Archive pour le mot-clef ‘durable’

LH Forum : l’économie positive est en marche

Jeudi 20 septembre 2012

Dans notre précédente note, nous évoquions le Forum de l’économie positive, qui se déroulait au Havre les 13 et 14 septembre. Jacques Attali, l’un des organisateurs de l’évènement, y développait sa vision de cette économie basée sur l’altruisme.

Dans ce billet nous allons présenter des entrepreneurs présents lors de la conférence et qui démontrent, aux quatre coins de la planète, qu’une telle économie est en train de se mettre en place de façon concrète.

L’homme qui a nettoyé l’Estonie

Rainer Nolvak est un entrepreneur estonien de 46 ans. Il y a cinq ans, révolté par le nombre de détritus qui salissent son pays, il décide d’agir. Il va d’abord utiliser des outils de géolocalisation pour repérer les décharges illégales. Puis, après une préparation de huit mois, il utilisera la force des réseaux sociaux pour mobiliser 50 000 Estoniens. Ensemble, ils nettoyeront l’intégralité de leur pays en cinq heures. Depuis, avec son association Let’s do it world, il a réussi à mobiliser des foules dans plusieurs pays pour des actions de nettoyage.

En France, c’est Julien Gee qui a repris le témoin de Rainer Nolvak. Il a créé une carte de France des décharges illégale avec une équipe de bénévoles. Il mobilise des volontaires pour une opération de nettoyage qui aura lieu dans plusieurs départements le 22 septembre.

Monsieur Toilettes

Jack Sim s’est taillé un joli succès grâce à sa bonne humeur et son ton percutant pour parler d’un sujet a priori peu ragoûtant : les toilettes. Cet homme d’affaire singapourien se consacre à un défi gigantesque : 2,6 milliards de personnes sur la planète n’ont pas accès à des toilettes, avec tous les problèmes de santé et de pollution que cela engendre. Il a su montrer l’intérêt d’une stratégie qui consiste à s’intéresser au besoins des pauvres. Elle permet non seulement d’améliorer leur existence mais également d’ouvrir de nouveaux marchés. Pour encourager l’achat d’un WC il faut rendre l’objet désirable. Quand Jack Sim le compare à un sac Vuitton il fait rire mais rappelle aussi que ce qui provoque un achat, c’est le statut social auquel il est attaché.

Sport santé

A l’origine, ce sont deux professeurs d’éducation physique et sportive. Ils ne se voyaient pas rentrer dans le cadre de l’Education nationale. Au lieu de cela, ils ont décidé de faire faire du sport à des personnes en situation de fragilité : des personnes âgées dépendantes résidant dans des institutions. D’abord accueillie avec scepticisme, leur idée est plébiscitée par les personnes âgées. L’équipe de Siel bleu s’est aussi tournée vers les entreprises. Elle propose des exercices physiques d’échauffement à pratiquer en début de journée. L’effet est de réduire le nombre d’accidents du travail et d’arrêts de travail, ainsi que d’augmenter le bien être au travail.

Finance positive

L’économiste Bernard Lietaer a démontré l’utilité de développer des monnaies locales. En 1984, il en existait deux, dont le Wir, en Suisse. Il y en a plus de 5000 aujourd’hui. Ce sont des systèmes de nature coopérative.

Faisal Rahman est un financier basé à Londres. Il a intégré Fair finance, une société basée sur le crédit social dans l’Est de Londres. Il propose des conseils financiers et du microcrédit pour les plus pauvres.

Ruben Dieudonné est le directeur de Microcred Sénégal, du groupe PlaNet finance. Il explique le fonctionnement du microcrédit au Sénégal. Les emprunteurs sont souvent des entrepreneurs qui œuvrent dans le secteur informel. Autrement dit, ils ne peuvent produire une comptabilité en bonne et due forme mais, d’un autre côté, leurs entreprises sont parfaitement viables. Pour leur prêter, il convient donc de bien les connaître et d’établir avec eux une relation de confiance réciproque.

