L’aventure du premier social-business* a débuté en 2005 par une discussion entre Muhammad Yunus, l’inventeur du microcrédit et fondateur de la Grameen Bank, et Franck Riboud, le PDG du groupe Danone.
« A l’occasion d’un déjeuner à Paris, j’ai proposé à M. Riboud de lancer au Bangladesh un social-business associant Grameen et Danone. […] Il m’a demandé ce qu’était un social-business. Je lui ai expliqué qu’il s’agissait d’une entreprise destinée à produire des bénéfices sociaux.», explique M. Yunus (cité dans Pour une économie plus humaine).
Produire des bénéfices sociaux
De cette discussion naitra la société Grameen Danone. Son objectif est de lutter contre la malnutrition. Elle commercialise des yaourts enrichis en vitamines. Vendre des yaourts dans des régions pauvres du Bangladesh est une mission difficile. C’est possible grâce à un réseau de vendeuses à domiciles.
L’entreprise a aussi dû faire face, en 2007, à une hausse du prix des matières premières alimentaires. Elle a surmonté cette difficulté en augmentant le prix du produit et en le vendant plus cher dans les grandes villes.
D’autres social-business ont vu le jour sur ce modèle. Grameen Veolia Water vend de l’eau potable à bas prix dans des régions où l’eau est contaminée par l’arsenic. BASF Grameen commercialise des moustiquaires imprégnées. Grameen phone permet aux habitants du Bangladesh d’accéder au téléphone portable.
Les sept principes du social-business
La réflexion sur le social-business est condensée dans les sept principes énoncés par M. Yunus et Hans Reitz, directeur du Grameen Creative Lab, incubateur de projets situé à Wiesbaden, en Allemagne:
1. L’objectif de l’entreprise consiste à lutter contre la pauvreté ou à répondre à un ou plusieurs problèmes qui menacent les individus et la société, et non à maximiser le profit
2. L’entreprise parviendra à s’autofinancer
3. Les investisseurs récupéreront uniquement le montant de leur investissement. Ils ne percevront aucun dividende.
4. Quand le montant de l’investissement aura été remboursé, les profits seront consacrés à l’expansion de l’entreprise.
5. L’entreprise sera respectueuse de l’environnement.
6. Les employés seront payés au prix du marché mais disposeront de meilleures conditions de travail.
7. Faites-le dans la joie !
Un fonds pour financer des projets de social-business
Pour financer des projets un fonds a été créé: danone.communities. Il est géré par le Crédit Agricole**, à la demande de Danone. Ce fonds permet d’accueillir des investisseurs: des actionnaires et des employés de Danone, des investisseurs institutionnels et le grand public.
Le fonds s’appuie sur la SICAV danone.communities, gérée par Ideam, la société de gestion spécialisée dans l’ISR d’Amundi, filiale du Crédit Agricole. 90% des sommes investies sont placées dans des instruments de taux monétaires et/ou obligataires, gérés si possible selon une approche ISR (Investissement Socialement Responsable) et qualifiés de peu risqués. 10% dans des entreprises dont le premier objectif est le développement sociétal, via le FCPR (Fond Commun de Placement à Risque) danone.communities. (source: danone.communities). Le Groupe Danone a investi 20 millions € dans danone.communities.
Renoncer à recevoir des dividendes
Dans son livre, Muhammad Yunus insiste sur la motivation de non profit qui anime les investisseurs. Lorsque le fonds a été créé en 2007, l’accord prévoyait un dividende de 1%. En décembre 2009, le Conseil d’administration à voté la suppression du dividende.
M. Yunus rapporte: « Toute l’assistance acclama et applaudit la nouvelle. L’un d’entre nous fit remarquer que c’était la première fois que des actionnaires faisaient la fête parce qu’ils avaient renoncé à recevoir des dividendes. C’était effectivement la première fois, mais ce ne sera pas la dernière. »
* On peut traduire le terme social-business par « entreprise sociale », mais nous préférons conserver le terme choisi à l’origine par M. Yunus. Le terme de social-business désigne des entreprises qui répondent à des besoins sociaux et parviennent à s’autofinancer mais sans générer de profit.
** Précision: BforBank appartient au groupe Crédit Agricole.
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Mots-clefs : Bangladesh, conditions de travail, Danone, dividendes, environnement, Franck Riboud, Grameen Bank, microcrédit, Muhammad Yunus, pauvreté, social-business, Veolia




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