Je vous en ai souvent parlé et je suis donc le “dossier”. L’introduction de Facebook en Bourse — arlésienne du secteur Web et high-tech se précise et doit intervenir concrètement juste après la mi mai, selon le site spécialisé TechCrunch. Un long, très long dossier en effet, dont le processus a été enclenché en février dernier et qui a sans doute un peu trainé dans le contexte économique et financier récent. En gros, Mark Zuckerberg ne voulait pas se louper.
Il prend la chose tellement au sérieux, qu’il la joue officielle. Ce lundi, il a organisé un kick-off meeting “dans un grand hôtel new-yorkais devant des centaines d’investisseurs” (in Challenges.fr).
Quels sont les chiffres principaux de cette opération d’IPO ? Le journal Le Monde ou encore l’Expansion les égrènent, histoire de faire tourner la tête et aiguiser les envies :
- prix des actions unitaires : entre 28 à 35 dollars
- levée totale : 12 milliards de dollars
- capitalisation boursière finale : de 70 et 87,5 milliards de dollars
- ratio au chiffre d’affaires : jusqu’à 24 fois le CA 2011 (3,7 milliards de dollars)
Ce que cela impactera ? Forcément le secteur Web et par extension, toute la high-tech. En soi Facebook prétend être un écosystème (face à Google entre autres cibles) sur lequel vivent de nombreuses entreprises, et donc une véritable économie : agences Web spécialisées, projets e-business communautaires, etc. Ces détracteurs soulignent juste, souvent, l’extrême fragilité du modèle. Facebook est la version moderne et 2.0 de la “place du marché” : celle où tout le monde veut être, pour croiser le chaland. Mais il suffirait qu’une nouvelle place se créer et attire les foules…
Gageons que ce feuilleton d’une introduction a tellement de rebondissements et de suspense qu’il nourrira déjà… de quoi lancer la suite du film “The Social Network” !
Acheter des actions Facebook ?
En vieux bon réflexe, outre l’effet de mode et de rendez-vous, il faut être prudent à se jeter sur un titre de cette notoriété, lors de son lancement. Des experts web comme Fred Cavazza sont même plus radicaux. Il l’a tôt dit, dès février 2012 : “N’investissez pas plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Cette règle est d’ailleurs valable pour n’importe quelle action”. D’autres, plus récemment, se questionnent franchement : “Facebook, un bon plan ?“, partagés entre deux envies contraires : prendre le train en marche avant qu’il ne parte trop loin, vs. éviter un titre en bourse au devenir pouvant secouer…
Enfin, côté pratique, il y a une question toute bête à se poser : “comment acheter des actions Facebook” (v. Les Échos). Le sujet est tellement “ancien” et discuté, tellement attendu, qu’on en aurait l’impression qu’il concerne tout le monde.
Tous les véhicules et produits ne le permettent pas. Et il y a en fait pas mal de restrictions pratiques concernant la période de lancement du titre en bourse. Au-delà, les conditions qui s’appliquent sont celles hors “titres basés dans la zone euro”, et selon les offres et modalités des établissements bancaires.
[MAJ 14 mai]: alors que l’introduction en bourse arrive à grand pas pour cette fin de semaine, les avis divergent sur le potentiel boursier de Facebook. Certains le voit limité à 50 milliards de dollars (avant un niveau de “bulle” spéculative), quand d’autres la voient friser les 100 milliards avec le jeu additionnel des stock options…
Ce qui est certain, est que Facebook va changer dans cette opération. Son comportement d’entreprise innovante et touche à tout risque de s’en ressentir, tout comme sa politique commerciale avec introduction du paiement à petite dose… Wall Street a ses raisons.







