Archive pour le mot-clef ‘placement financier’

Investissement : le rendement est-il dans le pré ?

Jeudi 21 février 2013
Investir son argent dans les vaches

La vache, l'avenir de l'homme ?

Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France aimait à répéter Sully, ami et ministre d’Henri IV. Une maxime qui, quatre cents ans plus tard, paraît malheureusement obsolète. Pourtant…à bien y regarder, ces activités fondatrices ont peut-être encore un peu de lait à fournir. Les vaches, par exemple, s’avèrent être un bon placement extra-financier.

Placer son argent dans le pré : une vache à lait ?

C’est par l’intermédiaire de l’Association Française dInvestissement en Cheptel (AFIC) que l’investissement peut se faire. Sauf à vouloir devenir exploitant vous-même, vous n’aurez évidemment pas à vous occuper des bêtes : elles sont confiées à des éleveurs professionnels. Votre tâche se limitera donc, chaque année, à choisir entre la perception de vos gains et leur réinvestissement dans de nouvelles vaches. Le taux moyen de rentabilité –affiché- est de 4,2% par an (loyers encaissés – charges – frais de gestion de l’exploitant).

Fiscalement, vous serez soumis à l’impôt sur les bénéfices agricoles. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’amortir le prix d’achat des vaches et donc de créer un déficit les premières années, qui viendra en déduction de vos autres revenus ou de vos bénéfices agricoles des six années suivantes.

L’alternative à ce type d’investissement est le financement direct d’une vache pour le compte d’un éleveur. Dans ce cas précis, vous devenez propriétaire d’un animal bien réel à qui vous pouvez rendre visite. Vous êtes rémunéré en viande, lait foin ou autres produits de la ferme.

A consulter également – par les amateurs de viande uniquement – le site www.lafermedeberenice.com

Pierre Suze

Vins et spiritueux : l’Armagnac, nouvelle valeur refuge ?

Vendredi 26 octobre 2012

La célèbre maison Ryst Dupeyron, rue du Bac à Paris, où l'on peut notamment acheter le millésime d'armagnac de sa naissance

Décidément, rien ne semble échapper à la folie consumériste chinoise.  Si ce phénomène peut parfois inquiéter voire agacer, notamment quand il s’agit  de l’acquisition de notre cher patrimoine (cf le récent rachat du château de Gevrey-Chambertin), il faut bien reconnaître que, la plupart du temps, l’intérêt  grandissant de l’Empire du Milieu  pour nos produits ‘Made in France’, fait bien nos affaires (1).

Et ce ne sont pas nos amis gascons, producteurs d’Armagnac, qui diront le contraire : selon l’AFP,  les ventes d’armagnac en Chine ont fait un bond spectaculaire, faisant de ce pays le premier importateur de la célèbre eau-de-vie. Les exportations vers la Chine sont passées de 125 hectolitres d’alcool pur en 2010 à 935 hectolitres en 2011 et le phénomène continue de s’amplifier en 2012, selon les données fournies par le Bureau national interprofessionnel de l’Armagnac.

Cette augmentation s’explique notamment par une réduction de la consommation d’alcool de riz, par l’émergence d’une classe moyenne plus nombreuse et par l’image favorable de la gastronomie française.
Du coup, la célèbre loi de l’offre et de la demande joue ici à plein, faisant mécaniquement monter les prix.  Un bon placement en vue ? Le site boursier.com nous conforte dans cette idée en expliquant que si l’ensemble de la filière ‘vins et spiritueux’ a réalisé un très bon premier semestre en termes d’exportations, ce sont le Cognac et -surtout- l’Armagnac qui progressent le plus, affichant respectivement un chiffre d’affaires en hausse de +20% et +55%. Le nombre de caisses expédiées (24,5 millions) est, quant à lui, stable. CQFD.

L’Armagnac, c’est quoi ?

Une eau-de-vie de vin produite dans les départements français du Gers, des Landes et du Lot-et-Garonne.

Si certains Armagnacs sont millésimés, la plupart sont issus d’un assemblage. Lorsque c’est le cas, le label indique l’âge du vin le plus jeune dans l’assemblage : VS signifie que l’armagnac a passé au moins deux ans en barrique, VSOP et Réserve correspondent à 5 ans de vieillissement minimum,  XO, Vieille Réserve et Napoléon garantissent au moins 6 ans d’âge, quant au label hors d’âge, il correspond à dix ans ou plus de vieillissement.

