Archive pour février 2012

Automobiles de luxe : de bonnes occasions hors de France ?

Jeudi 23 février 2012

Une nouvelle illustration, s’il en fallait, que le luxe ne connaît pas la crise : la célèbre marque automobile Ferrari annonce une année 2011 record, selon l’AFP.

Le constructeur italien, sous le contrôle du groupe Fiat, a en effet publié  ses résultats annuels, affichant un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards d’euros, en hausse de 17,3%.

En volume, c’est près de 7.200 voitures qui ont été vendues l’an dernier !

Certes, la Chine pèse de tout son poids dans la balance, ayant importé à elle seule 500 voitures. Mais les ventes ont bondi sur tous les continents de la planète, ce qui montre qu’il ne s’agit pas d’une performance marginale mais bien d’une tendance de fond.

De là à dire qu’acheter une Ferrari constitue un bon placement et que sa revente éventuelle vous fera gagner de l’argent, il y a quand même un monde.

Néanmoins, ce phénomène ne manque pas d’intérêt pour les budgets inférieurs à 100.000 euros car la vente de véhicules neufs génère souvent des flux plus importants, ou du moins plus qualitatifs, sur le marché de l’occasion.

Et pour dénicher les meilleures affaires, il faut être en veille non seulement en France, mais aussi à l’international. Pour preuve, cette information croustillante – et à contre-courant -  révélée par le Corriere della Sera : les Italiens se débarrasseraient massivement de leurs voitures de luxe, ces temps-ci, poussés par la multiplication des contrôles fiscaux en Italie depuis le mois de janvier et par crainte d’attirer l’attention des autorités.

C’est peut-être le moment de naviguer sur les sites de vente de la péninsule. Comme autopatavium.it

Dans une prochaine note, je vous parlerai des formalités et du coût d’importation d’un véhicule d’occasion de l’étranger. Si vous trouvez votre bonheur d’ici là, buon viaggio !

Entre mer et montagne : la cave à vin idéale

Jeudi 16 février 2012

Masque et bouteille : bientôt nécessaires pour descendre à la cave ? (Photo Nicky Bouwmeester)

Ski : l’altitude rend-elle les vins meilleurs ?”. Une question qui pourrait figurer au sommaire de “C’est pas sorcier”, la célèbre émission de télé présentée par les non moins célèbres Fred et Jamy (j’adore ce programme). Mais non, il s’agit en fait du titre d’un article publié sur L’Avis du Vin. Voici la raison de ce questionnement :

“Une expérience originale a été menée, deux années de suite, à Val-Thorens, la plus haute station de ski d’Europe… : prenez des vins (de prestige) conservés entre 6 mois et 18 ans à2 300 mètres d’altitude, puis leurs homologues, prélevés directement des caves de leurs châteaux d’origine, et comparez-les. Voilà l’exercice auquel s’est récemment livré un jury de dégustateurs professionnels.” explique l’article.

Si l’on en croit les dégustateurs, le résultat est sans appel :

« D’une manière générale, les vins rouges stockés en altitude se sont révélés plus denses et plus harmonieux avec des arômes plus élégants et un fruit plus épanoui. Ils gagnent de leur vieillissement en altitude une complexité et un équilibre inespérés, aussi bien au nez qu’en bouche, avec une meilleure définition que ceux conservés en plaine. Le vieillissement en altitude a manifestement un effet amplificateur sur les caractéristiques des vins, faisant ressortir davantage les spécificités des terroirs et des styles de vinification. Les vins rouges ont clairement des tanins plus fondus et des matières plus suaves. L’écart sur certains cépages est monumental »

Les raisons avancées sont les suivantes : une pression atmosphérique plus basse engendre un vieillissement des vins plus lent. Les vins paraissent plus complexes et plus subtils.

