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Que financent le Livret A et l’épargne réglementée ?

Mercredi 10 octobre 2012

Au 1er octobre, le plafond du Livret A a été relevé de 25%, passant à 19 125 euros. Celui du Livret Développement Durable (LDD) a été doublé, passant à 12 000 euros (lire les décrets).

Cette réforme nous amène à nous pencher sur ce qu’on appelle l’épargne réglementée : principalement le Livret A, le LDD et le Livret d’Épargne Populaire (LEP).

A quoi sont employés les fonds de cette épargne ? Traditionnellement, on le sait, ils sont dédiés au financement du logement social. Mais il existe d’autres emplois qui prennent une importance grandissante.

Plus de 61 millions de Livrets A

Pour en savoir plus, il faut consulter le rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée. Cet Observatoire, créé en 2008, nous apprend que la France compte 61,6 millions de Livrets A, 24,6 millions de LDD et 24,6 millions de LEP.

Le Livret A recueille 215 milliards d’euros, le LDD 69 milliards d’euros et le LEP 52 milliards d’euros, soit un total de 336 milliards d’euros pour les livrets réglementés au 31 décembre 2011. Cela représente un peu moins de 10% de l’épargne financière des Français.

Mais quel a été l’emploi de cette épargne réglementée ?

Une grande part de cette épargne (65%) est centralisée au fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts en vue notamment d’accorder des prêts. L’encours global des prêts du fonds d’épargne a atteint 133 milliards d’euros à la fin de l’année 2011, dont 89 % sont affectés au financement du logement social et de la politique de la ville.

 

Observons ce qui a été financé en 2011 grâce au fonds d’épargne :

Logement social et politique de la Ville

Le financement du logement social a pris la forme de prêts directs ou indirects, pour un montant de 14,8 milliards d’euros signés en 2011. Ils ont permis de construire ou acquérir 120 000 logements sociaux au cours de l’année 2011 (120 000 en 2009 et 131 000 en 2010).

Parmi ces logements, 24 000 appartiennent au secteur de l’habitat spécifique : centres d’hébergement, de logements en structure collective (résidences, foyers…) et d’institutions répondant à des prises en charge particulières (handicap, mineurs en difficulté sociale…).

Prêts Développement Durable

Ces prêts ont financé la réhabilitation thermique de 100 000 logements sociaux parmi les plus consommateurs d’énergie pour un montant de 1,2 milliards d’euros en 2011.

Politique de la Ville

Des opérations d’aménagement et d’équipement sont programmées notamment par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Le total se monte à 2 milliards d’euros en 2011.

Emploi d’intérêt général

Ces prêts représentent un montant de 7,3 milliards en 2011, dans trois domaines :

  • Le secteur des infrastructures durables a été financé pour 4,3 milliards d’euros. Cela concerne les domaines des transports urbains (tramways), ferroviaires (projets de lignes à grande vitesse) et maritimes (aménagements portuaires), ainsi que dix-huit établissements de santé labellisés « Hôpital 2012 », un projet d’assainissement des eaux usées et sept projets immobiliers universitaires.
  • Soutien aux entreprises : prêts au groupe Oseo (soutien des PME), Fonds stratégique d’investissement (FSI), aide à la création et à la reprise d’entreprises par les chômeurs ou les allocataires de minima sociaux (dispositif Nacre). Au total, 1,8 milliards d’euros ont été mobilisés.
  • Un programme de financement exceptionnel des collectivités locales et des établissements de santé : fin 2011, près de 1,2 milliards d’euros de prêts étaient signés.

Un portefeuille d’actifs

Pour assurer la liquidité du fonds d’épargne, une partie des fonds sont placés, principalement en obligations. En 2011, la taille du portefeuille était de 103,2 milliards d’euros. Sur ce montant, la part du portefeuille obligataire s’élevait à près de 90 milliards d’euros.

La gestion de ces actifs vise, conformément au cadre de gestion du fonds d’épargne signé entre l’État et la Caisse des dépôts et consignations, à assurer en permanence la liquidité de l’épargne centralisée et à gérer les risques du fonds tout en lui assurant un rendement régulier.

 

Comment épargner responsable en trois étapes

Mercredi 4 janvier 2012

epargner_responsable_Jimmy_Joe_flickrÉpargner responsable, ça ne s’improvise pas ! L’épargne solidaire ou l’Investissement Socialement Responsable sont des produits d’épargne dit  ”responsables” ou éthiques qui nécessitent une approche raisonnée.

C’est ce que nous expliquent Aude Sarda et Nadia Dhaoidi, dans leur ouvrage Épargner éthique. Elles s’appuient sur une démarche en trois étapes :

  •  faire un bilan patrimonial
  • définir ses objectifs
  • choisir les moyens à mettre en œuvre

Vous retrouverez le même genre de démarche dans des ouvrages consacrés à la gestion de patrimoine*. La différence, ici, c’est que l’objectif est de se constituer un patrimoine mais aussi d’épargner en accord avec certaines valeurs.