Contrairement au vin, une fois dans son flacon, l’Armagnac n’évolue plus. L’oxygène avec lequel il peut être en contact n’a pas d’effet sur lui. Aussi, lorsqu’on parle de son âge, il est fait référence au temps passé en barrique. Evidemment, plus les armagnacs sont vieillis, plus ils sont complexes et intéressants, mais la qualité finale dépend bien sûr beaucoup du savoir-faire du producteur.

Une autre différence de taille avec le vin : les bouteilles doivent être conservées debout, pour éviter tout contact entre le précieux nectar et le bouchon.

Parmi les noms prestigieux de l’appellation, citons le château de Laubade et la maison Janneau, mais aussi Baron de Sigognac , du nom du célèbre héros du roman de Théophile Gauthier « le capitaine Fracasse », qui commence avec cette phrase enchanteresse : « Sur le revers d’une de ces collines décharnées qui bossuent les Landes, entre Dax et Mont-de-Marsan, s’élevait, sous le règne de Louis XIII, une de ces gentilhommières si communes en Gascogne, et que les villageois décorent du nom de château »… A cette époque, on produisait déjà de l’Armagnac.

Pierre Suze

En savoir plus : vous pouvez consulter les sites http://www.euvs.org/fr/collection/spirits/armagnac et http://www.armagnac.fr.

[MaJ 30 octobre 2012] : dimanche dernier l’émission Capital sur M6 consacrait tout un reportage sur l’aventure des Chinois du vignoble français. L’un de ces investisseurs planifiait par exemple d’acheter dans les années à venir “dix châteaux en France”, et que ses moyens le lui permettaient. L.D

Investir dans une propriété viticole : concrétiser le placement plaisir

Vendredi 19 octobre 2012

Etre propriétaire de quelques rangées de vignes, un rêve accessible (photo Pierre Suze)

Dans son roman « La robe prétexte », l’écrivain bordelais François Mauriac écrivait « qu’il est méprisable de s’adonner à tout autre commerce que celui du vin ». Sans débattre sur les vertus du commerce, il semble raisonnable d’affirmer que beaucoup d’amateurs de vin rêveraient d’être à la tête d’une propriété viticole et de vendre leur propre production. S’ils ne sont pas plus nombreux à franchir le pas, c’est parce que le ticket d’entrée, pour un vignoble, avoisine le million d’euros.

Voilà qui limite les candidatures à quelques VIP (Gérard Depardieu par exemple) ou fortunes internationales (cf : le rachat en août dernier d’un prestigieux vignoble par un homme d’affaires chinois).

Une alternative existe pourtant : les groupements fonciers viticoles (GFV).

Un GFV, en quoi ça consiste ?

Un GFV est une société civile spécifique à la viticulture (pour l’agriculture, on parle de GFA). L’idée, lorsque cette forme juridique a été créée, c’était de faciliter la transmission des exploitations familiales, en évitant notamment leur morcellement grâce à la création de parts. Aujourd’hui, le GFV permet en outre de constituer un groupement d’acquéreurs sur une même exploitation.

Vous devinez la suite : le GFV constitue donc l’investissement idéal pour les amateurs de vin que nous sommes, en alliant le plaisir de devenir propriétaire de quelques rangées de vigne, de diversifier ses actifs sur un produit qui résiste plutôt bien –du moins jusqu’à maintenant- aux crises financières et économiques et de bénéficier de réels avantages fiscaux.

Les avantages fiscaux d’un GFV

Si le loyer constitue une première source de revenus, les avantages fiscaux ne sont pas non plus dénués d’intérêt : l’acquisition de parts de GFV permet en effet une exonération partielle des droits de succession et de donation, égale à 75 % de la valeur des parts pour la fraction n’excédant pas 101 897 euros, et de 50 % au-delà. Pour bénéficier de cette exonération, le bénéficiaire devra néanmoins rester propriétaire des biens pendant 5 ans (rien de dramatique, donc : ce n’est pas plus long qu’un PEE). S’il s’agit d’une donation, le bénéfice de cette exonération est subordonné à une condition supplémentaire : que les parts soient détenues par le donateur depuis plus de 2 ans.

Notez aussi que les parts de GFV n’entrent que partiellement dans la base imposable de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) : la valeur des parts d’un groupement foncier viticole est en effet exonérée à hauteur de 75 % dans la limite de 101 897 € et à hauteur de 50 % au-delà de ce seuil.

