’outils pour mener leur stratégie d’Investissement Socialement Responsable (ISR). Ces outils, ce sont, notamment, les normes internationales, les traités, les conventions signées par les États.

Ces normes encadrent l’activité des entreprises. Elles permettent aux investisseurs d’exclure de leur investissement celles qui enfreignent ces normes. Par exemple, on exclura d’investir dans des entreprises qui produisent des armes controversées : mines antipersonnel ou bombes à sous-munitions.

Le fonds souverain norvégien* — le plus important en Europe — a ainsi décidé d’exclure de son investissement les entreprises Wal-Mart, Freeport McMoran, Rio Tinto ou encore Barrick Gold, rapporte une étude de Novethic, institut de recherche ISR**. Cette liste d’entreprises, mise à jour et publiée régulièrement par le fonds souverain norvégien, est très suivie par les investisseurs responsables du monde entier.

Respecter les normes internationales

Exclure des entreprises de son portefeuille est une des approches courante en ISR. L’exclusion a été une des premières démarches appliquées par les pionniers de l’investissement responsable, par exemple aux États-Unis ou en France***. Ceux-ci s’appuyaient sur des valeurs morales et religieuses pour écarter les secteurs du tabac, de l’alcool ou de l’armement.

L’exclusion normative, elle, s’appuie sur les normes internationales reconnues. Comme l’explique Novethic, elle part du principe que les entreprises doivent :

“pour satisfaire aux demandes des investisseurs responsables, être en mesure de respecter un certain nombre de normes internationales fondamentales, quels que soient l’activité concernée et le pays où elles opèrent”.

Protéger la réputation des investisseurs

L’exclusion normative a notamment pour but de protéger la réputation des investisseurs et leur éviter d’être mêlé aux controverses impliquant les entreprises dans lesquelles ils investissent.

Pour pratiquer l’exclusion normative, les normes internationales les plus utilisées sont celles de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et celles du Global Compact.

L’exclusion normative en France

En France, des investisseurs institutionnels se sont tournés vers une gestion ISR. Mais peu d’entre eux ont adopté une démarche d’exclusion normative. Parmi les neuf investisseurs institutionnels français signataires des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), seul le FRR pratique l’exclusion normative pour un univers international d’entreprises.

Novethic s’interroge dans son rapport :

“Les investisseurs français, malgré des attentes croissantes de leurs parties prenantes, s’inscrivent ainsi en retrait par rapport à leurs homologues néerlandais et scandinaves. Une controverse médiatique devra-t-elle intervenir pour faire évoluer cet état de fait ?”

Les normes les plus souvent utilisées

  • Les conventions de l’OIT :

Les conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) permettent de s’assurer des conditions de travail appliquées dans les entreprises.

  • Les principes directeurs de l’OCDE

Les principes directeurs de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) recouvrent les questions des droits de l’Homme, de l’emploi, de l’environnement, de la lutte contre la corruption, de la concurrence, de l’intérêt des consommateurs, etc.

  • Les conventions contre la corruption

Les deux normes les plus utilisées sont la convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption et la convention des Nations Unies contre la corruption.

  • La Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Adoptée en 1948, elle concerne surtout les États, mais les investisseurs s’y réfèrent aussi pour évaluer l’action des entreprises dans les pays où elles sont implantées.

  • La Déclaration de Rio

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement (1992) est l’outil de référence en matière d’environnement.

  • Le Global Compact

Le Global Compact a été lancé en 2000. Les entreprises adhérentes s’engagent au respect de dix principes dans les domaines des droits de l’Homme et du travail, du respect de l’environnement et de la lutte contre la corruption.

  • Le cas des armes controversées

L’exclusion des mines antipersonnel et les bombes à sous-munitions est un sujet fait l’objet d’un large consensus parmi les investisseurs, même si les textes sur lesquels ils s’appuient (convention d’Ottawa et Traité d’Oslo n’ont pas été signés et ratifiés par tous les États.

