Les principes d’investissement prônés par Nicole Reille se rangent en trois catégories: « les critères généraux, les critères sociaux et les critères « Tiers Monde », comme elle l’a expliqué dans une conférence, en 2003*.
Investissement et utilité sociale
Les critères généraux sont l’utilité sociale des biens et service et la protection active de l’environnement.
Les critères sociaux concernent la formation, la responsabilisation des salariés, les conditions de travail, mais aussi la libre expression au sein de l’entreprise et l’attitude à l’égard des populations fragilisées.
Enfin, explique la religieuse, « l’un des critères qui comptent le plus à nos yeux est l’attitude de l’entreprise par rapport aux pays du Tiers Monde dans lesquels elle s’implante : cherche-t-elle seulement à en tirer le plus grand profit possible, grâce aux faibles prix des matières premières et de la main-d’œuvre, ou se montre-t-elle soucieuse de contribuer au développement de ce pays ? »
Ces principes se retrouvent aujourd’hui dans les 20 principes d’un bon placement, édictés par Éthique et Investissement.
Une vision pragmatique de l’ISR
“Éthique et Investissement” s’inscrit dans une vision pragmatique de l’ISR. En effet, elle adopte une stratégie « best in classe ». « Concrètement, nous sélectionnons dans chaque secteur industriel (agroalimentaire, automobile, pétrole…) le “meilleur de la classe” par rapport à l’ensemble de nos critères ; nous nous appuyons pour cela sur les analyses financières fournies par notre gestionnaire mais aussi sur les analyses fournies par les agences de notation éthique, en particulier, depuis 1997, par le cabinet ARESE (Analyse et Recherches Sociales sur les Entreprises), qui a mis en place une base de données très précise ».
Cette démarche se distingue de celle pratiquée par les anglo-saxons: « leur conception de la finance éthique repose davantage sur des critères d’exclusion, sans doute à cause de l’influence de la culture puritaine ; c’est un peu la même chose avec les communautés religieuses islamiques ».
Pour illustrer cette approche pragmatique, voici ce que Nicole Reille déclarait en 2003* à propos de l’exclusion de certains secteurs: « Nous excluons par exemple les entreprises qui fabriquent des cigarettes ; en ce qui concerne les armes, nous sommes plus nuancées, car nous savons que certaines armes sont utiles, par exemple pour la police. Mais nous ne voulons pas contribuer au développement des armes sécuritaires ou encore des armes qui sont vendues au détriment des pays du Tiers Monde : certains industriels n’hésitent pas à encourager des guerres qui leur permettent de vendre de l’armement, alors que d’autres, au contraire, se refusent à vendre des armes dans certains pays ».
En 2002, sœur Nicole Reille laisse la présidence bioéthique Investissement et devient économe générale de la Congrégation Notre Dame.
Cette année, elle a participé au film de Jocelyne Lemaire Darnaud, Moi, la Finance et le Développement Durable.
* le texte de cette conférence peut être téléchargé sur le site de l’École de Paris du management.
A consulter sur notre blog, la partie 1 de l’article







