Archive pour le mot-clef ‘iphone’

Déclarer ses impôts via mobile : possible mais limité

Vendredi 13 avril 2012

Je vous en parlais en mai 2011 : il n’existait pas jusque-là d’application mobile pour la déclaration d’impôts. Suite à la note écrite j’avais d’ailleurs été contacté par Bercy au téléphone. Il m’avait alors  confirmé qu’il n’y avait pas de projet applicatif mobile.

Avril 2012, la donne a bien changé : Bercy a annoncé une appli mobile pour payer ses impôts en ligne, impots.gouv », délivrée sous Android et iPhone. Mais attention, c’est assez limité pour l’heure car l’application est prévue pour :

les contribuables qui n’ont aucune modification à apporter à leur déclaration préremplie [et qui] pourront la valider depuis leur téléphone portable.” (Le Figaro).

Concrètement on sera en face d’une application de type “confirmation presse bouton”, et pas dans un vrai système de déclaration mobile où pourront être changés les paramètres et sommes notamment. Cette appli n’est donc qu’une première étape.

A un moment où Bercy essaye de valoriser son bilan de modernisation de l’Etat -par exemple avec le site participatif Ensemble simplifions- ça fait un peu limité… Sur ce site 2.0, une suggestion notifiée est par exemple de “faire passer les services de l’administration à l’ère du widget et du mobile“.

Référencement et public

Petit test réalisé à l’instant. Une requête “impôts” dans l’Android Market -pardon Google Play dans sa nouvelle appellation- me livre ce matin en résultat de rang 1 une application signée de… “sboardy”. Mais rien ne concernant Bercy. Ce développeur a signé 3 applications dans le monde Android.

Et si je me rends sur la page “des applications à télécharger gratuitement” de Bercy (trouvée via Google, pas par le moteur de recherche du site public, assez confus), l’application fiscale n’y est pas exposée ni même mentionnée… Les délais seront visiblement positionnés du 7 au 21 juin pour le mode de déclaration en ligne : mais on ne sait pas par exemple si le mode mobile aura un calendrier spécifique…

Public visé par ce dispositif ? “plus de 12 millions de déclarations” précise Libération,  “effectuées par ce biais soit 15% de plus qu’en 2010 et 64% sur les trois dernières années”.

Steve Jobs fut aussi et surtout un investisseur

Jeudi 6 octobre 2011

La nouvelle nous a tous cueillis à un moment ou un autre ce jour du 5 octobre 2011. Soit sur les réseaux sociaux en ligne, soit sur les médias classiques, comme Le Monde ou encore ZDNet.fr qui lui réserve une édition spéciale. Et c’est la première leçon à tirer de grands bonshommes ou grandes actions humaines : on se souvient de leur départ, de leur arrêt, du moment où on l’a appris, du contexte environnant. Passé donc cette phase nécessaire de deuil, planétaire, il restera ce que Steve Jobs fut. Pour moi, surtout un investisseur, dans tous les sens du terme.

Pas tout à fait un visionnaire inventeur pur jus, donc, comme on le dit souvent. Il a d’abord “investi” au sens premier, dans l’humain et la méthodologie. Mais aussi dans l’observation des marchés, plutôt que dans la multiplication des produits et stratégies. Jobs fut plutôt un habile détecteur de tendances numériques, arrivant à chaque fois à apporter une réponse adaptée, sexy et profitable à des marchés embryonnaires, peu édifiés ou mal servis. Trois stratégies clés jalonnent son parcours :

  • ainsi fut-il des ordinateurs designés, que le monde PC a bien tenté de lancer, mais que l’iMac a incarné mieux que tout le monde.
  • ainsi fut-il du baladeur mp3, qui a préexisté aux iPods (souvenez-vous les Rio…) mais qu’Apple a su personnifier et rendez rock’n roll.
  • ainsi des des smartphones, que les Blackberry et autres Nokia ont su initié, mais qu’Apple a finalement raflé. Vampirisation ? Plutôt opportunisme et méthodologie.

Jobs l’opportuniste

La partie moins publique de Jobs est sans doute qu’il fut aussi un excellent investisseur, au sens premier du terme. Pas du genre touche à tout et dispersé, mais plutôt bougeant quelques fois et de façon ajustée : comme un snipper. De quoi apprendre, pour toute une génération de business men en herbes, d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Jobs a pris des parts dans les secteurs où il fallait être, au moment opportun. PC Impact, qui repasse ses grandes dates en revue, souligne par exemple son investissement, dès les années 80 dans NeXT, une société qui lui servira de laboratoire pour concevoir l’ordinateur du futur. Ce qu’il accomplira plus tard de retour chez Apple avec la génération des iMac, et là aussi en investissant dans la création et l’embauche d’une unité de designers.

Mais son plus beau coup reste sans nul doute Pixar, qu’il a racheté quand il était en délicatesse chez Apple, juste avant que n’explose la 3D dans les jeux, les dessins animés puis désormais les films. Un investissement de 10 millions de dollars au départ, pour les profits qu’on sait par la suite.