* Norwegian Government Pension Fund Global

** Le rapport de Novethic s’intitule « Exclusions normatives : Investisseurs responsables face aux entreprises controversées.

*** En France, dans les investissements ISR, l’approche de sélection « best in class » est souvent préférée à celle d’exclusion. Cette approche consiste à sélectionner les meilleures entreprises selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG)

5 questions qui agitent le monde du microcrédit

Mardi 31 janvier 2012

question-reponse-microcredit-Leo Reynolds-flickrLe microcrédit est qualifié de “l’innovation qui a fait le plus parler d’elle dans la lutte contre la pauvreté ” par Esther Duflo, économiste, spécialiste de la question de la pauvreté. Mais, depuis quelques années, et notamment après la crise de la microfinance en Inde, en 2010, il a aussi ses détracteurs. Faisons le tour de quelques débats qui agitent le monde du microcrédit. Nous reprenons certaines questions posées par Sylvain Allemand dans La Microfinance : la fin de l’exclusion ?

Le microcrédit : une arme contre le chômage en France ?

En France, c’est l’Adie (Association pour le Développement et L’Initiative économique) qui a développé le microcrédit. Depuis sa création en 1989, elle a octroyé plus de 100 000 prêts. Elle a permis de financer 78 000 entreprises et créer 107 000 emplois.

Maria Nowak, fondatrice de l’Adie, est convaincue de l’utilité sociale du microcrédit :

“Un chômeur coûte 13 000 euros par an et même 33 000 euros si tous les frais indirects sont pris en compte. Or une personne à qui l’on prête 2 000 euros pour lancer son affaire réussit le plus souvent à créer son propre emploi. Chacun y trouve son compte”*.

De plus, le microcrédit permet de lutter contre l’exclusion bancaire.

Le microcrédit : une vision libérale de la société ?

Le microcrédit est un prêt consenti à une personne qui crée son emploi. C’est donc un outil qui favorise le micro-entrepreneuriat. Certains y ont vu une vision libérale de la société, où chacun est considéré comme son propre employeur.

À cela, les promoteurs du microcrédit, répondent qu’ « il ne s’agit pas tant de promouvoir une vision libérale de la société qu’une troisième voie entre libéralisme et socialisme, soit qu’elle s’appelle un socialisme libéral ou un libéralisme social », explique Sylvain Allemand. « Sans nier l’importance de l’État providence, il s’agit aussi d’inciter celui-ci à se placer dans une logique dynamique de création de richesse plutôt que dans une logique passive de réparation des dégâts. »

Pourquoi y a-t-il eu une crise de la microfinance en Inde ?

En 2010 la microfinance en Inde a connu une crise très grave. Plusieurs éléments se sont combinés :

L’adoption de pratiques de la finance classique, avec notamment le groupe SKS Micro finance, leader du secteur en Inde, qui est entré en bourse. Son dirigeant voulait démontrer que le microcrédit peut être aussi rentable qu’une autre industrie. L’action de la société a vu sa valeur fondre après son entrée en bourse.

D’autre part, les Institutions de Micro finance (IMF) se sont livré une concurrence exacerbée. Des clients ont subi le surendettement. L’État de l’Andra Pradesh a connu des suicides de paysans, incapables de rembourser leurs prêts.

Suite à cette crise, l’État de l’Andra Pradesh a pris des mesures pour encadrer la microfinance. Par ailleurs, la Campagne du Sommet du Microcrédit, organisation qui recense les IMF, prévoit de créer un label. Ce label repose sur l’importance de la responsabilité et l’éthique des entreprises.

Pourquoi Muhammad Yunus a-t-il été destitué de la Grameen Bank ?

Même s’il n’a pas à proprement parlé inventé le microcrédit, Muhammad Yunus l’a popularisé dans les années 1980. Fondateur de la Grameen Bank 1976, il a reçu le Prix Nobel de la paix en 2006.

