Archive pour avril 2011

Qu’est-ce que le Forum pour l’Investissement Responsable?

Vendredi 29 avril 2011

Le Forum pour l’Investissement Responsable (FIR) se donne pour mission de promouvoir l’Investissement Socialement Responsable.

Créé en 2001, le FIR s’est inspiré de ses homologues américain et britannique. Il est partie prenante et membre fondateur du réseau européen des forums pour l’investissement responsable : Eurosif. Plus globalement, il fait partie du réseau des SIFs (Social Investissement Forum) à travers la planète.

Le FIR n’est pas le représentant d’une profession. Il rassemble des acteurs de la chaine de valeur de l’ISR : des investisseurs, des sociétés de gestion, des courtiers, des agences de notation extra-financière etc. Ses membres représentent 70% de l’ISR géré en France. Le FIR est présidé par Bertrand Fournier (source: rapport moral 2009).

Le FIR mène différentes actions pour promouvoir la cause de l’investissement responsable : la Semaine de l’ISR, le Prix FIR de la recherche, des actions d’influence, l’élaboration du Code de transparence de l’ISR.

La Semaine de l’ISR

La Semaine de l’ISR a été organisée pour la première fois en 2010. Elle est placée sous le haut patronage du ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. Elle se déroulera en 2011 du 10 au 16 octobre.

La Semaine de l’ISR, avec une série d’événements en France, a pour but de sensibiliser le public. Pour mieux connaître les attentes des épargnants, une enquête a été réalisée en octobre 2010 (voir notre article).

Le Prix FIR de la Recherche

Le Prix FIR de la recherche européenne «Finance & Développement durable» est remis depuis 2005. Il vise à favoriser la recherche universitaire et de rapprocher le monde universitaire, le monde de la finance et leurs parties prenantes.

Ce prix récompense des chercheurs, auteurs de thèses et d’articles sur le sujet de l’investissement responsable.

Actions d’influence

L’action du FIR vise a orienter dans un sens socialement responsable les textes législatifs et réglementaires.

Cette activité d’influence à pour objectif de promouvoir « la « cause » de l’ISR au plan national, et européen dans le cadre de l’Eurosif (le FIR ne représente pas une profession, et encore moins les intérêts particuliers d’acteurs de marché…) » (source: rapport moral 2009).

Cette action s’est traduite au niveau législatif par les lois sur la généralisation de l’épargne salariale et sur la création du Fonds de Réserve pour les Retraites et la loi sur les Nouvelles Régulations Économiques. (source: FIR)

Le code de transparence de l’ISR

Le FIR a élaboré un Code de transparence de l’ISR, avec l’AFG (Association Française de Gestion financière).

Ce code a pour but de donner une information plus claire aux investisseurs. Chaque produit d’épargne ISR est accompagné d’un document qui décrit ses caractéristiques en détail.

Fin 2010, 241 fonds gérés par 43 sociétés de gestion avaient adhéré à ce code. Parmi eux, on comptait 155 fonds français ouverts au public, 32 fonds d’épargne salariale et 54 fonds étrangers.

Les plateformes de prêt solidaire popularisent le microcrédit

Mercredi 27 avril 2011

Prêter de l’argent à un entrepreneur qui n’a pas accès aux prêts classiques : tel est le principe des plateformes de microcrédit entre particuliers.

Grâce à la dynamique du réseau social, les internautes se rassemblent pour financer des projets solidaires à l’étranger mais aussi en France. En général, ces prêts ne rapportent pas d’argent aux investisseurs : ces solutions de microcrédit s’apparentent à de la solidarité.

C’est justement à cette solidarité que l’on fait appel sur ces plateformes qui ont pour nom Babyloan, Kiva, Friensclear, Xetic ou Microworld.

Internet est le bon outil pour faire parler d’une cause et rassembler autour d’elle des internautes. Beaucoup d’entre eux sont motivés pour aider une femme qui lance une petite affaire en Afrique ou en Amérique latine.

Les plateformes de prêt solidaire joue un rôle d’intermédiaire. Elles mettent en rapport le prêteur et la personne qui a besoin d’un prêt.

Les plateformes actives en France

Babyloan

Il se présente comme le 1er site internet européen de micro-crédit solidaire. Sur Babyloan, les internautes peuvent choisir de prêter à partir de 20 euros à des micro-entrepreneurs dans les pays en développement.

