Archive pour septembre 2011

L’innovation verte récompensée aux Green Business Awards

Vendredi 30 septembre 2011

Green Business Award 2011Faire le tour du monde en avion grâce à l’énergie solaire. C’est le défi de Solar Impulse, aéroplane de la taille d’un airbus mais qui ne pèse pas plus qu’une voiture. Ce projet est sans doute celui qui a le plus captivé les spectateurs des Green Business Awards BFM, jeudi soir à l’espace Pierre Cardin, à Paris.

Jules Verne moderne

Solar Impulse était hors compétition, mais son fondateur, Bertrand Piccard a impressionné par sa vision de Jules Verne moderne.

« Si l’on réussit à faire le tour du monde grâce au solaire, on ne pourra plus dire qu’on ne peut pas faire rouler une voiture avec ce moyen. » Pour l’aéronaute suisse, l’avion propulsé au solaire renoue avec les pionniers de l’aviation et place l’innovation au cœur de la révolution écologique.

Du green dans tous les secteurs

Et des innovations il y en avait lors de cette soirée. Ce qui nous a frappés, c’est la grande variété des entreprises et des secteurs économiques présents.

Ceux qui pensent que le green business se résume à l’éolien ou au photovoltaïque on pu le noter, c’est l’ensemble de l’économie qui verdit. La construction des bâtiments, l’imprimerie, la pose de parquets, le recyclage des déchets, l’agencement des lieux de travail : ce sont quelques uns des domaines qui ont été mis en lumière.

Mais, en passant, j’aimerais exprimer juste un regret, ou plutôt un souhait. Le regret, c’est de constater que l‘Investissement Socialement Responsable (ISR) n’était pas représenté dans cette cérémonie. Il me semble qu’il aurait été intéressant d’expliquer comment tous ces projets écologiques ont pu être financés. L’ISR est la traduction financière du développement durable : cela n’apparaissait pas hier soir.

L’ISR a sa place

Mais si on peut former un souhait, c’est que pour sa troisième édition des Green business award, BFM TV fasse une place à l’ISR. Une façon de montrer qu’il n’y a pas de production et de consommation durables sans une épargne responsable.

Voici les projets récompensés:

  • La société Biofluides environnement a remporté le prix de l’innovation technologique. Elle utilise des procédés innovants pour le traitement de l’eau.
  • Sinteo a remporté l’award de la création d’entreprise. Cette société, créée en 2007, conseille des grandes entreprises pour la réduction de leur empreinte carbone.
  • Steria et Schneider electric ont obtenu ex-æquo l’ « Award green workplace ». Leur lieu de travail est remarquable en raison de sa faible consommation d’énergie.
  • La société Caractère a remporté le prix de l’évolution stratégique dans la catégorie des PME et PMI. Cet imprimeur situé dans le Cantal offre une haute qualité de produit et une garantie en matière de développement durable.
  • Le prix de l’évolution stratégique, dans la catégorie des grandes entreprises est revenu à Tarkett. Cette société pose des parquets partout dans le monde.

Les Green business awards étaient organisés pour la deuxième année par BFM TV, le 29 septembre 2011. Ses partenaires étaient l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Énergie), le cabinet Ernst & Young, et les sociétés Kyocera et Skoda. Le jury était composé de professionnels du développement durable et de journalistes. Il était présidé par Francis Mer, ancien ministre de l’économie et des finances et actuel président du conseil de surveillance de Safran.

Six familles pour explorer les nuances de l’Investissement Socialement Responsable (2/2)

Mardi 27 septembre 2011

Suite et fin de l’entretien avec Vincent Auriac, d’Axylia Conseil : un gérant qui conseille des sociétés et des associations pour leur investissement responsable.

Les avocats de l’engagement

Investissement socialement responsable les avocats de l'engagement« Les avocats de l’engagement ce sont tout ce que les anglo-saxons appellent l’engagement. Ce mot en anglais signifie à la fois « discuter » et « se fiancer ».

L’idée est de se dire qu’il y a des problèmes à caractère environnemental, social on de gouvernance et que le seul fait de noter ne va pas suffire à les résoudre. Je décide alors en tant qu’actionnaire d’engager un dialogue avec l’entreprise et lui demander qu’elle y trouve des réponses. L’approche de l’engagement est une attitude active en vue d’améliorer le comportement de l’entreprise dans laquelle j’investis.

Aux États-Unis, par exemple, les congrégations religieuses, les associations environnementales et les groupes de pression pratiquent l’engagement depuis longtemps. Les institutions religieuses américaines (juifs, catholiques, protestants et musulmans) travaillent ensemble sur ces questions depuis quarante ans.

En Europe, l’engagement concerne plutôt les questions de gouvernance. Par exemple, en Suisse, la fondation Ethos travaille depuis des années sur ce sujet. En France c’est arrivé il y a une dizaine d’années, avec la société Phitrust. Mais cela reste une approche extrêmement marginale (0,2% des encours). »

Les marqueurs d’empreinte

Investissement socialement responsable les marqueurs d'empreinte« Les gérants qui pratiquent ce genre d’ISR s’obligent à mesurer l’impact qu’ils ont sur la société. Pour eux, la performance financière n’est pas déconnectée de l‘impact sur la société.

Dans ce genre de fonds, on mesure cet impact de façon précise : combien d’emplois créés, combien de CO2 émis, etc. Cette démarche est plus exigeante. Il faut aller chercher une information qui n’est pas toujours donnée par les entreprises !

