Art : connaissez-vous la différence entre ‘école’, ‘atelier’, ‘style’ et ‘époque’ ?

"Paysages, bords de Seine", un Renoir acquis pour 7 dollars par une américaine

C’est ce qui s’appelle « avoir du nez » : en achetant, pour 7 dollars, un lot de babioles sur un marché aux puces près de Washington, une américaine est devenue l’heureuse propriétaire d’un Renoir, disparu de la circulation depuis de nombreuses années (Le Parisien du 9 septembre).
Visiblement plus attirée par l’argent qu’émue par le style du maître, la jeune femme mettra la toile aux enchères à la fin de la semaine.

L’authenticité d’une œuvre : une source d’angoisse pour l’acquéreur

Comment ce tableau de Renoir a-t-il pu facilement être authentifié ? D’une part, parce qu’il était référencé dans le catalogue de l’artiste et, donc, connu. D’autre part, parce que des spécialistes l’ont identifié –de façon certaine- comme étant un original.

Mais, il arrive parfois que la tâche soit moins aisée que dans le cas présent et qu’il subsiste un doute au moment de la vente. De célèbres cas -d’ailleurs souvent étudiés dans les facultés de Droit- ponctuent notre jurisprudence, à l’image de l’affaire Saint-Arroman/Nicolas Poussin (relayée notamment par le Nouvel Obs).

Afin de limiter les éventuels préjudices que peuvent subir les collectionneurs d’art (qu’ils soient vendeurs ou acheteurs) quant à la juste qualification d’une œuvre, un décret du 3 mars 1981 a précisément défini les mentions utilisées sur les certificats d’authenticité ou dans les descriptions des catalogues de ventes aux enchères.

Le lexique de l’amateur d’art

Voici donc les différentes terminologies qu’il faut avoir à l’esprit avant de fréquenter les salles de ventes :
-          œuvre par / de : garantit que l’auteur mentionné est effectivement l’auteur de l’œuvre
-          signé/ estampillé : la signification est la même, sauf réserves expresses
-          attribué à : il existe seulement des présomptions sérieuses que l’œuvre est de l’auteur mentionné
-          atelier de : œuvre exécutée dans l’atelier du maître cité ou sous sa direction
-          école de : l’auteur est un élève du maître cité, et l’œuvre a été réalisée du vivant de l’artiste ou moins de cinquante ans après sa mort. Si c’est un lieu qui est précisé, l’emploi du terme “école de” garantit que l’œuvre a été exécutée pendant la durée de l’existence du mouvement artistique désigné et par un artiste ayant participé à ce mouvement (“l’école de Pont-Aven”)
-          époque / siècle : ces conditions garantissent que l’œuvre a été produite au cours de la période citée (“ meuble renaissance ”)
-          dans le goût de / style / à la manière de / d’après / façon de : ces mentions ne donnent aucune garantie particulière (“ style Empire ”)
Plus de détails sur le site de la Gazette Drouot.
Sachez enfin que les vendeurs, qu’ils soient habituels ou occasionnels, ont l’obligation de délivrer à l’acquéreur qui le demande une facture, une quittance, un bordereau de vente ou un extrait du procès-verbal de la vente publique contenant les spécifications qu’ils auront avancées quant à la nature, la composition, l’origine et l’ancienneté de la chose vendue.

Mais finalement, ne vaut-il pas mieux chiner aux Puces qu’à Drouot ? Le rapport qualité/prix semble parfois incomparable…

Pierre Suze

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