Hasards de l’actualité. A lire les titres de la presse économique et technologique ces derniers jours, il semble que le curseur se soit placé à nouveau pour les nouvelles technologies et le web, sur l’argent, le profit et l’investissement. Et dans des proportions significatives.
L’argent c’est tout d’abord Apple et son fabuleux “pactole” de 100 milliards de dollars de liquidités, qui excite passions et convoitises, donne à réfléchir aussi. Autre fait notable : Apple reverse pour la première fois depuis 1995… des dividendes à ses actionnaires, à hauteur de 45 milliards de dollars a indiqué lors d’un keynote son patron, Tim Cook (photo). Le signal est fort et confirmerait aussi, comme certains observateurs le pensent, une vraie détente sur le front économique et financier, ressentie notamment aux Etats-Unis.
Tiens, à propos : et si vous, vous disposiez d’une telle somme, qu’en feriez-vous ? Qu’en ferions-nous en France, si l’un des acteurs de la high tech dégageait un jour ce genre de marge de manoeuvre ? Vous avez dit Free… à l’heure où l’on parle carrément “d’exode d’abonnés des autres opérateurs” vers ses nouveaux services mobiles ? Les besoins de financement ne manquent pas, mais comment concilier ainsi intérêts des investisseurs et urgences des investissements ?
Enfin, l’opération Apple se doublant “de rachats d’actions chiffrés à 10 milliards de dollars sur trois ans à compter de l’exercice 2012/2013 (soit à partir du 30 septembre prochain)” (LeFigaro.fr), laisse penser les experts que le titre en bourse pourrait attirer de nouveaux investisseurs. Signe que la stratégie du géant mondial se densifie sur l’aspect financier, une première nouvelle touche par rapport à la période Steve Jobs.
Google redressé
L’argent, c’est aussi le redressement que le Fisc français réserverait à rien moins que… Google. Un autre américain encore.
La presse évoque 100 millions d’euros en jeu, pour un problème de pratiques de défiscalisation comme le rappelle ZDNet.fr : sur un “circuit de facturation entre la filiale française et le siège international du groupe à Dublin en Irlande, paradis fiscal pour les entreprises où l’impôt sur les bénéfices des entreprises est le plus bas de la zone euro avec un taux de 12,5 % (contre 30 % en France).”
Une certaine forme de traque d’une certaine forme d’exilé fiscal, pour reprendre une thématique entendue dernièrement dans la campagne présidentielle française. Et une première dans le traitement réservé à Google, qui n’est pas forcément un bon signe d’ailleurs, au moment où par exemple des politiques ont reçu Jack Dorsey, patron de Twitter. Google prendrait-il là-aussi la place des anciens “moguls” de la high tech, qu’on prenait le soin de ne pas louper dès que l’occasion se présentait ?
Pactole sectoriel
Je rappelle que cette question de la richesse de la high tech américaine s’est déjà posée, à l’été 2011. On y retrouvait déjà Apple, Google et leurs confrères, formant un quasi Etat dans l’Etat, en termes financiers. A l’époque, je relevais le scope suivant, en capitalisation boursière : “938 milliards de dollars (…) répartis comme suit : Apple (339 Mds), Microsoft (206), Google (163), Oracle (127) et Intel (103)“.
Aujourd’hui, si l’on fait une mise à jour, nous en sommes à : Apple (564 Mds), Microsoft (268), Google (205), Oracle (151) et Intel (138), soit un total de 1326 Mds de dollars, en hausse de + de 40% en sept mois.