Aussi, cela a été un coup de tonnerre quand il a été destitué dela Grameenen 2011. La banque centrale du Bangladesh a pris pour argument qu’il avait dépassé la limite d’âge autorisée aux responsables de banques (71 ans contre 60 ans).

Pour ses supporters, cette décision est politique : M. Yunus avait envisagé de créer un parti alternatif et son opposition au Premier ministre du Bangladesh était connue. “Quelle que soit l’issue de cette affaire, elle témoigne de l’intérêt d’une approche géopolitique de la microfinance “, explique Sylvain Allemand.

Les taux d’intérêts du microcrédit sont-ils trop élevés ?

Quand le microcrédit a été popularisé, dans les années 1970, il existait des usuriers, prêtant à des taux très élevés. Aujourd’hui, certains critiquent les taux d’intérêt élevés pratiqués dans le microcrédit. On évoque des taux de 40 % aux Philippines ou au Kazakhstan, 50 % en Ouganda, voire 85 % au Mexique.

Selon une étude, réalisée par le CGAP (Groupe consultatif d’assistance aux plus pauvres), le taux médian pratiqué dans 36 pays est de 26,4 %. Ces taux sont plus faibles que ceux pratiqués par les usuriers.

Ils s’expliquent par trois raisons :

  • Les IMF paient leurs ressources plus chères que les banques
  • Leurs frais administratifs sont plus élevés
  • Les taux d’intérêts élevés correspondent au risque pris

 

* cité dans Vivre mieux dès demain.

 

L’ADIE signe son 100 000e microcrédit et accompagne les entrepreneurs

Mercredi 21 décembre 2011

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Létitia Gherhes est une cliente du microcrédit comme il y en a des milliers. Et, pourtant, elle sort du lot. En effet, elle a reçu le 100 000e prêt accordé par l’ADIE(Association pour le Droit à l’Initiative Économique), principale institution de microcrédit en France.

Letitia est avant tout une battante, une de ces milliers de micro-entrepreneurs qui lancent leur activité avec un faible capital.

Coup de pouce

«J’ai quitté la Roumanie il y a treize ans pour chercher la liberté, raconte la jeune femme de 34 ans dans une interview au journal La Croix. La création de cette entreprise sonne pour moi comme un aboutissement. »

Depuis son arrivée en France, Létitia élève ses deux enfants et enchaîne les petits boulots. Après un CAP d’esthéticienne, elle veut ouvrir son cabinet. Pour trouver un financement, seule l’ADIE pouvait lui octroyer un microprêt de 3500 euros. « Sans ce coup de pouce, je n’aurais pas pu démarrer », explique la jeune femme.

Les microemprunteurs face à la crise

Catherine_Barbaroux_presidente_adieCe 100 000e microcrédit intervient à un moment charnière pour l’ADIE.

En effet, l’association a changé de présidence cette année : Catherine Barbaroux (photo) a succédé à Maria Nowak, fondatrice de l’Adie en 1989. L’ADIE a aujourd’hui atteint une taille critique : elle compte 450 salariés et 1 700 bénévoles.

Enfin, en 2009 et 2010, des difficultés sont survenues. Le taux d’impayés a grimpé. Il est passé de 6,58 % en 2008 à 8,36 % en 2009 et 9,42 % en 2010.

Ces défaillances sont dues à la crise financière, ressentie durement par les micro-entrepreneurs.

« Le risque a augmenté et nécessité plus de temps et d’efforts pour être contrôlé. Pour la première fois depuis 20 ans, l’activité a accusé une baisse, sous le double effet de la montée du taux d’impayés et du manque des fonds propres et quasi fonds propres destinés aux créateurs d’entreprise, qui a entraîné une diminution des ressources financières mises à la disposition des clients, de 5 600 à 3 500 euros par projet, en moyenne. » (rapport annuel 2010)

Renforcer l’accompagnement

Face aux difficultés, l’ADIE a décidé de renforcer l’accompagnement des entrepreneurs.