Cela traduit aussi une exigence de transparence vis à vis du souscripteur qui est souvent perdu devant la notation ISR.

Cette démarche s’est appliquée à l’origine sur des projets non cotés, le microcrédit ou les entreprises solidaires. Aujourd’hui encore, elle ne représente qu’une part minime de l’ISR en France. »

Les acteurs de la solidarité

Investissement socialement responsable les acteurs de la solidarité« Les souscripteurs de cette famille veulent résoudre des problèmes sociétaux de façon très concrète.

Cette catégorie regroupe tous les produits solidaires. Elle réunit aussi bien les l’épargne solidaire que l’épargne de partage. Selon moi, tous ces produits d’épargne appartiennent à la grande famille de l’ISR.

Ils peuvent opter pour le partage : avec un fonds de partage, je reverse une partie de mon gain à une association pour qu’elle résolve un problème de société.

L’autre approche est la démarche solidaire à travers de la microfinance. Je vais ainsi contribuer à résoudre des problèmes en investissant dans de petites entreprises non cotées que je ne pourrais pas traiter en investissant dans de grandes sociétés.

En France, il existe de nombreux produits solidaires. Le premier produit de partage est apparu peu avant le premier fonds ISR.

Depuis 10 ans sont apparus les fonds solidaires. Ils se sont développés notamment à travers de l’épargne salariale solidaire. Ces fonds investissent 5 à 10% dans des entreprises solidaires.

De 90 à 95% de ces produits solidaires sont également ISR. »

Axylia conseil
Cette société a été créée en 2005. Ses activités sont le conseil auprès
d'institutionnels (associations, congrégations religieuses) qui
investissent "responsable", d'institutions financières qui souhaitent
créer des produits ISR ou refondre des produits existants.
Elle organise les Ateliers de l'investissement responsable sur les thèmes
de l'ISR et de la philanthropie. La brochure sur les familles ISR peut vous être adressée sur
simple demande à la société Axylia.

Six familles pour explorer les nuances de l’Investissement Socialement Responsable (1/2)

Lundi 26 septembre 2011

En France, l’Investissement Socialement Responsable se résume souvent au best in class. Cette vision pragmatique de l’ISR consiste à noter les entreprises pour sélectionner les meilleures selon des critères de développement durable. Elle représente 80% du marché hexagonal.

vincent_auriac_axylia_conseil_investissement_socialement_responsablePour aller au-delà, il faut se rendre à l’étranger. C’est ce qu’a fait Vincent Auriac, d’Axylia Conseil. Ce gérant de 46 ans conseille des sociétés et des associations pour leur investissement responsable.

Il a découvert dans les années 1990 ce qu’on appelait alors les placements éthiques. Il a rencontré des congrégations religieuses pionnières, en ce domaine et notamment soeur Nicole Reille. Puis, il a côtoyé des gérants de fonds ISR à l’étranger : en Belgique, en Suisse, en Norvège mais aussi aux États-Unis et au Canada.

Il a découvert une plus grande variété de pratiques de l’ISR. Entre ceux qui pratiquent l’ « exclusion », ceux qui investissent dans le business vert ou ceux qui mesurent l’impact de leur investissement sur la société, c’est chaque fois un univers différent.

Ces observations, Vincent Auriac les a compilées dans une classification en six familles. Il l’a présentée lors des Ateliers de l’investissement responsable qu’il organise chaque année depuis 2008. Les voici, commentées par lui, lors d’un entretien que j’ai eu avec lui.

Les élèves de la notation

Investissement socialement responsable les élèves de la notation« Cette approche de notation s’est beaucoup développée en Europe. Le premier à l’avoir développé est le cabinet suisse SAM.

Le principe est de ne pratiquer aucune exclusion, et d‘identifier dans chaque secteur les sociétés les plus efficaces dans la prise en compte du développement durable.

Les agences de notation extra financière regardent les objectifs que se fixent les entreprises, les moyens qu’elles se donnent pour les réaliser et les résultats qu’elles obtiennent par rapport aux objectifs qu’elles se sont fixés. Toutes les entreprises sont notées selon ce triptyque objectifs, moyens, résultats.

Les gérants sélectionnent les meilleures dans chacun des secteurs de la cote boursière. Selon l’exigence, certains gérants prennent les 10% les meilleures ou les 30% les meilleures. Les entreprises sont analysées sur des critères liés à l’Environnement, le Sociétal et la Gouvernance (ESG). Ceci est décliné avec une centaine de critères. Les agences attribuent ainsi des notes qu’on peut ramener à des notes sur vingt ».

Les pionniers du monde idéal

Investissement socialement responsable les pionniers du monde idéal« En France très peu de fonds pratiquent l’exclusion.

Il y a des exclusions normatives, comme font par exemple les Suédois. C’est le fait d’exclure des sociétés qui ne respectent pas des normes internationales, des grandes conventions internationales. Par exemple, une loi française récente (Légifrance) tend à l’élimination des armes à sous munitions, suite à la convention d’Oslo, en 2007.

Il y a des exclusions plus « à l’Américaine »: elles consitent à exclure certains secteurs comme l’alcool ou le tabac.

Mais les gérants qui le pratiquent en France n’osent quasiment pas en parler. Ainsi j’ai discuté avec la gérante d’un très gros fonds, excluant les sociétés qui ne respectent pas les Droits de l’Homme. Or, cet élément était peu explicité dans la communication du fonds.

