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Facebook : chiffres et enjeux de la (folle) introduction en bourse

Mercredi 9 mai 2012

Je vous en ai souvent parlé et je suis donc le “dossier”. L’introduction de Facebook en Bourse — arlésienne du secteur Web et high-tech se précise et doit intervenir concrètement juste après la mi mai, selon le site spécialisé TechCrunch. Un long, très long dossier en effet, dont le processus a été enclenché en février dernier et qui a sans doute un peu trainé dans le contexte économique et financier récent. En gros, Mark Zuckerberg ne voulait pas se louper.

Il prend la chose tellement au sérieux, qu’il la joue officielle. Ce lundi, il a organisé un kick-off meeting “dans un grand hôtel new-yorkais devant des centaines d’investisseurs” (in Challenges.fr).

Quels sont les chiffres principaux de cette opération d’IPO ? Le journal Le Monde ou encore l’Expansion les égrènent, histoire de faire tourner la tête et aiguiser les envies :

  • prix des actions unitaires : entre 28 à 35 dollars
  • levée totale : 12 milliards de dollars
  • capitalisation boursière finale : de 70 et 87,5 milliards de dollars
  • ratio au chiffre d’affaires : jusqu’à 24 fois le CA 2011 (3,7 milliards de dollars)

Ce que cela impactera ? Forcément le secteur Web et par extension, toute la high-tech. En soi Facebook prétend être un écosystème (face à Google entre autres cibles) sur lequel vivent de nombreuses entreprises, et donc une véritable économie : agences Web spécialisées, projets e-business communautaires, etc. Ces détracteurs soulignent juste, souvent, l’extrême fragilité du modèle. Facebook est la version moderne et 2.0 de la “place du marché” : celle où tout le monde veut être, pour croiser le chaland. Mais il suffirait qu’une nouvelle place se créer et attire les foules…

Gageons que ce feuilleton d’une introduction a tellement de rebondissements et de suspense qu’il nourrira déjà… de quoi lancer la suite du film “The Social Network” !

Acheter des actions Facebook ?

En vieux bon réflexe, outre l’effet de mode et de rendez-vous, il faut être prudent à se jeter sur un titre de cette notoriété, lors de son lancement. Des experts web comme Fred Cavazza sont même plus radicaux. Il l’a tôt dit, dès février 2012 : “N’investissez pas plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Cette règle est d’ailleurs valable pour n’importe quelle action”. D’autres, plus récemment, se questionnent franchement : “Facebook, un bon plan ?“, partagés entre deux envies contraires : prendre le train en marche avant qu’il ne parte trop loin, vs. éviter un titre en bourse au devenir pouvant secouer…

Enfin, côté pratique, il y a une question toute bête à se poser : “comment acheter des actions Facebook” (v. Les Échos). Le sujet est tellement “ancien” et discuté, tellement attendu, qu’on en aurait l’impression qu’il concerne tout le monde.

Tous les véhicules et produits ne le permettent pas. Et il y a en fait pas mal de restrictions pratiques concernant la période de lancement du titre en bourse. Au-delà, les conditions qui s’appliquent sont celles hors “titres basés dans la zone euro”, et selon les offres et modalités des établissements bancaires.

[MAJ 14 mai]: alors que l’introduction en bourse arrive à grand pas pour cette fin de semaine, les avis divergent sur le potentiel boursier de Facebook. Certains le voit limité à 50 milliards de dollars (avant un niveau de “bulle” spéculative), quand d’autres la voient friser les 100 milliards avec le jeu additionnel des stock options…

Ce qui est certain, est que Facebook va changer dans cette opération. Son comportement d’entreprise innovante et touche à tout risque de s’en ressentir, tout comme sa politique commerciale avec introduction du paiement à petite dose… Wall Street a ses raisons.

Actions Facebook : il faudra attendre…

Jeudi 15 septembre 2011

Mark Zuckerberg est tout sauf un impulsif. Un peu d’observation et de réflexion sur les marchés boursiers (suivi par ailleurs sur notre blog Bourse) lui auront suffi à changer de timing : selon l’AFP rapportant des informations du Financial Times, Facebook envisage en effet de retarder son entrée en bourse. Il fait mentir les prévisions qui le concernaient, ainsi que son compatriote Twitter.

Pour rappel, après une année fulgurante de réussites et reconnaissances publiques diverses (dont un biopic “The Social Network” tout à sa gloire), le réseau social en ligne avait programmé sa naissance boursière pour début 2012. Ca devait être une consécration, une apothéose. L’ex-conseiller d’Obama, Robert Gibbs, devra se trouver une autre mission en attendant, ou rallonger la rédaction de ses slides de présentation…

Pour l’AFP, il n’en faut pas plus pour rappeler un travers supposé du fondateur de Facebook : “De son côté M. Zuckerberg a indiqué plusieurs fois qu’il n’était pas pressé de franchir cette étape.“. Toujours cette volonté de tenir son destin en mains…

Puissance IT revue à la baisse ?