« Nous avons revu nos méthodes de travail, en renforçant notre mission d’accompagnement, en nous donnant plus de temps pour instruire les dossiers et en renforçant nos liens avec nos partenaires naturels, comme Pôle emploi ou les missions locales », indique Catherine Barbaroux à La Croix.

En 2010, 2875 personnes ont été accompagnées pour finaliser leur projet, soit autant que le total des deux années précédentes. Par ailleurs, plus de 700 personnes ont été formées dans le cadre du dispositif CréaJeunes. L’accompagnement est adapté aux différentes phases de développement des projets.

Monter son projet

Le montage du projet se prépare lors de deux à trois rendez-vous. L’entrepreneur finalise son projet et établir les élément de son business plan : prévisionnels, politique commerciale, choix du statut juridique et fiscal, etc.

Démarrer son activité

  • L’entrepreneur participe à quatre ateliers collectifs « pour partir du bon pied en connaissant les pièges à éviter et les bons tuyaux, s’initier de manière ludique à la gestion, mettre en place la gestion administrative de son entreprise et échanger sur sa politique commerciale ».
  • L’accompagnement individuel permet de s’assurer qu’il n’y a pas de difficultés lors du lancement de l’activité. L’ADIE fait un point trimestriel et peut mettre en place un coaching du futur chef d’entreprise.
  • Une permanence et une plateforme téléphonique sont ouvertes pour répondre aux questions administratives, fiscales, juridiques ou bancaires.

Développer son entreprise

Le microentrepreneur est invité à faire le point sur son activité au cours d’un rendez-vous diagnostic.

  • Il a accès à des formations spécialisées pour vendre sur les marchés, sur Internet, faire un devis, etc.
  • Il peut prendre rendez-vous avec des experts : comptables, juristes, spécialistes en développement commercial.
  • Il a accès à des rendez-vous individuels et à la plateforme téléphonique.

CréaJeunes

Un programme de formation et de tutorat est prévu pour accompagner les jeunes issus des quartiers défavorisés. Il dure de 6 à 8 semaines. A raison de deux à trois jours par semaine, les jeunes travaillent en groupe de manière concrète sur leur projet.

dispositif_crea_jeunes_adie

Le dispositif CréaJeunes a été étendu en 2010 à treize villes : Saint Denis (93), Toulouse, Marseille, Bordeaux, Lille, Lyon, Amiens-Creil, Paris, Strasbourg, Nice, Poitiers, Fort-de-France et Grenoble. A la fin 2010, l’ADIE a accompagné 1600 jeunes, dont 700 en 2010. 35% d’entre eux ont démarré leur activité.

Depuis sa création, l’ADIE a octroyé 100 000 microcrédits. Elle a revendique 74 000 entreprises créées et 98 000 emplois générés.

En 2010, 12 023 crédits ont été accordés, dont 1372 microcrédits personnels pour l’emploi. Les microcrédits personnels sont des prêts ayant pour objet principalement l’emploi et la mobilité, plus rarement le logement (source: Observatoire du microcrédit, 2010)

En 2010, l’ADIE a financé 10 190 entreprises. Le taux de pérennité de ces entreprises était de 68% sur 2 ans et 59% sur 3 ans. Le taux d’insertion des personnes financées s’élève à 78%.

photo: Adie

Comment les banques réduisent leurs émissions de CO2

Mercredi 2 novembre 2011

banque_developpement_durableOrganiser une visioconférence avec des collaborateurs travaillant aux quatre coins de la France : voilà comment certaines banques allègent leur bilan carbone en réduisant les déplacements des salariés.

Plus généralement, réduire les émissions de CO2 est un enjeu pour les entreprises. Le secteur bancaire n’échappe pas à cette règle d’or du développement durable. C’est ce qui apparaît en lisant le Livre blanc « Meilleures pratiques de responsabilité sociale d’entreprise des acteurs de la banque, de l’assurance et de la protection sociale », réalisé par Selenis*, cabinet de conseil spécialisé dans les secteurs de la banque, de l’assurance et de la protection sociale.