1. Faire son bilan patrimonial

La première étape consiste à analyser votre patrimoine. Cette analyse tient compte de votre:

  • Situation familiale
  • Situation professionnelle
  • Situation fiscale
  • Situation patrimoniale
  • Diagnostic successoral

Comment réaliser ce bilan? Deux solutions : soit vous le faites seul, soit vous vous faites aider d’un professionnel. Ce professionnel peut être :

Votre banquier

Il connaît l’état de vos comptes et il est informé de vos mouvements d’argent courants. De plus, il réalise, le plus souvent, le bilan gratuitement. Pour un patrimoine important, (supérieurs à 250 000 euros) votre banque peut vous proposer des services plus sophistiqués.

 Un notaire

Il est indépendant et rédige des actes qui sont un gage de sérieux et d’authenticité. « Il est davantage compétent sur la structuration du patrimoine que sur des propositions commerciales de produit », précisent Aude Sarda et Nadia Dhaoidi.

Un conseiller de gestion en patrimoine indépendant (CGPI)

Cette profession en cours de régulation ne possède pas encore de label. Un CGPI peut vous proposer une stratégie patrimoniale. En tant qu’indépendant, il doit vous conseiller de manière objective. Il vous facturera sa prestation dont le montant peut varier selon l’étendue et la complexité de votre patrimoine.

2. Définir vos besoins et vos objectifs

Lors de cette étape, vous tracerez votre feuille de route. Vous identifierez les actions à mener en fonction de vos objectifs.

Voici les principaux objectifs patrimoniaux que vous pouvez vous fixer*:

3. Choisir des produits d’épargne responsable

Après avoir établi votre bilan patrimonial et défini vos objectifs, il reste à choisir vos placements. Vous pourrez alors vous guider parmi les produits financiers responsables :

Vous pourrez ainsi faire le choix d’une épargne solidaire, d’une épargne verte, ou bien encore de l’Investissement Socialement Responsable. Certains les regroupent ces produits d’épargnes en familles de placements.

 

Pour aller plus loin: Trois façon de devenir un épargnant solidaire.

* Dans leur ouvrage Gestion du patrimoine, Jean-Marc Aveline et Christian Prisco-Chreiki retiennent également une approche en trois étapes: 1) diagnostic 2) analyse 3) préconisations financières, fiscales et juridiques

Quand la religion prohibait l’usure et le prêt à intérêt

Jeudi 29 décembre 2011

religion argent banquier flickr Allie CaulfieldEt Dieu dans tout ça ?  La célèbre question resurgit au moment où l’euro est en crise.

« Et Dieu dans la crise de l’euro? » questionne Le Monde. Et si le sentiment religieux avait sa place dans les questions financières ? Angela Merkel, fille de pasteur, serait-elle influencée dans ses choix par le « sens du péché » du protestantisme ? Certains décèlent une volonté, sans doute inconsciente, de punir, voire de condamner moralement, les pays qui s’endettent.

En Italie, à Florence, une exposition rencontre un grand succès. Elle est consacrée à la Renaissance italienne et s’intitule “Argent et beauté”, avec le sous-titre « Banquiers, Botticelli et le Bûcher des vanités ».

Là encore, la religion et la finance entrent en conflit. La condamnation de l’usure, voire du prêt à intérêt, était une vérité consacrée pour certains religieux à l’époque de la Renaissance. D’où la volonté de certains financiers de se racheter en soutenant des artistes.

Banquiers, Botticelli et le Bûcher des vanités

 

L’exposition est centrée notamment autour du peintre Botticelli et du religieux Savonarole (source : The Economist). Ce dernier gagna une grande influence à Florence à partir de 1494. Dans ses prêches enflammés, il dénonce une société qui recherche le profit, le luxe et la gloire. Il critique les dépravations dont souffre l’église.

C’est lui qui organise, en 1497, le Bûcher des vanités, où les Florentins, en signe de pénitence, viennent brûler des vêtements et des bijoux, pendant que des artistes sacrifient des tableaux jugés licencieux et des livres libertins. Cette fête s’était substituée à l’ancien carnaval.

Savonarole, par son excès de rigueur et la violence de ses paroles, finit par s’attirer les foudres des plus hautes autorités de l’Église. Il est déféré devant l’Inquisition en mai 1498. Il est condamné à mort et exécuté.

Personnage controversé, Savonarole a marqué Botticelli. Même si les liens du peintre avec le religieux divisent les historiens, certaines de ses dernières œuvres témoignent de son influence. La Calomnie d’Apelle est une toile allégorique. Par sa teneur morale, elle rompt avec les premières œuvres du peintre, très sensuelles, commela Naissance de Vénus.

Cette toile, offerte à un jeune banquier, nous rappelle que la naissance de l’industrie financière internationale et celle dela Renaissancesont intimement liées, nous explique The Economist.

La prohibition religieuse de l’usure

Ainsi, la religion est souvent invoquée quand il s’agit d’activités financières. L’usure, le prêt à intérêt, l’endettement sont autant de sujets qui posent problèmes aux religieux : juifs, catholiques, protestants et musulmans – pour se limiter aux religions du Livre – se sont tous intéressés à la question.