Aujourd’hui, le site finance aussi des projets en France, en partenariat avec l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique).

Pour l’investisseur, il n’y a pas de retour sur investissement.

Kiva

Cette organisation à but non lucratif a été fondée en 2005 aux Etats-Unis. Elle met en rapport les internautes avec des entrepreneurs dans 60 pays du monde. Elle a réalisé 209 millions de dollars de prêts.

Pour l’investisseur, il n’y a pas de retour sur investissement.

Xetic

Xetic est une association à but non lucratif française. Elle se fixe comme objectif de « contribuer à la réduction de la pauvreté, lutter contre l’exclusion sociale et faire progresser les hommes et les femmes sur la voie de l’autonomie et de la dignité ».

L’investisseur n’a pas de retour sur investissement.

Friendsclear

Friendsclear met en relation des investisseurs et des entrepreneurs français. Les investisseurs sélectionnent sur le site le projet qui les intéressent. Les opérations sont réalisées par l’intermédiaire du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne*.

Le retour sur investissement correspond à un taux de rendement net annuel de 3,14%, selon Friendsclear.

MicroWorld

Cette plate-forme de microcrédit en ligne est liée au Groupe de microcrédit PlaNet Finance. Elle développe son activité sans rien prélever du montant des prêts effectués sur le site.

L’investisseur n’a pas de retour sur investissement, mais il peut évaluer l’impact de son action sur le terrain et échanger avec d’autres internautes au sein de groupes de discussion. Un des objectifs du site est de populariser le micro-crédit auprès du grand public.

* précision: BforBank est une filiale du Crédit agricole

Investir dans des vaches pour diversifier son épargne

Jeudi 21 avril 2011

Investir dans un troupeau de vaches : l’idée peut sembler saugrenue quand on est citadin. Et, pourtant, ce type de placement connaît une certaine vogue ces dernières années. Acheter une vache est un investissement socialement responsable : il permet de soutenir les éleveurs qui n’ont pas à mobiliser les fonds lors de l’achat du bétail.

Investissement en cheptel

Ce placement est proposé par une seule association en France, l’AFIC, Association française d’investissement en cheptel. L’AFIC est basée à Meyzieu (Rhône). Elle gère 30 000 têtes de bétail réparties sur 770 fermes en France et appartenant à 1200 investisseurs, selon l’AFIC.

Assez simple sur le principe, le placement consiste pour l’investisseur à acquérir des vaches au prix de 1 167 € par tête (source : AFIC).

Le troupeau est confié à deux intermédiaires qui louent le troupeau à un éleveur. Les deux intermédiaires sont le régisseur, « Elevage et Patrimoine », en charge de la gestion économique et une régie technique, Gestel. (source: AFIC)

Placement utile et responsable

Le site de l’AFIC présente des exemples de simulation de placement. Le taux de rémunération annoncé est de 4,2%.

Prenons l’exemple d’un investisseur qui décide d’acheter 6 têtes de bétail par an pendant 8 années, au prix de 1 167 € l’unité. Au bout de 8 ans, il possédera un cheptel de 55 bêtes. La revente pourra lui procurer la somme de 64 185 €. Un calculateur permet de faire des simulations.

L’Association française d’investissement en cheptel doit beaucoup à Pierre Marguerit, son secrétaire (et directeur général de la régie « Élevage et Patrimoine »).

Cet ancien conseiller financier a quitté l’univers des placements classiques en 1972, à 24 ans. Il crée alors sa société d’investissement en cheptel. « J’avais envie de faire quelque chose d’utile, quelque chose qui ait du sens et profite à l’intérêt général. Et puis dans la vie, on ne travaille bien que lorsque la corvée devient un plaisir. » (source: ForumEco)

Un placement anti crise

Pierre Marguerit va alors passer son temps à essayer de convaincre les investisseurs. Il sera d’abord regardé avec scepticisme. Puis, petit à petit, l’investissement à cornes se fait une place modeste dans le paysage.

La crise financière va changer le regard des investisseurs sur ce placement terre à terre et résolument vert. Des articles, dont celui du New York Times, en 2009, braquent les projecteurs sur l’AFIC. Les demandes de renseignement se font plus nombreuses.