Une information qui n’est pas sans me rappeler les expériences menées sous l’eau depuis une vingtaine d’années par différents viticulteurs, dont Franck Labeyrie. Ce dernier explique que “la mer, c’est la meilleure cave au monde […] ; un endroit parfait pour que les vins se reposent, qu’ils soient tranquilles”. Aussi conserve-t-il son vin des cabanes plusieurs mois entre 3 et 6 mètres de profondeur, dans le bassin d’Arcachon. Le cas n’est pas isolé et, si vous êtes passionné de plongée sous-marine, il n’est pas exclu que vous vous retrouviez nez à nez avec une cave à vin, au large des côtes basques ou bretonnes…

Le léger mouvement donné aux bouteilles par les marées ne serait pas totalement étranger à la qualité du vieillissement des vins immergés.
Mais, ce sont surtout la constance de la température, l’obscurité, l’absence de vibrations et de vie microbienne qui favorisent ces bons résultats.

Rappelons qu’une bonne cave implique une température oscillant entre 12 et 14 degrés, une hygrométrie de 70 à 80 % et une absence totale de lumière, d’odeurs et de vibrations. Aussi, en attendant d’investir à-100 mou à +2 000 m, pensez bien à ne pas polluer votre simple cave de vieux cartons et autres pots de peinture entamés qui auraient un effet désastreux sur les arômes de vos précieux flacons.

 

Pierre Suze

Livres anciens : une collection à la page ?

Jeudi 9 février 2012

Les Jules Verne sous cartonnage Hetzel sont aujourd'hui des ouvrages recherchés

Avez-vous vu « Serendipity » ? C’est un film sur la providence. Dans la cohue d’un grand magasin, Jonathan (John Cusack) tombe sous le charme de Sara (Kate Beckinsale), et inversement. Pour la retrouver, il devra mettre la main sur un exemplaire de Love in the time of cholera, à l’intérieur duquel Sara a inscrit son numéro de téléphone. Inutile de dire que tous les bouquinistes de New York sont passés au peigne fin. Et que, pour Jonathan, il n’existe pas au monde de livre plus précieux que celui-ci.

Mais le marché des livres anciens n’est pas toujours directement lié aux belles histoires d’amour. Quels sont donc les facteurs qui déterminent leur cote ?

Selon un article de Les Échos du 17 décembre dernier, « la cote des livres anciens n’est pas spéculative et reste assez stable ». Il arrive cependant que certains ouvrages voient leur valeur grimper de manière exponentielle. C’est le cas, par exemple, des Jules Verne sous cartonnage Hetzel, qu’on a tous espéré un jour dénicher dans les brocantes, au milieu des rééditions sans valeur…

Sans surprise, les critères déterminants qui font le prix d’un livre ancien sont : l’intérêt du texte ou du thème, la rareté de l’édition, la qualité de la reliure et l’état général.

Évidemment, la cerise sur le gâteau, c’est d’avoir un livre dédicacé.

Mais, compte tenu de la quantité de livres en circulation sur le marché de l’occasion, il faut être un bibliophile averti pour identifier une édition rare et/ou précieuse.

Certaines vérifications d’usage devraient cependant vous permettre de progresser dans vos recherches. Comme pour la photographie qui fait la part entre tirage original, tirage vintage et retirage, les spécialistes des livres anciens distinguent les premières éditions, les éditions du temps de l’auteur et les rééditions. Idem pour les gravures.

Quant à la reliure, une réalisation dans un atelier de renom est un plus. Les dorures et l’utilisation d’un cuir de qualité pèsent aussi dans la balance.

La provenance de l’objet a également son importance. Elle peut être connue grâce à l’ex-libris – gravure personnalisée – que les collectionneurs collent sur le contre-plat de leurs livres.

Enfin, l’état du livre a une influence gigantesque sur la détermination de son prix : un dos décoloré par le soleil, des charnières (partie qui lie les plats au dos) fendues, des coiffes (haut et bas du dos) frottées ou des coins usés sont rédhibitoires.

A vous de jouer maintenant ! À l’heure où les livres numériques envahissent les maisons – quelle tristesse tout de même -, quoi de plus agréable que de redécouvrir des éditions anciennes ?

Notez que, cette année, du 16 au 19 mars, le salon du livre lance Trésors de livres, un espace de prestige de 600 m² dédié aux livres anciens et modernes de collection.

 

Pierre Suze