Cela se passe alors que les fondamentaux de la société sont au meilleur : notamment l’enquête Nielsen (reprise par le JDNet) ayant établi que les Américains passent plus de 53 milliards de minutes sur Facebook par mois. Il est ainsi “le site où les internautes passent le plus temps, devant Yahoo (17,2 milliards de minutes), Google (12,5 milliards de minutes) ou encore AOL, qui enregistre 11,4 milliards de minutes cumulées“.

Néanmoins, on peut craindre (ou pas) que cette information freine le mouvement de domination financière e la high tech aux Etats-Unis, et les performances de ces leaders.

Pour autant, si Facebook n’aura pas de suite d’actions en bourse, il ne ménage pas… ses actions sur son marché : création d’un bouton abonnement, création d’un poste de responsable de la vie privée, service de musique en ligne, etc. Facebook a bien remplacé les IBM, Microsoft, voire Google dans le rythme des innovations.

La high tech US : financièrement, un Etat dans l’Etat ?

Vendredi 19 août 2011

Le 51ème état des USA serait-il… technologique ? Les chiffres tournent en ce moment, sur le front des marchés boursiers (que nous suivons sur les actus et le blog Bourse) et de la situation économique américaine… Mais il en est certain qu’on ne voit pas beaucoup commenté. Par exemple un cumulé des 5 principales sociétés high tech américaines, en terme de capitalisation boursière donne… 938 milliards de dollars. Ils sont répartis comme suit : Apple (339 Mds), Microsoft (206), Google (163), Oracle (127) et Intel (103). Si La Tribune évoquait en juillet “le massacre boursier des éléphants de la high tech“, il faut relativiser. Car c’est pour l’heure sans compter l’entrée en bourse de Facebook, qui risque d’être une pure folie… On parle en effet depuis presqu’un an du risque d’une “bulle web 2.0“, gonflée par les réseaux sociaux en ligne notamment.

Là où les ordres de grandeur sont parlants, c’est quand on rapproche ces chiffres de la dette souveraine américaine de 15.000 milliards de dollars. Ces 5 seules entreprises high tech en pèse donc à date 15%. Et si l’on compare au seul trou du budget de l’Etat fédéral (1500 milliards de dollars), là c’est carrément 62% !

D’autres observateurs relèvent aussi ces “machines à cash” que restent les entreprises high tech américaines et du web :

Excès en tout genre

Et s’il y n’y avait que les chiffres. Car, “à l’américaine”, cela s’accompagne de son cortège de délires : conférence de lancement de produit tournant à des évènements planétaires, financement d’opération caritative internationale (comme la Fondation Gates), création de fortunes personnelles écrasantes (cf : classement Forbes)…

Une conférence de Steve Jobs a presque autant d’impact dans le monde qu’une déclaration de Barack Obama ! Du moins quand l’entreprise lance un nouvel iPad ou iPhone, comme avec le 5 à venir, qui génère déjà un formidable buzz. Pour quantifier un peu le duel : une requête “Barack Obama keynote” pèse 119.000 pages sur Google, là ou “Steve Jobs keynote” en pèse 340.000… Si l’on change pour le mot “speech”, le président US écrase certes son compatriote… mais les catégories de notoriété se valent selon les sujets.

Dans les romans de science-fiction, apparaissent souvent des entreprises ou consortiums hig tech qui finissent par faire un Etat dans l’Etat, un pouvoir à part entière : Skynet par exemple dans Terminator, ou encore l’OCP dans Robocop, voire même Stark International dans le plus gentil Iron Man de l’univers Marvel… On en est certes par là, mais ce paradoxe d’entreprises high tech US en pleine santé au sein d’une économie qui vacille devrait faire réfléchir. Avant qu’on en arrive à privatiser et autonomiser la Silicon Valley !

Investissement : de la “hightech” aux “cleantech”

Mercredi 17 août 2011

Le terme “tech” (pour technologies) s’est décliné ces dernières années sous pas mal de dérivés. Il s’agissait en effet de sortir du sempiternel “NTIC”, qui à force d’être rebattu finissait par “vieillir” et ne plus faire tellement “nouveau”. Nous avions eu donc après la high tech, la biotech, la greentech, etc.

