Archive pour le mot-clef ‘grands crus’

Alain Delon vend ses grands crus

Mercredi 9 novembre 2011


ventes_aux_encheres_alain_delon_vend_grand_vin

A l'occasion de la vente aux enchères, de très grands crus seront en vente / @Photo Pierre Suze

Le 26 novembre prochain aura lieu une vente en enchères assez exceptionnelle : difficile de dire qui du vendeur (Alain Delon), du commissaire-priseur (Pierre Cornette de Saint Cyr), des lots (une liste de grands crus qui laissent songeur) ou du cadre de la vente (le Fouquet’s) a la plus grande renommée à l’échelle internationale.

Toujours est-il qu’il y a matière à faire de bons placements , à en juger par la liste des flacons présentés : Latour (de 1935 à 2006), Lafite (de 1928 à 2007), Haut-Brion et La Mission-Haut-Brion, Mouton-Rothschild (de 1936 à 2007), Cheval Blanc, Petrus… et bien d’autres. La vente est estimée aux alentours de 100 000 euros. Le catalogue sera disponible en milieu de semaine prochaine (voir le site de la maison de vente Cornette de Saint Cyr ; le jour J, c’est Arnaud qui tiendra le marteau).

Pour beaucoup, ces bouteilles ont vu leur valeur quadrupler entre 2000 et aujourd’hui . Peu de placements financiers offrent de telles plus-values. Et s’il est vrai que nous traversons ces temps-ci une légère dépression dans la cote des grands Bordeaux – lire l’article d’Angélique de Lencquesaing, dans la RVF du mois de novembre, intitulé « Bordeaux, l’accalmie », dans lequel cette spécialiste des enchères nous explique que ‘les prix des grands Bordeaux s’assagissent en raison notamment de ‘l’état des marchés financiers et des incertitudes qui pèsent sur l’avenir monétaire et économique de notre pays’- il y a fort à parier, néanmoins, que leur cours repartira à la hausse d’ici quelques mois.

Les ventes aux enchères, pour quoi faire ?

Le principal intérêt d’une vente de vin aux enchères ? C’est la possibilité de trouver de vieux millésimes ; des bouteilles d’exception qui ne circulent plus depuis longtemps (ou qui n’ont jamais circulé) chez les revendeurs professionnels. Lorsque le célèbre restaurant parisien « la Tour d’argent » s’était séparé de 18 000 flacons en 2009, c’est tout un patrimoine, chargé d’histoire, qui avait été mis en vente : songez que certaines pièces ont été sauvées des Nazis durant la Seconde Guerre mondiale par Claude Terrail, le propriétaire de l’époque, qui mura en toute hâte une partie de sa cave la nuit du 14 juin 1940 (une formidable anecdote, très bien racontée dans « la guerre et le vin », un livre de Don et Petie Kladstrup sur la façon dont les vignerons français ont sauvé leurs trésors des nazis)

Dans le cas de la vente du 26, l’anecdote, c’est que les bouteilles ont appartenu à Zorro (oui, Alain Delon a joué le rôle de Zorro), à Guillaume ou Julien de Saint-Preux (la Tulipe noire)…bref, à une multitude de héros !

Toutefois, avant de vous lancer, veillez à respecter quelques règles de base, notamment celle qui consiste à se fixer un plafond (tenez compte de l’estimation qui est un indicateur ‘raisonnable’). Peut-être est-ce l’occasion également de se familiariser avec le jargon propre à ce métier en consultant le lexique de Drouot.

Enfin, ayez à l’esprit qu’en plus du prix, vous serez amené à payer différents frais : commission, frais de salle, frais de livraison… (de 9 à 20 % du prix d’adjudication, dégressif en fonction de l’enchère).

Pierre Suze

Un placement, le vin?

Lundi 11 octobre 2010

En 1998, doté d’un chèque assez sympathique et plein de bonnes résolutions, je me décidais à acheter des grands crus en primeur, une bonne affaire financière semble-t-il évidente, qui m’avait été vantée par quelques amis bien informés. Quand on achète en primeurs, on avance l’argent mais on bénéficie d’un prix plus attractif qu’à la sortie du millésime. J’adore le vin et je me disais pourquoi ne pas joindre le plaisir à un bon placement ? J’étais alors encore un peu naïf, mais je tenais aussi à me rassurer sur le montant de l’investissement…

Car, pour être sûr de réussir l’opération me disait mon ami Christian, il fallait investir sur des grands crus de Bordeaux, soumis à spéculation, qui prendraient donc forcément de la valeur dans les années à venir… Fort de ce bon conseil, j’achetais donc quelques caisses de Cheval Blanc, célèbre premier cru de Saint-Emilion, et de Château-Latour autre premier cru d’exception, année 2000 (un grand millésime reconnu par tous les spécialistes) chez un courtier en ligne, millesima. Le prix de l’époque était pour moi prohibitif, autour de 120 à 130 € (en francs de l’époque). Je me persuadais que tout cela serait revendu cinq ans après avec une forte plus-value bien sûr…

Et bien, hier, j’ai fait un tour dans ma cave et les caisses de Cheval Blanc et de Château Latour 2000 y figurent toujours en bonne place et intactes… J’aurais sans doute dû les revendre (pour mémoire le Cheval Blanc 2005 s’est vendu en primeur 550 € la bouteille…) Mais j’ai décidé de les conserver et de les boire avec quelques amis choisis qui sauront l’apprécier. Quel plaisir non ?