C’est ce que nous explique Laurence Attuel-Mendes dans un article intitulé “Microcrédit et religion : complémentarité et incompatibilité ?” * Voici comment les religions du Livre se sont positionnées sur la question de l’usure et du prêt à intérêt :

Le judaïsme

Le Pentateuque condamne l’usure. L’usure et l’intérêt sont regroupés sous le terme « tarbit ». Cependant, le tarbit est interdit entre juifs, mais permis entre juifs et non juifs. L’objectif de cette interdiction était la lutte contre la pauvreté.

 Le christianisme

Les catholiques

Le catholicisme a condamné l’usure et le prêt à intérêt. L’objectif était d’éviter l’oppression et l’abus de position dominante, en mémoire des époques anciennes où les débiteurs insolvables étaient réduits en esclavage.

Dans les faits, le crédit et la dette sont restés présents chez les populations d’Europe à l’époque moderne. L’église catholique a retiré l’interdiction du prêt à intérêt du droit canon en 1830. Mais c’est en 1991 que le pape Jean-Paul II a officiellement accepté les principes de l’économie de marché.

En France, c’est dans les communautés catholiques qu’est apparu l’investissement socialement responsable.

Les protestants

Les positions des protestants ont été diverses. Luther n’était pas favorable au prêt à intérêt, sauf ceux faits pour aider l’Église, les prêtres, les étudiants, les vieux, les veuves et les orphelins.

De son côté, Calvin construit une théorie moderne de l’intérêt. Il faut prêter sans intérêt au pauvre et avec intérêt au riche, puisqu’il fera de l’argent avec ce prêt.

Le protestantisme américain, développé par le pasteur John Wesley, valorise l’enrichissement en se référant à la parabole évangélique des talents : « Seigneur, tu m’as confié cinq talents, voici cinq autres que j’ai gagnés. » Cette éthique se rapproche de celle des Quakers, communauté religieuse dont nous avons déjà parlé. Les Quakers sont considérés comme les premiers à avoir conçu un investissement responsable, en accord avec leurs croyances.

L’islam

 À la différence des autres religions, l’islam continue d’interdire l’usure et il régit toujours les activités économiques de certains pays. La finance islamique en est une manifestation, notamment en Europe. Il faut préciser que le prêt à intérêt est admis dans la totalité du monde musulman sunnite.

En islam on parle de l’interdiction du ribâ, terme dont le sens rejoint le tarbit dans le judaïsme. Il a moins le sens d’usure que d’”avantage illicite”. L’interdiction du ribâ a pour objectif d’abuser de la faiblesse ou de l’inexpérience de l’autre. Elle vise à une solidarité et une coopération accrue.

En conclusion, les religions du Livre ont toutes prohibé l’usure et le prêt à intérêt. Ces interdictions visaient à protéger les plus faibles contre eux-mêmes et contre les puissants. Elles sont globalement devenues moins fortes à mesure que se sont développées les sociétés modernes.

* Cet article est inclus dans l’ouvrage collectif L’Autre finance, de Daniel Bachet et Philippe Naszalyi

 

 

Culture financière : Français, encore un effort…

Mardi 15 novembre 2011

culture_economique_francaisEn ces temps de rigueur, les ménages doivent savoir gérer leur budget et pouvoir épargner. Mais avons-nous la culture financière pour le faire ? C’est la question que pose une étude récente sur la culture financière des Français. Elle a été menée par le Credoc (Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de vie) à la demande de l’Institut pour l’Éducation Financière du Public (La Finance pour tous), en partenariat avec l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).
Cette étude révèle chez les Français une culture financière parfois déficiente: connaissance imparfaite des produits financiers, difficultés à effectuer des calculs. Mais elle montre aussi une bonne compréhension des mécanismes financiers de base et un désir d’améliorer ses connaissances.

Gérer son budget

La majorité des Français tiennent un budget de leurs dépenses et de leurs revenus: 44% le font régulièrement et 26% occasionnellement.
Trois quart des Français connaissent le montant de leurs dépenses mensuelles, avec plus ou moins de précision.
La majorité de la population française est rarement à découvert. Seuls 16% déclarent avoir été à découvert au moins une fois ces trois dernières années au-delà de la limite autorisée par leur banque. Seuls 8% des Français déclarent des retards de paiement de leur loyer ou de leurs mensualités d’emprunts.

Détention de produits financiers

Ça n’est pas une surprise, le livret d’épargne est le produit financier le plus souvent détenu: 82% des personnes déclarent qu’eux ou leur foyer en possède. Les réponses varient selon les revenus: avec un salaire mensuel de moins de 1500 euros, le taux de réponse est de 70%. A plus de 3100 euros mensuel, il est de 90%.
Les autres produits possédés par les Français sont:

  • un contrat d’assurance vie: 58%
  • de l’épargne salariale : 24%
  • des actions : 21%
  • des Sicav, des Fonds communs de placement : 16%
  • des obligations: 11%
  • des warrants ou des trackers: 0%

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Cette épargne peut largement être qualifiée d’épargne de précaution. Pour 50% des personnes, l’objectif est de « mettre de l’argent de côté en cas de coup dur ». Cela reflète une aversion de nos compatriotes pour le crédit et l’endettement. Mais cela traduit également un certain pessimisme, soulignent les auteurs de l’enquête.
Les objectifs de l’épargne sont:

