Archive pour le mot-clef ‘vente’

Ventes aux enchères : mode d’emploi

Jeudi 1 mars 2012

Roger Thornhill (Cary Grant) joue les perturbateurs lors d'une vente aux enchères (North by North West - A Hitchcock - 1959)

Du 24 au 31 mars prochain auront lieu les « 8è journées marteau ».

Rien à voir avec une quelconque manifestation dédiée au bricolage : c’est d’enchères dont il s’agit. Et de la vulgarisation de ce procédé de vente, vieux comme l’antiquité, codifié il y a déjà cinq siècles, mais qui continue d’être intimidant pour beaucoup d’entre nous.

Les maisons de vente ouvrent ainsi leurs portes pour permettre au public de découvrir ce lieu, parfois déroutant, où tout se vend au plus offrant et où les transactions sont validées d’un coup de maillet.

Mais les journées marteau sont surtout l’occasion de rencontrer les commissaires-priseurs, d’assister à des conférences sur le sujet, de faire estimer un bien, de participer à de vraies ventes…bref, de se familiariser avec l’univers des ventes aux enchères et de s’initier au marché de l’art.

C’est dans ce cadre que l’hôtel Drouot propose l’opération « Destination Drouot », les 17-18, 24 & 25 mars.
Une approche instructive et ludique avec, en point d’orgue, la réalisation d’un “gâteau œuvre d’art” par le chef trois étoiles Eric Frechon (Le Bristol), qui sera ensuite vendu aux enchères au profit de l’Association Vie Espoir contre le Cancer*.

Un rendez-vous à ne pas manquer, donc, pour les investisseurs en herbe.

Et pour ceux dont les agendas  sont déjà remplis à ces dates, un rattrapage est toujours possible avec, notamment, la lecture de deux ouvrages :
- Le guide pratique de la vente aux enchères, de Claude Ferment (La Maison du Dictionnaire)
- Le piéton de Drouot, de Patrick de Bayser  (Le Passage)

Voilà qui devrait suffire pour ne pas se comporter comme Roger Thornhill (Cary Grant) lors d’une vente aux enchères chez Shaw & Oppenheim, dans le magnifique film ‘North by Northwest’ (La mort aux trousses) d’Alfred Hitchcock.

Pierre Suze

* L’Association Vie Espoir contre le Cancer est présidée par le professeur de médecine David Khayat (bien connu des lecteurs de la Revue du Vin de France pour ses prises de position positives sur les bienfaits du vin, tant qu’il est consommé avec modération).

La photo, achat plaisir par excellence

Mardi 15 mars 2011

Nous en avions déjà parlé ici, l’achat plaisir de photographies peut offrir de jolies opportunités d’investissement. Et Paris reste très bien placé sur ce marché en pleine éclosion, à la fois parce que les artistes français se sont intéressés tôt à la photo, et grâce au dynamisme de notre presse magazine qui a permis à de nombreux photographes (de mode, comme de reportage) d’accéder à la notoriété… et au portefeuille du grand public. Ils peuvent dire merci à Vogue, Elle, Paris-Match ou au Figaro-Magazine qui ont largement contribué à leur célébrité.

Alors si Londres ou New York sont devenus les phares du marché de l’art, Paris s’en sort très bien sur le marché de la photo. Selon le site artprice.com, spécialisé dans les ventes d’art, le marché de la photo a enregistré son record en 2007 avec un chiffre d’affaires de 124 millions d’euros réalisé en ventes aux enchères. 2009, crise oblige, a été en recul à 57 millions d’euros, mais avec 11 000 photos vendues.

L’avantage avec les photos, c’est le budget. Je l’ai moi-même vérifié, on peut se faire plaisir avec quelques centaines ou milliers d’euros. Le budget moyen des photos vendues aux enchères étant pour 2010 de 1 700 euros. Bien sûr les photos contemporaines sont plus chères, et parfois surévaluées si vous voulez mon avis, que les photos anciennes. Il faut donc se faire l’œil en courant les expos et surtout, mais je ne le répéterai jamais assez, céder au coup de cœur.

