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Heureux qui comme celui qui n’a pas acheté des actions Facebook

Mardi 22 mai 2012

Ca allait être l’intro de la décennie, voire plus si possible. L’arrivée de Facebook en bourse annoncée trompètes au vent et oriflammes battant depuis des mois et des mois a pour le moins… surpris et redescendu de plusieurs étages. Sur le site “geek” Generation-nt.com, on écrit comme saisi : “Pour sa deuxième journée de cotation au Nasdaq, le titre Facebook a perdu près de 11% de sa valeur pour retomber en-dessous de son prix d’introduction”.

La correction se mesure sur la courbe d’évolution de l’action, qui a clairement connu deux marches…

Cours de Facebook à Wall Street (Yahoo Finances)

Retentissant mais décevant” pour LeNouvelObs dès le 19 mai, l’action est désormais dite comme “attendue au tournant” (Le Parisien) par les marchés et les investisseurs. Après que les bonnes fées se soient perchées sur son berceau, sont-ce les diablotins qui s’y consacrent ? De quoi relativiser les chiffres et enjeux de cette introduction à coup de dizaines de milliards de dollars. Et d’en envisager aussi… des pertes ou couacs ? Par exemple quels seront les dommages collatéraux pour les acteurs et bénéficiaires directs de cette introduction ?

En gros, autant on en parlé dans les journaux et chez les spécialistes, autant on ne loupera pas au tournant le géant du réseau social et son patron, le jeune et sémillant Mark Zuckerberg. Ce que d’un point de vue plus pragmatique, l’investisseur particulier résumera d’une formule toute faite : “il était urgent de ne pas se presser”. Et voir ce qu’il va advenir de cette action atypique dans les prochaines semaines.

D’autres questions se posent :

  • tout le secteur high tech va y-il suivre à la hausse ?
  • le secteur plus spécifique du web 2.0 va t-il crever “la bulle”, annoncée depuis si longtemps ? ou Facebook constitue t-il une bulle à lui seul désormais, comme semble le penser Marianne ?
  • le secteur des grands réseaux sociaux va t-il se livrer une bataille financière sans pitié ?

Plus prosaïquement, à l’américaine façon star system, “Zuck” comme le surnomment affectueusement ces fans et “amis”, n’a pas attendu pour passer à la vitesse supérieure. Attitude risquée ? Cette même semaine il a annoncé ainsi sur Facebook… son mariage ! On dira que s’il voulait donner des billes pour une suite de “The Social Network“, il a copieusement nourri les derniers rebondissements.

S’enrichir sur le web : Megaupload non, Facebook oui

Mercredi 8 février 2012

A reprendre en marche arrière l’actualité de la semaine passée, un contraste m’a frappé avec un même point commun moins évident à saisir. D’abord sur le point commun : il s’agit de la fragilité des modèles économiques du Web (hors commercial) à s’installer durablement. Le contraste ensuite, est matérialisé sur deux business très différents qui ont tenu le haut du pavé médiatique.

Tout le monde a en effet entendu parler des déboires de Megaupload. Ce service de stockage et de partage de fichiers en ligne est devenu en quelques années le backbone principal de toute la sphère d’échange des fichiers piratés, avec en tête les séries et les films.

Beaucoup se disent que les patrons de ce business ont manqué de peu d’en faire une activité honorable et durable. C’est-à-dire essentiellement de monter un deal avec les grandes sociétés de production et ayants droit afin de valider le fait que tout internaute puisse télécharger ce qu’il veut ; moyennant une dîme lissée dans son abonnement Internet par exemple.

Las. On est passé à côté de ce modèle et on a coupé la tête de Megaupload. Coupé en fait la tête d’une hydre dont on annonce déjà la repousse imminente sous une forme ou une autre. La nature a horreur du vide, le Web encore plus…

Le web social en bourse

Le second fait notable est le retour de buzz autour de l’entrée possible-imminente-attendue de Facebook en bourse.

Là aussi, fragilité du modèle qui fait dire aux experts que peu de revenus sortent du réseau social qui cherche ainsi un second souffle en levant de l’argent frais sur les marchés. Réunir des milliards de personnes en réseau, les faire crépiter et échanger, les faire s’amuser, c’est bien. Mais quand au juste cette activité devient-elle une boutique, qui rapporte, qui a un sens autre que de brûler le temps de ses utilisateurs et justement les détourner de… leur productivité de base ? Voire du temps qu’il consacre à consommer par ailleurs : des médias, de l’achat, etc.

