Archive pour février 2012

Finansol lance un guide de l’épargne salariale solidaire

Jeudi 23 février 2012

Finansol labellise les produits d’épargne solidaire. L’organisme vient d’ailleurs de publier un guide de l’épargne salariale solidaire, à télécharger sur son site : « Guide pratique épargne salariale : Comment investir solidaire ? ».

En 10 pages, ce guide vous apprend tout d’abord ce qu’est l’épargne salariale, « l’ensemble des dispositifs (intéressement, participation, versement libre, abondement) vous permettant d’être associé financièrement à la réussite de votre entreprise et/ou de vous constituer une épargne avec l’aide de celle-ci ».

Puis on puis on découvre que grâce à l’épargne salariale solidaire « vous mettez votre argent au service de la création d’emplois, de la construction de logements sociaux ou encore du développement de projets de solidarité internationale et de protection de l’environnement, tout en faisant fructifier votre épargne d’entreprise ».

Le guide nous apprend comment concrètement y souscrire. Depuis 2010, votre entreprise a l’obligation de vous proposer au moins un Fonds Commun de Placement d’Entreprise Solidaire (FCPES) dans le cadre de votre Plan d’Épargne Entreprise (PEE), rappelle Finansol. Plus de 500 000 salariés ont opté pour un fonds solidaire via leur dispositif d’épargne salariale.

Le guide évoque la performance financière de ces produits d’épargne, ainsi que la fiscalité qui leur est appliquée.

Labellisés Finansol

Le guide explique comment reconnaître les FCPE solidaires grâce au label Finansol. L’organisme définit ainsi son label: « Attribué annuellement par un comité d’experts indépendants, le label garantit le financement d’activités à fort impact social et/ou environnemental. La société de gestion du fonds s’engage, par ailleurs, à donner aux souscripteurs une information fiable sur le placement labellisé et les activités financées ».

Voici la liste complète des fonds d’épargne salariale labellisés Finansol :

Illustré de nombreux exemples, le Guide pratique épargne salariale vise à sensibiliser le public à des placements qui « génèrent une double rentabilité : financière et sociale ».

Exclusion normative : les principales normes internationales

Lundi 20 février 2012

Pour faire suite à la note NovethicL’exclusion normative pour les investisseurs responsables, voici un point détaillé sur les normes internationales les plus souvent utilisées dans la démarche d’exclusion normative en ISR  :

Conventions de l’OIT :

Les normes permettent aux investisseurs de s’assurer des conditions de travail appliquées dans les entreprises.

Les huit conventions fondamentales de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) concernent :

  • la liberté syndicale et la protection du droit syndical
  • le droit d’organisation et de négociation collective
  • l’abolition du travail forcé
  • l’âge minimum
  • les pires formes de travail des enfants
  • la discrimination (emploi et profession)

Il existe 159 conventions de l’OIT actuellement en vigueur, mais l’ensemble des 183 États membres n’ont pas ratifié toutes ces conventions.

Les principes directeurs de l’OCDE

Les principes directeurs de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) constituent un code de conduite qui recouvre ces questions :

  • droits de l’Homme
  • emploi et relations professionnelles
  • environnement
  • lutte contre la corruption
  • sollicitation de pots-de-vin et d’autres formes d’extorsion
  • intérêts des consommateurs
  • science et technologie
  • concurrence
  • fiscalité.

Les conventions contre la corruption

Les deux normes les plus utilisées sont la convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption (1999) et la Convention des Nations Unies contre la corruption (2005).

“Ces deux conventions constituent donc un cadre normatif solide en matière de lutte contre la corruption, tout à fait à même d’être utilisé pour les approches d’exclusions normatives mises en œuvre par les investisseurs. Ratifiées par les États, elles engagent ces derniers à prévenir et à sanctionner la corruption auprès de leurs ressortissants, ce qui inclut l’activité des entreprises opérant sur leur territoire”, précise Novethic.

La Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Adoptée en 1948, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme concerne surtout les États, mais les investisseurs s’y réfèrent aussi pour évaluer la politique des entreprises en ce qui concerne leur action auprès des populations des pays où elles sont implantées.

La Déclaration de Rio

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement (1992) est l’outil de référence en matière d’environnement.

Le Global Compact

Le Global Compact a été lancé en 2000. Les entreprises adhérentes s’engagent au respect de dix principes dans les domaines des droits de l’Homme et du travail, du respect de l’environnement et de la lutte contre la corruption.