Sauvegarder la nature

Sebastiao Salgado est un photographe brésilien, né en 1944. Il s’est lancé un défi : faire revivre la Forêt Atlantique au Brésil. Cette forêt était abondante pendant l’enfance du photographe. Sa famille y possédait une parcelle de terre. Progressivement, les arbres ont été abattus, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que 7% de la surface d’origine. Salgado a créé une réserve naturelle et un institut. Le replantage s’est fait, avec des espèces d’arbres diverses. La forêt reprend ses droits, et des espèces d’animaux reviennent y vivre.

Le cinéaste Luc Jacquet est célèbre depuis qu’il a réalisé La Marche de l’Empereur, Oscar du meilleur film documentaire en 2006. Ce film, réalisé en Antarctique, fait prendre conscience des effets du réchauffement climatique. Depuis, avec sa fondation wild touch, ce scientifique de formation prépare de nouveau films et web documentaires destinés à soutenir des programmes de conservation de la nature.

Commerce équitable

François-Ghislain Morillion est un diplômé de HEC qui a voulu entreprendre autrement, au début des années 2000. Après avoir observé une cinquantaine d’entreprises sociales à travers le monde, il décide de se lancer dans l’aventure avec son associé, Sébastien Kopp. Son défi: créer une paire de basket plus respectueuse de l’environnement, avec des conditions de travail plus acceptables pour les employés et les sous traitants. Ils lancent alors la marque Veja au Brésil, où le projet est ancré. Les baskets sont fabriquées avec du coton biologique, du caoutchouc sauvage d’Amazonie et du cuir tanné au naturel. Pour la partie commercialisation en France et en Europe, l’entreprise emploie des personnes en insertion. En 2011, Veja a vendu 120 000 paires de baskets dans des boutiques de mode de 21 pays en Europe.

Pourquoi ce forum international a-t-il eu lieu… au Havre précisément ? Le Havre est une ville portuaire, ouverte sur le monde. Elle forme aussi avec la capitaleun axe « Paris-Rouen-Le Havre » qui vise à faire de la capitale française une véritable métropole maritime. Le Havre s’est également orientée vers l’économie verte, avec le développement de l’éolien off shore.

Le rôle des investisseurs de long terme

Jeudi 13 septembre 2012

Le réseau social Twitter est le média de l’instantané. Chacun y réagit en temps réel. Mais il arrive qu’on y lise des citations intemporelles comme celle-ci :

Warren Buffett on the importance of early investing: “Someone’s sitting in the shade today because someone planted a tree a long time ago.”

— SocialFinance.ca (@socialfinance) Septembre 4, 2012

 

« Quelqu’un est assis à l’ombre aujourd’hui parce que quelqu’un d’autre a planté un arbre il y a longtemps », nous dit Warren Buffett. C’est une bonne image pour suggérer ce qu’est l’investissement de temps long. Celui qui investit sur le long terme n’en recevra pas de bénéfice à court terme : il travaille à échéance longue (plus de dix ans) et éventuellement pour les générations futures.

 

Les besoins d’investissement de long terme

La réflexion sur l’épargne et l’investissement de temps long concerne les individus mais elle implique toute la société.

Les besoins d’investissement de temps long sont considérables, comme le rappelait en novembre 2011 Augustin de Romanet*, qui était alors Directeur général de la Caisse des Dépôts, lors des Assises du financement du long terme, à Paris. Voici trois secteurs qui illustrent les besoins d’investissement de long terme en France :

  1. Énergie : l’enjeu est de « renouveler un parc nucléaire vieillissant et d’accorder une part plus importante aux énergies renouvelables », explique Augustin de Romanet. Les investissements sont estimés à 11 milliards par an à horizon 2015, puis à 16 à 17 milliards par an à horizon 2020. Après 2020 l’incertitude tient notamment à savoir quelle place sera attribuée au nucléaire.
  2. Transport : à l’horizon de 20 à 30 ans, des investissements importants sont à prévoir pour des créer des infrastructures de transport et moderniser celles qui existent. Le chiffrage est difficile à faire car le Schéma national des infrastructures de transport (SNIT) est en train d’évoluer (Les Échos).
  3. Technologies de l’information et de la communication : les réseaux existants (cuivre) arrivent en fin de vie, il est nécessaire de déployer des réseaux de fibre optique. De 20 à 30 milliards d’investissement seront programmés à échéance de vingt ans.