Pour 500 euros, ou même 3 000, on a le bonheur d’accrocher chez soi une photo qu’on ne se lasse pas d’admirer. Et dans quelques années, cerise sur le gâteau, on saura si en plus, c’était une bonne affaire!

Vente record pour… un livre

Lundi 31 janvier 2011

La vie offre régulièrement des coïncidences amusantes… Alors que je vous parlais dernièrement du plaisir de collectionner les livres anciens avec quelques beaux exemples à la clé, je tombais sur une info relatant la vente de ce qui est devenu le “livre le plus cher du monde“. Alors bien sûr, c’est à prendre avec distance car il s’agit d’une vente aux enchères (encore une…) et non d’une cession de gré à gré entre particuliers.

Mais quand même, nous avons là, avec ce très rare exemplaire de “Birds of America” d’Audubon, un livre exceptionnel au prix tout aussi exceptionnel de…7,3 millions de livres, soit près de 8,7 millions d’euros! Un montant  incroyable, pharamineux, pour un livre de connaisseurs, certes, mais dont Sotheby‘s a eu le flair de récupérer la vente. Livre qui détenait déjà le précédent record, à 7 millions de livres…

John James Audubon était un ornithologue et peintre franco-américain, réputé pour ses planches naturalistes. Cet ouvrage édité au 19ème siècle n’a été tiré qu’à cent exemplaires, dans un grand format, 90 cm sur 60 cm. Il réunit différentes planches d’oiseaux plus ou moins rares, avec par exemple des flamants et des cygnes.

Comme je vous le disais, quand on associe rareté et ancienneté du tirage à un ouvrage de qualité exceptionnel, on peut donc atteindre des sommets. Mais bien sûr, comme tout sommet il est difficile à grimper…

Vente aux enchères mode d’emploi

Mardi 11 janvier 2011

Je vous parlais dans mon dernier post de la  vente de voitures anciennes organisée par Artcurial début février. Et du coup, on me pose la question assez classique, “comment fait-on pour participer à une vente aux enchères publiques?“. Question basique pour les amateurs éclairés, familiers de l’Hôtel Drouot à Paris et de sa célèbre gazette, mais utile à traiter pour tous les autres. Les ventes aux enchères se développent en effet beaucoup en France et sont un bon moyen d’acquérir des objets ou des oeuvres d’art à des prix souvent intéressants. Encore faut-il être patient et bien informé.

Une vente commence avec un catalogue, consultable en ligne le plus souvent, ou alors dans les revues ou les sites spécialisés. On repère alors l’objet convoité, cette magnifique montre Patek Philippe par exemple. Mais il est toujours bon de se rendre ensuite dans la salle de ventes pour la période d’exposition et de constater de visu la qualité et les caractéristiques de l’objet. Ensuite, et là on entre dans le détail des spécificités des salles de vente, il faut s’inscrire si l’on souhaite enchérir. En effet, personne ne peut lever la main et espérer emporter un objet s’il n’est pas connu du personnel de la salle. Détail important également, surtout pour les premières enchères, il faut se fixer un prix maximum raisonnable pour ne pas se laisser emporter par son élan… Sachez que le commissaire-priseur peut retirer un objet de la vente si le prix de réserve fixé par le vendeur n’est pas atteint.

Pour le règlement, au prix de l’enchère, il faut ajouter les frais, environ 15% et payer tout de suite à la fin de la vente, il n’y a pas de délais de paiement. Enfin, vous achetez l’objet ou l’oeuvre en l’état, donc vous n’avez aucun recours en cas de défaut non repéré. Si la bouteille de Petrus 1982 achetée de haute lutte s’avère vide, vous pourrez toujours la ranger dans votre cave comme un trophée…