 Le cas des armes controversées

L’exclusion desmines antipersonnel et les bombes à sous-munitions est un sujet fait l’objet d’un large consensus parmi les investisseurs. Ils s’appuient sur la Convention d’Ottawa (1997) et le Traité d’Oslo (2010). Ces traités n’ont pas été signés et ratifiés par tous les États.

 

L’exclusion normative pour les investisseurs responsables

Lundi 20 février 2012

Mise à jour le 2 avril 2012: le centre de recherche Novethic est l’auteur de cette note.

Investir responsable peut amener à exclure certains investissements jugés non conformes à des principes. Mais comment décider d’exclure une entreprise ? Les investisseurs disposent d’outils pour mener leur stratégie d’Investissement Socialement Responsable (ISR). Ces outils, ce sont, notamment, les normes internationales, les traités, les conventions signées par les États.

Ces normes encadrent l’activité des entreprises. Elles permettent aux investisseurs d’exclure de leur investissement celles qui enfreignent ces normes. Par exemple, on exclura d’investir dans des entreprises qui produisent des armes controversées : mines antipersonnel ou bombes à sous-munitions.

Le fonds souverain norvégien* — le plus important en Europe — a ainsi décidé d’exclure de son investissement les entreprises Wal-Mart, Freeport McMoran, Rio Tinto ou encore Barrick Gold, rapporte une étude de Novethic, institut de recherche ISR**. Cette liste d’entreprises, mise à jour et publiée régulièrement par le fonds souverain norvégien, est très suivie par les investisseurs responsables du monde entier.

Respecter les normes internationales

Exclure des entreprises de son portefeuille est une des approches courante en ISR. L’exclusion a été une des premières démarches appliquées par les pionniers de l’investissement responsable, par exemple aux États-Unis ou en France***. Ceux-ci s’appuyaient sur des valeurs morales et religieuses pour écarter les secteurs du tabac, de l’alcool ou de l’armement.

L’exclusion normative, elle, s’appuie sur les normes internationales reconnues. Comme l’explique Novethic, elle part du principe que les entreprises doivent :

“pour satisfaire aux demandes des investisseurs responsables, être en mesure de respecter un certain nombre de normes internationales fondamentales, quels que soient l’activité concernée et le pays où elles opèrent”.

Protéger la réputation des investisseurs

L’exclusion normative a notamment pour but de protéger la réputation des investisseurs et leur éviter d’être mêlé aux controverses impliquant les entreprises dans lesquelles ils investissent.

Pour pratiquer l’exclusion normative, les normes internationales les plus utilisées sont celles de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et celles du Global Compact.

L’exclusion normative en France

En France, des investisseurs institutionnels se sont tournés vers une gestion ISR. Mais peu d’entre eux ont adopté une démarche d’exclusion normative. Parmi les neuf investisseurs institutionnels français signataires des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), seul le FRR pratique l’exclusion normative pour un univers international d’entreprises.

Novethic s’interroge dans son rapport :

“Les investisseurs français, malgré des attentes croissantes de leurs parties prenantes, s’inscrivent ainsi en retrait par rapport à leurs homologues néerlandais et scandinaves. Une controverse médiatique devra-t-elle intervenir pour faire évoluer cet état de fait ?”

Les normes les plus souvent utilisées

  • Les conventions de l’OIT :

Les conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) permettent de s’assurer des conditions de travail appliquées dans les entreprises.

  • Les principes directeurs de l’OCDE

Les principes directeurs de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) recouvrent les questions des droits de l’Homme, de l’emploi, de l’environnement, de la lutte contre la corruption, de la concurrence, de l’intérêt des consommateurs, etc.

  • Les conventions contre la corruption

Les deux normes les plus utilisées sont la convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption et la convention des Nations Unies contre la corruption.

  • La Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Adoptée en 1948, elle concerne surtout les États, mais les investisseurs s’y réfèrent aussi pour évaluer l’action des entreprises dans les pays où elles sont implantées.

  • La Déclaration de Rio

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement (1992) est l’outil de référence en matière d’environnement.

  • Le Global Compact

Le Global Compact a été lancé en 2000. Les entreprises adhérentes s’engagent au respect de dix principes dans les domaines des droits de l’Homme et du travail, du respect de l’environnement et de la lutte contre la corruption.

  • Le cas des armes controversées

L’exclusion des mines antipersonnel et les bombes à sous-munitions est un sujet fait l’objet d’un large consensus parmi les investisseurs, même si les textes sur lesquels ils s’appuient (convention d’Ottawa et Traité d’Oslo n’ont pas été signés et ratifiés par tous les États.