 

Qui sont les investisseurs de long terme ?

  1. Fonds de pension et compagnies d’assurance : Dans les pays occidentaux, les investisseurs de long terme sont traditionnellement liés à l’épargne dédiée à la préparation de la retraire. Ce sont les fonds de pension dans les pays ayant fondé leur régime de retraite sur la capitalisation. En France, les compagnies d’assurance-vie jouent ce rôle d’investisseur du temps long. **
  2. Fonds souverains : Ils sont liés à un Etat, investissent des fonds publics et sont pour partie investis dans des actifs financiers étrangers. Ils appartiennent généralement à des pays disposant de ressources en matières premières: Pays du Moyen-Orient, Norvège, Russie. Ce sont aussi des pays ayant accumulé des réserves de change importantes : Chine et autres pays d’Asie.
  3. Fonds de dotation, caisse des dépôts, fonds de lissage des retraites : Les fonds de dotation universitaire ont pour vocation de soutenir le financement des universités sur le long terme.

Les caisses des dépôts existent en France, en Allemagne, en Italie, au Québec ou au Maroc. A l’instar de la Caisse des dépôts française, créée en 1816, elles financent des investissements stratégiques.

Les fonds de lissage tels que le Fonds de réserve des retraites (FRR) ont pour mission d’amortir l’impact du vieillissement démographique sur les systèmes publics par répartition.

Le poids de ces investisseurs est considérable: 29 500 milliards de dollars pour les fonds de pension et 20 000 milliards de dollars pour les compagnies d’assurance, en 2010, selon le rapport déjà cité**. Les fonds souverains et les fonds de réserve publics sont estimés à 3 800 milliards de dollars.

 

Le rôle de l’ISR

Du côté de l’épargnant, l’épargne longue est souvent vue comme une contrainte. Les épargnants français privilégient les produits liquides, tels que les livrets bancaires, indique le gérant Vincent Jacob (in Le Rapport moral sur l’argent dans le monde*).

Mais ils sont tout de même sensibles au temps long. L’immobilier, investissement long, tient une place de choix dans le patrimoine des Français.

Enfin, l’ISR (Investissement Socialement Responsable) peut se positionner comme moyen d’investissement de long terme. Il privilégie des projets de développement durable. De plus, la détention d’actions sur une longue période favorise le partenariat entre l’actionnaire et l’entreprise. Ainsi, souligne Vincent Jacob, de même que les acteurs de l’ISR ont défini des principes pour l’exercice du droit de vote, ils serait souhaitable qu’ils définissent des principes relatifs à la durée de détention des titres.

 

* Les Assises du financement du long terme, Rapport moral sur l’argent dans le monde, 2011-2012.

** Investisseurs et investissement de long terme, La Documentation française, 2010, rapport à télécharger.

Pays de la Loire : un emprunt socialement responsable

Mardi 13 mars 2012

Le Conseil régional des Pays de la Loire a lancé une émission d’obligations à caractère socialement responsable, d’un montant de 43 millions d’euros. Ce placement a été réalisé auprès d’investisseurs institutionnels (assureurs et caisses de retraites) répondant aux critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance).

Cet emprunt financera le budget 2012 de la région. Les obligations, d’une valeur nominale de 100 000 euros, ont un taux fixe de 4% (source : Région Pays de la Loire).

« Développement équilibré et durable »

Cette émission obligataire s’inscrit dans la politique de la région en matière de développement durable. « En effet, au travers de la déclinaison des actions de son Agenda 21, la Région œuvre au quotidien et au travers de ses compétences (formation professionnelle, apprentissage, solidarités, développement des transports, environnement, logement social, constructions et rénovations HQE dans les lycées) pour assurer un développement équilibré et durable de son territoire », précise le communiqué de la banque HSBC, chef de file de l’opération.

En 2009, la région, dirigée par le Parti socialiste (PS), avait déjà lancé un emprunt de 80 millions d’euros, principalement auprès des particuliers (source : La Tribune).