Cet avantage s’applique après la deuxième année détention. Si vous êtes tout juste éligible à l’ISF, il y a peut-être matière à réflexion.

Le plaisir en plus

C’est à travers l’extrait d’une récente dépêche AFP que je vous propose de mesurer le plaisir que l’on peut avoir à faire partie d’un groupement foncier viticole :

« A château Réaut, les 427 actionnaires d’un groupement foncier agricole (GFA) qui occupe 46% de la surface du domaine possèdent chacun 165 pieds de vigne, soit au total 12 hectares. Après l’achat d’une part à 1.500 euros, ils recevront en retour 36 bouteilles par an.
“A 13 euros la bouteille, l’investissement est amorti en un peu plus de trois ans. (…)”, lance Philippe Mereau, un des douze acquéreurs en 2011 du domaine de château Réaut et créateur du GFA.(…) C’est quand même quelque-chose d’avoir chaque année 36 bouteilles étiquetées à son nom avec écrit ‘propriétaire de château Réaut’”, souligne-t-il.»

Pierre Suze

Pour aller plus loin : vous pouvez lire sur BforBank.com les articles

Vin élevé sous la mer : un intérêt véritable ? (suite)

Mercredi 11 juillet 2012

Le vin marin, plus fin, plus subtil ? Un meilleur placement ?

Le magazine en ligne Intothewine relayait, en juin dernier, les résultats d’une expérience menée par le  Château Larrivet Haut-Brion, relative à l’élevage du vin en mer (Cf : « l’élevage du vin en mer : dimension légendaire ou réalité scientifique ? »).

J’avais déjà évoqué, il y a quelques temps, une pratique qui consiste à immerger des bouteilles afin que leur contenu vieillisse tranquillement, bercé par le flux des marées (« Entre mer et montagne, la cave à vins idéale »).
Les tests menés par Bruno Lemoine, Directeur et vinificateur du Château Larrivet Haut-Brion, sont un peu différents, puisqu’il était question, en l’occurrence, de comparer le produit de deux barriques (Radoux) de 2009 ayant bénéficié d’un élevage prolongé de 6 mois : l’une dans les chais du Château et l’autre dans la zone d’étiage du bassin d’Arcachon.

Le verdict des experts

Voici ce que les experts ont constaté, après analyse et dégustation :

« Le millésime rouge 2009 issu de la barrique immergée présente un taux de sodium plus élevé dû à la pénétration d’eau de mer. Une donnée qui influence positivement la perception gustative. Le sodium gomme l’amertume et arrondit les tanins en fin de bouche, encore un peu trop astringents. La teneur en alcool est légèrement inférieure et la couleur est plus ambrée, une incidence supposée des ressacs de la mer

Le vin confié aux soins traditionnels du chai est d’une couleur plus stable et moins évoluée que celui de la barrique immergée. Ceci peut s’expliquer par une micro-oxygénation naturelle qu’il n’y a pas eu dans le vin immergé (absence totale d’oxygène). Gustativement, il se distingue par sa structure et sa fraîcheur avec des notes mentholées. »

Reste à savoir ce que ces différentes vinifications révéleront dans le temps. Quid, par exemple, de l’action du sodium sur le vin après 10 ou 15 ans de vieillissement ?

Influence sur le prix ?

L’autre question -qu’un investisseur peut légitimement se poser- attrait aux répercussions que ces procédés particuliers pourraient avoir sur le prix des bouteilles. Ce si elles venaient à être largement commercialisées. Et si les dits-procédés ne risquent pas, justement, de devenir un prétexte pour augmenter les tarifs ?

Ce n’est pas cette expérience d’élevage sous la mer en particulier qui me fait m’interroger, mais la multiplication de savoir-faire un peu « exotiques », dans différents domaines. Dont les bienfaits sont décrétés par ceux qui les mettent en œuvre, mais pas forcément perceptibles par le consommateur ou l’investisseur.

Je pense notamment à ces essais (relatés par Le Monde en 2005) menés par un viticulteur toscan, Giancarlo Cignozzi, qui avait sonorisé sa vigne à l’aide de dizaines d’enceintes acoustiques, au motif que le raisin gagnait en qualité sous l’influence de Mozart ou de Bach.

