Archive pour août 2011

6 secteurs pour investir sur la thématique écologique

Mardi 30 août 2011

Les valeurs sur les thématiques écologiques attirent l’attention croissante des investisseurs. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille de visiter le comparateur de fonds du site de BforBank. Il répertorie notamment 52 fonds du secteur écologie.

Le comparateur vous donne accès à la fiche technique de chaque fonds: caractéristiques, indicateurs de risque, performances et frais.

Ces thématiques dites « vertes » commencent à devenir attractives. Prenons l’exemple des énergies renouvelables (ENR). Ce secteur gagne en compétitivité car l’énergie devient de moins en moins coûteuse à produire. «Le coût global des énergies renouvelables est actuellement supérieur aux prix des énergies conventionnelles, mais, dans certaines conditions, il est déjà compétitif », écrit le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son dernier rapport (cité par Les Echos).

La thématique environnementale offre ainsi une large de palette d’investissements possible. Passons-les en revue* :

1. Les énergies renouvelables : ce secteur inclut le solaire et en particulier le photovoltaïque, mais aussi l’éolien, l’énergie hydraulique, la biomasse et l’énergie géothermique (Wikipedia). L’investissement dans ce secteur peut se faire en installant, par exemple, des panneaux photovoltaïques dans son habitation. Mais il peut également passer par des fonds qui ont pour thématique les énergies renouvelables.

2. L’immobilier HQE : cet immobilier Haute Qualité Environnementale désigne l’introduction de critères de développement durable pour la conception, la construction, le fonctionnement et la déconstruction des bâtiments. Il est à noter que l’HQE coexiste avec des labels comme l’HPE (Haute performance énergétique) ou le BBC (Bâtiment basse consommation). L’investissement dans l’immobilier suppose donc de se familiariser avec ces normes.

3. L’agriculture biologique : c’est un secteur stratégique, car le besoin en produits alimentaires de qualité est criant. L’agriculture biologique en France doit encore se développer. Le plan « agriculture biologique: horizon 2012 » s’était fixé pour objectif d’attendre 6% de la surface agricole utile (SAU) dédiée au bio, c’est-à-dire de tripler la SAU actuelle. (source : Ministère de l’environnement)

Pour investir dans le bio, vous pouvez par exemple, vous intéresser à la foncière Terres de liens ou à l’association Garrigue. Vous pouvez également opter pour l’originalité et acheter une vache ou ralentir l’argent, c’est-à-dire choisir de soutenir l’agriculture locale.

4. La gestion de l’eau : l’eau sera un enjeu majeur pour les années qui viennent, en France et dans le monde. Nous sommes actuellement dans la Décennie internationale d’action « l’Eau source de vie » (2005-2015), menée sous l’égide des Nations Unies.

Les entreprises innovantes dans le secteur de l’eau peuvent constituer des investissements d’avenir. Récemment, nous avions évoqué un exemple de traitement de l’eau : Grameen Veolia Eau, un « social business » qui assainie de l’eau dans des régions où elle est contaminée par de l’arsenic.

5. Le traitement des déchets : trier les déchets est une habitude responsable qui commence à être ancrée chez les particuliers, mais aussi les entreprises. Éviter le gaspillage et retraiter les déchets devient un enjeu important.

Le secteur est vaste, allant de la grosse entreprise comme Veolia à des petites associations de collecte des déchets comme Récol ’Terre, dont nous avons déjà parlé.

« Choisir ce thème en tant qu’épargnant, c’est avoir la conviction que le traitement des déchets sera incontournable et donc source de rentabilité future », estiment Aude Sarda et Nadia Dhaoidi*.

6. L’innovation : plus généralement, des entreprises proposent des solutions innovantes dans le domaine du développement durable. Les innovations sociales ou liées aux infrastructures ou à la dématérialisation sont des pistes à suivre pour l’épargnant.

* Nous suivons en partie le classement adopté par Aude Sarda et Nadia Dhaoidi dans leur livre Epargner éthique.

Le Livret vert : un projet pour convertir l’économie française à l’écologie?

Lundi 29 août 2011

« Verdir » l’épargne des Français. C’est l’idée soutenue par les écologistes à quelques mois de l’élection présidentielle. Et par quel moyen? Un Livret vert, petit frère du Livret A, qui orienterait l’épargne vers des projets écologiques.