  • mettre de l’argent de côté en cas de coup dur: 50%
  • transmettre un patrimoine à ses enfants ou petits enfant: 16%
  • préparer sa retraite : 14%
  • constituer un patrimoine : 8%
  • disposer d’un complément de revenu: 6%
  • faire une plus value-rapide: 1%

Compétence en matière financière

Les Français connaissent mal les produits financiers. Ils sont 80% à avoir le sentiment de plutôt mal s’y connaître dans ce domaine. Ce sentiment a même progressé de 7% depuis sept ans. Il est partagé par toutes les franges de la société.
Voici les situations dans lesquelles les Français ont l’impression que leurs connaissances sont suffisantes:

  • lire un relevé de compte : 97%
  • souscrire un crédit : 81%
  • discuter avec son conseiller pour optimiser la gestion de ses placements : 70%
  • acheter un bien immobilier : 62%
  • lire un document d’information commerciale sur un service ou un placement financier : 55%
  • choisir ses placements financiers : 49%
  • évaluer le risque de ses placements : 50%
  • lire la presse financière : 28%

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Enfin, plus de trois quarts des personnes déclarent une forte envie d’améliorer ses compétences financières, que ce soit au cours de la scolarité, dans le cadre de son travail, ou grâce à la télévision et Internet.

Culture et connaissance financières

La culture financière des Français reste à améliorer. On s’en aperçoit en posant des questions simples.
Quand on leur demande ce qu’est un dividende, 52% donnent la réponse juste parmi trois possibles: c’est le revenu par action versé aux actionnaires selon le résultat de l’entreprise.
Seuls 24% savent définir une obligation: Une part d’un emprunt émis par une entreprise, une collectivité publique ou l’État.
Un Fonds Commun de Placement (FCP) est bien défini par 45% des personnes interrogées : c’est un type de placement financier collectif.

Les Français éprouvent des difficultés à effectuer des calculs financiers simples. Un problème a été posé:

“Imaginons que vous placiez 100 euros sur un compte rémunéré à 2% par an. Vous ne faites plus aucun versement sur ce compte et vous ne retirez pas non plus d’argent. Combien aurez-vous sur votre compte un an plus tard, une fois les intérêts versés ?”

La réponse est 102 euros. Seuls 51% ont répondu juste.
Toutefois, 54% des Français maîtrisent la notion d’intérêt composé. Ils savent que 100 euros placés à 2% pendant 5 ans conduisent à un capital de plus de 110 euros.

De plus, les calculs de pourcentage prêtent à confusion. A la question « Si la valeur d’un patrimoine a progressé de 200 %, cela signifie qu’il a été multiplié par… ? », seuls 11% des gens donnent la bonne réponse: trois.

La notion de diversification est bien maîtrisée: pour 70% des personnes, « quand on investit en Bourse, il est possible de réduire les risques en diversifiant ses placements ».

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Le couple risque / rentabilité est bien compris. Pour 72% des Français il n’est pas possible de trouver un produit financier qui soit à la fois très rentable et très peu risqué.
Enfin, l’aversion au crédit à la consommation est confirmée. Avec des taux qui dépassent le rendement attendu des placements il est donc préférable, si l’on reçoit une somme d’argent exceptionnelle, de rembourser son crédit à la consommation avant de placer l’argent. C’est l’avis de 52% des Français interrogés.

  • A propos de l’enquête réalisée par le Credoc: Cette étude repose sur une enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population française : 1502 personnes âgées de 18 ans et plus ont été interrogées par téléphone au cours du mois de juin 2011.

Qu’est-ce que le Fonds de garantie des dépôts ?

Jeudi 8 septembre 2011

Mon argent placé en banque est-il suffisamment garanti ? Cette question, beaucoup d’épargnants se la posent. Récemment, par exemple, le magazine Le Revenu y consacrait un dossier.
L’un des mécanisme pour répondre à cette interrogation et pour garantir l’épargne est le Fonds de garantie des dépôts.
Dans les faits, c’est lui qui a pour mission d’indemniser les épargnants en cas de défaillance de leur établissement financier. Son action est une « composante de la sécurité du système bancaire français confortant, en cas de nécessité, la confiance des déposants dans la qualité d’ensemble de ce système », précise cet organisme sur son site.

Ce fonds garantit les épargnants en cas de défaillance d’un établissement financier. La garantie des dépôts est de 100 000 euros par personne et par établissement bancaire. Ce montant a été relevé en octobre 2010, passant de 70 000 à 100 000 euros. Il s’agit d’une transcription de la directive européenne du 11 mars 2009. (source: Les Echos)

Le Fonds de garanti de dépôts a été créé par la loi du 25 juin 1999. Il gère trois mécanismes de garantie : la garantie des dépôts (espèces), la garantie des titres et la garantie des cautions. Certain types de dépôts sont exclus de la garantie.


La garantie des dépôts

Elles concerne principalement les comptes bancaires, les comptes sur livrets et les plans d’épargne logement. Une liste des établissements bancaires adhérents au Fonds de garantie des dépôts figure sur leur site.