En France, les émissions de CO2 ont été de 438,7 millions de tonnes en 2007. Les émissions du secteur de la finance, de l’assurance et des activités immobilières ont été de 2,4 millions de tonnes, soit 0,54% du total. C’est peu, mais dans le cas des banques on peut également mesurer le poids carbone des produits d’épargne, prenant en compte les émissions de CO2 générées par les projets financés par ces placements.

Parmi les bonnes pratiques en matière de réduction d’émission de CO2, quelques unes peuvent être distinguées :

Visioconférence

La plupart des grands groupes bancaires ont créé des salles équipées pour la visioconférence. L’objectif est de réduire les déplacements des collaborateurs. C’est à la fois une économie et un allègement des émissions de CO2.

Pour une entreprise de 10 000 employés, l’économie est chiffrée à 1,6 millions d’euros sur cinq ans, selon le cabinet Selenis.

Covoiturage

Les grands groupes tels que BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, HSBC et la Société générale incitent leurs salariés à pratiquer le covoiturage.

Sur un trajet moyen de 18 km, un covoiturage entre trois collaborateurs permet de réaliser une économie de 1000 euros par an et par personne et une réduction des émissions de CO2 de près d’une tonne.

Carbon disclosure project

Le Carbon disclosure project est une enquête annuelle menée auprès des grandes entreprises. Elle évalue la communication et la transparence d’information sur les pratiques d’atténuation du changement climatique. Plusieurs groupes bancaires français se sont engagés dans ce programme: BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale.

Bilan carbone

Les grands groupes bancaires réalisent un bilan carbone mesurant les émissions de CO2 de l’entreprise. Il sera obligatoire dès la fin 2012 pour les entreprises de plus de 500 salariés, selon l’article 75 de la loi « Grenelle 2 » n° 2010-788 du 12 juillet 2010 (Legifrance).

Compensation des émission de CO2

Certaines entreprises compensent leurs émissions de CO2. Elles peuvent acheter des certificats verts. Les certificats verts sont des instruments d’échange financier qui permettent de développer des filières de production d’énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse, hydroélectricité, géothermie).

D’autres entreprises choisissent de financer des projets environnementaux.

Voitures « vertes »

Les groupes bancaires achètent des voitures électriques ou des voitures peu émettrices de CO2.

Le poids carbone des produits d’épargne

Les émissions de CO2 causée par l’activité des banques est plutôt réduite, comparée à celles dues à l’industrie ou même à la consommation des ménages. Toutefois, on peut inclure à ce bilan carbone les projets qu’elles financent via leurs produits d’épargne. Ainsi, l’impact ne sera pas le même selon qu’on place son argent dans un groupe pétrolier ou dans l’agriculture bio.

C’est cet impact qu’a étudié le cabinet Utopies, à l’occasion de la sortie du livre de Stanislas Dupré, Que font-ils de notre argent?, dont nous avons déjà parlé. L’objectif de cette enquête était avant tout de sensibiliser le public sur l’impact des placements financiers sur l’environnement. Une façon d’éveiller les épargnants aux enjeux de l’Investissement Socialement Responsable.

Copyrights : Ella's Dad sur Flickr

* Selenis se définit comme un cabinet de conseil spécialisé dans les secteurs de la banque, de l’assurance et de la protection sociale. Il a développé une expertise en matière de RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) dans le secteur des services financiers, matérialisée par une conférence à Paris-Dauphine sur le sujet, plusieurs parutions dans la presse et le présent Livre Blanc.

Rencontre avec Antoine Sorange, responsable de l’analyse extra-financière chez Amundi (2/2)

Mardi 18 octobre 2011

Un logiciel pour aider à la décision

Antoine Sorange nous fait une démonstration de l’utilisation du logiciel SRI. Il montre à l’écran un résumé de l’analyse extra financière d’une valeur, en l’occurrence Peugeot.

