Logiquement, avec tout ce qui est tombé ces dernières semaines, les nappes phréatiques de notre beau pays devraient avoir fait le plein pour au moins vingt ans ! Une chose est sûre, en tout cas, la météo est au cœur de toutes les discussions, tant elle est maussade et peu représentative d’un été comme on les aime. Mais les vacanciers ne sont évidemment pas les seuls à scruter le ciel : pour les vignerons, les semaines d’été constituent une période déterminante dans la qualité du raisin. Et s’il est vrai que -jusqu’aux vendanges- rien n’est joué, les spécialistes commencent toutefois à voir se dessiner le volume de production et la qualité du millésime 2012.
Une production en baisse
Selon FranceAgriMer, la production française de vin devrait avoisiner les 46,5 millions d’hectolitres en 2012, soit une baisse de près de 9% par rapport à 2011. En cause : une météo moins clémente et des maladies dans la vigne. Toutes les régions sont concernées, mis à part la Corse qui, elle, devrait augmenter ses rendements.
Le début de saison a notamment été marqué par une fin d’hiver très rigoureuse, puis par un printemps frais et pluvieux qui a ralenti le développement de la vigne et entrainé la chute des baies.
En mai et juin, une succession de pluies et d’orages ont gêné la floraison. Sur certains terroirs, comme le Beaujolais, la grêle s’est invitée à la fête et n’a pas manqué de causer des dégâts.
Une qualité en demi-teinte
On le sait, la météo à elle seule ne suffit pas à produire du bon vin : la qualité du sol et le savoir-faire des vignerons sont des clés tout aussi essentielles. Mais, à contrario, une météo hostile entraînera invariablement une baisse de qualité du produit.
Si, par exemple, 2009 est d’ores et déjà considérée comme l’une des grandes années du siècle, c’est parce qu’elle a réuni les meilleures conditions climatiques possibles, notamment sur les mois d’été :
- juillet et août ont été largement ensoleillés, avec des températures élevées, deux phénomènes propices à la concentration des arômes
- le beau temps a également dominé en septembre, avec une alternance de nuits fraîches et de journées chaudes, favorisant ainsi un cycle de maturation lent et sans traumatisme.
Cette année, on peut difficilement qualifier l’été de « sec », tout au moins sur les premières semaines. Aussi, les chances que 2012 fasse partie des 10 plus grands millésimes du siècle s’amenuisent chaque jour un peu plus.
Mais ne soyons pas pessimistes avant l’heure : avec un bilan mitigé, 2012 pourra peut-être offrir de bonnes opportunités de placement, à l’inverse des millésimes portés aux nues (dont les prix sont totalement déraisonnables).
Et puis, l’été est loin d’être terminé : il peut encore nous révéler de belles surprises. Que vous soyez investisseur, vacancier ou les deux, je vous souhaite plein de ciel bleu.
Pierre Suze
Les meilleurs Millésimes de 1900 à nos jours : 1921, 1929, 1945, 1947, 1949, 1959, 1961, 1982, 1990, 1996, 2000, 2005, 2009




