Elle est le théâtre d’une multitude de contes et de récits : un espace qui fascine autant qu’il effraie.
Elle, c’est la forêt. Une ressource précieuse qui peut aussi s’avérer être un placement judicieux.
Investir dans la forêt : une bonne idée de placement ?
Au-delà d’un simple élan romanesque, ce sont la rentabilité et la fiscalité attrayante des forêts qui pourraient vous inciter à acquérir quelques hectares :
- tout d’abord, la production de bois – dont le cours augmente régulièrement eu égard à des besoins croissants dans les domaines de l’énergie et de la construction — constitue une source de revenu, certes mesurée, mais solide et pérenne (rappelons qu’en 2008, tandis que la Bourse s’effondrait, la valeur des forêts françaises augmentait, elle, de plus de 7 %).
- ensuite, en cas de succession ou de donation, les droits sont calculés sur la base du quart de la valeur de la forêt. Une économie d’impôt qui peut s’avérer non négligeable, au final
- les contribuables soumis à l’ISF peuvent quant à eux bénéficier d’une réduction d’impôt et, cerise sur le gâteau, les biens acquis n’entrent pas dans l’assiette servant au calcul de l’ISF.
- enfin, le placement forestier donne droit à une réduction d’impôt sur le revenu, de 2 850 euros pour un couple
Qui peut investir dans une forêt ?
La forêt est plus un placement de bon père de famille que de trader fou.
Comme le souligne Jean-Bernard Litzler dans un article intitulé La Forêt, un placement robuste (le Figaro Économie/octobre 2011), la forêt est :
« un investissement offrant une valorisation régulière, un régime fiscal alléchant, tout en étant déconnecté des marchés financiers […] Ces avantages ont de quoi séduire aujourd’hui, pour peu que l’on accepte de vivre au rythme de la nature. Le bois offre en effet des rendements faibles (généralement 2 à 3 % bruts, et 5 % au maximum) et s’envisage sur le long terme (vingt à trente ans). »
Il n’a donc pas directement pour objet de générer des plus-values. Une hypothèse qui reste néanmoins envisageable, si l’on en juge les récentes augmentations annuelles à deux chiffres du prix moyen de l’hectare.
Attention tout de même de ne pas foncer tête baissée : le coût des travaux et de l’entretien de la forêt a énormément augmenté ces derniers temps. Par ailleurs, tempêtes et maladies ne sont pas exclues.
Comment acheter une forêt ?
Soit vous achetez directement des parcelles de forêt soit vous acquérez des parts de groupement forestier. L’avantage de cette deuxième solution est que vous n’aurez pas à vous occuper personnellement de l’entretien.
Le prix d’achat est calculé à partir du prix du sol mais aussi de la densité et de la qualité de son “peuplement” c’est-à-dire de ses arbres.
La forêt en France métropolitaine
Selon l’Institut National de l’Information Géographique et Forestière, on entend par forêt
« tout territoire occupant une superficie d’au moins 50 ares avec des arbres capables d’atteindre une hauteur supérieure à 5 m à maturité in situ, un couvert arboré de plus de 10 % et une largeur moyenne d’au moins 20 mètres. »
L’IGN indique également qu’en France métropolitaine, la forêt occupe 28,6 % du territoire, soit une superficie est de 15,71 millions d’hectares.
La forêt privée y est majoritaire. Elle représente les trois quarts de la surface forestière métropolitaine, soit 12 millions d’hectares. Les forêts domaniales rassemblent 10 % de la surface forestière métropolitaine, le reste étant occupé par les autres forêts publiques, composées de forêts communales pour l’essentiel.
En Europe, la France figure parmi les pays qui ont le plus fort taux de propriété forestière privée, derrière le Portugal et la Finlande.
La part des forêts publiques a légèrement diminué depuis le siècle dernier, ce qui signifie que l’extension de la surface forestière est plus importante en terrain privé.
Pierre Suze















