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M-paiement : Google Wallet veut doubler tout le monde

Mercredi 21 septembre 2011

C’est officiel. Google cherche absolument à sortir sous peu une killer app’, une application qui tue sur le marché des technologies. Après le début laborieux de Google+, dont je vous parlais il y a quelques mois ici cet été, l’Américain lance une nouvelle application critique. Et cette fois-ci, c’est sur le mobile que ça se passe et en touchant directement au porte monnaie, avec Google Wallet, annoncé officiellement au NFC World Congress de Nice.

La douceur de la Côté d’Azur est-elle propice à des changements d’attitude ? Toujours est-il que Google fait plutôt primer un travail collectif sur ce projet. C’est un premier bon point : Wallet est en effet le résultat de ses efforts combinés avec ceux de Mastercard, Citigroup, Sprint et aussi… d’un Français ! Il s’agit d’Ingenico, spécialiste des solutions de paiement électronique. Il est clair que ça en impose davantage, et évite au passage les critiques du genre “ah l’ogre Google qui fait tout dans son coin“… A un moment où l’entreprise est en voie de “microsoftisation”, ce n’est pas rien.

Le réseau sera pour l’heure limité aux Etats-Unis (sur une base de 124 000 commerçants) et à un seul terminal mobile :  le Nexus S, signé Samsung pour Google. A terme, ce réseau toucherait 311 000 commerçants sur le globe. Le Monde Informatique rappelle que la France n’est pas en reste, avec Orange aussi sur la brèche : l’opérateur se positionne sur une offre similaire tournant sur le Samsung Galaxy S2, dès octobre.

Des prémisses, anciens et récents…

Oublions le marketing et la google-mania quelques minutes. Faisons une pause pour cogiter. Cette technologie est-elle réellement révolutionnaire ? Lisons pour nous aider le rappel fait par le Monde, très explicite : “sur la technologie sans contact “Near Field Communication” (ou “NFC”), des ondes courtes qui permettent un échange de données d’une simple tape sur un lecteur installé chez les commerçants“. Sans vouloir chipoter outre mesure, c’est donc la concrétisation de moult projets et prototypes sortis au début des années 2000, sur des solutions à base de bornes interactives. La grande distribution notamment, y avait beaucoup travaillé. On y adjoint juste aujourd’hui le mobile comme “déclencheur” du paiement.

Plus récemment enfin, on note que Google entend doubler le projet Square de Jack Dorsey, un des co-fondateurs de Twitter. Un projet pas vraiment encore abouti, et surtout plus compliqué à utiliser techniquement (il faut un “plug” matériel sur les terminaux). Je le relevais sur ce blog en février 2011, et le site SiliconBeat le détaille plus nettement encore, en quelque sorte, en s’intéressant à l’aura de patron de Dorsey.

Google quitte donc un temps (utile) le terrain de bataille des applications social media, pour quelque chose de plus concret et de plus orienté business. Peut être le premier pas tangible d’une prochaine révolution des modes de paiement. Et, qui sait… peut être un prochain secteur clé pour les investisseurs en manque d’inspiration.

Pour prolonger : une galerie en images du principe Google Wallet

Dorsey et Square : du m-paiement au m-placement?

Samedi 19 février 2011

En décembre 2009, j’avais assisté sur le salon LeWeb à la présentation de Jack Dorsey, (l’un des fondateurs du réseau social Twitter), portant sur sa nouvelle start-up à succès : Square. Celle-ci avait pour ambition de révolutionner les modes de paiement en mobilité. Son principe : une sorte de mini lecteur de bande magnétique, à ajouter à un iPhone, en le pluggant dessus via sa simple prise jack. Cette démo parisienne n’avait pas d’ailleurs été une franche réussite. La faute au fatal bug qui fait l’exception…

Et depuis? Rien ou presque, du moins du point de vue français et européen. Car ici (rappel), la bande magnétique, c’est assez old school, nous qui sommes utilisateurs de la carte à puce depuis longtemps… Dorsey fait donc mitonner son projet aux Etats-Unis seuls, point. Pour mise à jour, on apprend que le “bidule” a été designé pour faire plus joli (cf : blogs du Financial Times), que celui-ci constitue aux Etats-Unis son second “hit” sur la voie de devenir une légende du business américain (déjà). Et qu’enfin, Dorsey a entamé une stratégie marketing très offensive, notamment en achetant un énorme placard publicitaire sur Times Square. Vous avez remarqué… ça rime avec le nom de son projet. Les Américains sont de grands enfants…

Pour autant, ne raillons pas bêtement. Et posons la bonne question : qui lancera le Square français? En France, même si on a plutôt misé sur la technologie du flashcode (exemple ci contre), elle permet d’accéder surtout à des contenus, des informations ou des services. Et en dehors de cela, on ne paye toujours pas par téléphone mobile, au sens simple et matériel de passer son appareil sur un code barres ou tout autre moyen de reconnaissance de prix ou objet de valeur, en visuel, par une caméra. On nous le promet cependant, de façon récurrente, depuis le début des années 2000.

Techno-fiction du m-placement

Oublions alors Square et son buzz un moment. Outre le m-paiement qui excite tout le monde, à quoi pourrait bien servir de tels systèmes, dans la gestion de ses finances et de son épargne? Je veux dire par là : si l’on pense surtout à ces technologies pour sortir de l’argent, ne pourrait-on pas les envisager aussi… pour en rentrer? Imaginons, demain, un système de gestion boursière via téléphone mobile couplé à une reconnaissance par capteur de caméra. Exemple : vous lisez un article intéressant dans un journal économique, sur l’entreprise X. Vous scannez le papier avec votre smartphone, puis celui-ci déclenche pour vous, via une application idoine, l’achat de tant d’actions de cette société X, pour enrichir automatiquement votre portefeuille.

Imaginez aussi, la technologie de la réalité augmentée (1) appliquée à nos sujets. Vous croisez un gestionnaire de fonds sur un salon financier, et l’écran de votre mobile charge sur son visage son parcours, ses coordonnées, les perfs du fonds qu’il gère, etc. D’un clic, vous accédez à un site mobile de transaction, si son discours vous a séduit!

Outil de collecte de fonds?

Autre angle. Square ou autres équivalents, pourraient aider finalement… à développer un business. Dans un article de CNNMoney.com, Dan Primack note que Dorsey se sert lui-même de son “bidule” pour collecter des fonds lors d’évènements. Malin le start-upper. Imaginez alors demain, des forums d’investissement où vous pourriez visiter les stands de start-ups, toutes plus audacieuses les unes que les autres, faire votre choix, puis investir X milliers d’euros sur un jeune patron vous tendant son smartphone comme “encaisseur” de prise de participation! Ce n’est plus du “love money”, c’est du “phone money” ou du “mob money”. Soyons vendeur : on pourrait même marketer cela subtilement et relancer les grandes soirées de networking du début des années internet. On appelerait ça… les “First Mobile Business Funds Mondays“!

Idiot dites vous, gadget? L’économie de paperasse et de procédures à pianoter serait pourtant une réelle piste pour optimiser ce type commerce en ligne… D’ailleurs, une blogueuse (sur Appolicious.com) note que Dorsey n’est pas le seul acteur sur le créneau des téléphones mués en terminaux pour carte de crédit. Et laissons lui le mot (temporaire) de la fin, rapporté par le site technologique Locita.com : “C’est compliqué de faire simple“. En effet Jack, en effet…

(1) ajout d’informations en 3D ou 2D sur la réalité que nous percevons.

Pour prolonger : lire sur le marché du m-paiement, sur le paiement mobile.