Ou, tout récemment encore, ces éleveurs bovins qui donnent à boire du vin rouge à leurs vaches parce que leur viande sera plus persillée, plus tendre…

On ne demande qu’à goûter !

Pierre Suze

NB : question en prolongement, avez-vous déjà investi dans des productions viticoles de ce type, et avec quelle expérience et quel bénéfice ? N’hésitez pas à partager dans les commentaires de cette note.

Diversifier ses placements : l’appel de la forêt

Vendredi 8 juin 2012

Elle est le théâtre d’une multitude de contes et de récits : un espace qui fascine autant qu’il effraie.

Elle, c’est la forêt. Une ressource précieuse qui peut aussi s’avérer être un placement judicieux.

Investir dans la forêt : une bonne idée de placement ?

Au-delà d’un simple élan romanesque, ce sont la rentabilité et la fiscalité attrayante des forêts qui pourraient vous inciter à acquérir quelques hectares :

  • tout d’abord, la production de bois – dont le cours augmente régulièrement eu égard à des besoins croissants dans les domaines de l’énergie et de la construction — constitue une source de revenu, certes mesurée, mais solide et pérenne (rappelons qu’en 2008, tandis que la Bourse s’effondrait, la valeur des forêts françaises augmentait, elle, de plus de 7 %).
  • ensuite, en cas de succession ou de donation, les droits sont calculés sur la base du quart de la valeur de la forêt. Une économie d’impôt qui peut s’avérer non négligeable, au final
  • les contribuables soumis à l’ISF peuvent quant à eux bénéficier d’une réduction d’impôt et, cerise sur le gâteau, les biens acquis n’entrent pas dans l’assiette servant au calcul de l’ISF.
  • enfin, le placement forestier donne droit à une réduction d’impôt sur le revenu, de 2 850 euros pour un couple

Qui peut investir dans une forêt ?

La forêt est plus un placement de bon père de famille que de trader fou.

Comme le souligne Jean-Bernard Litzler dans un article intitulé La Forêt, un placement robuste  (le Figaro Économie/octobre 2011), la forêt est :

« un investissement offrant une valorisation régulière, un régime fiscal alléchant, tout en étant déconnecté des marchés financiers […] Ces avantages ont de quoi séduire aujourd’hui, pour peu que l’on accepte de vivre au rythme de la nature. Le bois offre en effet des rendements faibles (généralement 2 à 3 % bruts, et 5 % au maximum) et s’envisage sur le long terme (vingt à trente ans). »

Il n’a donc pas directement pour objet de générer des plus-values. Une hypothèse qui reste néanmoins envisageable, si l’on en juge les récentes augmentations annuelles à deux chiffres du prix moyen de l’hectare.

Attention tout de même de ne pas foncer tête baissée : le coût des travaux et de l’entretien de la forêt a énormément augmenté ces derniers temps. Par ailleurs, tempêtes et maladies ne sont pas exclues.

Comment acheter une forêt ?

Soit vous achetez directement des parcelles de forêt soit vous acquérez des parts de groupement forestier. L’avantage de cette deuxième solution est que vous n’aurez pas à vous occuper personnellement de l’entretien.

Le prix d’achat est calculé à partir du prix du sol mais aussi de la densité et de la qualité de son “peuplement” c’est-à-dire de ses arbres.

La forêt en France métropolitaine

Selon l’Institut National de l’Information Géographique et Forestière, on entend par forêt

« tout territoire occupant une superficie d’au moins 50 ares avec des arbres capables d’atteindre une hauteur supérieure à 5 m à maturité in situ, un couvert arboré de plus de 10 % et une largeur moyenne d’au moins 20 mètres. »

L’IGN indique également qu’en France métropolitaine, la forêt occupe 28,6 % du territoire, soit une superficie est de 15,71 millions d’hectares.

La forêt privée y est majoritaire. Elle représente les trois quarts de la surface forestière métropolitaine, soit 12 millions d’hectares. Les forêts domaniales rassemblent 10 % de la surface forestière métropolitaine, le reste étant occupé par les autres forêts publiques, composées de forêts communales pour l’essentiel.

En Europe, la France figure parmi les pays qui ont le plus fort taux de propriété forestière privée, derrière le Portugal et la Finlande.

La part des forêts publiques a légèrement diminué depuis le siècle dernier, ce qui signifie que l’extension de la surface forestière est plus importante en terrain privé.