Cette proposition est portée par Éva Joly, candidate d’EELV (Europe Écologie Les Verts). Elle l’a présentée lors des journées d’été d’Europe Écologie Les Verts, au début du mois. Concrètement ce Livret vert serait « géré par la Caisse des dépôts, alimenté par l’épargne des français, pour investir dans cette lutte contre gaspillage » (source: site d’Éva Joly).

Financer des investissements écologiques

Pour l’heure, les contours du projet ont tout juste été esquissés. Le Livret vert « capterait l’épargne des Français pour financer nos investissements écologiques », a rappelé Yannick Jadot, porte parole du parti écolo (source: Marianne).

Madame Joly a précisé son principe: ” Nous allons « flécher » une partie de l’épargne pour financer ces projets ” (interview dans Les Échos).

Cet outil d’épargne est envisagé comme un moyen pour convertir l’économie française à l’écologie. Éva Joly développe des exemples de cette conversion :

« Renforcer l’isolation des bâtiments permettrait de créer quatre fois plus d’emplois pour le même chiffre d’affaires que le développement de la filière gazière qui repose essentiellement sur l’importation de matière première. Le développement de la filière industrielle des énergies renouvelables soutiendra l’activité économique de PME innovantes, plus créatrices d’emploi et plus citoyennes que les multinationales. »

Le Livret Développement Durable

Le Livret vert rappelle un produit d’épargne existant : le Livret Développement Durable (LDD). Ce livret est destiné à collecter des fonds pour financer des travaux d’économie d’énergie dans les bâtiments anciens. Il sert aussi au financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME).

Le LDD, lancé en 2007, a remplacé le Codevi (Compte pour le Développement Industriel) (wikipedia).

Comme le Livret A, le LDD est un produit dont l’épargne est toujours disponible et à intérêts exonérés fiscalement.

Toute personne ayant son domicile fiscal en France peut bénéficier d’un LDD.

Le dépôt maximum est de 6000 euros.

Le taux d’intérêt est de 2,25% au 1er août 2011 (source: La Finance pour tous).

Les livrets : des produits d’épargne populaires

Les Français possèdent 68 milliards d’euros déposés sur leurs LDD, au 31 décembre 2010. Le taux de détention du LDD s’élève à 38 % de la population française, soit 24,7 millions de LDD ouverts.

Par comparaison, le Livret A représente 193 milliards d’euros. L’épargne sur l’ensemble des livrets d’épargne réglementée se monte à 316 milliards.

Le Livret A bénéficie d’une très forte popularité, avec plus de 60 millions de livrets détenus au 31 décembre 2010, il est le placement le plus répandu au sein des ménages. (source: rapport annuel de l’Observatoire de l’Epargne Réglementée).

Le LDD : un livret vert pâle ?

Le LDD est souvent critiqué comme n’étant pas assez « vert ». C’est le cas de Stanislas Dupré, auteur Que font-ils de notre argent?. Dans ce livre, dont nous avons déjà parlé, il étudie le poids carbone de nos placements financiers.

Selon lui, de nombreux produits d’épargne ont un lourd impact sur l’environnement car ils financent des projets polluants. Sa critique s’attache aussi au Livret Développement Durable, « abusivement baptisé » ainsi, selon lui (La Tribune). En effet, seule une petite part de l’épargne versée sur le LDD sert à financer des travaux d’économie d’énergie dans les logements.

Que pensez-vous de ce projet de Livret vert ? Vous intéresserait-il s’il existait un jour ?

Warren Buffett et les idées “bizarres” des milliardaires philanthropes

Mercredi 24 août 2011

Warren Buffet milliardaire philanthropesWarren Buffett en a étonné plus d’un quand il a proposé, ce mois-ci, d’augmenter les impôts pour les « super-riches » (New York Times, traduit en français dans Courrier International).

Qu’un milliardaire plaide pour être taxé plus lourdement, cela peut surprendre, même si cela s’est déjà vu. Le collectif Patriotic millionaires for fiscal strength s’est exprimé en ce sens, en juillet dernier. Cette semaine, seize gros contribuables français, dont Liliane Bettencourt, les ont suivi avec un appel similaire publié dans le Nouvel Observateur.

