Sauternes : vers une flambée des prix ?

sauternes_une_flambee_des_prixS’il y a une valeur à surveiller de près dans le vin, parce qu’elle n’a pas encore atteint les sommets de la déraison (les grands vins de Bordeaux sont-ils devenus fous ?’ – La Dépêche 11 juillet 2011), contrairement à ses petits camarades du Médoc, de Pomerol ou de Saint-Emilion, c’est celle des Sauternes. Or, ce répit pourrait être de courte durée, et cela, principalement pour trois raisons :

1/ depuis quelques années, les grandes maisons de Sauternes redoublent d’ingéniosité pour promouvoir leur vin et vulgariser sa consommation. Pour preuve, la mise sur le marché par le château d’Arche d’un flacon de 10 cl à destination des boîtes de nuit ; ou encore le lancement d’un «Virgin Sauternes» - prêt à boire - par le château de Rayne Vigneau.

Cette stratégie marketing, très bien illustrée par le site www.sweetbordeaux.com, pourrait rapidement faire grimper la demande et donc, mécaniquement, les prix.

Une chose en entraînant une autre….

2 / les gourmets sont de plus en plus nombreux à oser associer le roi des vins moelleux avec d’autres mets que le traditionnel foie gras. Débouchez une vieille bouteille de Suduiraut, en apéritif, avec des petits toasts au bleu d’Auvergne ou encore sur un bon tajine, et c’est un nouveau monde qui s’ouvrira à vous !

Bérénice Lurton, de château Climens, suggère par exemple de déguster son vin avec des gambas façon thaïe.  Laure Planty, de château Guiraud propose quant à elle un ris de veau…Les déclinaisons sont multiples !

3 /  la troisième raison, et sans doute la plus importante, est que le Sauternes est désormais officiellement consommable en Chine, alors qu’il y a encore un an, les autorités prohibaient son importation au motif que la quantité de sulfites par litre de vin était supérieure à 250 mg, la limite arbitraire de l’époque. La première destination à l’export des vins de Bordeaux va sans aucun doute bouleverser le cours des vins de Sauternes, au moins des grands crus.

Aussi, n’hésitez pas à vous ruer sur les grands noms de l’appellation (Yquem bien sûr, mais aussi Climens, Rabaud Promis, Suduiraut, Guiraud, Rayne Vigneau, Arche) et sur les grandes années 2007, 2009.

D’ici peu, ce nectar pourrait bien être réservé à une élite. Pour ma part, j’ai misé sur du Yquem 2004 à 155 euros, lors de la foire aux vins de septembre. Avec en tête de le revendre d’ici 10 ans. L’avenir me dira si j’ai eu raison. Et s’il me donne tort, ce que j’espère secrètement, je me verrai dans l’obligation de boire ces bouteilles sans grande valeur marchande…

Pierre Suze

Copyrights : Megan Mallen sur Flickr
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