Pierre Suze

Diamants : un nouvel eldorado ?

Jeudi 12 avril 2012

Le diamant, un succès éternel

Selon l’AFP, citant une étude récente réalisée par Bain & Company pour l’Antwerp World Diamond Centre (AWDC), la demande mondiale de diamants devrait augmenter de plus de 6% par an jusqu’en 2020. Notamment grâce à l’intérêt croissant des indiens et des chinois pour ces pierres précieuses. La progression de l’offre n’étant, quant à elle, estimée qu’à +2,8% par an, les prix devraient mécaniquement flamber dans les années qui viennent.
Serait-ce une nouvelle piste de placement pour l’avenir ?

Il n’est pas question de se lancer à la légère, ce marché étant susceptible d’être fortement perturbé par des intérêts plus ou moins scrupuleux.

Sachez tout d’abord, comme le rappelle le site diamants-infos.com, que la valeur d’un diamant repose sur quatre principaux critères d’évaluation :

  1. la manière dont le diamant a été taillé (si le travail est bien fait, la pierre aura une brillance optimale) ;
  2. son poids (unité de mesure, le carat =0,2 gramme) ;
  3. sa pureté, autrement dit l’absence d’inclusions -ces défauts visibles à la loupe que les experts traquent;
  4. enfin sa teinte puisque, contrairement à une idée reçue, tous les diamants ne sont pas incolores.

D’autres caractéristiques doivent néanmoins être vérifiées au moment de l’achat, comme les proportions, la non-fluorescence et la finition du diamant.

Quelques précautions

Si vous n’êtes pas à l’aise pour évaluer le diamant qui vous est proposé, faites-vous aider par une personne de confiance, habituée à ce type de transactions.
Le certificat gemmologique vous permettra de connaître précisément les caractéristiques de la pierre précieuse, sans pour autant constituer une garantie de qualité. Quoiqu’il en soit, les débutants se tourneront de préférence vers des marchands ayant pignon sur rue, plus faciles à poursuivre en cas de litige.

Enfin, réclamez une facture : non seulement cela vous évitera bien des déconvenues tant fiscales que pénales, mais, surtout, vous serez assuré de ne pas contribuer indirectement à l’achat clandestin d’armes dans certains pays d’Afrique où la guerre fait rage. C’est cette pratique que dénonce l’excellent film « Blood Diamond », avec Leonardo di Caprio, sorti en 2007.

En février dernier, le groupe minier anglo-australien Rio Tinto avait annoncé la découverte en Australie, dans la région de Kimberley, d’une pierre d’exception : un diamant rose d’environ 13 carats, baptisé le “jubilé rose”, en référence au jubilé de diamant de la reine Elisabeth, chef d’Etat de l’Australie. Faut-il également y voir un clin d’oeil au célèbre film de Blake Edwards, la Panthère Rose ?

Quoi qu’il en soit, ce nouveau diamant devrait être mis en vente dans le courant de l’année… A suivre.

Pierre Suze

A lire : « Diamant, de la roche brute à la magie de la pierre taillée », chez Citadelles & Mazenod.

NB : quand une recherche sur Google “diamants” livre plus de 11 millions de pages de résultats, une requête “investir + diamants” ne donne elle que 283.000 résultats… Il y a sans doute encore de la marge pour que cet investissement sorte de son pré carré et de ses filières traditionnelles.

Automobiles de luxe : de bonnes occasions hors de France ?

Jeudi 23 février 2012

Une nouvelle illustration, s’il en fallait, que le luxe ne connaît pas la crise : la célèbre marque automobile Ferrari annonce une année 2011 record, selon l’AFP.

Le constructeur italien, sous le contrôle du groupe Fiat, a en effet publié  ses résultats annuels, affichant un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards d’euros, en hausse de 17,3%.

En volume, c’est près de 7.200 voitures qui ont été vendues l’an dernier !

Certes, la Chine pèse de tout son poids dans la balance, ayant importé à elle seule 500 voitures. Mais les ventes ont bondi sur tous les continents de la planète, ce qui montre qu’il ne s’agit pas d’une performance marginale mais bien d’une tendance de fond.

De là à dire qu’acheter une Ferrari constitue un bon placement et que sa revente éventuelle vous fera gagner de l’argent, il y a quand même un monde.