“Véritable banque régionale d’investissement”

Parmi les projets prévus par cette région de l’ouest, citons en trois :

  • Banque régionale d’investissement : la région souhaite aider au financement des entreprises, soit en intervenant directement, soit par des partenariats avec des établissements financiers. « Projets industriels structurants, innovations technologiques de rupture, éco-projets, développement de l’économie sociale et solidaire, pêche durable, soutien aux collectifs de PME : la Région souhaite accélérer par son intervention financière de nombreux enjeux de mutation des entreprises. » explique Christophe Clergeau, 1er vice-président en charge de l’économie et de l’innovation.
  • Transport : financer le déplacement domicile travail : la région financera une partie de l’abonnement de salariés de la région se déplaçant sur les réseaux de trains régionaux. Le déplacement domicile-travail ne coûtera pas plus de 45 euros par mois pour un salarié, la région prenant en charge le supplément, après déduction des 50% pris en charge par l’employeur.
  • Économies d’énergie et énergies renouvelables : en 2010, la Région des Pays de la Loire s’est engagée à réduire de 30 % les consommations énergétiques, à augmenter de 30 % la part des énergies renouvelables et à réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020.

La région Pays de la Loire s’est notamment investie dans le développement des énergies marines renouvelables.

Critique constructive

L’opposition régionale répond à ces projets par une critique qui se veut constructive. Ainsi, le groupe UMP (Union pour un Mouvement Populaire) soutient certains projet mais déclare ”nous avons voté contre ce budget qui ne réduit pas assez les dépenses inutiles et ne priorise pas nos investissements, ce que le CESER demande depuis plusieurs sessions. Ainsi il faut emprunter 252 millions pour boucler ce budget avec un remboursement annuel de dette atteignant 120 millions ! »

Conclusion:

La région Pays de la Loire a été la première, en 2009, à lancer un emprunt obligataire pour faire appel aux épargnants (L’Express). Elle a été suivie notamment par le Limousin, l’Auvergne et la région Rhonne-Alpes, en direction des particuliers et des investisseurs institutionnels.

Que pensez-vous de ce moyen pour les pouvoirs publics de faire appel à l’épargne populaire?

La nouvelle finance en débat à l’Université de la Terre

Mercredi 6 avril 2011

Logo Universite de la terreUne salle enthousiaste. Des orateurs acclamés. On a peine à croire que le sujet dont il est question est la finance. Pourtant, c’est bien l’ambiance, un peu exaltée, qui régnait à l’Université de la Terre*, lors du débat « La nouvelle finance au service de la nouvelle société », le 2 avril dernier, à l’Unesco.

Les cinq intervenants étaient :

Un autre modèle industriel

Nous avons déjà parlé de Stanislas Dupré sur ce blog, à propos du poids carbone de l’épargne. C’est lui qui conduisait la discussion.

Il a posé le débat en ces termes : nos sociétés doivent d’urgence se convertir à un autre modèle industriel et à d’autres sources d‘énergies moins polluantes. Les banques auront un rôle à jouer car se sont elles qui financent les projets.

Grande régression

Jacques Généreux a adopté un autre point de vue. Il estime que nous vivons une période de grande régression. Il met en cause une situation où le pouvoir est détenu par ceux qui possèdent le capital.

Quand on lui parle de finance solidaire ou d’investissement socialement responsable, il acquiesce, à condition que cette nouvelle finance ne soit pas seulement une niche à côté de la finance classique. Il faut au contraire changer l’orientation de toute la finance. Avoir d’un côté une finance socialement responsable et de l’autre laisser se développer une finance qui ne l’est pas n’a aucun sens.

Économie sociale et solidaire

Claude Alphandéry est fondateur de France active, qui aide des projets d’insertion, tels que les Jardins de Cocagne. C’est un acteur historique de la finance solidaire en France. Cet ancien résistant a cité le programme du conseil national de la Résistance.

Il a expliqué le mécanisme de l’épargne solidaire, dans lequel les banques contribuent, par exemple, au financement d’actions d’insertion.

