Le microcrédit est-il une solution pour créer des emplois en France ? C’est la question que je me suis posée en découvrant le baromètre 2012 de la microfinance, publié par Convergence 2015, qui regroupe 200 organisations en Europe sur les enjeux de l’entrepreneuriat social, de la microfinance et du développement durable.
Création d’entreprise et inclusion bancaire
Le microcrédit est avant tout un outil financier permettant l’accès au crédit à des personnes qui en sont privées. Il favorise l’inclusion bancaire dans notre pays où, malgré un taux de bancarisation de 99%, l’accès à tous les services bancaires reste inégal.
Le microcrédit professionnel est destiné à la création d’entreprise. Il se définit comme un prêt, bancaire ou extra-bancaire, inférieur à 25 000 euros, assorti obligatoirement d’un d’accompagnement. En France, cet accompagnement est proposé principalement par trois réseaux : l’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative Économique), France Active et France Initiative.
57 000 emplois créés ou consolidés en 2011
Quelques chiffres. En 2011, la microfinance a aidé à la création 19 000 entreprises et au soutien de 12 000 entreprises.
Ces entreprises ont créé ou consolidé 57 000 emplois. Leurs créateurs sont le plus souvent des hommes (62%), des chômeurs (65%) et 43% ont un baccalauréat ou un diplôme de l’enseignement supérieur.
Les entreprises créées interviennent dans ces secteurs :
- commerce et réparation: 38%
- services aux entreprises et aux particuliers: 27%
- hôtels et restaurants: 12%
- construction BTP: 11%
En France, les trois grands acteurs du microcrédit sont l’Adie, France Active et France Initiative. Comment mesurent-il leur impact sur l’emploi ?
L’Adie
En 2011, l’Adie a franchi la barre des 100 000 microcrédits signés depuis sa création en 1989.
L’Adie réalise une mesure de son impact sur l’emploi, en faisant appel à Cerise, un réseau d’échange sur la microfinance dans les pays du sud et en Europe.
« Les résultats de l’audit soulignent la grande diversité et la très forte représentation d’un public exclu (non seulement allocataires de minima sociaux, mais aussi migrants, gens du voyage, jeunes, femmes, seniors, personnes handicapées, personnes illettrées, en interdit bancaire, etc.). A ces personnes, sont offerts des services de prêts de qualité : proximité, transparence, alliés à un accompagnement structurant et personnalisé (mobilisation de bénévoles, services en ligne, standard téléphonique) », relève l’Adie. (source : rapport annuel 2011)
France Active
France Active, créée en 1988, est une association pionnière de l’économie solidaire en France. Elle annonce 25 000 emplois créés ou consolidés en 2011 « grâce au soutien de l’État, du Fonds social européen, des régions, des départements et de la Caisse des Dépôts ». Une majorité de ces emplois sont créés dans des entreprises solidaires. Le réseau France Active assure le financement et l’accompagnement des entrepreneurs sociaux dans les secteurs de l’insertion par l’activité économique, le handicap, l’environnement, la formation, etc.
France Active propose également des microcrédits bancaires garantis aux créateurs d’entreprises. Ce microcrédit, avec un taux d’intérêt réduit (inférieur à 5%) permet un recours au crédit sans recours excessif aux cautions solidaires, ce qui favorise la pérennité du projet, indique France Active. France Active se développe avec ses représentants régionaux, comme le Fondes Pays de Loire, qui mobilise l’épargne locale pour soutenir l’emploi dans sa région.
(source : rapport annuel 2011)
France Initiative
France Initiative annonce la création ou le maintien de 35 000 emplois en 2011. Parmi les entrepreneurs financés, 67% étaient demandeurs d’emploi, 23% avaient moins de 30 ans. Parmi les créateurs d’entreprises, 35% sont des femmes, soit 6 000 personnes. « Ce pourcentage croît lentement mais de manière continue depuis plusieurs années, indique France Initiative. Il concrétise les efforts de promotion et de valorisation par l’exemple de l’entrepreneuriat féminin menés par les plateformes et les coordinations régionales, notamment à travers l’organisation de concours régionaux ». Les secteurs aidés vont du commerce (32%) aux services aux particuliers (20%) en passant par l’hôtellerie restauration (15%) et la construction (12%).
L’accompagnement est privilégié dans les 238 plateformes réparties sur le territoire. Elles font intervenir les acteurs économiques au niveau local : les collectivités locales, les chefs d’entreprise, les chambres de commerce et d’industrie, les chambres de métiers et de l’artisanat, les banques, les professionnels du chiffre et du droit (experts- comptables, avocats). (source : rapport annuel 2011)