La garantie des titres

Elle concerne tout instrument financier (mentionné à l’article L 211-1 du Code monétaire et financier): actions, titres de créances, parts ou actions d’organismes de placement collectif, instruments financiers à terme.


La garantie des cautions

Il s’agit des engagements de caution exigés par un texte législatif ou réglementaire, pris par un établissement de crédit au profit de personnes physiques ou morales de droit privé.

Actuellement, le Fonds de garantie des dépôts immobilise un peu moins de 2 milliards d’euros. Cela couvre de 0,12% à 0,15% des dépôts.
Un accord européen prévoit de porter les systèmes de garantie des dépôts bancaires, d’ici à quinze ans, à 0,5 % des dépôts couverts.
Pour cela, les établissements financiers participent au fonds de garantie des dépôts, à hauteur de 270 millions par an, en 2011, 2012 et 2013. (Les Echos)

Aux épargnants inquiets, le journal Le Monde rappelait récemment le rôle du Fonds de garantie des dépôts: « Le risque est faible de voir les dépôts sur les comptes courants touchés par un défaut grec, surtout s’ils ont été placés dans une banque qui a passé avec succès les tests de résistance, même si ces derniers écartaient l’hypothèse d’une faillite de la Grèce. Dans le pire des cas, ces dépôts sont garantis par la loi, grâce à un fonds dédié, à hauteur de 100 000 euros. Il en va de même pour l’argent déposé sur un livret A, livret de développement durable, livret jeune, et tout autre super livret. Là encore, c’est le Fonds de garantie des dépôts qui couvre l’argent collecté. »

La générosité des Français est-elle surestimée ?

Mercredi 20 juillet 2011

Les Français restent fidèles aux associations caritatives, malgré la crise. C’est ce que montre l’étude « la générosité des Français », publiée en novembre 2010, comme chaque année par l’association Recherche et solidarité*.

Le montant total des dons déclarés est de 1,77 milliard d’euros (d’après la déclaration de revenu de 2009). Ce montant est en hausse de 4,5% par rapport à l’année passée. Six millions de foyers ont déclaré des dons à des associations caritatives.

A partir de ces montants déclarés, on estime que les dons des particuliers ont atteint 3,3 milliards d’euros, selon l’association Recherche et solidarité.

Les donateurs fidèles ont un poids important : deux tiers des donateurs aident régulièrement une ou plusieurs associations.

Chacun selon son revenu

Les dons sont répartis différemment selon les revenus des personnes. Par exemple,

  • la première tranche de revenu (de 12 000 à 13 500 euros de revenu net imposable) a donné en moyenne 89 euros aux associations.
  • Une tranche moyenne (de 23 000 à 31 000 euros) a donné 170 euros.
  • La tranche supérieure (plus de 78 000 euros) a donné 748 euros.

En proportion, la générosité est plus forte chez les contribuables les plus modestes. La plus faible tranche donne 0,85% de son revenu net imposable, contre 0,68% pour la tranche moyenne que nous avons citée et 0,72% pour la tranche supérieure.

Percée des dons en ligne

Les dons en ligne progressent fortement mais ne représentent que 3% des dons. On note une percée du prélèvement automatique et du don par SMS. En 2010, à l’occasion du drame d’Haïti, la proportion de ceux qui ont donné par Internet a augmenté de 12% et la proportion de ceux qui ont donné par SMS a progressé de 33%, note le rapport de Recherche et solidarité.

Les plus de soixante ans (31% des foyers fiscaux) représentent 57% des donateurs. Les 10% disposant d’un revenu supérieur à 45 000 euros contribuent pour 48% des dons.

Les Français moins généreux que les anglo-saxons?

Les Français sont moins généreux que les anglo-saxons. Un Français donne en moyenne 80 euros par an à des associations alors qu’un Britannique donne 200 euros et un Américain 1000 euros.

Une étude a été réalisée au niveau mondial. C’est le World giving index, qui porte sur 153 pays. La France n’est que 91 ème de ce classement. Seuls 31% des Français donnent de l’argent et 22% donnent du temps à une association.

Le classement est dominé par l’Australie, la Nouvelle Zélande, l’Irlande, le Canada, la Suisse et les États-Unis.

Toutefois, cette étude est à prendre avec précaution. Les systèmes sociaux varient d’un pays à l’autre. En France, la protection sociale est largement assurée par la sécurité sociale, financée par l’impôt et les cotisations. Dans les pays anglo saxon, les dispositifs de sécurité sociale sont largement basés sur des assurances privées. Le recours à la charité y est donc plus fréquent.

Les incitations fiscales sont-elles efficaces?

Il existe des incitations fiscales pour les contribuables imposables qui déclarent des dons aux associations. Ce retour fiscal, de 66% ou de 75%, a été nommé « le dispositif Coluche », en référence au fondateur des Restos du cœur.

