Archive pour le mot-clef ‘Christie’s’

Belles montres : un marché qui ne connaît pas la crise

Vendredi 25 novembre 2011

montre_luxe_investissementAujourd’hui et jusqu’au 27 novembre a lieu, au Carrousel du Louvre, la 5e édition du salon « Belles Montres », le rendez-vous parisien des passionnés de l’horlogerie de prestige.

Est-ce bien le moment d’envisager ce type de dépenses, me direz-vous ? Eh bien oui, car s’il y a un secteur qui ne connaît pas la crise, c’est bien celui-là. Moins volatil que la Bourse, plus facile d’entretien que l’immobilier, le marché des montres de prestige affiche une insolente bonne santé. Comme en témoigne Auriel Bacs, directeur du département montres de Christie’s, dans la revue Montres :

«dû à l’instabilité des marchés financiers, nous observons que de plus en plus d’amateurs préfèrent investir quelques milliers d’euros ‘dans leur poignet’ au lieu d’un produit financier complexe […]. Vendant chaque année chez Christie’s quelques 2 500 montres de collection pour environ 100 millions de dollars, nous constatons que les plus belles montres augmentent de façon impressionnante en valeur ».

Dans le Figaro Magazine du week-end dernier, Fabienne Reybaud ouvre son « spécial horlogerie » de la manière suivante : « une industrie tellement débordée qu’elle n’arrive plus à livrer ».

Oui, il y a un véritable engouement pour les montres de prestige. Pour autant, avant de se lancer, il faut apprendre à lire entre les aiguilles. L’entrée du salon étant à 10 euros, je ne peux que vous engager à venir y faire un tour. N’hésitez pas non plus à naviguer un peu sur www.horlogerie-suisse.com ou sur www.hautehorlogerie.org afin de vous rôder aux ‘mécanismes ‘ de l’horlogerie. Et je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour faire le point sur les valeurs sûres de l’édition 2011.

Pierre Suze
Copyrights : Grufnik sur Flickr

Le “marché” juteux des tirages photographiques

Mercredi 16 novembre 2011

The Pond Moonlight (1906), d'Edward Steichen, l'une des dix photos les plus chères du Monde

4,3 millions de dollars, c’est le prix record qu’a atteint une photo d’Andreas Gursky (Rhein II, 1999) lors d’une vente aux enchères chez Christie’s, à New York, le 8 novembre dernier.

Une somme étourdissante, qui  ne constitue pourtant pas un événement isolé. Régulièrement, des photos d’art dépassent le million, comme «The Pond-Moonlight» (1904) du génial Edward Steichen* vendue 2,9 millions de dollars en 2006.

Pourtant, il aura fallu attendre la fin des années 60 pour que se développe un « marché » des tirages photographiques (cf l’article de Nathalie Moureau et Dominique Sagot-Duvauroux intitulé « la construction du marché des tirages photographiques » paru en septembre 2008 dans la revue semestrielle ‘Etudes photographiques’).

Dès lors, les galeries et les foires d’art contemporain dédiées au 8ème art se multiplient. En France, la galerie Agathe Gaillard, qui ouvre ses portes dans le quartier du Marais à Paris, fait office de pionnière. Selon les propres mots de sa créatrice « l’idée était de créer (…) quelque chose de spécifique, adaptée à un art nouveau et une manière de collectionner nouvelle ».

Aujourd’hui, la reconnaissance de la photographie d’art comme œuvre à part entière –justifiant donc l’existence de transactions à 6 zéros- ne semble plus remise en cause. En témoigne le succès grandissant de Paris Photo, un salon d’art dédié à la photographie devenu en une quinzaine d’années LE rendez-vous international incontournable de la photo (si vous ne connaissiez pas, il faudra patienter un an, c’était le week-end dernier…). En témoigne aussi la fréquentation grandissante des expos photos (en ce moment, Diane Arbus, au Jeu de Paume, c’est ‘the exhibition to be’).

La photo, un placement juteux ?

Oui, à n’en pas douter. Encore faut-il, comme pour toute forme d’art, distinguer l’œuvre de l’imposture. Un exercice qui peut paraitre difficile de prime abord, mais qui n’est pas insurmontable : si le marché des tirages photos a pris son essor il y a une quarantaine d’années, c’est précisément parce que des critères officiels de qualité ont été établis à cette époque, puis affinés par la suite. La notion d’originalité a notamment été définie : unicité, authenticité, innovation.

Par ailleurs, des règles de classification des images en fonction de leur degré de rareté ont été instaurées (la photo étant théoriquement multipliable indéfiniment). On distingue ainsi le tirage « vintage », contemporain à la prise de vue et exécuté par le photographe ou du moins sous son contrôle, du tirage original, fait à partir du négatif d’origine par le photographe mais postérieurement. Viennent ensuite le retirage, effectué après la mort de l’auteur à partir du négatif original, et le contretype, obtenu à partir d’une épreuve photographique re-photographiée.

Sont également prises en compte dans l’estimation d’une photo : la destination du tirage (épreuve de lecture, tirage définitif…), la signature de l’auteur et la numérotation.

Après, c’est une petite dose de flair qui fera la différence. Réagissant (positivement) à la vente record de chez Christie’s, Pierre Cornette de Saint Cyr confiait cette semaine sur le site Atlantico.fr : «j’ai acheté au début des rayogrammes de Man Ray à cent euros, certains ont trouvé preneur à un million !»

Pierre Suze

* Steichen est connu notamment  pour avoir créé The Family of Man en 1953, une grande exposition au Musée d’Art Moderne de New York, présentant plus de 500 photos de 273 photographes.

Un record pour la vente Avedon

Lundi 22 novembre 2010

Je vous avais promis de poursuivre sur le thème de la photo, ce mois de novembre regorge en effet d’expos et de ventes. Le Salon de la Photo a battu des records d’affluence, mais le plus spectaculaire fut le résultat de la vente Avedon chez Christie’s, dont je vous ai parlé la semaine dernière. Je me doutais un peu que ce serait l’un des sommets des ventes, et bien, je n’ai pas été déçu. La vente Avedon a rapporté plus de 5,4 millions d’euros, un record pour ce photographe, spécialiste de la mode et du portrait.

L’un de ses portraits justement, célèbre, du mannequin Dovima en robe de soirée Dior, shootée entre deux éléphants, a été adjugé 840 000 euros, un record absolu pour l’artiste. L’estimation s’était faite entre 400 000 et 600 000 euros… Une très bonne affaire donc pour son vendeur, qui a vu la cote d’Avedon bondir en cinq ans.

Un montage de quatre portraits psychédéliques des Beatles, estimé lui entre 250 000 et 350 000 euros, a été adjugé à 445 000 euros. Deuxième record mondial pour Avedon. Ceux qui avaient acheté ces clichés il y a quinze ans, quand ils valaient beaucoup moins cher, ont connu deux plaisirs : exposer de très belles photographies, et gagner de l’argent grâce à elles. Que demander de plus ?

Pour prolonger : relire les notes consacrées à la thématique photo et publiées préalablement sur ce blog.