Le crowdfunding français dans la présidentielle

La présidentielle, c’est des candidat(e)s, des programmes, des petites phrases… Mais c’est aussi des débats lancés par des acteurs de la société et de l’économie. Ainsi, les professionnels de la finance participative ont interpellé les prétendant à l’Élysée, le 26 mars. Ils ont diffusé un « manifeste pour l’appui au financement participatif (crowdfunding) », signé par une trentaine de professionnels.

La finance participative, ou crowdfunding (financement par la foule), c’est un moyen de financer des projets d’entreprise sans intermédiaire ou de prêter de petites sommes entre particuliers. Concrètement, l’internaute se rend sur le site de la société de finance participative et il peut prêter de l’argent pour financer un projet. Avec des sommes investies moins importantes que pour le capital investissement ou les business angels, le crowdfunding se veut populaire.

Financer 15 000 projets

Cette forme d’investissement surfe sur la grande vague de la consommation collaborative. Prêt ou location de voiture, de logement, achat de vêtements ou de meubles d’occasion, échange de conseils, etc. Souvent pensées comme des réponses à la crise, ces expériences collaboratives sont foisonnantes, y compris dans le domaine financier où « il ne se passe quasiment pas une semaine sans qu’une nouvelle plate-forme, spécialisée ou multi-thématique, ne voit le jour », comme on le note chez Ulule, un des signataires du manifeste de la finance participative.

Les professionnels du crowdfunding annoncent plus de 6 millions d’encours cumulés permettant le soutien de près de 15 000 porteurs de projets en France et partout dans le monde. Les plateformes affichent des taux de croissance de 100 à 200% par an. Toutefois, le crowdfunding fait face à des difficultés, liées au cadre réglementaire, jugé trop contraignant par certains (source: Conso collaborative).

Attirer l’attention des candidats

Pour peser dans le débat présidentiel, les acteurs du crowdfunding  se sont réunis, le 26 mars, au Palais Brongniart, à Paris. Ils ont pour nom Babyloan, Ulule, FriendsClear, Babeldoor, Wiseed, KissKissBankBank, France Angels, Mail for Good, Izi-Collecte, etc. Pour pousser la logique participative jusqu’au bout, l’événement a été financé de façon participative, sur la plateforme Babeldoor.

L’objectif était d’attirer l’attention des dix candidats au premier tour de la présidentielle. Mais aucun n’est venu. Que faut-il en conclure ?

Les acteurs du crowdfunding avancent leur propositions. Ils souhaitent un cadre réglementaire plus souple pour favoriser le financement direct. Concrètement, voici ce qu’ils proposent:

  • faciliter la collecte et par conséquent la mutualisation de petits montants pour le financement d’un projet
  • assouplir les règles relatives à l’offre au public de titres financiers pour les adapter à un financement de petits montants individuels, en admettant qu’une communauté peut dépasser 100 (150) personnes sans risque si les montants sont raisonnables,
  • assouplir la réglementation en matières de prêts directs entre particuliers,
  • assouplir les règles en matières de collecte de fonds,
  • adapter le niveau d’information et de transparence exigé des émetteurs (ou des intermédiaires neutres que sont les plateformes web) pour tenir compte de la réalité des projets financés et de la réalité du besoin de protection des épargnants qui souhaitent s’engager
  • permettre aux intermédiaires, notamment les plateformes internet, de rester des acteurs neutres, favorisant seulement la mise en relation entre le projet et ses financeurs, sans exiger des opérateurs des niveaux d’information inadaptés et freinant en pratique le développement des projets,

Tout ceci dans le cadre d’une information transparente et accessible donnée aux épargnants quant au risque de non remboursement qu’ils prennent dans le cadre de prêts (rémunérés ou non) ou de fonds propres et quant au suivi des projets.

Au même moment, aux États-Unis, le Sénat a voté le 22 mars un assouplissement de la réglementation des appels publics à l’épargne. Ce coup de pouce au crowdfunding vise à relancer l’emploi et la création d’entreprise aux États-Unis.

Mais pourquoi, selon vous, les candidats à la présidentielle française ne semblent pas prêter attention aux acteurs de la finance participative ?

Photo: Babyloan

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