‘Locavesting’ : investir local pour soutenir l’emploi

Il y a quelques jours, une librairie de la Septième avenue, à New York, a connu une affluence inhabituelle. Cette arrivée de clients, réunis en un instant, constitue ce qu’on appelle un « cash mob », rapporte le Wall Street Journal. Le mot est forgé à partir de « flash mob », qui désigne ces mobilisations éclair organisées grâce à Internet.

Le principe du cash mob est identique, sauf que les personnes se rassemblent pour un motif bien précis : acheter des produits dans un lieu de vente. Les cash mobs se sont développés dans deux cent villes des États-Unis.

Ce jour là, au Community Bookstore de Brooklyn, on croisait des amateurs de livres venus soutenir une librairie locale. Il y avait aussi Amy Cortese, auteur de Locavesting : la révolution dans l’investissement local et comment en profiter (extrait à lire sur Google Book).

Le locavesting est un concept qui s’accorde bien avec les cash mobs. L’idée est de rappeler qu’investir local est une façon de protéger les emplois et de soutenir sa ville.

Centré sur l’économie locale

Le « locavesting » plaide pour une épargne recentrée sur l’économie locale. Dans son livre, Amy Cortese pose cette question, dans une interview à l’agence Reuters: « Que se passerait-il si les gens investissaient 50% de leurs revenus dans un rayon de 50 miles de l’endroit où ils vivent ? » Selon l’auteur, 26 000 milliards de dollars sont investis en bourse aux États-Unis. Si 10% étaient investis au niveau local, plutôt que dans des multinationales, l’impact serait énorme, notamment sur l’emploi.

Selon l’auteur, le locavesting se distingue de l’ISR (Investissement Socialement Responsable). Contrairement à l’ISR qui cherche principalement à écarter certains investissements, le locavesting vise à créer un impact positif. Toutefois, investir dans des petites entreprises locales n’est pas sans risque, souligne-t-elle. Elle recommande d’investir via une agence bancaire locale ou directement au capital d’une entreprise.

 

Pour qui s’intéresse à l’investissement responsable, le locavesting est à la croisée de plusieurs concepts déjà développés sur notre blog :

 

  • Slow money : le slow money (argent lent), sur le modèle du slow food, invite à repenser l’investissement. On investit sur le long terme, généralement dans des entreprises agricoles proches de chez soi. Locavesting et slow money se posent la même question : comment faire vivre l’économie locale en investissant ?

 

  • Impact investing : l’investissement d’impact vise à produire un impact positif sur la société, en plus d’un bénéfice financier. Il peut se traduire par des créations d’emploi, une amélioration environnementale ou sociale. Le locavesting, comme l’impact investing, vise à avoir un impact positif sur la société.

 

  • Crowdfunding : le crowdfunding consiste à faire appel à la foule, via une plateforme sur Internet, pour lever des fonds afin d’investir dans une entreprise. Appliqué au niveau local, il peut prendre la forme du cash mob, mobilisation éclair pour investir, comme nous l’avons vu au début de l’article. Le locavesting utilise la force des foules pour diriger des investisseurs vers des entreprises locales.

Articles similaires:

  1. Terre de liens: investir pour soutenir des paysans bio
  2. Investir dans des vaches pour diversifier son épargne
  3. “Finance utile”: une plateforme web pour investir dans des PME innovantes
Share |

Laisser une réponse


6 + deux =

Les 5 derniers articles du blog:


  • Le succès du microcrédit au Pérou
  • Les fermiers de Loué et les épargnants financent des éoliennes
  • L’Investissement Socialement Responsable en France : les chiffres 2012
  • La transition énergétique en débat
  • Impact2 : financer les entreprises sociales