Archive pour le mot-clef ‘Cornette de Saint Cyr’

Alain Delon vend ses montres

Vendredi 9 mars 2012

100 montres de luxe au catalogue de la maison de vente Cornette de Saint Cyr

Et de trois ! Après sa collection d’art contemporain et sa cave, Alain Delon met aux enchères ses montres. La vente aura lieu le 5 avril prochain ; elle sera conduite par la maison Cornette de Saint Cyr (on ne change pas une équipe qui gagne : pour mémoire, la vente de sa cave avait rapporté à Delon plus de 250.000 euros, soit plus de 2,5 fois les estimations) à l’hôtel Salomon de Rothschild.
100 montres, parmi les marques les plus prestigieuses -Audemars-Piguet, Blancpain, Cartier, Vacheron Constantin, Rolex- figurent au catalogue.
Cette collection étant préalablement exposée à Hong Kong, il faudra sans doute se mettre en compétition avec des enchérisseurs chinois, chez lesquels Delon est très populaire, pour acquérir un ou plusieurs lots. Cela pourrait être le cas notamment avec la « Royal Oak » Audemars-Piguet qui a fait sa star au poignet de l’acteur dans plusieurs films.
Si vous loupez le coche, sachez que les ‘occasions’ ne manquent pas, le marché étant bien fourni. Il ne faut pas, néanmoins, se lancer à la légère : nous avions évoqué dans une précédente note les critères qui pesaient le plus sur la cote des montres.
Au-delà de cet aspect, quelques précautions supplémentaires sont à prendre au moment de l’achat :
- évitez notamment d’acheter une montre qui ne fonctionne pas du tout. Sa remise en route pourrait vous coûter très cher. Et il n’est pas exclu qu’elle soit tout simplement irréparable.
- choisissez de préférence une montre vendue avec son certificat d’authenticité, sa garantie initiale, le boitier d’origine…bref, tout ce qui contribue à prouver sa provenance. En outre, une revente éventuelle n’en sera que plus aisée.
- vérifiez l’état général de la montre (rayures, salissures, usure). En principe, ça en dit long sur son entretien
- testez le remontoir et le mouvement du rotor (s’il s’agit d’une automatique)
- mais surtout, privilégiez les transactions avec un revendeur professionnel si vous ne vous sentez pas parfaitement à l’aise pour jauger l’état général de la montre : elle sera sûrement un peu plus chère qu’entre particuliers, mais bénéficiera généralement en contrepartie d’une révision, d’un nettoyage et d’un polissage. Le cas échéant, l’étanchéité sera refaite et l’authenticité vérifiée.
Si vous préférez traiter directement avec un particulier, gardez à l’esprit qu’une contrefaçon n’est pas nécessairement une copie ‘bas de gamme’. Elle peut comporter des matériaux nobles.

 Pierre Suze

 Pour en savoir plus sur les montres qui ont un rôle au cinéma, cliquez ici

Le “marché” juteux des tirages photographiques

Mercredi 16 novembre 2011

The Pond Moonlight (1906), d'Edward Steichen, l'une des dix photos les plus chères du Monde

4,3 millions de dollars, c’est le prix record qu’a atteint une photo d’Andreas Gursky (Rhein II, 1999) lors d’une vente aux enchères chez Christie’s, à New York, le 8 novembre dernier.

Une somme étourdissante, qui  ne constitue pourtant pas un événement isolé. Régulièrement, des photos d’art dépassent le million, comme «The Pond-Moonlight» (1904) du génial Edward Steichen* vendue 2,9 millions de dollars en 2006.

Pourtant, il aura fallu attendre la fin des années 60 pour que se développe un « marché » des tirages photographiques (cf l’article de Nathalie Moureau et Dominique Sagot-Duvauroux intitulé « la construction du marché des tirages photographiques » paru en septembre 2008 dans la revue semestrielle ‘Etudes photographiques’).

Dès lors, les galeries et les foires d’art contemporain dédiées au 8ème art se multiplient. En France, la galerie Agathe Gaillard, qui ouvre ses portes dans le quartier du Marais à Paris, fait office de pionnière. Selon les propres mots de sa créatrice « l’idée était de créer (…) quelque chose de spécifique, adaptée à un art nouveau et une manière de collectionner nouvelle ».

Aujourd’hui, la reconnaissance de la photographie d’art comme œuvre à part entière –justifiant donc l’existence de transactions à 6 zéros- ne semble plus remise en cause. En témoigne le succès grandissant de Paris Photo, un salon d’art dédié à la photographie devenu en une quinzaine d’années LE rendez-vous international incontournable de la photo (si vous ne connaissiez pas, il faudra patienter un an, c’était le week-end dernier…). En témoigne aussi la fréquentation grandissante des expos photos (en ce moment, Diane Arbus, au Jeu de Paume, c’est ‘the exhibition to be’).

La photo, un placement juteux ?