Le terme « pionniers du monde idéal » a été choisi parce que les pionniers de l’ISR ont commencé par pratiquer l’exclusion. Les tout premiers furent les Quakers aux États-Unis. Ils voulaient mettre en accord leur religion avec leur manière de gérer leur argent. Cela rejoint l’approche de la finance islamique qui, au nom de la charia, refuse l’alcool, le porc et les placements à intérêt.

Quand au « monde idéal », le terme signifie que les personnes intéressées par ces investissements ont une vision politique du monde, au sens noble du terme. Ils se disent qu’un monde idéal pour eux est un monde où on respecte l’environnement, où on ne fume pas, où on respecte les Droits de l’Homme. Ils excluent donc de leur investissement toute société qui enfreint ces principes. L’exclusion porte une vision du monde, une cohérence avec ses convictions personnelles ».

Les techniciens de l’environnement

Investissement socialement responsable les techniciens de l'environnement« Les fonds thématiques sont surtout liés à l’environnement et à l’écologie.

Les premiers sont apparus dans les années 1990 à la suite du Sommet de Rio, en 1992. Cette conférence des Nations Unies a focalisé l’attention sur les questions environnementales.

En conséquence, dans le domaine de l’ISR, des Sicav de sociétés liées à l’environnement ont été créées. Mais à l’époque, l’éolien ou le photovoltaïque n’existaient pratiquement pas. Il y avait donc peu d’entreprises pour constituer des fonds thématiques.

Depuis, les choses ont bougé. Il y a eu le rapport Stern, en 2006, sur le changement climatique. Ces fonds ont alors connu un nouvel essor.

On le note, cette catégorie de fonds connaît une accélération au moment de grosses catastrophes internationales liées à l’environnement. On peut penser que Fukushima aura un impact sur le développement de ce genre de fonds ».

Les business angels veillent sur les entreprises innovantes

Mercredi 21 septembre 2011

Les business angels veillent sur les entreprises innovantesPourquoi ne pas investir dans une jeune entreprise innovante ? Un investissement certes risqué mais qui peut faire réaliser d’importantes plus-values.

C’est le pari que font les business angels, ces investisseurs qui participent à la création d’entreprise sans être entrepreneurs.

« Un Business Angel est une personne physique qui investit une part de son patrimoine dans une entreprise innovante à potentiel et qui, en plus de son argent, met gratuitement à disposition de l’entrepreneur, ses compétences, son expérience, ses réseaux relationnels et une partie de son temps ».

Telle est la définition donnée par France Angels, l’association qui fédère les réseaux de business angels en France.

On compte 7000 business angels en France, regroupés dans 85 réseaux, selon l’APCE. Ils seraient 40 000 en Grande-Bretagne et 400 000 aux États-Unis.

Parole de business angel : interview de Patrick Hannedouche

Patrick Hannedouche, business angelJ’ai contacté Patrick Hannedouche, 54 ans, chef d’une entreprise d’une vingtaine de salariés (source: Société.com) et business angel.

Auteur du blog Business Angel France, il nous livre son expérience sur cet investissement risqué, mais passionnant:

Pourriez-vous vous présenter et présenter votre site ?

Je suis à la base un entrepreneur puisque j’ai créé Juste à temps, le cybermarché du bureau en 1990. Fort de cette expérience, je suis devenu investisseur dans des créations d’entreprise où je peux apporter ma vision, mon expérience, mon réseau et du capital. Je suis membre de Paris Business Angels.

J’ai créé mon blog Business Angel France en 2007 pour aider les créateurs d’entreprise et amplifier le mouvement des Business Angels en France. J’y pratique le parler-vrai qui me caractérise et je m’appuie sur mon expérience.

Pour quelles raisons choisit-on de devenir business angel ?

Pour ma part, je suis devenu business angel pour partager ma passion de la création d’entreprise et participer à de belles aventures entrepreneuriales.

Sinon, je vois aussi beaucoup de confrères, notamment cadres supérieurs, devenir business angel parce qu’ils ne peuvent pas (ou n’osent pas) créer leur start-up. Également beaucoup de jeunes retraité(e)s y voient une manière de se rendre utiles.

Vous écrivez, dans votre article « Les 12 commandements d’un BA », que le choix d’investir dans une entreprise repose plus sur la qualité des équipes que sur celle du projet. Comment fait-on pour bien évaluer les qualités d’une équipe?

  • En étudiant son parcours : pour ma part, j’adore investir dans des start-ups dirigées par des serial entrepreneurs, même et je dirais surtout s’ils ont connu (et digéré !) l’échec.
  • En vérifiant qu’il y a bien une équipe et non une seule personne qui décide de tout.
  • En regardant la complémentarité (formation, expérience…) de ses membres.
  • En les rencontrant plusieurs fois dans des circonstances différentes avant d’investir.

Quel est le rôle du business angel dans la gouvernance d’une start-up?

Elle est très variable entre le business angel sleeping partner* et celui qui devient administrateur de la startup. En aucun cas son rôle est de diriger l’entreprise investie.

Comment évaluer le risque de l’investissement du business angel dans une entreprise?

Soyons clair, il est très élevé et beaucoup plus risqué que la bourse, même en ce moment ! En effet, les sorties par le bas (arrêt de l’entreprise) sont beaucoup plus nombreuses que les sorties par le haut (revente, introduction en bourse). Je n’ai pas de statistique, mais le rapport de 3 sorties par le bas pour 1 sortie par le haut me semble proche de la réalité.

Quels rôles jouent les nouveaux outils web pour rapprocher les investisseurs des créateurs d’entreprise?