Mais ce dispositif est-il vraiment incitatif, se demande Jacques Malet, président de Recherche et solidarité (dans le Rapport moral sur l’argent dans le monde, 2010). En effet, si l’on compare l’évolution des dons chez les foyers ayant bénéficié des avantages fiscaux, on s’aperçoit que l’augmentation des dons provient majoritairement de la déduction d’impôt. De 1991 à 2008, les dons ont progressé de 1,18 milliard d’euros, mais sur cette somme, les déductions d’impôts représentent 949 millions.

Sur des sujets voisins:

*L’étude repose sur trois sources: La direction générale des finances publiques (Bercy), qui fournit les chiffres sur les personnes qui déclarent leurs dons sur leur déclaration de revenu; 120 associations qui renseignent sur le suivi de leur collecte et des donateurs, interrogés régulièrement

Crédits photos : filmmakerinjapan sur Flickr

Microcrédit : l’ADIE à la rencontre de ses clients

Mardi 14 juin 2011

L’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique) a organisé sa semaine du microcrédit, du 7 au 11 juin, dans toute la France. A cette occasion, j’ai poussé la porte de mon agence locale, au Mans. J’ai voulu en savoir plus sur les clients du microcrédit.

Annette Pachot, habitante du Mans, donne des cours de français à des étudiants étrangers, des personnes en situation d’illettrisme et des salariés souhaitant une remise à niveau. Sa structure s’intitule « Dire et écrire ». Elle nécessite des investissements : ordinateur, vidéo projecteur, etc. Annette obtient un prêt d’un montant de 1580€ auprès de l’ADIE. Parallèlement, elle est suivie régulièrement par un bénévole de l’association.

Accompagner les emprunteurs

L’accompagnement des créateurs d’entreprise est un des aspects importants du microcrédit en France. Le montage du projet, son démarrage et son accompagnement sont assurés par l’ADIE. L’aide couvre différentes disciplines : formation comptable ou bureautique, coaching en marketing, formation juridique ou de gestion, etc.

Jonas Missaye, aurait pu être footballeur professionnel, mais son parcours a fait de lui un photographe. C’est en animant le magazine d’un club de football qu’il réalisera ses premiers clichés. Il crée ensuite une structure spécialisée dans les photos de jeunes sportifs. Aujourd’hui, un studio au cœur du vieux Mans lui permet de développer sa sensibilité.

Récemment, Jonas a eu besoin de renouveler son matériel. Un prêt de 4200 € de l’ADIE l’aide à consolider ce projet.

Au Mans, l’ADIE a financé 130 micro entreprises sur les 24 derniers mois. L’association est composée de deux conseillers crédit et douze bénévoles.

Les clients sont :

  • des bénéficiaires des minimas sociaux (RSA, ASS): 40%
  • des demandeurs d’emploi: 35%
  • des travailleurs pauvres et travailleurs indépendants: 25%

(source : ADIE)

En marge de l’économie

Selon Maria Nowak, fondatrice de l’ADIE, « les clients de l’ADIE sont essentiellement des chômeurs, des allocataires des minimas sociaux et des travailleurs pauvres avec une part importante de femmes, de jeunes, de seniors, de personnes d’origine immigrée, de gens du voyage, bref de tous ceux qui d’une façon ou d’une autre sont, plus que d’autres, en marge de l’économie et souffrent, plus que d’autres, de toutes sortes de discriminations. » (in L’Espoir économique)

Au niveau national, 14 249 microcrédits professionnels ont été accordés en 2009 pour un montant total de 49,2 millions d’euros en 2009, soit un montant moyen de 3400 euros.

De plus, 7884 microcrédits personnels ont été octroyés en 2010 pour un montant total de 17,4 millions d’euros en 2010, soit un montant moyen de 2200 euros. Le microcrédit personnel sert à couvrir une dépense liée à la recherche d’emploi: achat ou location de véhicule, permis de conduire, déménagement, formation.

Au niveau mondial, on compte 190 millions d’emprunteurs, dont 74% sont des femmes.

(source: baromètre de la microfinance)

La semaine du microcrédit avait lieu pour la septième année.

L’ADIE a été créée en 1989. Elle compte 130 antennes et 190 permanences sur le territoire national.

A lire: Le microcrédit en France: petit état des lieux

4 outils d’épargne solidaire pour soutenir de grandes causes

Vendredi 10 juin 2011

Pour soutenir une grande cause, les produits d’épargne solidaire jouissent d’un attrait croissant. Ce type d’épargne a vu son encours multiplié par cinq de 2004 à 2010, pour dépasser la barre des trois milliards d’euros*.

L’épargne solidaire est donc une alternative au don pour soutenir une association qui vient en aide aux autres. Par exemple, on peut aider Handicap International grâce au Livret agir du Crédit coopératif, ou bien Amnesty International grâce au Livret solidaire proposé par le Crédit municipal de Toulouse.

Épargne de partage

Cette épargne solidaire est dite « de partage ». Le mécanisme est simple: sur la base d’un livret d’épargne classique, l’épargnant choisit de partager une fraction des intérêts avec une association de son choix.

Nous vous présentons ici quatre produits d’épargne solidaire: le Livret Agir, le Livret d’épargne Pour les autres, le FCP Épargne solidaire, et Livret solidaire.

