La nouvelle nous a tous cueillis à un moment ou un autre ce jour du 5 octobre 2011. Soit sur les réseaux sociaux en ligne, soit sur les médias classiques, comme Le Monde ou encore ZDNet.fr qui lui réserve une édition spéciale. Et c’est la première leçon à tirer de grands bonshommes ou grandes actions humaines : on se souvient de leur départ, de leur arrêt, du moment où on l’a appris, du contexte environnant. Passé donc cette phase nécessaire de deuil, planétaire, il restera ce que Steve Jobs fut. Pour moi, surtout un investisseur, dans tous les sens du terme.
Pas tout à fait un visionnaire inventeur pur jus, donc, comme on le dit souvent. Il a d’abord “investi” au sens premier, dans l’humain et la méthodologie. Mais aussi dans l’observation des marchés, plutôt que dans la multiplication des produits et stratégies. Jobs fut plutôt un habile détecteur de tendances numériques, arrivant à chaque fois à apporter une réponse adaptée, sexy et profitable à des marchés embryonnaires, peu édifiés ou mal servis. Trois stratégies clés jalonnent son parcours :
ainsi fut-il des ordinateurs designés, que le monde PC a bien tenté de lancer, mais que l’iMac a incarné mieux que tout le monde.- ainsi fut-il du baladeur mp3, qui a préexisté aux iPods (souvenez-vous les Rio…) mais qu’Apple a su personnifier et rendez rock’n roll.
- ainsi des des smartphones, que les Blackberry et autres Nokia ont su initié, mais qu’Apple a finalement raflé. Vampirisation ? Plutôt opportunisme et méthodologie.
Jobs l’opportuniste
La partie moins publique de Jobs est sans doute qu’il fut aussi un excellent investisseur, au sens premier du terme. Pas du genre touche à tout et dispersé, mais plutôt bougeant quelques fois et de façon ajustée : comme un snipper. De quoi apprendre, pour toute une génération de business men en herbes, d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Jobs a pris des parts dans les secteurs où il fallait être, au moment opportun. PC Impact, qui repasse ses grandes dates en revue, souligne par exemple son investissement, dès les années 80 dans NeXT, une société qui lui servira de laboratoire pour concevoir l’ordinateur du futur. Ce qu’il accomplira plus tard de retour chez Apple avec la génération des iMac, et là aussi en investissant dans la création et l’embauche d’une unité de designers.
Mais son plus beau coup reste sans nul doute Pixar, qu’il a racheté quand il était en délicatesse chez Apple, juste avant que n’explose la 3D dans les jeux, les dessins animés puis désormais les films. Un investissement de 10 millions de dollars au départ, pour les profits qu’on sait par la suite.
Investir de l’argent, du courage, du temps… telle fut la trilogie de Steve Jobs au-delà des seules capacités de management et de leadership dans la high tech. C’est sans doute pour moi ce qui le hisse au niveau des grands industriels comme Ford, Welch ou plus récemment Dyson.
Pour prolonger : relire les précédentes notes consacrées à Steve Jobs sur ce blog…