Ils changent tout. Et je prendrai deux exemples :

  • Le développement des sites de mise en relation entre investisseurs et créateurs d’entreprise, comme Finance Utile et Oseo Capital PME en France ou Angellist à l’international.
  • Les réunions à distance : avec skype, l’endroit où vous êtes a beaucoup moins d’importance.

Ceci implique de bien savoir manier ces nouveaux outils, ce qui n’est pas inné chez les business angels souvent seniors contrairement aux jeunes créateurs d’entreprise majoritairement digital natives ou de la génération Y.

Comment jugez-vous la finance participative qui se développe sur Internet ? Qu’est-ce qui la différencie de l’action du business angel?

C’est très bien que la finance participative se développe sur internet, pour toucher une nouvelle population d’investisseurs souvent peu aguerrie à l’entrepreneuriat. Même si son développement est freiné par la législation, comme pour Friendsclear.

La différence essentielle tient au fait qu’il s’agit d’un prêt pour la finance participative et d’un investissement dans le capital pour un business angel.

Vous êtes entrepreneur et business angel. Qu’est-ce que ces deux fonctions vous ont apporté réciproquement ?

Pour les deux, de belles aventures humaines entrepreneuriales. Sachant que je suis aux commandes chez « Juste à temps » et copilote comme business angel. Et, croyez en mon expérience, ce n’est pas la même chose. J’ajouterai que l’un nourrit l’autre : mon activité business angel est un formidable outil de veille et un parfait laboratoire pour mon entreprise ; et réciproquement, mes 20 ans d’entrepreneuriat me permettent de mieux conseiller les jeunes entrepreneurs.

Pour compléter :

Les business angels ont généralement un patrimoine important et une bonne connaissance de l’entreprise. Ils se rassemblent autour de trois profils :

  • Ancien chef d’entreprise ou un cadre supérieur qui est en mesure d’investir de 5 000 à 200 000 euros par an.
  • Ancien chef d’entreprise qui a revendu sa société et peut investir de 50 000 à 500 000 euros par an.
  • Membre d’un family office (groupement d’investisseurs d’une même famille)

Pourquoi devient-on business angel ?

Les motivations sont diverses :

  • rechercher d‘importantes plus-values
  • participer à une aventure entrepreneuriale
  • diversifier son patrimoine financier
  • stimuler la création d’entreprise
  • bénéficier de dispositifs fiscaux avantageux

Pour aller plus loin :



* Se dit d'un investisseur qui ne s'implique ni dans la gestion ni dans
la définition de la stratégie 
de l'entreprise dans laquelle il est actionnaire

Les Quakers : à l’origine de l’Investissement responsable

Lundi 19 septembre 2011

Quakers l'origine de l'investissement responsable

Quand on recherche les origines de l’Investissement Socialement Responsable (ISR), on croise immanquablement la route de communautés religieuses. La plus ancienne d’entre elles semble être les Quakers, aux dires des spécialistes. Cette communauté religieuse a été la première, dès le XVIIeme siècle, à mettre en cohérence ses investissements financiers avec ses croyances religieuses. Ils ont notamment refusé la vente d’être humains à l’époque où sévissait l’esclavage.

Les Quakers, qui préfèrent être appelés la Société Religieuse des Amis, forment un groupe peu nombreux, mais connu à travers le monde. Ils ont notamment eu une action remarquable pendant les deux guerres mondiales, ce qui valut le prix Nobel de la Paix en 1947 à deux organisations Quakers.

Crainte et tremblement

Le mouvement a été fondé en Grande-Bretagne au XVIIeme siècle par des dissidents de l’Église anglicane. Il s’implantera le siècle suivant aux États-Unis, dans l’État de Pennsylvanie, souvent surnommé l’ « État Quaker ».

Le nom de Quakers (trembleurs) est un sobriquet donné par leurs détracteurs. Le fondateur, George Fox (1624-1691), est entré en conflit avec l’église officielle, ce qui lui valut quelques procès. Le surnom de quaker viendrait, selon certains, du conseil qu’il aurait donné à un juge qui l’interrogeait : « Fais ton salut avec crainte et tremblement ». Pour d’autres il proviendrait des manifestations d’émotions frénétiques qui se produisaient habituellement dans les cultes.

Austérité, prospérité, intégrité

Appartenant à une branche réputée austère du catholicisme, les Quakers prônent la simplicité. Ils n’en sont pas moins des commerçants et industriels prospères. Ils ont fait fortune en Grande-Bretagne. Les grandes entreprises Barclays, Lloyds, PriceWaterhouse, Clarks Shoes, Cadbury, ont des origines Quaker*.

Dans la conduite de leurs affaires, on retrouve ce goût pour l’austérité. Ainsi, ils sont réputés pour leur intégrité fondée sur le respect des contrats, le respect des prix fixés de façon équitable et l’absence d’inclination au marchandage.

Responsabilité sociale avant l’heure

Ils adoptent des principes de « responsabilité sociale » avant l’heure, portant une grande attention à l’apprentissage ainsi qu’à la sécurité et à l’hygiène au travail. Aux États-Unis, les Quakers connurent la prospérité, mais également des difficultés liées à leur différence religieuse.

Refus de l’esclavage

Ils se manifestent par leur refus d’accumuler les richesses. Ils refusent notamment de s’enrichir par deux types d’activités contraires à leurs principes : la vente d’esclaves et le commerce des armes. En 1758, au « Quaker Philadelphia Yearly Meeting », l’achat et la vente d’êtres humains furent définitivement interdits.