Engagement volontaire et philanthropie

Certains ont approuvé la chronique de Buffett. D’autres se sont montrés plus sceptiques.

Mais ce qui est intéressant dans sa proposition, c’est qu’elle exprime une idée de solidarité. Cette idée est à relier avec l’engagement philanthropique du milliardaire, à l’instar d’autres membres du club des super-riches américains.

Ce qui rapproche la prise de position de Buffett de la philanthropie, c’est son caractère volontaire. La philanthropie est un engagement et un choix. Le philanthrope choisit les causes qu’il souhaite soutenir.

Un des critiques de Warren Buffet, Harvey Golub, ancien président d’American Express, retourne cet argument philanthropique contre lui : ceux qui veulent être taxés plus peuvent faire un chèque ou demander à ce que leurs dons à des fondations ne soient pas déductibles des impôts. La solidarité : une idée bizarre ? (source: Wall Street Journal)

Quand les milliardaires promettent de donner

Pour Warren Buffett, l’engagement philanthropique ne date pas d’hier. On se souvient qu’il a lancé, en 2010, avec son ami Bill Gates, un appel promettant de donner au moins la moitié de leur fortune à des œuvres caritatives.

Ce programme est intitulé The Giving Pledge (promesse de don). Une soixantaine de milliardaires américains s’y sont joint. Ils ont chacun publié une déclaration dans laquelle ils s’engagent à donner au moins la moitié de leur fortune, de leur vivant ou après leur mort.

Warren Buffet, 81 ans, s’est forgé au fil du temps une image d’investisseur responsable, aux idées bien arrêtées.

A la tête de sa société d’investissement Berkshire Hathaway, il publie chaque année une lettre à ses actionnaires (à télécharger) qui a fait la légende de l’ « oracle d’Ohama ». Dans cette ville du Nebraska où il est né, il possède une maison, achetée 31 500 $ en 1957, qu’il habite toujours. (source: New York Times)

Son style d’investisseur rationnel a fait sa réputation. Il recherche les « belles endormies » ces entreprises sous évaluées avec un potentiel d’évolution à long terme.

L’oracle d’Ohama devenu philanthrope

Ses principes d’investissement et ses maximes sont étudiées à travers le monde. Sa carrière est parsemée d’anecdotes. Ainsi, non content d’être un actionnaire important de Coca-Cola, il affirme être un amateur de boissons pétillantes : il affirme boire cinq canettes de Cherry Coke par jour (dans sa lettre aux actionnaires de 1991, cité par wikipedia).

La philanthropie est un épisode nouveau dans sa biographie. En 2006, il décide de donner 99% de sa fortune à des œuvres caritatives. (source: Le Monde) Depuis, il s’est joint à Bill et Melinda Gates pour créer le Giving Pledge, groupement de milliardaires décidés à faire don d’une partie de leur fortune à des œuvres caritatives.

La philanthropie en Europe

En Europe aussi, la philanthropie fait son chemin. La générosité des Français, par exemple, se manifeste par des dons évalués à plus de trois milliards d’euros en 2010.

Une étude a été menée auprès de grandes fortunes philanthropiques en France, Italie, Espagne et Belgique*. Elle permet de dresser le profil de ces donateurs, possédant une fortune de 5 millions d’euros au minimum et pouvant s’élever à plusieurs milliards d’euros.

Sept caractéristiques dominantes définissent les motivations de ces philanthropes européens:

  • Le croyant: être croyant constitue une motivation pour s’impliquer dans une action philanthropique ainsi que dans un engagement bénévole.
  • L’humaniste: il possède avec le croyant un socle de valeurs auxquelles il fait référence: la dignité humaine, le droit de tous à mener une vie hors de la pauvreté et de la maladie, etc.
  • L’activiste: son engagement politique, syndical ou associatif remonte généralement à sa jeunesse. Cette catégorie est minoritaire.
  • L’héritier: sa fortune a été bâtie depuis des générations et son environnement familial l’a sensibilisé à la philanthropie.
  • Le passionné: la philanthropie est un moyen d’assouvir une passion qui existait depuis longtemps.
  • Le « venture philanthropist »: sensibilisé par une problématique, il envisage son action comme un « investissement », même s’il est non lucratif.
  • L’entrepreneur ou self made man: ayant acquis une fortune importante au terme de sa carrière professionnelle, il exprime une volonté de rendre à la société les avantages dont il a pu bénéficier.

