Archive pour le mot-clef ‘nouvelles technologies’

Investir dans le jeu vidéo : un enjeu de la Présidentielle ?

Mercredi 14 mars 2012

On sait le temps des Présidentielles propice à la manifestation des “intérêts” particuliers et lobbies de tout horizon, entendant faire passer leur cause auprès des candidats potentiels. Les nouvelles technologies étaient bizarrement assez peu présentes dans le débat… jusqu’à hier.

D’après le site spécialisé 01Net, l’industrie du jeu vidéo a remonté un cahier de doléances de 10 mesures pour relancer l’industrie vidéoludique hexagonale, par le biais du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV). Parmi les problèmes listés, pèsent en priorité ceux du financement des projets et start-ups. Ce financement freine en France, en raison d’”une méconnaissance et un manque de reconnaissance du secteur vidéoludique, déconsidéré par les investisseurs ; une inadaptation des structures de financements nationaux“.

Surtout, face aux besoins croissants d’innovation et de positionnement original sur les médias sociaux (ce que l’on catégorise déjà par la notion de social gaming), le constat des sommes en jeu est éloquent sur le secteur privé : “En 2008 (derniers chiffres connus), le capital-risque pour le jeu vidéo représentait 30 milliards d’euros aux Etats-Unis. En France, les sommes allouées sont ainsi passées de 570 millions d’euros au début des années 2000 à 45 millions d’euros en 2008.

Les propositions financières

Au sein des 10 propositions en jeu, les 5 premières (signal fort) concernent uniquement les questions d’investissement et de financement, comme les mentionnent ITRGames. Pour rappel :

  1. Création du fonds d’investissement dans les entreprises du jeu vidéo
  2. Faciliter l’accès au capital développement pour les entreprises du secteur
  3. Créer des sociétés de financement de la production de jeux vidéo
  4. Pérenniser le crédit d’impôt jeu vidéo et l’adapter aux évolutions de marchés
  5. Transformer le crédit d’impôt recherche en crédit d’impôt innovations

Industrie nationale et réseaux

Reste donc à (re)inventer sur ce secteur un couple financement public/ressources privés, qui soit plus efficace et consolide une vraie industrie nationale. On parlait depuis quelques années d’une véritable french touch sur ce domaine : il serait dommage de la perdre, ou de la voir fuir à l’étranger… Pour mémoire, le dernier succès absolu du gaming -Angry Birds- est un projet d’origine nordique.

Reste aussi à mieux communiquer sur ce qui existe déjà : sait-on, par exemple, que vit en Rhône-Alpes un pôle de compétitivité dédié à ce thème, Imaginove ? Ou qu’un autre (Cap Digital) oeuvre sur ce domaine, notamment à travers le projet Play All ? Sait-on qu’à Paris, la mine à projets et start-ups financée par la région, La Cantine, fourmille aussi d’innovations sur ce thème ? Autant de lieux qui peuvent servir d’accueil, de portes d’entrée aux financeurs de tout horizon, curieux du secteur, mais non experts.

Je pense notamment à ceux qui connaissent déjà les secteurs voisins des médias, du cinéma, des arts graphiques… et souhaiteraient varier leurs positions.

Questions au passage justement, auprès de nos lecteurs fidèles et des internautes : avez-vous déjà investi de l’argent dans une entreprise du secteur du jeu vidéo français ? Si oui, avec quel véhicule financier particulier, et pour quel succès en retour ? De l’autre côté de la barrière, en tant qu’entrepreneur du gaming, avez-vous bénéficié d’une aide notable qui vous ait permis de vous développer ?

Les réseaux sociaux, nouveau pouvoir en 2011 ?

Lundi 28 novembre 2011

C’est vrai, on ne peut le nier. S’il y a bien une année où l’on a entendu parler de partout, en toute occasion, sous toutes les latitudes, des réseaux sociaux… 2011 est cette année du social media. Qu’il s’agisse de médias, d’e-commerce, d’entreprises, de mouvements sociétaux ou nationaux, les réseaux sociaux ont toujours été en premières lignes. Dépassant tout le monde, submergeant les penseurs, secouant les codes, modifiant les us et coutumes. Il y a clairement un avant et un après.