Livret Agir

Le livret Agir fonctionne comme un livret classique, mais il est assorti d’un mécanisme de partage. L’épargnant reverse 50% des intérêts à l’une de ces 21 associations :

Terre & Humanisme, Surfrider Foundation Europe, Solidarités Nouvelles face au Chômage, Solidarités, Réseau Cocagne, Mountain Riders, Handicap International, Habitat & Humanisme, France Nature Environnement (FNE), Fondation Energies pour le Monde, Fédération Artisans du Monde, Echo Mer, CCFD – Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Centre d’Action Sociale Protestant (CASP), Association Franc-Comtoise de Finances solidaires, Association des Paralysés de France (APF), Aquitaine Active, AIDES, Aide et Action, Agir abcd, Action contre la Faim.

La rémunération brute est de 2,65%. Elle est plus élevée que celle du Livret A car le gestionnaire participe à l’effort de solidarité en sur-évaluant le taux d’intérêt de référence.

Le risque est nul et l’argent est toujours disponible. Par ailleurs, ce livret bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Il est proposé par le Crédit coopératif.

Livret d’épargne Pour les autres

Ce livret fonctionne comme un livret classique, mais avec un mécanisme de partage. L’épargnant reverse 50, 75 ou 100% de ses intérêts à une de ces 9 associations:

Petits Princes, Médecins du Monde, Handicap International, Habitat & Humanisme, Croix-Rouge française, Cimade, Secours Catholique, Armée du Salut, Amnesty International, Aide et Action, Unicef.

Le taux de ce livret est de 2% brut. Le risque est nul et l’argent est toujours disponible. Ce placement bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Il est disponible dans les réseaux du Crédit mutuel et du CIC.

FCP Épargne solidaire

Le FCP Épargne solidaire est un placement de partage dont la moitié des gains annuels est réinvestie et l’autre moitié fait l’objet d’un don à une de ces 14 associations:

UNAPEI (Union Nationale des Associations de Parents et Amis de Personnes Handicapées Mentales), Pays de Rennes Emplois Solidaires (PRESOL), Œuvres Pontificales Missionnaires, Médecins du Monde, Institut Pasteur, Institut Curie, Handicap International, France Terre d’Asile, Fondation Saint-Matthieu, Fondation de France, Association des Paralysés de France (APF), Armée du Salut, Aide Médicale Internationale (AMI), Action contre la Faim..

Le portefeuille est constitué à plus de 90 % en obligations et titres monétaires. Il existe un risque de perte en capital en cas de hausse des taux d’intérêts, indique Finansol. L’argent est disponible à tout moment. Ce produit bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Il est proposé par le Crédit coopératif.

Livret solidaire

Ce livret se présente comme un livret classique, mais avec un mécanisme de partage. L’épargnant peut reverser 25, 50, 75 ou 100% à une des 6 associations partenaires:

Solidarités, Handicap International, Association des Paralysés de France (APF), Amnesty International, Agir abcd, Action contre la Faim..

Le taux de rémunération brute est de 2,7%. Le risque est nul et l’argent est disponible à tout moment. Ce produit d’épargne bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Il est disponible au Crédit municipal de Toulouse.

*source: baromètre de la finance solidaire.

La finance solidaire au Québec et la Caisse d’économie solidaire Desjardins

Vendredi 3 juin 2011

A la fin du XIXe siècle, le Québec compte 1,6 millions d’habitants, en majorité ruraux et francophones. Les conditions de vie sont difficiles. Les salaires sont bas et l’emploi est incertain.

L’accès à l’épargne est difficile. Les banques ne font affaire qu’avec les commerçants, les industriels et les familles fortunées.

Sténographe français à la Chambre des communes et ancien journaliste, Gabriel-Alphonse Desjardins est sensibilisé à ce problème. Il est notamment indigné par le comportement des usuriers qui pratiquent des taux d’intérêts pouvant aller jusqu’à 3000%.

Il se documente sur les modèles de banques populaires et de caisses rurales existant en Europe. Il réunit un groupe de concitoyens. Et c’est ainsi qu’il fonde sa caisse populaire, le 6 décembre 1900, à son domicile de Lévis. (source : Caisses Desjardins)

Depuis cette date, la finance solidaire est bien implantée au Québec. Aujourd’hui, le mouvement des Caisses Desjardins est le plus grand groupe financier coopératif du Canada. Il compte 5,8 millions de membres.

Syndicalisme et finance solidaire

Dans les années 1960, les travailleurs québécois sont confrontés à des difficultés pour emprunter auprès des banques traditionnelles.

Ils se regroupent, avec l’aide de leurs syndicats, pour inventer un outil financier, fondé sur l’épargne. En économisant quelques dollars par mois sur leur paie, ils se constituent un capital et élaborent des services financiers à travers des coopératives. (source : Guide des placements solidaires, Alternatives économiques)

En 2001, ces caisses fusionnent avec les Caisses Desjardins du Québec. L’une d’entre elles, la Caisse d’économie solidaire Desjardins, fondée en 1971, se consacre exclusivement à l’économie solidaire.