Deux catégories sont absentes en Europe, mais on les retrouve aux États-Unis:

  • Le mondain: la philanthropie est un élément clé de la vie sociale des grandes fortunes et il est important d’appartenir à une institution culturelle ou de cotiser régulièrement un centre de recherche médicale, etc.
  • Le réseauteur: appartenir à des cercles philanthropiques est une façon de nouer des contacts qui pourront être exploités professionnellement. Cette approche « utilitariste » de la philanthropie ne se rencontre pas en Europe.

* Cette étude, due à Marc Abélès, directeur d’étude au CNRS et EHESS, et Jérôme Kohler, cofondateur de la Chaire Philanthropie de l’Essec, publiée dans le Rapport moral sur l’Argent dans le monde en 2010.

Quels sont les collecteurs de l’épargne solidaire en France

Jeudi 18 août 2011

En 2010, l’épargne solidaire a vu son encours progresser de 31%, dépassant les trois milliards d’euros*. Cette épargne, qui consiste à reverser une partie de ses intérêts en faveur d’une bonne cause, séduit de plus en plus de Français.

Pour devenir un épargnant solidaire, il existe trois grandes voies. Elles correspondent à trois types d’organismes collecteurs :

  • via un établissement bancaire on souscrit à un produit d’épargne de partage
  • via un financeur solidaire on investir au capital de celui-ci
  • via son entreprise on souscrit à un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) solidaire ou un Plan d’Epargne pour la Retraite COllectif (PERCO)

Faisons un petit tour d’horizon des principaux collecteurs de l’épargne solidaire en France :

Natixis Interépargne

Cette société est le premier collecteur de l’épargne salariale solidaire, avec 768 millions d’euros. Natixis propose une large gamme avec sept fonds portant le label Finansol, qui permet de repérer les produits d’épargne solidaire.

Crédit coopératif

Cette banque est le premier collecteur de l’épargne de partage en France, avec un encours de 579 millions d’euros. Les produits d’épargne solidaire (carte, livret, FCP…) permettent aux épargnants de soutenir des associations tous les domaines de la solidarité : environnement, solidarité internationale, aides aux personnes handicapées, appui aux énergies renouvelables, insertion…

Caisse d’épargne

Le réseau des Caisses d’épargne collecte 347 millions d’euros d’épargne solidaire. Le groupe BPCE, auquel appartiennent aussi le Crédit Coopératif et Natixis, ont collecté 67% de l’épargne solidaire (1,4 milliards d’euros) en 2010.

Financeurs solidaires

Les épargnants peuvent investir directement au capital d’un financeur solidaire. Ces financeurs totalisent 293 millions d’euros d’encours. Par exemple, on peut investir souscrire une part de capital de Garrigue, pour soutenir des entrepreneurs solidaires en France et en Afrique. Ou bien, on peut investir dans Terres de liens, qui soutient des paysans pratiquant l’agriculture biologiques. Finansol recense une trentaine de financeurs solidaires.

Amundi Group

Amundi propose des produits d’épargne salariale solidaire et des produits d’épargne solidaire, pour un total de 291 millions d’euros. Amundi, filiale du Crédit Agricole et de la Société Générale, est dédié à la gestion d’actifs, spécialisé notamment dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR).

BNP Parisbas

Ce groupe financier propose des produits d’épargne salariale et des produits d’épargne solidaire pour un encours de 212 millions d’euros.

Inter Expansion

Cette société gère l’épargne salariale pour un montant de 124 millions d’euros.

* source: baromètre 2011 de l’épargne solidaire, publié par Finansol.

Le social-business: des entreprises qui œuvrent pour les gens et non pour le profit

Jeudi 11 août 2011

L’aventure du premier social-business* a débuté en 2005 par une discussion entre Muhammad Yunus, l’inventeur du microcrédit et fondateur de la Grameen Bank, et Franck Riboud, le PDG du groupe Danone.

