Investir dans une propriété viticole : concrétiser le placement plaisir

Etre propriétaire de quelques rangées de vignes, un rêve accessible (photo Pierre Suze)

Dans son roman « La robe prétexte », l’écrivain bordelais François Mauriac écrivait « qu’il est méprisable de s’adonner à tout autre commerce que celui du vin ». Sans débattre sur les vertus du commerce, il semble raisonnable d’affirmer que beaucoup d’amateurs de vin rêveraient d’être à la tête d’une propriété viticole et de vendre leur propre production. S’ils ne sont pas plus nombreux à franchir le pas, c’est parce que le ticket d’entrée, pour un vignoble, avoisine le million d’euros.

Voilà qui limite les candidatures à quelques VIP (Gérard Depardieu par exemple) ou fortunes internationales (cf : le rachat en août dernier d’un prestigieux vignoble par un homme d’affaires chinois).

Une alternative existe pourtant : les groupements fonciers viticoles (GFV).

Un GFV, en quoi ça consiste ?

Un GFV est une société civile spécifique à la viticulture (pour l’agriculture, on parle de GFA). L’idée, lorsque cette forme juridique a été créée, c’était de faciliter la transmission des exploitations familiales, en évitant notamment leur morcellement grâce à la création de parts. Aujourd’hui, le GFV permet en outre de constituer un groupement d’acquéreurs sur une même exploitation.

Vous devinez la suite : le GFV constitue donc l’investissement idéal pour les amateurs de vin que nous sommes, en alliant le plaisir de devenir propriétaire de quelques rangées de vigne, de diversifier ses actifs sur un produit qui résiste plutôt bien –du moins jusqu’à maintenant- aux crises financières et économiques et de bénéficier de réels avantages fiscaux.

Les avantages fiscaux d’un GFV

Si le loyer constitue une première source de revenus, les avantages fiscaux ne sont pas non plus dénués d’intérêt : l’acquisition de parts de GFV permet en effet une exonération partielle des droits de succession et de donation, égale à 75 % de la valeur des parts pour la fraction n’excédant pas 101 897 euros, et de 50 % au-delà. Pour bénéficier de cette exonération, le bénéficiaire devra néanmoins rester propriétaire des biens pendant 5 ans (rien de dramatique, donc : ce n’est pas plus long qu’un PEE). S’il s’agit d’une donation, le bénéfice de cette exonération est subordonné à une condition supplémentaire : que les parts soient détenues par le donateur depuis plus de 2 ans.

Notez aussi que les parts de GFV n’entrent que partiellement dans la base imposable de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) : la valeur des parts d’un groupement foncier viticole est en effet exonérée à hauteur de 75 % dans la limite de 101 897 € et à hauteur de 50 % au-delà de ce seuil.

Cet avantage s’applique après la deuxième année détention. Si vous êtes tout juste éligible à l’ISF, il y a peut-être matière à réflexion.

Le plaisir en plus

C’est à travers l’extrait d’une récente dépêche AFP que je vous propose de mesurer le plaisir que l’on peut avoir à faire partie d’un groupement foncier viticole :

« A château Réaut, les 427 actionnaires d’un groupement foncier agricole (GFA) qui occupe 46% de la surface du domaine possèdent chacun 165 pieds de vigne, soit au total 12 hectares. Après l’achat d’une part à 1.500 euros, ils recevront en retour 36 bouteilles par an.
“A 13 euros la bouteille, l’investissement est amorti en un peu plus de trois ans. (…)”, lance Philippe Mereau, un des douze acquéreurs en 2011 du domaine de château Réaut et créateur du GFA.(…) C’est quand même quelque-chose d’avoir chaque année 36 bouteilles étiquetées à son nom avec écrit ‘propriétaire de château Réaut’”, souligne-t-il.»

Pierre Suze

Pour aller plus loin : vous pouvez lire sur BforBank.com les articles

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