C’est d’abord un phénomène quantitatif de plus en plus net, très lié à l’usage des nouvelles technologies et de l’informatique en général, au sein de la population comme dans les entreprises. De nombreuses infographies circulent pour montrer visuellement cette révolution. Melty.fr s’essaye à un nouveau comptage des forces en présence, au sein d’une infographie animée particulièrement sautillante. Mais après tout, pourquoi pas…

Les réseaux sociaux ont pris le pouvoir en 2011: vidéo Facebook sélectionnée dans LOL

Outre la pléthore de chiffres, je retiens pour ma part une info clé presque clivante : les femmes sont plus actives que les hommes sur les réseaux sociaux ! 55% pour elles, 45% pour eux. De quoi largement inspirer les business, projets commerciaux, discours et propos sur ces espaces en ligne.

Pour autant sur un autre plan, il faut un peu remettre les choses en place, mobiliser notre mémoire. Si beaucoup semblent tomber du lit à l’orée de 2012 et découvrir les réseaux sociaux (“ah ce Nouveau Monde“…), il faut rappeler quelques éléments de “timeline”, de temporalité et presque déjà d’histoire. Ce pour aider justement à apprécier les difficultés et obstacles. La révolution n’a pas été aussi nette que cela, elle résulte déjà d’un long processus, d’une mutation en profondeur.

Gardons notamment en tête que :

  • les blogs existent en France, sous forme de plateformes de contenu et outil de publication… depuis au moins 2003
  • les réseaux sociaux majeurs (Facebook et Twitter) se sont développés… dès 2007
  • que le magazine “Time” consacrait sa couverture de personne de l’année à “You” (soit nous, l’utilisateur et contributeur du wen)… en 2006 !

Relativisons ce social media power

Cela ne signifie pas qu’en 2011 il faille frustrer ou se dire qu’on est en retard. Mais juste être plus exigeant, plus concentré dans le choix de ce que l’on fait sur les médias sociaux et sur son enthousiasme (ou pas) à y aller. Le pire étant alors de… ne rien faire, de considérer comme futile, un phénomène de jeunes et/ou de geeks. Et pour se détendre un peu plus encore, il faut se souvenir que le sujet est déjà hollywoodisé depuis plus d’un an, grâce au film “The social network“, narrant l’histoire de Facebook et de son fondateur. Et quand un sujet de société a son film américain grand public, on peut être sûr que, ça y est, c’est devenu incontournable, massif.

Alors à la question qu’on m’a souvent posé de savoir “à quoi ça sert ?“, “qu’est-ce qu’il faut faire ?“, “quel réseau est incontournable ?“… je répondrai : posez-vous vous même la question. De quoi avez-vous besoin, quels sont vos objectifs ? Et même si l’on parle plus de dimension communautaire, participative : qu’avez-vous à apporter aux réseaux sociaux existant ? Car ceux ci ne sont qu’un outil, et pas une fin en soi.

Et puisque cet outil est désormais validé, utilisons le dans toutes les dimensions d’une vie sociale, business, travailleuse, productive, etc. Ne donnons pas aux réseaux sociaux le pouvoir de “baguette magique” qu’ils n’ont pas, pour transformer ce que nous n’avons pas su faire plus tôt, avec d’autres technologies et “boutons”. C’est trop attendre d’eux, c’est mal les comprendre.

Pour prolonger :

Internet et médias sociaux attractifs, oui mais…

Vendredi 1 juillet 2011

Vous en entendez certainement parler dans les fluxs d’information, de façon ponctuelle et ciblée : les valeurs de la net économie sauce web 2.0, repartent à la conquête des sommets sur les places business. Dans La Tribune datée d’hier, toute une page est consacrée au sujet.

Tout d’abord à propos de Zynga. Ne cherchez pas : il ne s’agit pas d’un jouet ni d’un nouveau manga… Mais d’un éditeur de “social games, c’est à dire de jeux vidéos en ligne, qui se jouent principalement à travers des réseaux sociaux comme Facebook. Son succès planétaire s’appellent Farmville. A deux doigts de gérer son entrée en bourse, sa valorisation frise les 20 milliards de dollars.