Comme le rappelle Pierre Marguerit, louer un animal est une pratique ancienne. Ce type de contrat existait dès l’époque de Richard Cœur de Lion.

Face à l’incertitude économique, ce retour à la terre est une option choisie, par exemple, par les adeptes du Slow money (argent lent) ou de Terre de liens.

Des placement concrets, écologiques, et qui ne demandent qu’à croître et se multiplier, comme les veaux et les vaches.

Pour prolonger : Rue89 n’hésitait pas en 2009 pas à rapprocher l’investissement dans les vaches au temps des vaches maigres; quand d’autres ironisent sur l’idée de la “vache à lait de l’épargnant“. Ironie, quand tu nous tiens…

Des outils pour la défense et l’information des épargnants

Lundi 18 avril 2011

Pour la gestion de votre argent au quotidien, une bonne information est souhaitable. La défense du consommateur est un autre volet important, quoique parfois délicat, de la relation entre l’épargnant et son établissement bancaire. Faisons le tour de quelques outils qui permettent à l’épargnant d’être mieux informé et défendu.

AFUB: Association française des usagers des banques

L’Afub défend les usagers des banques, qu’ils soient des particuliers ou des PME. Elle les conseille, édite des publications, propose des modèles de lettres pour se défendre en cas de litige.

Acabe: l’Association contre les abus des banques européennes

C’est est une association de consommateurs. Le rôle de l’Acabe est d’informer les consommateurs et de les soutenir dans les démarches en cas d’abus d’un établissement bancaire.

Le BEUC: Bureau Européen des Unions de Consommateurs

Le BEUC est une association de consommateurs qui agit au niveau européen. La BEUC compte parmi ses dossiers le crédit, les prêts responsables, le conseil financier et la clarté des frais bancaires (fichier).

Finance Watch

Fiance Watch est une association créée récemment. Elle veut être un contre-poids à l’action de lobbying menée par l’industrie financière au niveau européen. Finance Watch est basée à Bruxelles et regroupe 29 organisations non gouvernementales.

Associations de consommateurs

Les associations de consommateurs sont souvent généralistes. Elle traite parfois de questions bancaires comme ce qui concerne les tarifs des frais ou la possibilité de changer de banque. Il existe une dix-sept associations nationales (Minefi).

Les associations de défense des actionnaires

Plusieurs associations regroupent des actionnaires minoritaires qui veulent faire entendre leur voix lors des conseils d’administration. Citons, par exemple, l’APPAC, Association des petits porteurs actifs. Elle affiche la volonté de participer à la vie des entreprises.

Autorité de contrôle prudentiel

L’ACP supervise les banques et les assurances et protège les consommateurs (voir notre article). L’ACP a notamment lancé Assurance Banque Epargne info service, un site d’information destiné aux consommateurs.

Des outils pour améliorer sa culture financière

Face à la complexification croissante du secteur, les professionnels insistent sur la nécessité pour chacun d’améliorer sa connaissance des produits financiers. Citons La finance pour tous, un site réalisé par l’Institut pour l’éducation financière du public (IEP) et Les clés de la banque, lancé par la Fédération Bancaire Française (FBF).

Transparence et ISR : un code pour informer le grand public

Lundi 11 avril 2011

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) intéresse le grand public*. Mais il reste des obstacles pour populariser ce type d’épargne.

Le problème est notamment la difficulté de donner une définition unique de l’ISR. C’est ce que soulignent les auteurs du Code de transparence pour les fonds ISR grand public.

Une information plus claire

Pour remédier à cette complexité, ce code demande aux gestionnaires de fonds plus de transparence et une information plus claire en direction du grand public.

Le code de transparence a été élaboré en France par l’AFG (Association Française de la Gestion financière) et par le FIR (Forum pour l’Investissement Responsable). C’est une version du code européen de transparence pour les fonds ISR ouverts au public. La première version a été publiée en 2005 et elle a été revue en janvier 2010.

Répondre au grand public

Concrètement, ce Code de transparence se présente comme un questionnaire divisé en six rubriques. Les gestionnaires d’un fonds ISR répondent à toutes ces questions pour informer les investisseurs.