« A l’occasion d’un déjeuner à Paris, j’ai proposé à M. Riboud de lancer au Bangladesh un social-business associant Grameen et Danone. […] Il m’a demandé ce qu’était un social-business. Je lui ai expliqué qu’il s’agissait d’une entreprise destinée à produire des bénéfices sociaux.», explique M. Yunus (cité dans Pour une économie plus humaine).

Produire des bénéfices sociaux

De cette discussion naitra la société Grameen Danone. Son objectif est de lutter contre la malnutrition. Elle commercialise des yaourts enrichis en vitamines. Vendre des yaourts dans des régions pauvres du Bangladesh est une mission difficile. C’est possible grâce à un réseau de vendeuses à domiciles.

L’entreprise a aussi dû faire face, en 2007, à une hausse du prix des matières premières alimentaires. Elle a surmonté cette difficulté en augmentant le prix du produit et en le vendant plus cher dans les grandes villes.

D’autres social-business ont vu le jour sur ce modèle. Grameen Veolia Water vend de l’eau potable à bas prix dans des régions où l’eau est contaminée par l’arsenic. BASF Grameen commercialise des moustiquaires imprégnées. Grameen phone permet aux habitants du Bangladesh d’accéder au téléphone portable.

Les sept principes du social-business

La réflexion sur le social-business est condensée dans les sept principes énoncés par M. Yunus et Hans Reitz, directeur du Grameen Creative Lab, incubateur de projets situé à Wiesbaden, en Allemagne:

1. L’objectif de l’entreprise consiste à lutter contre la pauvreté ou à répondre à un ou plusieurs problèmes qui menacent les individus et la société, et non à maximiser le profit

2. L’entreprise parviendra à s’autofinancer

3. Les investisseurs récupéreront uniquement le montant de leur investissement. Ils ne percevront aucun dividende.

4. Quand le montant de l’investissement aura été remboursé, les profits seront consacrés à l’expansion de l’entreprise.

5. L’entreprise sera respectueuse de l’environnement.

6. Les employés seront payés au prix du marché mais disposeront de meilleures conditions de travail.

7. Faites-le dans la joie !

Un fonds pour financer des projets de social-business

Pour financer des projets un fonds a été créé: danone.communities. Il est géré par le Crédit Agricole**, à la demande de Danone. Ce fonds permet d’accueillir des investisseurs: des actionnaires et des employés de Danone, des investisseurs institutionnels et le grand public.

Le fonds s’appuie sur la SICAV danone.communities, gérée par Ideam, la société de gestion spécialisée dans l’ISR d’Amundi, filiale du Crédit Agricole. 90% des sommes investies sont placées dans des instruments de taux monétaires et/ou obligataires, gérés si possible selon une approche ISR (Investissement Socialement Responsable) et qualifiés de peu risqués. 10% dans des entreprises dont le premier objectif est le développement sociétal, via le FCPR (Fond Commun de Placement à Risque) danone.communities. (source: danone.communities). Le Groupe Danone a investi 20 millions € dans danone.communities.

Renoncer à recevoir des dividendes

Dans son livre, Muhammad Yunus insiste sur la motivation de non profit qui anime les investisseurs. Lorsque le fonds a été créé en 2007, l’accord prévoyait un dividende de 1%. En décembre 2009, le Conseil d’administration à voté la suppression du dividende.

M. Yunus rapporte: « Toute l’assistance acclama et applaudit la nouvelle. L’un d’entre nous fit remarquer que c’était la première fois que des actionnaires faisaient la fête parce qu’ils avaient renoncé à recevoir des dividendes. C’était effectivement la première fois, mais ce ne sera pas la dernière. »

* On peut traduire le terme social-business par « entreprise sociale », mais nous préférons conserver le terme choisi à l’origine par M. Yunus. Le terme de social-business désigne des entreprises qui répondent à des besoins sociaux et parviennent à s’autofinancer mais sans générer de profit.

** Précision: BforBank appartient au groupe Crédit Agricole.

Les agences de notation sociétale renseignent les investisseurs engagés dans l’ISR

Mercredi 3 août 2011

Depuis la crise financière, le grand public a beaucoup entendu parler des agences de notation financière. Elles ont été montrées du doigt lors de la crise des subprimes, accusées d’avoir sous estimé le risque*. Elles sont, aujourd’hui encore, sur le devant de la scène, à l’occasion de la crise de la dette en Europe. L’actualité est rythmée par leurs décisions d’abaisser la note de tel ou tel pays trop endetté.