Recherche de la simplicité

Parmi les valeurs portées par les Quakers, la simplicité a des implications sur le plan économique.
C’est ce qu’explique Jeanne-Henriette Louis, auteur de « La Société des Amis (Les Quakers) », professeur d’Université et membre de la Société des Amis :

« Le témoignage de simplicité cherche donc à concentrer son attention sur ce qui est essentiel et éternel, sans être distrait par le transitoire et le banal. […]
Une croissance de l’économie basée sur l’extravagance, le gaspillage, et la stimulation artificielle des besoins, est comprise comme une violation fondamentale du témoignage de simplicité. […] La recherche de simplicité va de pair avec le refus de la guerre: les guerres, en effet, sont dominées par l’avidité, le désir de possession et la recherche du pouvoir. Mener une vie simple facilite le « lâcher-prise » et met à l’abri de l’utilisation de la violence afin de sauvegarder ses possessions.
La recherche de la simplicité était, jusqu’à la fin du XIXeme siècle, symbolisée par l’adoption d’un « costume Quaker » très sobre. Ce costume a disparu à présent dans la plupart des groupes, et le goût pour la simplicité revêt des formes moins littérales. »

Valeurs et investissement

Cette origine religieuse de l’ISR a imprégné les débuts de l’investissement responsable. Ainsi, par exemple, quand l’ISR s’est organisé de façon plus formelle, c’est à nouveau dans les communautés religieuses qu’il a pris son essor. En France, sœur Nicole Reille est reconnue comme la pionnière de l’investissement éthique dans notre pays.

Et lorsque sa communauté, la Congrégation Notre Dame, a voulu placer son argent en bourse dans les années 1980, elle s’est posée une question similaire à celle des Quakers : comment mettre en adéquation mes valeurs avec mes investissements ?

* sources: Encyclopédia Universalis, Wikipedia et L’origine et le développement de l’investissement socialement responsable (éditions de l’organisation).

photo: George Fox (wikipedia)

Les Clubs locaux d’épargne pour les femmes qui entreprennent

Jeudi 15 septembre 2011

clubs_locaux_d_epargne_pour_femmes_entrepreneursLes femmes rencontrent des difficultés particulières pour accéder à la tête des entreprises. Ainsi, seules 31% des entreprises sont dirigées par des femmes. La proportion tombe à 11% pour les entreprises de plus de 100 salariés*.

Entrepreneuriat au féminin nécessite ainsi des dispositifs particuliers, notamment, pour l’accès au financement.

Les clubs CLEFEs: un produit d’épargne labellisé Finansol

Les Clubs Locaux d’Épargne pour les Femmes qui Entreprennent (Clefe) sont des clubs d’investisseurs. Ils regroupent des citoyens qui mettent leur épargne en commun pour financer des petites entreprises dirigées par des femmes.

Ce produit d’épargne bénéficie du label Finansol, qui distingue les produits d’épargne solidaire. Il existe une trentaine de Clefe en France.

Club d’investisseurs citoyens

Dans un Clefe, les investisseurs versent un montant de 15 à 140 euros mensuel. La durée moyenne d’épargne est de 12 mois, mais la durée conseillée est de cinq ans, afin de permettre au projet de se développer.

Les Clefe compte de 5 à 15 membres. Le montant prêté par projet est inférieur à 5000 euros (source: Racines-Clefe).

La créatrice d’entreprise qui fait appel à un Clefe s’engage en signant une convention et en adhérant à une charte.

Épargne solidaire

Le risque liée à ce placement est élevé, car l’épargne est investie dans de petites entreprises dont la viabilité n’est pas garantie.

La rémunération de ce produit d’épargne solidaire est variable selon les clubs. La plupart proposent une rémunération supérieure d’un point au taux du Livert A (source: Le Guide des placements solidaires, Alternatives économiques).

Les Clefe sont fédérés par l’association Racines (Réseau d’Accompagnement des Créations et Initiatives avec une Nouvelle Épargne de Solidarité).

Difficulté à trouver des financements

L’association Racines, créée en 1989, a observé la difficulté des femmes à financer leur création d’entreprise.

« Souvent l’abandon d’un projet pertinent est lié à la difficulté des femmes à trouver les financements nécessaires pour démarrer. Le FGIF (Fonds de Garantie pour la création, la reprise, le développement d’entreprise à l’Initiative des Femmes), qui garantit un emprunt bancaire ne suffit plus à convaincre des institutions financières frileuses, compte tenu de la situation économique actuelle. Dans une enquête que nous avions menée pour le compte du Service des Droits des Femmes pour les créatrices ayant bénéficié du FGIF, nous soulignions que ces femmes créaient leur entreprise avec des investissements 30% inférieurs à ceux prévus au départ. »

Rembourser ses dettes au plus vite

Dans le projet de création d’entreprise, les femmes rencontrent des difficultés spécifiques : préjugés de la société, difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle, etc.

Elles semblent également avoir une attitude particulière vis-à-vis de la dette, estime l’association Racines:

« L’exemple le plus parlant est l’attitude des femmes devant la dette. Lorsqu’un emprunt a été obtenu, elles n’ont qu’un désir : le rembourser au plus vite. Le fait qu’elles gèrent leur entreprise à court terme, qu’elles règlent très rapidement leurs fournisseurs (alors qu’elles accordent des délais de paiement à leurs clients pour ne pas les perdre) provoque un décalage financier, qu’elles pourraient négocier autrement, et donc des difficultés financières ».