Les six rubriques sont :

  • Des données générales
  • Les critères d’investissement ESG
  • Le processus d’analyse ESG
  • L’évaluation, la sélection et la politique d’investissement
  • La politique d’engagement
  • La politique de vote.

Prenons un exemple : la Sicav « Libertés et solidarité », dont nous avons déjà parlé. Les codes de transparence correspondant à ce fonds sont disponibles sur le site de la Banque postale Asset management qui distribue ce produit d’épargne. Ces informations complètent les données purement financières.

Clarifier les contours de l’ISR

L’AFG publie sur son site la liste des fonds qui ont adhéré au Code de transparence. L’adhésion est obligatoire pour les fonds ISR ouverts au public.

Fin 2010, 241 fonds gérés par 43 sociétés de gestion avaient adhéré. Parmi eux, on comptait 155 fonds français ouverts au public, 32 fonds d’épargne salariale et 54 fonds étrangers.

Pour Paul de Marcellus, président du groupe de travail Code de transparence de la commission ISR de l’AFG, un des enjeux de l’ISR est de clarifier sa définition pour le grand public: « En ce qui concerne les particuliers, l’un des freins à l’ISR est son hétérogénéité, puisque l’approche française n’est pas basée sur l’exclusion. Les contours sont donc moins clairs que dans les pays anglo-saxons. Les trois critères de sélection ESG viennent enrichir les critères financiers mais sont source de questions pour les particuliers. Le code de transparence a été simplifié pour aider les particuliers à mieux comprendre l’ISR et son approche ». (source : Le Figaro)

* les chiffres montrent que la part des particuliers dans le marché de l’ISR est en hausse

La nouvelle finance en débat à l’Université de la Terre

Mercredi 6 avril 2011

Logo Universite de la terreUne salle enthousiaste. Des orateurs acclamés. On a peine à croire que le sujet dont il est question est la finance. Pourtant, c’est bien l’ambiance, un peu exaltée, qui régnait à l’Université de la Terre*, lors du débat « La nouvelle finance au service de la nouvelle société », le 2 avril dernier, à l’Unesco.

Les cinq intervenants étaient :

Un autre modèle industriel

Nous avons déjà parlé de Stanislas Dupré sur ce blog, à propos du poids carbone de l’épargne. C’est lui qui conduisait la discussion.

Il a posé le débat en ces termes : nos sociétés doivent d’urgence se convertir à un autre modèle industriel et à d’autres sources d‘énergies moins polluantes. Les banques auront un rôle à jouer car se sont elles qui financent les projets.

Grande régression

Jacques Généreux a adopté un autre point de vue. Il estime que nous vivons une période de grande régression. Il met en cause une situation où le pouvoir est détenu par ceux qui possèdent le capital.

Quand on lui parle de finance solidaire ou d’investissement socialement responsable, il acquiesce, à condition que cette nouvelle finance ne soit pas seulement une niche à côté de la finance classique. Il faut au contraire changer l’orientation de toute la finance. Avoir d’un côté une finance socialement responsable et de l’autre laisser se développer une finance qui ne l’est pas n’a aucun sens.

Économie sociale et solidaire

Claude Alphandéry est fondateur de France active, qui aide des projets d’insertion, tels que les Jardins de Cocagne. C’est un acteur historique de la finance solidaire en France. Cet ancien résistant a cité le programme du conseil national de la Résistance.

Il a expliqué le mécanisme de l’épargne solidaire, dans lequel les banques contribuent, par exemple, au financement d’actions d’insertion.

ESS, Brogniart et Bastille

Jean-Louis Bancel a insisté aussi sur le rôle de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ce fut d’ailleurs la conclusion des débats, apportée par un autre intervenant: “l’ESS sera la Bastille de 2012″ (publié sur Twitter par le Crédit Coopératif, avec une variante: “Brogniart sera la Bastille de 2011 pour l’ESS”)

Pour Jean-Louis Bancel, le marché ne se régule pas de lui-même. Il a plaidé pour la transparence dans le domaine financier. Il conseille aux épargnants de demander à leur banquier où est investi leur argent. Plus généralement, il pense que l’opinion publique a un rôle important à jouer pour obtenir cette transparence.

