On sait le temps des Présidentielles propice à la manifestation des “intérêts” particuliers et lobbies de tout horizon, entendant faire passer leur cause auprès des candidats potentiels. Les nouvelles technologies étaient bizarrement assez peu présentes dans le débat… jusqu’à hier.
D’après le site spécialisé 01Net, l’industrie du jeu vidéo a remonté un cahier de doléances de 10 mesures pour relancer l’industrie vidéoludique hexagonale, par le biais du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV). Parmi les problèmes listés, pèsent en priorité ceux du financement des projets et start-ups. Ce financement freine en France, en raison d’”une méconnaissance et un manque de reconnaissance du secteur vidéoludique, déconsidéré par les investisseurs ; une inadaptation des structures de financements nationaux“.
Surtout, face aux besoins croissants d’innovation et de positionnement original sur les médias sociaux (ce que l’on catégorise déjà par la notion de social gaming), le constat des sommes en jeu est éloquent sur le secteur privé : “En 2008 (derniers chiffres connus), le capital-risque pour le jeu vidéo représentait 30 milliards d’euros aux Etats-Unis. En France, les sommes allouées sont ainsi passées de 570 millions d’euros au début des années 2000 à 45 millions d’euros en 2008.”
Les propositions financières
Au sein des 10 propositions en jeu, les 5 premières (signal fort) concernent uniquement les questions d’investissement et de financement, comme les mentionnent ITRGames. Pour rappel :
- Création du fonds d’investissement dans les entreprises du jeu vidéo
- Faciliter l’accès au capital développement pour les entreprises du secteur
- Créer des sociétés de financement de la production de jeux vidéo
- Pérenniser le crédit d’impôt jeu vidéo et l’adapter aux évolutions de marchés
- Transformer le crédit d’impôt recherche en crédit d’impôt innovations
Industrie nationale et réseaux
Reste donc à (re)inventer sur ce secteur un couple financement public/ressources privés, qui soit plus efficace et consolide une vraie industrie nationale. On parlait depuis quelques années d’une véritable french touch sur ce domaine : il serait dommage de la perdre, ou de la voir fuir à l’étranger… Pour mémoire, le dernier succès absolu du gaming -Angry Birds- est un projet d’origine nordique.
Reste aussi à mieux communiquer sur ce qui existe déjà : sait-on, par exemple, que vit en Rhône-Alpes un pôle de compétitivité dédié à ce thème, Imaginove ? Ou qu’un autre (Cap Digital) oeuvre sur ce domaine, notamment à travers le projet Play All ? Sait-on qu’à Paris, la mine à projets et start-ups financée par la région, La Cantine, fourmille aussi d’innovations sur ce thème ? Autant de lieux qui peuvent servir d’accueil, de portes d’entrée aux financeurs de tout horizon, curieux du secteur, mais non experts.
Je pense notamment à ceux qui connaissent déjà les secteurs voisins des médias, du cinéma, des arts graphiques… et souhaiteraient varier leurs positions.
Questions au passage justement, auprès de nos lecteurs fidèles et des internautes : avez-vous déjà investi de l’argent dans une entreprise du secteur du jeu vidéo français ? Si oui, avec quel véhicule financier particulier, et pour quel succès en retour ? De l’autre côté de la barrière, en tant qu’entrepreneur du gaming, avez-vous bénéficié d’une aide notable qui vous ait permis de vous développer ?