ESS, Brogniart et Bastille

Jean-Louis Bancel a insisté aussi sur le rôle de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ce fut d’ailleurs la conclusion des débats, apportée par un autre intervenant: “l’ESS sera la Bastille de 2012″ (publié sur Twitter par le Crédit Coopératif, avec une variante: “Brogniart sera la Bastille de 2011 pour l’ESS”)

Pour Jean-Louis Bancel, le marché ne se régule pas de lui-même. Il a plaidé pour la transparence dans le domaine financier. Il conseille aux épargnants de demander à leur banquier où est investi leur argent. Plus généralement, il pense que l’opinion publique a un rôle important à jouer pour obtenir cette transparence.

Finance, transparence et démocratie

Stanislas Dupré est favorable à plus de démocratie dans le fonctionnement des banques. Il voit notamment d’un bon œil le projet Finance Watch, lancé par des députés européens. Finance Watch est un appel à la société civile pour qu’elle créer une organisation non-gouvernementale qui observerait les activités menées sur les marchés financiers par les banques, les compagnies d’assurance, les hedge funds, etc.

Finance participative

Jean-Christophe Capelli est un entrepreneur du Web.  Sa société, Friensclear, est un site de finance participative (ou crowd funding) dédié au financement d’entrepreneurs français. Concrètement, il met en relation des entrepreneurs et des investisseurs (voir un exemple : le crowd funding pour la mode).

Jean-Christophe Capelli a présenté d’autres outils de finance participative : Kiva et Babyloan.

Il a aussi évoqué les échanges d’argent sur téléphone mobile qui permettent des initiatives dans des pays en développement.

* L’université de la Terre a été créée à l’initiative de François Lemarchand, Président de la Fondation Nature & Découvertes. elle a été inaugurée en novembre 2005 à l’Unesco.

Garrigue : soutenir des entrepreneurs solidaires en France et en Afrique

Mardi 22 mars 2011

Une fois n’est pas coutume. Je vais d’abord vous raconter une aventure entrepreneuriale. Après un doctorat en sociologie et des études de philosophie à Toulouse, Dominique Souaty enseigna de 1985 à 1990 à l’université de Brazzaville, au Congo. Il découvre alors la fabrication artisanale du savon. Il mène en parallèle ses cours à la faculté et son activité de fabrication et de vente de savon.

Finalement, son goût pour l’entrepreneuriat l’emporte. Il crée « Savon plus » à Brazzaville. L’entreprise se développe à partir de 1994. Avec la guerre civile en 1997 et 1998, son outil de travail est pillé à deux reprises. Il relance l’activité à Pointe noire (Congo). L’entreprise embauche 13 employés. Mais elle est pénalisée par son manque de fond de roulement…

C’est alors que Garrigue intervient. Cette coopérative alternative prend une participation dans le capital de Savon plus en 2005 (5000 euros, soit 5%). Elle apporte aussi 10 000 € en compte courant d’associé (source : Garrigue).

Financer des projets à forte utilité sociale

Des projets de ce genre, Garrigue en a soutenu 160 depuis sa création en 1985, créant 3600 emplois, selon leurs estimations.

Les projets appartiennent à des domaines tels que l’énergie renouvelable et l’environnement, l’agriculture biologique, le développement des territoires délaissés ou encore le commerce équitable. Garrigue finance également de petites entreprises en Afrique, en lien avec Tech-Dev, une association de solidarité internationale.

Les projets sont sélectionnés en fonction de quatre critères:

  • utilité sociale : le produit ou le service est « durable », c’est-à-dire répondant à une demande sociale et ne poussant ni à la consommation inutile ni au gaspillage et préservant ainsi l’environnement physique et humain sur le long terme.
  • respect de l’homme et de l’environnement
  • fonctionnement démocratique
  • viabilité économique

Souscrire des parts de capital de Garrigue

L’épargnant peut soutenir ces projets en souscrivant des actions Garrigue. Guarrigue bénéficie du label Finansol depuis 1985. La souscription minimale est une action à 77 euros.