Finance, transparence et démocratie

Stanislas Dupré est favorable à plus de démocratie dans le fonctionnement des banques. Il voit notamment d’un bon œil le projet Finance Watch, lancé par des députés européens. Finance Watch est un appel à la société civile pour qu’elle créer une organisation non-gouvernementale qui observerait les activités menées sur les marchés financiers par les banques, les compagnies d’assurance, les hedge funds, etc.

Finance participative

Jean-Christophe Capelli est un entrepreneur du Web.  Sa société, Friensclear, est un site de finance participative (ou crowd funding) dédié au financement d’entrepreneurs français. Concrètement, il met en relation des entrepreneurs et des investisseurs (voir un exemple : le crowd funding pour la mode).

Jean-Christophe Capelli a présenté d’autres outils de finance participative : Kiva et Babyloan.

Il a aussi évoqué les échanges d’argent sur téléphone mobile qui permettent des initiatives dans des pays en développement.

* L’université de la Terre a été créée à l’initiative de François Lemarchand, Président de la Fondation Nature & Découvertes. elle a été inaugurée en novembre 2005 à l’Unesco.

Muhammad Yunus conteste son renvoi de la Grameen Bank

Mardi 5 avril 2011

Nul n’est prophète en son pays. Muhammad Yunus l’a appris à ses dépens. Il y a quelques jours, le Nobel de la Paix 2006 a été limogé de la Grameen Bank qu’il a fondée en 1983. Le gouvernement de son pays, le Bangladesh, l’a poussé vers la sortie.

Officiellement, le motif de son renvoi est administratif. Âgé de 70 ans, Yunus a dépassé l’âge de la retraite, fixé à 60 ans, selon la banque centrale du Bangladesh.

Il faut dire que le prix Nobel de la Paix est brouillé depuis des années avec le Premier ministre, Sheikh Hasina. Il bouscule les politiciens locaux, notamment depuis 2007, quand il a voulu lancer un parti politique. Récemment, le Premier ministre a critiqué la Grameen Bank, l’accusant de “sucer le sang des pauvres”.

M. Yunus a saisi la justice de son pays pour contester la décision de son renvoi.

Des soutiens internationaux

Il a aussi reçu des marques de soutien d’officiels, aux États-Unis et en Europe.

En France, une tribune a été publiée dans Le Monde : « Il faut sauver la Grameen Bank et le microcrédit au Bangladesh ».

Elle est signée notamment de Maria Nowak, fondatrice de l’ADIE*, Michel Rocard et Martin Hirsch, président de l’Agence du service civique.

Pour eux, les intentions du Premier ministre du Bangladesh ne font aucun doute. « Aujourd’hui, l’avenir de la Grameen est en péril, menacé politiquement. Depuis près de quatre mois, le gouvernement bangladais a décidé de mettre la main sur l’institution

Une banque fondée sur le non profit

Selon eux, le modèle de microcrédit de la Grameen Bank est menacé. Ce modèle est unique, pour trois raisons :

  • Il ne cherche pas à faire du profit
  • Il responsabilise les emprunteurs : les petits emprunts accordés sont destinés à financer des projets entrepreneuriaux
  • Il est démocratique : les emprunteurs deviennent actionnaires de la banque

La microfinance sous le feu de la critique

Depuis les années 1980, la microfinance s’est développée, y compris en Europe (à lire sur le Réseau européen de la microfinance). Mais l’affaire Yunus se produit sur fond de critiques contre la microfinance.

Une dérive a été observée, notamment en Inde. Le secteur a connu des excès critiqués par Muhammad Yunus lui-même pour qui l’institution de microfinance doit rester à but non lucratif.

Or, en Inde, un tout autre modèle s’est développé. Ses partisans estiment que la microfinance peut engendrer des profits. Ces sociétés de microcrédit pratiquent des taux plus élevés. Certaines sont même cotées en bourse.

Quand Muhammad Yunus a créé sa banque, seuls les usuriers prêtaient aux plus pauvres, à des taux faramineux. Or, aujourd’hui, certaines sociétés de microfinance se comportent comme des usuriers, déplore-t-il (source :  New York Times).

A cette époque, écrit-il, « je n’aurais jamais imaginé qu’un jour le microcrédit donnerait lieu à sa propre espèce d’usuriers. » Et imaginait-il qu’il serait un jour limogé de la banque qu’il a fondée?

* l’ADIE est un organisme français de microcrédit.