Oui, à n’en pas douter. Encore faut-il, comme pour toute forme d’art, distinguer l’œuvre de l’imposture. Un exercice qui peut paraitre difficile de prime abord, mais qui n’est pas insurmontable : si le marché des tirages photos a pris son essor il y a une quarantaine d’années, c’est précisément parce que des critères officiels de qualité ont été établis à cette époque, puis affinés par la suite. La notion d’originalité a notamment été définie : unicité, authenticité, innovation.

Par ailleurs, des règles de classification des images en fonction de leur degré de rareté ont été instaurées (la photo étant théoriquement multipliable indéfiniment). On distingue ainsi le tirage « vintage », contemporain à la prise de vue et exécuté par le photographe ou du moins sous son contrôle, du tirage original, fait à partir du négatif d’origine par le photographe mais postérieurement. Viennent ensuite le retirage, effectué après la mort de l’auteur à partir du négatif original, et le contretype, obtenu à partir d’une épreuve photographique re-photographiée.

Sont également prises en compte dans l’estimation d’une photo : la destination du tirage (épreuve de lecture, tirage définitif…), la signature de l’auteur et la numérotation.

Après, c’est une petite dose de flair qui fera la différence. Réagissant (positivement) à la vente record de chez Christie’s, Pierre Cornette de Saint Cyr confiait cette semaine sur le site Atlantico.fr : «j’ai acheté au début des rayogrammes de Man Ray à cent euros, certains ont trouvé preneur à un million !»

Pierre Suze

* Steichen est connu notamment  pour avoir créé The Family of Man en 1953, une grande exposition au Musée d’Art Moderne de New York, présentant plus de 500 photos de 273 photographes.

Alain Delon vend ses grands crus

Mercredi 9 novembre 2011


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A l'occasion de la vente aux enchères, de très grands crus seront en vente / @Photo Pierre Suze

Le 26 novembre prochain aura lieu une vente en enchères assez exceptionnelle : difficile de dire qui du vendeur (Alain Delon), du commissaire-priseur (Pierre Cornette de Saint Cyr), des lots (une liste de grands crus qui laissent songeur) ou du cadre de la vente (le Fouquet’s) a la plus grande renommée à l’échelle internationale.

Toujours est-il qu’il y a matière à faire de bons placements , à en juger par la liste des flacons présentés : Latour (de 1935 à 2006), Lafite (de 1928 à 2007), Haut-Brion et La Mission-Haut-Brion, Mouton-Rothschild (de 1936 à 2007), Cheval Blanc, Petrus… et bien d’autres. La vente est estimée aux alentours de 100 000 euros. Le catalogue sera disponible en milieu de semaine prochaine (voir le site de la maison de vente Cornette de Saint Cyr ; le jour J, c’est Arnaud qui tiendra le marteau).

Pour beaucoup, ces bouteilles ont vu leur valeur quadrupler entre 2000 et aujourd’hui . Peu de placements financiers offrent de telles plus-values. Et s’il est vrai que nous traversons ces temps-ci une légère dépression dans la cote des grands Bordeaux – lire l’article d’Angélique de Lencquesaing, dans la RVF du mois de novembre, intitulé « Bordeaux, l’accalmie », dans lequel cette spécialiste des enchères nous explique que ‘les prix des grands Bordeaux s’assagissent en raison notamment de ‘l’état des marchés financiers et des incertitudes qui pèsent sur l’avenir monétaire et économique de notre pays’- il y a fort à parier, néanmoins, que leur cours repartira à la hausse d’ici quelques mois.

Les ventes aux enchères, pour quoi faire ?

Le principal intérêt d’une vente de vin aux enchères ? C’est la possibilité de trouver de vieux millésimes ; des bouteilles d’exception qui ne circulent plus depuis longtemps (ou qui n’ont jamais circulé) chez les revendeurs professionnels. Lorsque le célèbre restaurant parisien « la Tour d’argent » s’était séparé de 18 000 flacons en 2009, c’est tout un patrimoine, chargé d’histoire, qui avait été mis en vente : songez que certaines pièces ont été sauvées des Nazis durant la Seconde Guerre mondiale par Claude Terrail, le propriétaire de l’époque, qui mura en toute hâte une partie de sa cave la nuit du 14 juin 1940 (une formidable anecdote, très bien racontée dans « la guerre et le vin », un livre de Don et Petie Kladstrup sur la façon dont les vignerons français ont sauvé leurs trésors des nazis)

Dans le cas de la vente du 26, l’anecdote, c’est que les bouteilles ont appartenu à Zorro (oui, Alain Delon a joué le rôle de Zorro), à Guillaume ou Julien de Saint-Preux (la Tulipe noire)…bref, à une multitude de héros !

Toutefois, avant de vous lancer, veillez à respecter quelques règles de base, notamment celle qui consiste à se fixer un plafond (tenez compte de l’estimation qui est un indicateur ‘raisonnable’). Peut-être est-ce l’occasion également de se familiariser avec le jargon propre à ce métier en consultant le lexique de Drouot.

Enfin, ayez à l’esprit qu’en plus du prix, vous serez amené à payer différents frais : commission, frais de salle, frais de livraison… (de 9 à 20 % du prix d’adjudication, dégressif en fonction de l’enchère).

Pierre Suze