Ce résumé est matérialisé par un triple réseau de cercles visualisant les notes dans les domaines environnemental, social et de gouvernance (ESG). L’analyste peut modifier les notes d’une entreprise grâce au logiciel, à condition de le justifier au moyen d’une note de synthèse. La décision de l’analyste est souveraine, même si les analystes en débattent également entre eux.

Pour les analystes extra-financiers, le logiciel SRI est avant tout un lanceur d’alertes. Il détecte notes qui posent problème. « Par exemple, sur une valeur, deux agences de notations vont donner deux notes divergentes. L’outil va alors émettre une alerte. Pour nous, l’important sera de creuser ce critère en particulier, de rencontrer l’entreprise pour se faire une opinion. »

Ce travail d’enquête se poursuit afin de confirmer la notation de certaines entreprises. « Si, par exemple, une valeur est très bien notée, on va chercher à comprendre pourquoi et interroger l’entreprise. A contrario si une autre est très mal notée, par exemple avec la note E qui signifie exclusion des portefeuilles, et qu’elle représente 3% des indices, on va analyser en profondeur avant de demander au gérant d’exclure cette valeur. En effet, les fournisseurs de données ont des questionnaires très génériques, pas toujours adaptés aux entreprises. Parfois également les entreprises peuvent avoir une mauvaise note parce qu’elles n’ont pas pris le temps de publier certaines données ».

Des rencontres avec les entreprises

L’analyse extra-financière implique des rencontres avec les entreprises pour des compléments d’information. Ces rencontres ont pour but d’en savoir plus.

analyse extra-financière Amundi

« Les analystes rencontrent les entreprises sur des questions environnementales ou sociales. Cela aboutit parfois à la modification des « fiches valeurs » des entreprises.

L’équipe Corporate Governance d’Amundi rencontre également les entreprises, elle travaille en lien avec les analystes extra-financiers « L’équipe de corporate governance, qui est proche de la nôtre, a pour mission de définir et faire évoluer la politique de vote d’Amundi et de voter aux assemblées. Le premier axe d’engagement est le vote. Cette équipe pratique aussi le dialogue pré assemblée. Avant de voter contre une résolution, elle contacte l’entreprise et parfois on aboutit à une solution consensuelle avec l’entreprise, parfois non et dans ce cas on vote contre. »

Une politique d’engagement

Enfin, l’équipe d’analystes va continuer sa politique d’engagement et l’amplifier. Des rencontres avec les entreprises auront pour but de les sensibiliser à des questions environnementales ou sociales. « Le troisième axe qu’on va développer, ce sera de l’engagement au sens exact du terme. On va cibler un sujet, parce qu’on ne pourra pas traiter tous les sujets environnementaux et sociaux, et des entreprises et faire de l’engagement auprès de ces entreprises. »

Enfin, le regard des médias et du grand public sur son métier laisse Antoine Sorange frustré. « Le grand public a perdu confiance dans le monde financier. Pourtant, nous sommes convaincus que ce qu’il se passe dans la gestion d’actif reste très sain. Il y a des règles, mais également un contrôle de risque. Et puis l’ISR n’est-il pas un moyen de redonner confiance au grand public parce qu’il est connecté aux enjeux industriels, à l’emploi, au lien social et plus généralement à la notion de long terme ?».

Photo : L’équipe d’analyse extra-financière d’Amundi. Crédit photo :Bérangère Lomont.

* L’analyse ISR était regroupé sous le nom d’IDEAM, filiale d’Amundi. Depuis octobre 2011 cette équipe a été rebaptisée le département ISR d’Amundi. Précision: Amundi est une filiale du groupe Crédit Agricole, auquel appartient BforBank.