Le secteur de l’économie durable (chère à Eric sur son blog, salut à lui) a validé le terme de “cleantech”, qui dispose de sa note Wikipédia officialisation clairement la chose. Du site Smartplanet.fr et de l’actualité, nous apprenons en tout cas que les Américains organisent leur filière de capital investissement en ce sens. Une sorte de “consortium” de familles s’est ainsi monté -11 dans cette première mouture- , on est content pour elles. Le “bidule” répond à un descriptif assez costaud, sous le nom de Cleantech Syndicate jugez plutôt :

Représentant collectivement plus de 30 milliards de dollars, ces familles ont recruté une équipe d’investissement de 17 personnes et prévoient d’investir 1,4 milliard de dollars de capitaux privés dans des entreprises spécialisées dans les technologies propres au cours des cinq prochaines années“.

Parmi les thématiques concernées, sans savoir encore ce que ce consortium va peser réellement et dépasser l’effet d’annonce, on repère quelques balises dans le propos : production d’énergie solaire et éolienne, parcs de véhicules industriels, propriétés immobilières, etc. Rien de bouleversant somme toute.

Du high au clean, même combat ?

Ce “syndicate” et ses petits copains déjà existant ont pourtant à faire sur les terres de l’oncle Sam. Un autre chantier non encore vraiment exploité concerne le rapport à la high tech américaine. Laquelle a produit quelques unes des plus importantes sociétés au monde : IBM, Microsoft, Apple et leurs productions potentiellement “polluantes” à coups d’ordinateurs, portables, serveurs, centres de données, etc. Mais aussi la consommation éco-énergétique que génèrent des géants du “soft” et des réseaux comme Google, Facebook, Twitter, etc.

La filière du recyclage de toutes ces technologies reste ainsi à consolider, à simplifier et pour ainsi dire à démocratiser. On le voit quand des géants comme Apple annonce encore des programmes en ce sens en août 2011… c’est dire si le réflexe n’est pas encore pris. Il n’est pas possible de savoir (comme certains documentaires tv l’avaient montré) que tel ordinateur produit et acheté en occident, finit, par quelques chemins incertains, à être “recyclé” dans des pays en développement beaucoup moins regardant…

Souhaitons que cette appellation de “cleantech” ait plus de matérialisation dans la vie réelle que le “green business” déjà un peu tombé en désuétude. Qu’on dépasse l’effet marketing. Un coup de peinture verte et des photos de près printanier n’ont pas suffi à rendre produits et services plus éco-responsables, en effet. Notamment au pays de la high tech…

A noter, in fine, que malgré la situation internationale présente, cette initiative américaine se prévoit une déclinaison européenne, dont on ignore à cette date la forme. La vieille Europe n’a pas attendu cela dit le “syndicate” pour bouger : pour prolonger, on pourra lire le “panorama des cleantech en France en 2011“, publié par GreenUnivers; et relire “La France et les cleantech” sur Alternatives Economiques.

Apple : les deux facettes de la puissance

Jeudi 9 juin 2011

Si j’étais un investisseur passionné de nouvelles technologies, je me poserai quand même des questions concernant Apple en ce moment… Ce que symbolisent parfaitement deux images de l’actualité toute récente de la firme informatique américaine.

  • la santé de Steve Jobs : le patron mythique affronte une “lourde maladie” comme on dit poliment. Mais contrairement à d’autres moments de sa vie où il a été discret sur ce problème personnel, il a choisi là de le montrer, presque serait-on tenté de dire de l’utiliser médiatiquement. Ca s’est passé dans le cadre du dernier keynote consacré aux services clouds. Ainsi, nombreux commentateurs et experts glosent sur sa maigreur extrême et son courage jusqu’au-boutiste… Mais quel message passe t-il à ses troupes, à ses clients, à ses partenaires ? Pas sûr que ce soit bien clair…
  • un siège futur et futuriste : après le physique, le matériel. Jobs l’a présenté dans la foulée du keynote précédéent, à la mairie de Cupertino (Californie), à savoir un nouveau “QG” affichant clairement la puissance et l’ambition de la firme. Il le décrit en ces mots très choisis : un “vaisseau spatial ayant atterri” (cf : ZDnet.fr). Clairement le cap du futur est affiché !

Maigreur maladive et résistance d’un côté ; bombage de torse économique de l’autre. Les deux extrêmes d’une entreprise hors norme, qui aura marqué et continue à marquer l’Histoire. Conséquence immédiate sur la bourse ? Si le cours n’est pas en hausse renversante, la capitalisation atteint (6 juin) plus de 317 milliards de dollars, largement au-dessus de sociétés comme Microsoft ou Intel (source Macworld.fr).

NB : pour la petite histoire et pour détendre un peu l’atmosphère entourant Apple, on note aussi cette Jobsmania dans des détails comme le phénomène de… son pull. Le fameux pull noir qu’il porte à chaque conférence, désormais en vente sur internet (sa copie bien sûr). A quand la paire de jeans ?