Rappelons que le Fonds de garantie pour la création, la reprise, le développement d’entreprise à l’initiative des femmes (FGIF) a été créé en 1989. Il est destiné à toute femme qui souhaite créer, reprendre ou développer une entreprise. Le FGIF intervient sur des prêts de 5 000 € minimum.

*enquête TNS Sofres pour l’Agence Pour la Création d’Entreprise, en 2007

Copyrights : http://internet-pau.com/racines-clefe/

Coca-Cola, boissons sucrées et responsabilité sociale de l’entreprise

Lundi 12 septembre 2011

Coca-Cola_ boissons_sucrees_responsabilites_sociale_entrepriseLa taxe sur les boissons sucrées, annoncée par le gouvernement, n’a pas été du goût de Coca-Cola et autres producteurs de boissons non alcoolisées. La marque américaine a ainsi menacé d’annuler un investissement en France, avant de se raviser.

La taxe représente 1 centime par canette. Elle devrait rapporter 120 millions d’euros. La moitié serait payé par Coca-Cola puisque l’entreprise représente environ 50% du marché français des boissons sucrées (source: Les Echos).

Mais au-delà du débat fiscal, c’est bien la question de la responsabilité sociale de l’entreprise qui est posée. Est-elle bien ou mal posée ? Plutôt maladroitement, car le gouvernement a un peu trop ostensiblement brandi l’argument santé. Les boissons gazeuses ont été placées trop vite au banc des accusés.

Entreprises alimentaires et responsabilité sociale et environnementale

Mais du point de vue de l’investisseur engagé dans une démarche d’investissement responsable (ISR), ces questions présentent de l’intérêt. Les entreprises du secteur alimentaire ont des comptes à rendre aux consommateurs, mais aussi aux investisseurs. Elles doivent prendre de soin de notre santé, parce que c’est leur mission, mais aussi parce que c’est leur intérêt.

C’est ce qu’on observe en consultant le rapport de responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise Coca-Cola France. Nous l’avons lu à la lumière du rapport « Alimentation et boissons : quels risques dans notre assiette? », publié par IDEAM, société de gestion ISR du groupe Amundi, filiale du Crédit Agricole*.

Intéressons-nous particulièrement à deux points : l’alimentation santé et la protection de l’eau.

Lutte contre l’obésité

Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à leur santé. Les législations contraignent les entreprises à en tenir compte.

Pour lutter contre l’obésité, Coca-Cola propose des produits sans calorie. En 2009, 23% du volume vendu était représenté par des boissons sans calorie ou à faible contenu calorifique, contre 15% en 2000 (source : Ideam).

La marque développe également des produits sans sucre :

« En France, la gamme des boissons sans sucre ou à teneur réduite en sucres représente presque 60 % de notre portefeuille de produits : 26 % pour les produits sans sucres (gamme light/ zéro), soit 13 produits de notre gamme sur 51, et 31 % de produits à teneur réduite en sucres (16 produits de la gamme sur 51) ». (source: rapport Coca cola)

Marketing responsable auprès des enfants

La marque américaine adopte un « marketing responsable » auprès des enfants. Sa politique prévoit que les enfants de moins de 12 ans ne soient pas directement ciblés par le message et qu’ils ne soient pas représentés en train de boire un des produits de l’entreprise sans la présence d’un parent.

La marque ne commercialise pas ses produits dans les écoles primaires. Au collège, elle offre une gamme complète de boissons, y compris de l’eau, du jus et d’autres boissons de la gamme, soit en version traditionnelle soit en version allégée en calories.

Gestion de l’eau : controverses en Inde

La gestion de l’eau représente un enjeu environnemental et social majeur. Produire une bouteille de soda entraîne une consommation d’eau. Dans certains pays, l’entreprise rivalise avec les populations locales pour l’accès à l’eau.

En Inde, Coca-Cola a été impliqué dans plusieurs controverses, accusé de consommer trop d’eau.

Vers une production « neutre en eau »

L’entreprise a été confrontée à un mouvement dans la population locale.

« En 2004, le mouvement obtient gain de cause : le fabricant de sodas doit plier bagage, chassé par le conseil du village qui lui refuse le renouvellement de sa licence d’exploitation. Des tests montrent en effet un taux extrêmement élevé de cadmium dans les déchets rejetés par Coca-Cola ». (source: Novethic)

Depuis, Coca-Cola a travaillé pour rétablir son image de marque en Inde. Il a posé l’objectif de devenir « neutre en eau » pour tous ses produits en 2012. « Remplacer chaque goutte d’eau utilisée dans nos boissons et dans leur production », explique un responsable.

Les Français, petits buveurs de Coca-Cola

En France, Coca-Cola est leader du marché des boissons non alcoolisées, avec une part de marché estimée à 53,5%.

Pourtant, les Français sont « parmi les plus petits consommateurs par tête de Coca dans le monde », précise Tristan Farabet, le président directeur général de Coca-Cola Entreprise. (Les Échos).

Coca-Cola, déjà coté à New York, est entré en bourse à Paris, le 24 mai 2011. Cela fait suite à la séparation de ses activités européennes de celles en Amérique du Nord.

La firme américaine compte Warren Buffet parmi ses gros actionnaires. Son fonds d’investissement possède plus de 8% du capital. Il déclare être un consommateur régulier de cette boisson. Dans une de ses lettres annuelles, il affirme boire cinq canettes de Cherry Coke par jour.