Néanmoins, ce phénomène ne manque pas d’intérêt pour les budgets inférieurs à 100.000 euros car la vente de véhicules neufs génère souvent des flux plus importants, ou du moins plus qualitatifs, sur le marché de l’occasion.

Et pour dénicher les meilleures affaires, il faut être en veille non seulement en France, mais aussi à l’international. Pour preuve, cette information croustillante – et à contre-courant -  révélée par le Corriere della Sera : les Italiens se débarrasseraient massivement de leurs voitures de luxe, ces temps-ci, poussés par la multiplication des contrôles fiscaux en Italie depuis le mois de janvier et par crainte d’attirer l’attention des autorités.

C’est peut-être le moment de naviguer sur les sites de vente de la péninsule. Comme autopatavium.it

Dans une prochaine note, je vous parlerai des formalités et du coût d’importation d’un véhicule d’occasion de l’étranger. Si vous trouvez votre bonheur d’ici là, buon viaggio !

A vos marques : le mobilier ancien n’a plus la cote

Mercredi 21 décembre 2011

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Le marché aux puces de Saint-Ouen, un haut lieu du commerce de meubles anciens (photo Pierre Suze)

À quelques jours seulement des fêtes d’année, et alors que tous les voyants sont au rouge sur nos comptes bancaires, voilà que je vous parle encore d’argent et de placements !

Cette fois, c’est à cause d’une brève parue ce week-end dans le supplément “Patrimoine” des Échos, spécial placements, qui m’a paru fort intéressante : “ Mobilier ancien : à saisir”. Isabelle Bresset, directeur associé du département mobilier et objets chez Artcurial y explique que ce marché subit « la concurrence du mobilier du XXe siècle : mobilier d’architecte, design”. À titre d’exemple, le quotidien relève que “l’on peut acquérir un ravissant fauteuil d’époque Directoire en bois laqué blanc pour 450 euros“.

Pour ce prix-là, il faut l’avouer, on n’a plus grand-chose aujourd’hui. Sauf peut-être du côté des meubles à monter mais, abstraction faite de l’immense plaisir que leur assemblage procure, ils tiennent difficilement la comparaison au plan esthétique.

Avant de se lancer, les néophytes devront cependant s’initier quelque peu, notamment en feuilletant les titres spécialisés, comme La Gazette Drouot ou Le Journal des arts.

Pour apprendre à distinguer le vrai du faux , reconnaître le mobilier rare et estimer un bien à sa juste valeur, il faut faire les antiquaires le dimanche (ce sont vos enfants qui vont être contents !) et fréquenter les salles des ventes. À parcourir également, les pages du site antiquites-catalogue.com qui regorgent de conseils et d’informations sur l’actualité du marché.

Évidemment, la plus-value à la revente n’est pas pour demain. Mais il y a fort à parier que ‘l’ancien’ bénéficiera d’un retour en grâce d’ici quelques lustres, une fois les meubles design de la 2e moitié du XXe siècle déclinés et copiés à outrance.

Mon conseil : essayez d’obtenir le remboursement du énième pull à col roulé que vous allez recevoir à Noël pour vous offrir à la place le “guide des meubles et des styles”, de Françoise Deflassieux (chez Solar). Il constitue une base solide pour votre quête future d’un meuble d’époque.  Joyeux noël.

Pierre Suze

Les vins chinois, un bon placement ?

Jeudi 15 décembre 2011

Le vin chinois s'invite sur les plus grandes tables

Alors que je recherchais tranquillement sur YouTube des vidéos du concert d’INXS livré dimanche dernier au Bataclan (j’y étais : ils ont encore du jus, beaucoup de talent, et le chanteur qui remplace le regretté Michael Hutchence ne manque pas de charisme lui non plus), je reçois une dépêche intitulée “des vins chinois devancent des Bordeaux“. Hasards de la vie et du web…

Amoureux que je suis de la France et de son savoir-faire dans bien des domaines – sans pour autant céder à un chauvinisme aveugle et d’ailleurs exaspérant – j’ai immédiatement cliqué pour me rendre compte de l’étendue des dégâts : “A l’issue d’une dégustation à l’aveugle de cinq vins chinois et de cinq vins de Bordeaux à Pékin, dix experts chinois et français ont attribué les meilleures notes à des bouteilles chinoises“.