C’est dans ce contexte que se sont développées, principalement depuis les années 1980, des agences de notation d’un autre genre : les agences de notation sociétale. On les appelle aussi des agences de notation extra financière.

Il convient de bien distinguer ces agences de notation sociétale des agences de notation financière. Les agences de notation financière évaluent la capacité d’un emprunteur à rembourser sa dette. Les agences de notation sociétale évaluent la performance des entreprises dans les domaines sociaux, environnementaux et de gouvernance.

Un jugement global sur les entreprises

Ainsi, les agences de notation sociétale évaluent les entreprises (ou, pour certaines, les Etats) à l’aide de critères qui mesurent leur impact sociétal.

« A partir de l’exploitation des informations sociales, environnementales et du gouvernement d’entreprise, l’analyse sociétale vise à appréhender la réalité d’une entreprise à partir des données qu’elle communique et les informations révélées par d’autres parties prenantes (les ONG, les médias, etc.). Elle permet ainsi de porter un jugement global sur la situation de l’entreprise analysée. »

(source: Le guide des organismes d’analyse sociale et environnementale, publié par l’Observatoire sur la Responsabilité Sociale des Entreprises (Orse)).

Notation déclarative ou sollicitée

Ces informations sont destinées aux investisseurs engagés dans une démarche d’Investissement Socialement Responsable (ISR). Plus rarement, ce sont les entreprises elles-mêmes qui demandent à être notées  : c’est ce qu’on appelle une notation sollicitée, par opposition à la notation dite déclarative.

Des approches variées

Les agences de notation sociétale ont développées différentes approches :

  • approche d’évitement : elle consiste à exclure de l’investissement certains secteurs : le tabac, l’armement, l’alcool, la pornographie, le nucléaire, etc.
  • approche de performance : elle se réalise par une sélection de critères positifs pour évaluer les performances sociales et environnementales des entreprises.
  • approche « risques et opportunités »: elle fournit à l’investisseur une vue globale sur les risques et opportunités d’une entreprise.

Les agences de notation sociétale en France

Il existe une trentaine d’agences d’analyse sociétale dans le monde. En France, on en distingue principalement quatre :

Vigeo : cette société fondée en 2002 par Nicole Notat, est un des leaders européens avec un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros (source: rapport annuel 2010). Elle réalise des notations d’entreprise et d’organisations mais aussi d’États. Elle est basée à Paris, Bruxelle, Milan et Casablanca. Vigeo exerce aussi une activité de conseil auprès des entreprises.

BMJ Ratings : cette société, fondée en 1993, intervient principalement en mode sollicité, c’est-à-dire à la demande des entreprises ou des collectivités territoriales.

Ethifinance : créée en 2003, cette agence de notation extra financière intervient principalement auprès des PME. Elle a notamment développé le Gaia index, une base de données extra financières dédiée aux valeurs moyennes.

Innovest France : la société américaine Innovest a ouvert une entité en France.

Les agences en débat

Dans la tourmente de la crise financière, les agences de notation financière n’ont pas été épargnées par les critiques. Les agences de notation sociétale ont aussi eu droit à quelques débats houleux. Au sein du monde des investisseurs, des critiques se sont faites entendre, comme nous le rapportions il y a quelques mois.

Certains reprochent notamment aux agences de notation sociétale de trop se reposer sur des déclaration des entreprises et de ne pas faire suffisamment de visites sur le terrain.

Dans un contexte économique difficile, les agences de notations sociétales misent sur l’essor de l’ISR pour se développer. « Le salut de la notation viendra du développement du marché de l’ISR, développement qu’accompagnera le renforcement législatif, notamment avec l’obligation du reporting extrafinancier », estime un responsable du Forum pour l’investissement responsable (FIR) (source: Les Echos, article en accès payant).

* à lire: l’article « Agences de notation » dans Les 100 mots de la crise financière, de Bertrand Jacquillat et Vivien Levy-Garboua (Puf, collection « Que sais-je? »).

Copyrights : Adnan Yahya sur Flickr