Investir de l’argent, du courage, du temps… telle fut la trilogie de Steve Jobs au-delà des seules capacités de management et de leadership dans la high tech. C’est sans doute pour moi ce qui le hisse au niveau des grands industriels comme Ford, Welch ou plus récemment Dyson.

Pour prolonger : relire les précédentes notes consacrées à Steve Jobs sur ce blog…

Papier versus numérique : pas si simple !

Jeudi 5 mai 2011

L’AFP et l’institut GfK ont récemment publié les résultats d’une enquête* sur la consommation des contenus numériques. Ceux-ci révèlent que les Français adhèrent de plus en plus à ce mode de lecture même s’il s’agit pour l’instant d’une croissance modérée. Cette tendance est cependant loin de signifier la mort du papier mais fait plutôt émerger une complémentarité.

Tout d’abord, cette étude permet de faire émerger un modèle de consommation. 22% des internautes de l’Hexagone passent entre 1 et 3 heures par semaine à lire des contenus numériques.

Les livres

Pour satisfaire leurs lectures, les personnes interrogées recourent pour :

  • 39% aux librairies en ligne
  • 34% à des applications dédiées
  • 29% au téléchargement illégal.

Une fois en possession de leur ouvrage, les internautes utilisent alors l’ordinateur (79%), le Smartphone (48%), la tablette (31%). 68% profitent du contenu numérique pour consulter des ouvrages de littérature – surtout des publications récentes – et 34% pour des lectures pratiques. S’ils y trouvent un intérêt dans la consultation d’ouvrages numérisés, ils ne sont cependant que 7% à se passer complètement des ouvrages papier.

Comme souvent sur le Web, les données récoltées font émerger une forte culture du gratuit : 34% consomment exclusivement des contenus non-payants. Les consommateurs qui paient dépensent quant à eux en moyenne 12 euros sur trois mois, ce qui est faible. A terme, cette tendance lourde pourrait être un frein au développement de ce marché.

La presse

53% des personnes interrogées téléchargent et/ou consultent la presse en ligne : les formats papier et web sont donc moins en compétition qu’ils ne se complètent. Seul, 11% de ces lecteurs « consacrent leur temps de lecture exclusivement aux contenus presse numériques ».

Les contenus de presse les plus consultés restent les contenus d’actualité : 79% des personnes interrogés. Leur succès s’explique sans aucun doute par leur réactivité à l’information.

Poursuivez cette lecture avec :

*Enquête menée auprès de 1000 internautes français âgés de 15 à 65 ans
Crédit photo :
zigazou76

Applications Android : en forme mais pas “bankables”?

Jeudi 24 février 2011

J’avoue. J’ai décidé de faire partie de l’autre monde. Celui des applications Google, et en l’espèce de la plateforme mobile Android. L’univers Apple et son hermétisme m’a plutôt refroidi, même si attiré esthétiquement comme 75 millions d’heureux possesseurs d’iPhone. Et cette prudence a été renforcée du fait que, bon gré mal gré, depuis mon entrée en presse éco-techno au tournant de l’année 2000, j’ai quitté les ordinateurs Mac pour des PC…

Ceci pour le pitch personnel. Depuis, j’ai pu me libérer de mon ancien smartphone archi dépassé (non sans avoir quitté mon opérateur pour y parvenir… joie de la vie numérique moderne), pour un nouveau joujou sous système Android 2.2.1. Et je scanne donc ce qui existe dans le domaine financier, et notamment pour des Français. J’observe aussi donc de plus près le business model et la stratégie de Google sur le sujet…

Premier constat : Android monte en parts de marché quantitative (ventes de smartphones sous ce système x6 en 2010), mais ne semblent pas avoir encore trouvé leur jackpot commercial… “Les ventes d’applications mobiles inquiétent Google“, titrait L’Expansion fin janvier. Ce qui implique donc que l’Américain mitonne une “offensive” poursuit Le Figaro. Contre-offensive pourrait-on même préciser à ce stade. Rappelons pourtant qu’en terme de comparaison technique des plateformes logicielles, le match est serré là aussi…

Alliances en vue

La vraie réaction pourrait venir d’une autre voie finalement. Celle des tablettes tactiles bien sûr, mais aussi… des alliances capitalistiques. Hé oui, aussi étonnant que cela puisse paraître RIM (vous savez, le canadien qui fabrique des bidules qui s’appellent les Blackberry) envisagerait de s’ouvrir à la plateforme Androïd pour ses nouvelles tablettes. Comme quoi : nouvelle économie, vieilles antiennes. Et confirmation d’une antique loi : à plusieurs, on est toujours plus fort que tout seul!

Souhaitons donc une chose : que cette concurrence profite à l’utilisateur final, en terme de fonctionnalités, d’innovation et de tarifs. A ce propos, je vous raconterai désormais régulièrement mon “entrée” et mes aventures en Android-land, et notamment ce que je découvre, repère, teste au rang des applications éco-financières. Et aussi bien sûr, des modèles économiques montés par les acteurs, pour les délivrer.

Pour prolonger : consulter de temps à autres la rubrique Android de CNet France, site technologique de référence.