Quant à la taxe sur les boissons sucrées, donnera-t-elle à Coca-Cola l’occasion de faire preuve de responsabilité sociale ?

* BforBank est une filiale du Crédit Agricole.


Copyrights : DeusXFlorida sur Flickr

Qu’est-ce que le Fonds de garantie des dépôts ?

Jeudi 8 septembre 2011

Mon argent placé en banque est-il suffisamment garanti ? Cette question, beaucoup d’épargnants se la posent. Récemment, par exemple, le magazine Le Revenu y consacrait un dossier.
L’un des mécanisme pour répondre à cette interrogation et pour garantir l’épargne est le Fonds de garantie des dépôts.
Dans les faits, c’est lui qui a pour mission d’indemniser les épargnants en cas de défaillance de leur établissement financier. Son action est une « composante de la sécurité du système bancaire français confortant, en cas de nécessité, la confiance des déposants dans la qualité d’ensemble de ce système », précise cet organisme sur son site.

Ce fonds garantit les épargnants en cas de défaillance d’un établissement financier. La garantie des dépôts est de 100 000 euros par personne et par établissement bancaire. Ce montant a été relevé en octobre 2010, passant de 70 000 à 100 000 euros. Il s’agit d’une transcription de la directive européenne du 11 mars 2009. (source: Les Echos)

Le Fonds de garanti de dépôts a été créé par la loi du 25 juin 1999. Il gère trois mécanismes de garantie : la garantie des dépôts (espèces), la garantie des titres et la garantie des cautions. Certain types de dépôts sont exclus de la garantie.


La garantie des dépôts

Elles concerne principalement les comptes bancaires, les comptes sur livrets et les plans d’épargne logement. Une liste des établissements bancaires adhérents au Fonds de garantie des dépôts figure sur leur site.


La garantie des titres

Elle concerne tout instrument financier (mentionné à l’article L 211-1 du Code monétaire et financier): actions, titres de créances, parts ou actions d’organismes de placement collectif, instruments financiers à terme.


La garantie des cautions

Il s’agit des engagements de caution exigés par un texte législatif ou réglementaire, pris par un établissement de crédit au profit de personnes physiques ou morales de droit privé.

Actuellement, le Fonds de garantie des dépôts immobilise un peu moins de 2 milliards d’euros. Cela couvre de 0,12% à 0,15% des dépôts.
Un accord européen prévoit de porter les systèmes de garantie des dépôts bancaires, d’ici à quinze ans, à 0,5 % des dépôts couverts.
Pour cela, les établissements financiers participent au fonds de garantie des dépôts, à hauteur de 270 millions par an, en 2011, 2012 et 2013. (Les Echos)

Aux épargnants inquiets, le journal Le Monde rappelait récemment le rôle du Fonds de garantie des dépôts: « Le risque est faible de voir les dépôts sur les comptes courants touchés par un défaut grec, surtout s’ils ont été placés dans une banque qui a passé avec succès les tests de résistance, même si ces derniers écartaient l’hypothèse d’une faillite de la Grèce. Dans le pire des cas, ces dépôts sont garantis par la loi, grâce à un fonds dédié, à hauteur de 100 000 euros. Il en va de même pour l’argent déposé sur un livret A, livret de développement durable, livret jeune, et tout autre super livret. Là encore, c’est le Fonds de garantie des dépôts qui couvre l’argent collecté. »

1% pour la planète : le club des entreprises solidaires

Lundi 5 septembre 2011

Donner 1% de son Chiffre d’affaires pour la planète. C’est ce à quoi s’engagent les entreprises du Club 1% pour la planète, lancé en 2002 par Yvon Chouinard, patron de Patagonia. Aujourd’hui, plus de 1 400 entreprises en sont membres dans 44 pays. La France compte 110 membres, principalement des petites entreprises.

Chouinard, entrepreneur américain au nom bien de chez nous, est alpiniste. Cette passion de la grimpe l’a toujours maintenu au contact de la nature.

Cette préoccupation environnementale anime toutes les entreprises du club des 1% pour la planète. « C’est une taxe que nous nous imposons à nous-mêmes », explique Yvon Chouinard, 73 ans. Une contrepartie, « un prix qui nous paraît juste pour polluer et vivre des ressources de la Terre. Nous prenons nos décisions comme si la planète était l’actionnaire principal. » (interview Ouest France)

L’association 1% pour la planète a versé 70 millions de dollars depuis sa création. En 2010, 22 millions de dollars ont été reversés aux ONG agréées, soit une hausse de 40 % par rapport à 2009.

2300 associations agréées

Le principe de 1% pour la planète est relativement simple. L’association est une organisation à but non lucratif, basée aux USA. Son rôle n’est pas de collecter des dons mais d’attester que les entreprises ont bien versé des dons à l’une des 2 300 associations agréées pour le 1%.

Une fois le dossier de l’entreprise validé, ses coordonnées sont publiées sur le site et elle a accès au logo « 1 % FTP Membre ».

L’entreprise adresse à l’association une copie de sa déclaration fiscale indiquant le montant des dons faits aux associations pendant l’année. Chaque entreprise choisit les associations qu’elle veut aider. Elle est aussi libre d’aller au-delà de 1% de don.

Comme le relève Yvon Chouinard, les petites entreprises se montrent plus engagées que les grosses multinationales. En France, par exemple, le plus gros adhérent est la société Léa Nature, basée à La Rochelle, qui compte 600 salariés. Cette société diversifie ses dons en direction de 150 associations et ONG.