La Caisse d’économie solidaire Desjardins compte 10 247 membres individuels et 2 797 coopératives et associations. Elle gère une épargne de 540 millions de dollars canadiens (382 millions d’euros). (source: rapport annuel 2010)

La Caisse d’économie solidaire propose des produits d’épargne solidaires et responsables.

Placement à rendement social

Ces placements dit « à rendement social » permettent à l’épargnant de savoir où son argent est investi.

Les projets financés appartiennent aux domaines suivants :

  • des coopératives d’habitation, de travail, de solidarité, de transport ambulancier et de services funéraires
  • le financement de projets issus du milieu communautaire (logement, insertion sur le marché du travail, centre de la petite enfance, revitalisation et protection de l’environnement, etc.)
  • les prêts aux particuliers qui adhèrent à des programmes écologiques
  • le financement de projets culturels (théâtres, musées, médias communautaires, éditeurs, etc.)

Épargne solidaire

L’épargne solidaire proposée par la Caisse d’économie solidaire Desjardins a pour but d’alimenter un Fonds de soutien. Il soutient des syndicats en conflit de travail, des entreprises collectives ou des organismes communautaires, qui ont besoin temporairement d’un financement complémentaire au prêt traditionnel.

L’épargne solidaire est un montant d’argent placé pour lequel l’épargnant renonce à ses intérêts. Le capital peut être retiré à tout moment.

Performance de l’ISR: un sujet en débat

Mardi 10 mai 2011

Un investissement responsable est-il plus ou moins rentable qu’un autre ? La question revient souvent à propos de l’Investissement Socialement Responsable (ISR ). Ce questionnement est, bien sûr, fondamental : la performance d’un placement est un objectif important pour tout investisseur.

Mais, dans le cas de l’ISR, cet objectif se double d’une préoccupation éthique : le placement doit aussi être responsable.

Responsabilité et performance

Face à cette seconde priorité, les investisseurs se divisent en trois groupes. Pour les premiers, les choix éthiques l’emportent sur les considérations de performance. Pour d’autres, la performance ne saurait être sacrifiée à la performance. Enfin, un troisième type d’investisseurs veut concilier responsabilité et performance.

Des études contradictoires

Le sujet de la performance de l’ISR divise également les spécialistes.

Une étude souvent citée est celle de l’UNEP.FI (Programme des Nations-Unies pour l’Environnement Finance Initiative), en collaboration avec le cabinet Mercer, publiée en octobre 2007. Cette étude est globalement encourageante pour l’ISR.

Elle compile 20 travaux universitaires et 10 études réalisées par des intermédiaires financiers. Sur les 20 travaux universitaires, 10 concluent à un lien positif entre l’application des critères ISR et la performance, 7 ne révèlent aucun impact et 3 révèlent un impact négatif. Pour les 10 autres études, 8 d’entre elles montrent un impact positif et 2 un impact nul.

La performance de l’ISR en débat

En France, une étude de l’EDEHC Risk and Asset management Research Center a été publiée en 2008, signée par Noël Amenc. Elle est signalée par Philippe Zaouati, dans son livre Investir “responsable”.

Le bilan est plutôt décevant pour l’ISR : « les résultats de notre étude nous ont permis de constater qu’aucun des 62 fonds de notre échantillon, qui couvrait différentes zones d’investissement, ne parvenait à générer un alpha positif et significatif sur une période de six ans, et que les seuls alpha identifiés comme significatif étaient négatifs. »

A cet exemple en répond un autre. Il s’agit d’une étude d’Altedia, un consultant très actif dans le domaine de l’ISR, qui a publié une contre étude démontrant, à partir d’un panel de 139 fonds internationaux, que sur une période de un an, les fonds ISR avaient été plus nombreux à battre leurs indices de référence que les fonds classiques.

Ces études contradictoires prouvent qu’il existe un débat sur la performance de l’ISR. A ce jour, aucune n’a apporté de conclusion définitive sur le sujet.

Les indices boursiers ISR

Un autre élément permet de s’orienter dans ce débat de la performance de l’ISR : ce sont les indices boursiers « éthiques » ou ISR. A l’image des indices boursiers classiques, comme le Dow Jones, ils sont utilisés par la communauté financière.

  • Les indices Dow Jones Sustainability (DJS), créé en 1999, sont construits à partir des données fournies par la société de gestion suisse SAM
  • L’indice ASPI Eurozone est développé par l’agence de notation française Vigéo.
  • Les indices FTSE4GOOD sont construits à partir des notations de l’agence anglaise EIRIS.

Performance et reporting

S’il est difficile de répondre globalement à la question de la performance de l’ISR, en revanche, on peut étudier la performance d’un fonds ISR.

Ces données figurent dans le reporting concernant chaque fonds d’investissement. Vous retrouverez, notamment, ce reporting sur son site Internet. L’ensemble des 307 fonds ISR distribués en France est répertorié sur le site de Novethic.

Enfin, ajoutons un élément de réflexion : la notion d’ISR n’est pas unifiée. L’ISR est un enjeu de débats, qui opposent plusieurs visions de l’investissement responsable. Chaque investissement est une question de choix, laquelle repose sur une conception de l’épargne mais aussi de la société.