Rendez-vous incontournable des œnophiles, la foire aux vins du mois de septembre peut s’avérer très intéressante, pour peu qu’on sache lire… entre les linéaires. Grande distribution, boutiques en ligne ou cavistes traditionnels, tous vous invitent dans leur cellier, pour le meilleur et pour le pire. Comment réussir alors sa ”FAV” ? Et peut-être même en faire une opportunité d’investissement ?
A l’heure où les produits financiers font la moue, placer son argent dans le vin n’est sans doute pas une aberration, comme en témoigne cet article de la Tribune “Le vin meilleur placement que la bourse“.
Commencez par dévorer les revues spécialisées (la RVF, Gault & Millau…)- et les hebdos qui publient un numéro «Spécial foire aux vins» (le Point, le Figaro Magazine) afin de repérer vos proies : comme lors des soldes, les bonnes affaires sont prises d’assaut.
Présentez-vous (suis-je bien inspiré de partager cette astuce…?) la veille de l’ouverture officielle. La plupart du temps, les offres sont en place, les conseillers-cavistes aussi et vous avez tout l’espace nécessaire pour déambuler entre les œuvres exposées…
Faites preuve de bon sens : si tout un stock de 1997 refait surface dans les rayons, peut-être s’agit-il d’un invendu ? Et donc, d’un cru de qualité médiocre ? J’ai encore reçu récemment une offre de doubles magnums, millésimes 1992, 1993, 1997…presque un grand chelem des années 90 sur lesquelles il faut faire l’impasse.
Faites le tri : beaucoup de vins sont proposés, dont certains plus chers qu’à la propriété, même en incluant les frais de livraison. Si vous doutez de votre appréciation des prix, entrez votre référence de vin sur www.twenga.fr. Vous aurez une idée des tarifs pratiqués sur le web.
Préférez le Bordeaux (et le Rhône) au Bourgogne : les vrais grands Bourgogne, compte tenu de leur production réduite, sont peu présents dans les grandes enseignes.
Ne visez pas que les années d’exception, souvent surcotées (2009). Sachez investir dans de beaux millésimes injustement boudés, comme ce fut le cas avec le 2004. Les guides et critiques sont ici de précieux atouts pour s’y retrouver. Et ils sont foison. On y reviendra.
Mémorisez les grands noms et surtout leur second vin : le marché chinois commence à en être friand, ce qui a pour effet d’augmenter leur côte. Exemple : ‘Pavillon Rouge’ 2006 du Château Margaux, acheté 50 euros en 2009 ; aujourd’hui quasi introuvable en-dessous de 170 euros.
Sachez enfin que, d’une année sur l’autre, les meilleures affaires changent d’enseigne. Me reste à vous souhaiter une bonne FAV 2011. Et surtout, si vous avez d’autres conseils complémentaires aux miens, tirés de votre expérience, n’hésitez pas à les ajouter dans les commentaires de cette note, par exemple.
Pierre Suze
Pour prolonger : lire aussi quelques articles publiés sur BforBank, par exemple..;