* Norwegian Government Pension Fund Global

** Le rapport de Novethic s’intitule « Exclusions normatives : Investisseurs responsables face aux entreprises controversées.

*** En France, dans les investissements ISR, l’approche de sélection « best in class » est souvent préférée à celle d’exclusion. Cette approche consiste à sélectionner les meilleures entreprises selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG)

L’impact investing : social et environnemental au-delà du résultat financier

Mercredi 15 février 2012

Observons quelques situations dans le monde, sans rapport apparent. À New York par exemple, une mère à faibles revenus vient d’emménager dans un logement. Ce logement a été construit grâce à un prêt accordé par un fonds destiné à encourager des constructions de type social. Ce fonds, créé par des fondations privées, accorde des prêts à faible taux d’intérêt pour soutenir ce projet.

Autre lieu, autre problématique. Dans une zone rurale de la Tanzanie, un étudiant lit un livre, éclairé par la lumière électrique produite par un panneau photovoltaïque que sa mère a acheté à crédit à un distributeur local. Cette société a pu s’installer dans ce village grâce à E+Co, un fonds à but non lucratif, dédié au financement de projets dans les énergies renouvelables. (source : Monitor institue)

Cette New-Yorkaise et ce Tanzanien ont un point en commun : ils bénéficient tous deux de ce qu’on appelle l’impact investing.

L’impact investing se définit comme un investissement qui crée un impact positif au-delà du résultat financier (source : JP Morgan)

Impact investing vs ISR

Attention cela dit aux confusions possibles. L’impact investing se différencie de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) :

« On distingue l’impact investing de l’ISR, qui cherche généralement à minimiser l’impact négatif des entreprises plutôt que de chercher à créer un impact positif dans le domaine social ou environnemental », expliquent les auteurs de l’étude de JP Morgan.

De plus, alors que l’ISR est un champ déjà bien constitué, l’impact investing est en train de se mettre en place. Commencent à apparaître des organisations, des fonds de financement, des outils de mesure et une clientèle spécifique pour ce type d’investissement.

Mesurer l’impact social des investissements

L’impact investing n’est pas non plus qu’une collection d’initiatives localisées. Ses professionnels se sont regroupés notamment au sein du GIIN (Global Impact Investing Network).

Cette organisation a été lancée en 2009 lors de la réunion annuelle de la Clinton Global Initiative, menée par l’ancien président des États-Unis. Les fondateurs du GIIN sont JP Morgan, la fondation Rockefeller et USAID. Il compte une cinquantaine de membres.

Un des projets de cette organisation est de créer des instruments de mesure et de reporting qui soient communs à tous. L’Impact Reporting and Investment Standards (IRIS) est chargé de mettre en place ces instruments.

Un répertoire des fonds d’impact investing est également publié sous le nom d’Impact base. Enfin, un site permet de recruter les professionnels spécialisés dans ce secteur de la finance. En un mot, une nouvelle industrie est en train de naître, selon les promoteurs de l’impact investing.

Des financements au Sud et au Nord

Question : quels sont les secteurs concernés par l’impact investing ? Un rapport, publié fin 2011, chiffre à 4 milliards de dollars les investissements réalisés. Pour 88 % d’entre eux ils sont en dollars et pour 3 % en euros.

Les secteurs financés sont la microfinance (34 % des projets), l’alimentation et l’agriculture (15 %), les technologies vertes et énergies renouvelables (15 %), le logement (7 %), la santé (3 %), l’éducation (2 %) et l’eau (1 %).

Les investissements se font dans les pays en développement, principalement en Amérique latine (30 %), en Afrique subsaharienne (12 %), en Asie du sud et du sud est (11 %) et en Europe de l’Est, Russie et Asie centrale (11 %). Dans les pays développés, les États Unis et le Canada concentrent 30 % du total des projets.

Des causes qui motivent les investisseurs

La motivation des investisseurs est également très importante. Selon l’étude déjà citée, 62 % des investisseurs de l’impact investing sont prêts à sacrifier une partie de la performance financière pour obtenir un plus grand impact sur la société.

Selon Luther Ragin, directeur du GIIN (photo ci-contre), interviewé par Forbes :

« l’impact investing offre une opportunité de compléter et diversifier un portefeuille traditionnel avec des investissements ayant un impact social et environnemental. […] L’impact investing peut être vu comme un outil pour générer des profits en rapprochant les investisseurs avec les causes qui les concernent le plus. »

 Avez-vous déjà investi de l’argent en France dans un tel projet ? Vos feedbacks et témoignages sont les bienvenus, dans les commentaires.