Pas facile donc, si je me mets un temps du côté d’un investisseur qui voudrait pénétrer ces terres encore trop souvent inconnues. Ces difficultés des business les plus immatériels du Web, pourraient ainsi tenter de revenir sur des franges plus matérielles : comme sur les secteurs des ordinateurs, de la connectivité, du mobile, de la transmission de données, etc. Quitte à freiner justement toute modernisation radicale, pourtant en gestation dans les us et coutumes. Le Web 2.0 a lui seul n’a pas créé un secteur commercial durable et profitable : on demeure dans une logique de bulle, attention.

Deux voies d’enrichissement

Et pourtant l’autre message donné par ces actualités voisines et que les deux projets ont communément conduit leur initiateur à la richesse, fut-elle de courte durée et intense pour l’un… Zuckerberg avec Facebook a engrangé 17,5 milliards de dollars ; Kim Schmitz avec Megaupload a récupéré plusieurs millions de dollars et vivait comme un nabab… Mais cette richesse fait peur aussi, tant elle est liée à des activités instables, en mutation permanente, à géométrie ultra-variable. Développeur Web hier, patron de start-up 2.0 le lendemain, parvenu ou has been plus tard… Le temps de gestation et développement de ces nouveaux maîtres semble aussi rapide que leur produit ou leur vision. Interchangeable, courte, mutante.

L’internaute avancé et même grand public utilise depuis longue date le streaming et les  réseaux sociaux. Ils constituent même le socle de notre vie numérique. Le nier serait une grave erreur de correspondance à l’époque. Alors comment transformer ces usages en vrais secteurs d’investissement et en grandes entreprises structurantes de demain ?

Comment faire pour qu’en tant qu’investisseur en bourse demain, l’action Facebook que j’achète ne soit pas dévalorisée quelques mois plus tard et remplacée par une action Bodynote, Mindtv ou je ne sais quoi de nouveau et clignotant ?

Lors du salon LeWeb cuvé 2010, le net entrepreneur Nicolas Vanbremeersch, président de l’agence Spintank, avait déstabilisé un créateur de start-up basé sur Facebook. Sa question : “Et si demain, Facebook disparaissait, vous faites quoi ?“. Telle est la question.

Pour compléter : L’univers Megaupload en une image (ZDNet.fr); Facebook en une infographie.

Actions Facebook : il faudra attendre…

Jeudi 15 septembre 2011

Mark Zuckerberg est tout sauf un impulsif. Un peu d’observation et de réflexion sur les marchés boursiers (suivi par ailleurs sur notre blog Bourse) lui auront suffi à changer de timing : selon l’AFP rapportant des informations du Financial Times, Facebook envisage en effet de retarder son entrée en bourse. Il fait mentir les prévisions qui le concernaient, ainsi que son compatriote Twitter.

Pour rappel, après une année fulgurante de réussites et reconnaissances publiques diverses (dont un biopic “The Social Network” tout à sa gloire), le réseau social en ligne avait programmé sa naissance boursière pour début 2012. Ca devait être une consécration, une apothéose. L’ex-conseiller d’Obama, Robert Gibbs, devra se trouver une autre mission en attendant, ou rallonger la rédaction de ses slides de présentation…

Pour l’AFP, il n’en faut pas plus pour rappeler un travers supposé du fondateur de Facebook : “De son côté M. Zuckerberg a indiqué plusieurs fois qu’il n’était pas pressé de franchir cette étape.“. Toujours cette volonté de tenir son destin en mains…

Puissance IT revue à la baisse ?

Cela se passe alors que les fondamentaux de la société sont au meilleur : notamment l’enquête Nielsen (reprise par le JDNet) ayant établi que les Américains passent plus de 53 milliards de minutes sur Facebook par mois. Il est ainsi “le site où les internautes passent le plus temps, devant Yahoo (17,2 milliards de minutes), Google (12,5 milliards de minutes) ou encore AOL, qui enregistre 11,4 milliards de minutes cumulées“.

Néanmoins, on peut craindre (ou pas) que cette information freine le mouvement de domination financière e la high tech aux Etats-Unis, et les performances de ces leaders.

Pour autant, si Facebook n’aura pas de suite d’actions en bourse, il ne ménage pas… ses actions sur son marché : création d’un bouton abonnement, création d’un poste de responsable de la vie privée, service de musique en ligne, etc. Facebook a bien remplacé les IBM, Microsoft, voire Google dans le rythme des innovations.