« En Amérique, les dons des 10% de gens les plus pauvres représentent 6% de leurs revenus. Les 10% les plus riches donnent, eux, 1,2%. C’est un fait : les pauvres sont plus généreux. », constate Yvon Chouinard (pour compléter, lire notre article sur la générosité des Français).

Générosité et résultats financiers

Yvon Chouinard est convaincu que le club 1% pour la planète est un bon outil de communication pour les entreprises. Il note également que, malgré la crise, le chiffre d’affaires de Patagonia a augmenté de façon spectaculaire : plus 25% l’an dernier. C’ est peut-être la preuve que la générosité n’est pas incompatible avec les résultats financiers.

Le Club des 1% aide notamment ces associations : Surfrider Foundation, France Nature Environnement, Les Amis de la Terre, Planète urgence, Les Colibris, Kokopelli, Echo-Mer, Bio Consommacteurs, Slow Food France, Mountain riders, Nature & progrès, WWF, etc.

Relations membres et ONG :
Sonia Fougeirol: 04 75 83 52 57
sonia@onepercentfortheplanet.org

photo: Ben Baker _ Fortune.

“Finance utile”: une plateforme web pour investir dans des PME innovantes

Vendredi 2 septembre 2011

Investir au capital d’une entreprise n’est pas chose aisée. Notamment lorsque l’on n’est ni un professionnel de la finance ni un business angel.

Mais, grâce aux plateformes de crowdfunding, les particuliers peuvent avoir accès à ce type d’investissement. Elles sont en tout cas conçues pour cela.

Le crowdfunding, mode d’emploi

Le crowdfunding, nous en avons déjà parlé à propos des plateforme de prêt solidaire. C’est le fait de réunir de l’argent en faisant participer les personnes via un site Internet.

L’exemple le plus connu est peut-être celui du site MyMajorCompany, qui finance des chanteurs. Les internautes ayant misé sur le chanteurs Grégoire en 2008 ont réalisé un profit important, car l’artiste a vendu 800 000 albums.

Depuis, les plateformes de crowdfunding se sont multipliées. Parmi elles, « Finance utile », présente plusieurs caractéristiques intéressantes.

Des projets sélectionnés

Contrairement à certaines plateformes qui proposent à l’investisseur des centaines de projets, Finance utile n’a en vitrine d’une petite dizaine d’entreprises à financer.

Les projets sont sélectionnés en amont et seuls 5% d’entre eux sont retenus, explique le site. Une douzaine d’entreprises ont été financées en un an, pour 1,5 millions d’euros investis (source: article Banque stratégie, cité sur le site Financeutile.com)

Anne Saint Léger, présidente fondatrice de Finance utile explique les principes de sélection: “Si le concept nous paraît pertinent et répond à un réel besoin ou attente, que le modèle économique nous paraît bon et que l’entreprise offre une vraie valeur ajoutée par rapport à la concurrence ou à l’existant, nous rencontrons le dirigeant. En effet, l’homme est l’élément clef de succès d’une start-up ou PME. Il doit être capable d’anticiper l’avenir et de faire face à la concurrence ou à un imprévu. Si nous sommes confortés à l’issue de la réunion, nous validons le projet sur la plateforme Finance Utile, afin qu’il soit visible par tous sur Internet » (interview au site business angel France).

Accompagner les entrepreneurs

L’investisseur peut suivre sur la plateforme l’évolution du projet et participer à l’aventure de l’entreprise : blog d’actualité, forum entre investisseurs, tableaux de bord financiers, votes aux assemblées générales, partage des réseaux, etc.

Les financeurs peuvent également faire bénéficier de leur réseau à l’entrepreneur. La dimension de réseau social fait de l’investisseur un porte-drapeau de l’entreprise.

Des PME innovantes

Voici les sept projets proposés actuellement aux investisseurs :

  • Mesvignes.com est spécialiste du loisir vigneron (coffrets cadeaux et loisirs à la carte)
  • Neorizons est un agence en ligne spécialiste de voyages bien-être et responsables.
  • Big Wall Vision développe et commercialise des technologies d’affichage.
  • Rheolic conçoit des procédés innovants pour le traitement des effluents industriels et urbains.
  • Paysans.fr commercialise sur Internet et livre des produits alimentaires frais dans toute la France.
  • Obad est spécialiste de la dématérialisation des programmes de fidélité et de promotion sur téléphone mobile.
  • Quebox vend des cahiers, classeurs et agendas en bois avec une démarche écologique.

Holding dédiée

Comment fonctionne le site ? Concrètement, si un investisseur est intéressé par l’un des projets, il demande une invitation, via le site Financeutile.com. Il a alors accès à des informations confidentielles. S’il confirme son intérêt, il peut télécharger un bon de souscription. L’investissement minimum est de 1 500 euros.

L’investissement se fait via une holding SAS dédiée à l’entreprise dans le cadre de l’offre privée à l’épargne (Ordonnance n° 2009-80 du 22 janvier 2009).

Cette structure de holding a deux avantages, selon Anne Saint Léger, qui est Conseiller en Investissement Financier agréée par l’Autorité des Marché Financiers (AMF) : elle permet de simplifier la structure d’actionnariat pour le patron de la PME qui n’a qu’un interlocuteur. Pour les investisseurs, il leur est plus facile d’avoir pour interlocuteur le représentant de la holding plutôt que l’entrepreneur, qui a d’autres préoccupations.

Sur le même sujet : Le crowd funding pour la mode“, sur le blog Epargne 2.0.