Côté rémunération, aucun dividende n’est prévu à ce jour. Toutefois, ces actions bénéficient d’avantages fiscaux. « Ce placement bénéficie de la fiscalité sur l’investissement en actions non cotées : avantage Madelin (25% de réductions d’impôts sur le revenu pour les actions non cotées) ou loi TEPA (75% de déduction de l’ISF pour une souscription au capital d’une PME non cotées) ». (Source : Finansol)

Enfin, ce placement n’est pas exempt de risque. « Si les actions Garrigue ne se sont pas dépréciées depuis 15 ans, se maintenant à 77 €, Garrigue investit néanmoins ses actifs dans le capital d’entreprises non cotées dont la valeur peut fluctuer ou représenter un risque de perte », selon Finansol.

NB : à noter, hors champs, que “garrigue” désigne aussi une “formation végétale des régions méditerranéennes“, comme nous le rappelle la note Wikipédia consacrée au sujet. Dans l’histoire du projet, on découvre d’ailleurs que Garrigue est en lien avec les “Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire”, autrement appelé  “CIGALES”.

Novethic: label et site d’information pour populariser l’ISR

Vendredi 7 janvier 2011

Fin 2010, Novethic a attribué son Label ISR à 142 fonds d’Investissement socialement responsable (ISR). Ce label, mis en place en 2009, vise notamment à mieux faire connaître aux épargnants les produits ISR. Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, développe des activités de recherche et d’information.

Novethic a été créé en 2001. Il se définit lui-même par deux fonctions:

  • c’est un centre de recherche sur la Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises (RSE) et sur l’Investissement socialement responsable (ISR)
  • c’est un média spécialisé dans le développement durable.

Le Label Novethic ISR

Le Label Novethic ISR est attribué depuis 2009. Il a été remis en 2010 à 142 fonds proposés par 32 centres de gestion.

L’ISR est peu connu en dehors du cercle des investisseurs institutionnels. Ce label permet aux épargnants d’identifier ces produits d’épargne.

Ce label répond à trois objectifs:

  • Inciter les promoteurs de fonds ISR à plus de transparence. Il leur est demandé de mettre en ligne sur leur site Internet des explications sur leur processus de gestion ISR et aussi la composition de leurs portefeuilles.
  • Inciter les réseaux de banque et d’assurance à commercialiser les fonds ISR. Pour cela, ils doivent former leurs chargés de clientèle et construire des outils de marketing. Les sociétés ont ainsi pu communiquer sur le label novethic ISR.
  • Garantir qu’une analyse ESG (Environnemental, sociale et de gouvernance) est effectuée sur 90 % de l’actif du portefeuille et que celle-ci a un impact sur la sélection. « Cela ne signifie pas que le label ISR Novethic offre la garantie que les fonds dits ISR sont des produits exempts de toute entreprise susceptible de poser un problème, mais qu’il est attribue a des produits financiers pour lesquels la critériologie ISR est solide, cohérente et intégrée dans la gestion du fonds a un niveau élevé », précise Novethic.

Un site spécialisé sur le développement durable

Novethic.fr est un site d’information spécialisé sur le développement durable. Les sujets qui y sont traités concernent l’ISR, mais aussi l’environnement ou la discrimination dans l’entreprise.

Les enquêtes sont réalisées par des journalistes. Les articles sont accessibles librement sur le site.

Novethic lance des sites thématiques. L’un, dédié au réchauffement climatique, a vu le jour en novembre 2009. Un autre, sur la discrimination au travail, a été lancé en avril 2010.

Le site compte 150 000 visiteurs et 50 000 abonnés à sa lettre d’information, selon novethic.fr. Il s’accompagne de publications : Repère RSE, sur la responsabilité sociale et environnementale et l’Essentiel de l’ISR, sur l’Investissement socialement responsable.

Novethic, dont l’équipe compte une dizaine de personnes, propose aussi des études et organise des conférences.

Anne-Catherine Husson-Traoré est Directrice générale de Novethic. Jean-Pierre Sicard a créé Novethic et il en est aujourd’hui le président.

Pour compléter : vous pourrez lire aussi la note “Le label ISR Novethic décerné à 142 fonds“, publiée sur le blog Bourse.