Dans un second article plus analytique, la journaliste Delphine Cuny monte d’un cran pour scanner tout ce secteur high tech de “nouvelle génération”…. menacé d’une nouvelle bulle web 2.0. qui existe quand même depuis le tournant 2005 (!) D’abord pour voir les points d’améliorations par rapport aux bulles précédentes : “Les investisseurs semblent en mesure de trier le bon grain de l’ivraie, les sociétés rentables au modèle solide et les autres“. Une prudence nécessaire, car “le soufflé retombe souvent très brutalement, car il suffit de quelques prises de bénéfices pour provoquer des décrochages importants“.

Un nouveau web, plusieurs familles

Alors quels sont plus en détails ces nouveaux secteurs ? Le 2.0 est un chapeau très large, qui compte plusieurs disciplines très différentes les unes des autres :

  • l’informatique servicielle à distance : un “login/password” (identifiant et mot de passe) et vous accédez à un “service” (un logiciel) en ligne, sans que rien ne soit installé sur votre machine. Google représente le Dieu vivant incarné de cette discipline, qui a dépassé depuis longtemps un Yahoo et que Microsoft aimerait bien talonner pour se moderniser. Une chose est sûre, cette informatique là a ringardisé celle des gros systèmes d’information, des logiciels de gestion, etc.
  • les jeux sociaux et jeux viraux : vous cliquez dans le train sur un jeu à base de poulets sur votre smartphone ? vous pariez dans un casino viruel sur Facebook ? C’est un business, représenté par des gens comme Zynga. La promesse n’est d’ailleurs pas que ludique; le slogan de l’éditeur n’est-il “connecter le monde à travers les jeux“…? Donc presque déjà un réseau…
  • les réseaux sociaux en ligne : Facebook, Twitter, où l’on “pushe” de l’information autant que des infos personnelles, et où l’on vit l’ère de la viralité et du buzz. Mais ce sont aussi les réseaux professionnels comme LinkedIn et le français Viadeo, qui aspirent à être devenir des plateformes généralistes de business.

Apple : les deux facettes de la puissance

Jeudi 9 juin 2011

Si j’étais un investisseur passionné de nouvelles technologies, je me poserai quand même des questions concernant Apple en ce moment… Ce que symbolisent parfaitement deux images de l’actualité toute récente de la firme informatique américaine.

  • la santé de Steve Jobs : le patron mythique affronte une “lourde maladie” comme on dit poliment. Mais contrairement à d’autres moments de sa vie où il a été discret sur ce problème personnel, il a choisi là de le montrer, presque serait-on tenté de dire de l’utiliser médiatiquement. Ca s’est passé dans le cadre du dernier keynote consacré aux services clouds. Ainsi, nombreux commentateurs et experts glosent sur sa maigreur extrême et son courage jusqu’au-boutiste… Mais quel message passe t-il à ses troupes, à ses clients, à ses partenaires ? Pas sûr que ce soit bien clair…
  • un siège futur et futuriste : après le physique, le matériel. Jobs l’a présenté dans la foulée du keynote précédéent, à la mairie de Cupertino (Californie), à savoir un nouveau “QG” affichant clairement la puissance et l’ambition de la firme. Il le décrit en ces mots très choisis : un “vaisseau spatial ayant atterri” (cf : ZDnet.fr). Clairement le cap du futur est affiché !

Maigreur maladive et résistance d’un côté ; bombage de torse économique de l’autre. Les deux extrêmes d’une entreprise hors norme, qui aura marqué et continue à marquer l’Histoire. Conséquence immédiate sur la bourse ? Si le cours n’est pas en hausse renversante, la capitalisation atteint (6 juin) plus de 317 milliards de dollars, largement au-dessus de sociétés comme Microsoft ou Intel (source Macworld.fr).

NB : pour la petite histoire et pour détendre un peu l’atmosphère entourant Apple, on note aussi cette Jobsmania dans des détails comme le phénomène de… son pull. Le fameux pull noir qu’il porte à chaque conférence, désormais en vente sur internet (sa copie bien sûr). A quand la paire de jeans ?