C’est officiel. Google cherche absolument à sortir sous peu une killer app’, une application qui tue sur le marché des technologies. Après le début laborieux de Google+, dont je vous parlais il y a quelques mois ici cet été, l’Américain lance une nouvelle application critique. Et cette fois-ci, c’est sur le mobile que ça se passe et en touchant directement au porte monnaie, avec Google Wallet, annoncé officiellement au NFC World Congress de Nice.
La douceur de la Côté d’Azur est-elle propice à des changements d’attitude ? Toujours est-il que Google fait plutôt primer un travail collectif sur ce projet. C’est un premier bon point : Wallet est en effet le résultat de ses efforts combinés avec ceux de Mastercard, Citigroup, Sprint et aussi… d’un Français ! Il s’agit d’Ingenico, spécialiste des solutions de paiement électronique. Il est clair que ça en impose davantage, et évite au passage les critiques du genre “ah l’ogre Google qui fait tout dans son coin“… A un moment où l’entreprise est en voie de “microsoftisation”, ce n’est pas rien.
Le réseau sera pour l’heure limité aux Etats-Unis (sur une base de 124 000 commerçants) et à un seul terminal mobile : le Nexus S, signé Samsung pour Google. A terme, ce réseau toucherait 311 000 commerçants sur le globe. Le Monde Informatique rappelle que la France n’est pas en reste, avec Orange aussi sur la brèche : l’opérateur se positionne sur une offre similaire tournant sur le Samsung Galaxy S2, dès octobre.
Des prémisses, anciens et récents…
Oublions le marketing et la google-mania quelques minutes. Faisons une pause pour cogiter. Cette technologie est-elle réellement révolutionnaire ? Lisons pour nous aider le rappel fait par le Monde, très explicite : “sur la technologie sans contact “Near Field Communication” (ou “NFC”), des ondes courtes qui permettent un échange de données d’une simple tape sur un lecteur installé chez les commerçants“. Sans vouloir chipoter outre mesure, c’est donc la concrétisation de moult projets et prototypes sortis au début des années 2000, sur des solutions à base de bornes interactives. La grande distribution notamment, y avait beaucoup travaillé. On y adjoint juste aujourd’hui le mobile comme “déclencheur” du paiement.
Plus récemment enfin, on note que Google entend doubler le projet Square de Jack Dorsey, un des co-fondateurs de Twitter. Un projet pas vraiment encore abouti, et surtout plus compliqué à utiliser techniquement (il faut un “plug” matériel sur les terminaux). Je le relevais sur ce blog en février 2011, et le site SiliconBeat le détaille plus nettement encore, en quelque sorte, en s’intéressant à l’aura de patron de Dorsey.
Google quitte donc un temps (utile) le terrain de bataille des applications social media, pour quelque chose de plus concret et de plus orienté business. Peut être le premier pas tangible d’une prochaine révolution des modes de paiement. Et, qui sait… peut être un prochain secteur clé pour les investisseurs en manque d’inspiration.
Pour prolonger : une galerie en images du principe Google Wallet