Six familles pour explorer les nuances de l’Investissement Socialement Responsable (2/2)

Mardi 27 septembre 2011

Suite et fin de l’entretien avec Vincent Auriac, d’Axylia Conseil : un gérant qui conseille des sociétés et des associations pour leur investissement responsable.

Les avocats de l’engagement

Investissement socialement responsable les avocats de l'engagement« Les avocats de l’engagement ce sont tout ce que les anglo-saxons appellent l’engagement. Ce mot en anglais signifie à la fois « discuter » et « se fiancer ».

L’idée est de se dire qu’il y a des problèmes à caractère environnemental, social on de gouvernance et que le seul fait de noter ne va pas suffire à les résoudre. Je décide alors en tant qu’actionnaire d’engager un dialogue avec l’entreprise et lui demander qu’elle y trouve des réponses. L’approche de l’engagement est une attitude active en vue d’améliorer le comportement de l’entreprise dans laquelle j’investis.

Aux États-Unis, par exemple, les congrégations religieuses, les associations environnementales et les groupes de pression pratiquent l’engagement depuis longtemps. Les institutions religieuses américaines (juifs, catholiques, protestants et musulmans) travaillent ensemble sur ces questions depuis quarante ans.

En Europe, l’engagement concerne plutôt les questions de gouvernance. Par exemple, en Suisse, la fondation Ethos travaille depuis des années sur ce sujet. En France c’est arrivé il y a une dizaine d’années, avec la société Phitrust. Mais cela reste une approche extrêmement marginale (0,2% des encours). »

Les marqueurs d’empreinte

Investissement socialement responsable les marqueurs d'empreinte« Les gérants qui pratiquent ce genre d’ISR s’obligent à mesurer l’impact qu’ils ont sur la société. Pour eux, la performance financière n’est pas déconnectée de l‘impact sur la société.

Dans ce genre de fonds, on mesure cet impact de façon précise : combien d’emplois créés, combien de CO2 émis, etc. Cette démarche est plus exigeante. Il faut aller chercher une information qui n’est pas toujours donnée par les entreprises !

Cela traduit aussi une exigence de transparence vis à vis du souscripteur qui est souvent perdu devant la notation ISR.

Cette démarche s’est appliquée à l’origine sur des projets non cotés, le microcrédit ou les entreprises solidaires. Aujourd’hui encore, elle ne représente qu’une part minime de l’ISR en France. »

Les acteurs de la solidarité

Investissement socialement responsable les acteurs de la solidarité« Les souscripteurs de cette famille veulent résoudre des problèmes sociétaux de façon très concrète.

Cette catégorie regroupe tous les produits solidaires. Elle réunit aussi bien les l’épargne solidaire que l’épargne de partage. Selon moi, tous ces produits d’épargne appartiennent à la grande famille de l’ISR.

Ils peuvent opter pour le partage : avec un fonds de partage, je reverse une partie de mon gain à une association pour qu’elle résolve un problème de société.

L’autre approche est la démarche solidaire à travers de la microfinance. Je vais ainsi contribuer à résoudre des problèmes en investissant dans de petites entreprises non cotées que je ne pourrais pas traiter en investissant dans de grandes sociétés.

En France, il existe de nombreux produits solidaires. Le premier produit de partage est apparu peu avant le premier fonds ISR.

Depuis 10 ans sont apparus les fonds solidaires. Ils se sont développés notamment à travers de l’épargne salariale solidaire. Ces fonds investissent 5 à 10% dans des entreprises solidaires.

De 90 à 95% de ces produits solidaires sont également ISR. »

Axylia conseil
Cette société a été créée en 2005. Ses activités sont le conseil auprès
d'institutionnels (associations, congrégations religieuses) qui
investissent "responsable", d'institutions financières qui souhaitent
créer des produits ISR ou refondre des produits existants.
Elle organise les Ateliers de l'investissement responsable sur les thèmes
de l'ISR et de la philanthropie. La brochure sur les familles ISR peut vous être adressée sur
simple demande à la société Axylia.