Les vins de l’empire du Milieu raflent donc les 4 premières places tandis que la France se hisse péniblement en 5ème position. Je ne commenterai pas les résultats de ce concours, même si une phrase de la dépêche me donne à penser que le prix des bouteilles compte pour beaucoup dans ce classement. Je cite : “les bouteilles françaises sont toutefois pénalisées par une forte taxe d’importation de 48%, a expliqué à l’AFP l’un des organisateurs de la dégustation“. Cela voudrait donc dire que, comme pour la désignation du meilleur vin du monde, c’est d’un rapport qualité/prix dont il s’agit. Me voilà rassuré.

La Chine pas néophyte

Toutefois, il faut rendre à Zhang Qiunan¹ ce qui appartient à Zhang Qiunan. La Chine est loin d’être néophyte dans la vitiviniculture. Avec 2.000 ans de pratique, elle peut même être considérée comme experte en la matière. Et si le résultat de ce concours est peut-être discutable, une chose est sûre : les vins chinois se hissent au sommet (sans quoi, il n’y aurait pas eu de concours du tout !). Parfois avec l’aide des français d’ailleurs qui voient dans certains terroirs de véritables pépites. Voilà donc une idée de placement potentiel à suivre de près. Allez, je vais m’ouvrir une petite bouteille d’Issan² pour me remettre de toutes ces émotions.

Pierre Suze

¹ c’est ce général d’empire qui aurait introduit la vigne en Chine

² Grand cru classé de Margaux



Voiture de collection : l’heure des choix

Mercredi 26 octobre 2011

voiture-collection-choisirChaque fois que je fais part à mon garagiste de la découverte d’une nouvelle flaque visqueuse à l’endroit où je stationne ma voiture, il me répond : «une Jaguar qui ne fuit pas, c’est une Jaguar qui n’a plus d’huile». J’admire sa décontraction, que je m’explique aussi par le fait que c’est lui qui présente les factures et moi qui m’en acquitte (sans même bouger un cil, flegme britannique oblige).

Je me félicite néanmoins d’avoir su dénicher une old lady somme toute très fiable : pas de mystère là-dedans, il faut juste inspecter scrupuleusement une voiture avant de l’acheter. Voici quelques conseils de bon sens pour ceux qui  souhaitent posséder une voiture de collection.

Les indices sur sa santé réelle sont nombreux :

  • des traces de peinture sur les plastiques extérieurs ou un mauvais alignement des portières signent souvent l’intervention d’un carrossier ;
  • une usure irrégulière des pneus révèle, 9 fois sur 10, un défaut dans le parallélisme des roues ;
  • une huile moteur très noire indique à coup sûr un entretien approximatif ;
  • une fumée d’échappement bleue, c’est que la voiture consomme de l’huile ;
  • une fumée noire, la combustion n’est pas bonne ;
  • une fumée blanche (à chaud), il y a de l’eau dans les gaz…

Quelques gestes simples pour en savoir plus :

  • retirez le bouchon de remplissage d’huile lorsque le moteur tourne, pour tester son taux de compression. S’il s’étouffe rapidement, c’est bon signe. Attention, si vous apercevez une sorte de mayonnaise sur ce bouchon, cela veut dire que le joint de culasse est mort.
  • Sur la carrosserie, traquez les zones de masticage, à l’aide d’un aimant.
  • N’hésitez pas à soulever les tapis pour vérifier les planchers : une simple fuite de radiateur de chauffage peut les corroder en quelques mois.
  • Et surtout, essayez la voiture sur une voie dégagée afin de vous rendre compte de son comportement : lâchez le volant, freinez fort, écoutez les bruits de boîte…(pas tout à la fois !)

Bref, montrez-vous exigeant.

Christophe, un collectionneur averti, m’a confié cette semaine qu’il réussissait ses achats, parce qu’il ‘potassait’ en amont les caractéristiques du modèle convoité. « Ça permet d’aller directement aux faiblesses répertoriées pour chaque auto : sur une DS, la suspension hydropneumatique est fréquemment inopérante ; sur une Coccinelle, les longerons sont souvent dégradés par le système de chauffage qui les traverse ; sur une Alpine 110 ou 1300, le châssis-poutre est souvent attaqué… ».

S’il est vrai que la Revue Technique Automobile pourrait vite devenir votre livre de chevet, sachez néanmoins qu’on trouve sur le marché des voitures saines et que (je le redis) l’automobile de collection peut s’avérer être un placement juteux.

Pierre Suze

Copytights : _guu_ sur Flickr